DD : la croissance verte, comment ? Bordeaux du 2 au 22 juin

u-bordeaux2.fr, communiqué, mai 2009

Développement durable : la croissance verte, comment ?

Conférence / Débat

Du mardi 2 juin 2009 au lundi 22 juin 2009 de 18h30 à 19h45

L’Université de tous les savoirs, en partenariat avec la ville de Bordeaux et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), présente un cycle de conférences sur le thème de la croissance verte. Des architectes, des philosophes et des acteurs du secteur public comme privé viennent à la rencontre du public.

Thème : La croissance verte, comment ?

Programme :

Mardi 2 juin : « Ecologie et modes de vie » Par François Moisan, directeur scientifique de l’Ademe.

Mercredi 3 juin : « Consommation durable et responsable » Par Jean-Louis Bergey, directeur régional de l’Ademe.

Jeudi 4 juin : « L’économie verte : un nouveau modèle pour l’entreprise » Par Benoît de Guillebon, Collège des hautes études de l’environnement et du développement durable.

Mardi 9 juin « Construire avec la nature » Par Duncan Lewis, architecte.

Jeudi 11 juin : « Les enjeux de l’habitat de demain : en quoi l’innovation peut y répondre ? » Par Didier Roux, directeur du développement et de la recherche de la société Saint-Gobain.

Vendredi 12 juin : « Substances pharmaceutiques : nouveaux contaminants du système aquatique » Par le docteur Hélène Budzinski, Laboratoire de physico- et toxico-chimie de l’environnement (LPTC) – Université Bordeaux 1.

Lundi 22 juin « Face à la crise : développement durable et mondialisation » Par Luc Lire la suite

Hervé Kempf et Pascal Canfin: « Le capitalisme vert, ça n’existe pas ! »

ecolosphere.net, Sabrina Kassa et Emmanuelle Cosse, mai 2009

Hervé Kempf et Pascal Canfin: « Le capitalisme vert, ça n’existe pas ! »

Le revirement écologique appelé à « bonifier » le capitalisme est-il possible ? Les journalistes Pascal Canfin et Hervé Kempf restent sceptiques. Entretien.

Qu’est ce que le concept de « capitalisme vert » évoque pour vous ? Que représente-t-il dans la réalité, notamment en termes de poids économique ?

Hervé Kempf. Le « capitalisme vert », c’est la continuation du capitalisme et donc la continuation d’un système qui dans son principe est destructeur de l’environnement et qui, dans sa dernière phase, s’est traduit par une expansion extraordinaire des inégalités. Donc, le capitalisme vert, ce n’est même pas un oxymore, ça n’existe pas. C’est seulement une construction et un habillage idéologique pour faire croire que l’on peut évoluer par rapport à l’environnement sans changer les déterminants fondamentaux de nos régulations sociales, de notre système économique et de la répartition des pouvoirs dans cette société.

Pascal Canfin. La question est complexe car le capitalisme n’est pas quelque chose qui se distingue de la société. La société nourrit le capitalisme comme le capitalisme nourrit la société. Et une des alternatives au capitalisme qui est l’économie sociale et solidaire n’a de sens que si les personnes qui y participent ont des valeurs et des modes de fonctionnement qui ne sont pas ceux du capitalisme. Avec, par exemple, un partage du pouvoir qui ne dépend pas de la détention du capital. Donc ce sont les valeurs que porte la société qui vont permettre le dépassement du capitalisme. L’autre question, c’est celle du productivisme. On a bien vu que l’on pouvait être dans un système non capitaliste, comme l’Union soviétique, mais totalement productiviste, concept qui me semble encore plus difficile à déconstruire que celui du capitalisme. Donc j’ai envie de dire que ça va au-delà du capitalisme. L’aspiration à vouloir contrôler la nature, c’est la modernité, c’est Descartes… dont le capitalisme est la conséquence et non la cause.

H.K. La question essentielle, aujourd’hui, c’est la transformation des systèmes de valeurs. Une chose est sûre, il y aura toujours des entreprises. En revanche, la question du pouvoir dans les entreprises, de l’appropriation des moyens de production, ou plus simplement le contrôle des travailleurs, des consommateurs sur l’entreprise mais aussi des citoyens et des contribuables redevient tout à fait d’actualité. Par exemple, on aura toujours besoin d’entreprises qui gèrent des déchets mais il y a une différence entre Véolia environnement, qui a un capital mis en bourse et est possédé par un petit nombre de gens, et une entreprise de déchets qui assumerait ces mêmes fonctions avec une partie d’actionnariat privé, un d’actionnariat public et avec une vraie participation des travailleurs au conseil d’administration.
P.C. Par rapport aux systèmes de valeurs, je crois qu’il faut comprendre « valeur » au double sens du terme, c’est-à-dire à la fois ce qui fait sens et ce qui rentre dans les comptes. Aujourd’hui, il faut changer les deux. Par exemple, faire payer le CO2 aux entreprises qui en émettent via une taxe carbone est un élément important pour changer nos modes de production et de consommation dans la mesure où, jusqu’à présent, on surconsomme parce que l’on n’intègre pas au juste prix les ressources écologiques utilisées. Il faut par ailleurs faire la distinction entre capitalisme et économie de marché. Lire la suite

L’incroyable faillite du bio français

lepoint.fr, N°1914, Emilie Lanez, le 20 mai 2009

L’incroyable faillite du bio français

Echec. Le premier pays agricole d’Europe a raté le virage bio. Enquête.

Madame Bio, c’est elle. Chignon bohème, tailleur pantalon élégant, Elisabeth Mercier, ancienne économiste au ministère de l’Agriculture, préside l’Agence bio, l’ambassade du bio français. Dans une rue silencieuse de Montreuil, en banlieue parisienne, quelques bureaux modestes, décorés de posters de coccinelles et de souriantes vaches laitières. Avec une quinzaine de salariés et un budget annuel de 4,8 millions d’euros, sa mission consiste, depuis 2004, à mieux organiser cette filière, à la défendre et à la faire connaître. Le retard bio est une expression qui, on s’en doutait, ne lui plaît guère, même si l’ancienne diplomate, qui négocia cinq ans durant nos quotas laitiers à Bruxelles et défendit notre agriculture aux Pays-Bas, ne le laisse guère paraître : « Disons que c’est un monde riche de sensibilités contrastées. La consommation bio est une vraie tendance de fond. Depuis cinq ans, les consommateurs sont fidèles, leur panier s’élargit, il faut engager une spirale vertueuse. » C’est bien là tout le problème. Les Français adorent le bio-même s’il leur coûte plus cher-, ils en achètent et en redemandent. Paradoxalement, la deuxième puissance agricole de la planète est incapable de fournir du bio. Les distributeurs sont donc contraints d’importer massivement. Recours qui donne à penser, car si, pour fournir aux Français des pommes ou des carottes bio, on doit leur faire parcourir 2 000 kilomètres en camion, le bénéfice environnemental de l’opération paraît pour le moins amoindri.

« Nous vivons parfois des moments compliqués pour trouver du lait bio, raconte Gilles Baucher, directeur des marques propres Monoprix, l’approvisionnement est tendu. » C’est la rançon du succès, car la marque bio Monoprix, lancée voilà quinze ans, explose : les ventes ont augmenté de 25 % l’an passé. L’entreprise de surgelés Picard est confrontée, elle aussi, chaque jour à cette pénurie de bio. « Nous ne pouvons pas mettre un produit bio à la une de nos catalogues promotionnels. Nous serions incapables de suivre le boom de la demande », confie Delphine Courtier, directrice du marketing. Le bio chez Picard, c’est près de 40 % de tous ses légumes vendus, 60 000 sacs de haricots verts achetés chaque mois, 20 000 sacs de choux-fleurs, « une explosion phénoménale depuis trois ans ». « Nous avons de plus en plus de difficultés à obtenir nos volumes », ajoute la directrice marketing. Pour fournir les 758 magasins, les producteurs doivent pouvoir livrer d’imposants volumes, mais aussi fournir des produits particuliers. Pas de carotte torve, de haricot riquiqui ou de petit pois bosselé : les légumes Picard sont soumis à une charte esthétique contraignante. « Il nous faut du beau bio . » Des canons que dame Nature, surtout quand on la laisse faire, peine à respecter.

Le seul légume bio français vendu chez Picard est donc le brocoli. Tout le reste est acheminé par route depuis l’Italie, mystérieusement capable, elle, de produire du beau bio. La chaîne a lancé ce mois-ci ses premiers fruits issus de l’agriculture bio : « Les framboises sont cultivées et usinées sur place en Pologne, raconte Elisabeth Bouton, directrice de la qualité , le cocktail fruits rouges est acheté en Bulgarie . »

Pour vendre du bio aux Français, on importe donc. Etonnant. Car si l’agriculture biologique française est Lire la suite

5 juin à Bègles : L’homme qui plantait des arbres

TACA, mai 2009

Pour la journée mondiale de l’environnement le vendredi 5 juin, réservez votre soirée à partir de 20h30 au cinéma Festival à Bègles (barrière de Bègles, boulevard Albert 1er)

Nous vous proposons de débattre sur le réchauffement climatique et les actions concrètes que nous pouvons réaliser tous les jours pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre.
Voici le programme :

– Projection du film d’animation « l’Homme qui plantait des arbres », dessins d’animation (extraordinaires) de Philippe Back avec la voix de Philippe Noiret sur un texte de Jean Giono.

– Présentation par TACA du réchauffement climatique et des actions concrètes pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre.

– Débat sous forme de questions réponses

La salle peut accueillir 280 personnes. Venez nombreux, invitez vos amis pour passer une excellente soirée tout en agissant contre le réchauffement climatique.

Entrée : 4€, gratuite pour les adhérents TACA (pour les adhésions, il est encore temps, voir onglet en bas à gauche sur Lire la suite

Copenhague : Les demandes de Greenpeace pour éviter le changement climatique

greenpeace.org, mai 2009

Conférence de Copenhague sur le climat

Les demandes de Greenpeace pour éviter le changement climatique

Introduction

Alors même que la réalité du changement climatique continue de dépasser les prévisions des scientifiques. Il devient clair que le dépassement du seuil critique constitue une menace bien plus proche que nous ne l’imaginions et que la fenêtre d’opportunité pour éviter un dérèglement du climat incontournable se referme de façon rapide et inexorable.

Le dossier Lire la suite

Blanquefort : Amaplanète souffle sa première bougie

sud-ouest.com, Marie-Françoise Jay, le 25 Mai 2009

Amaplanète souffle sa première bougie

BLANQUEFORT, PRODUCTEURS. Le bilan de l’association est plus que satisfaisant. En projet : la mise en vente d’huîtres pour le plaisir des adhérents

En mai 2008, débutait la première distribution de l’Amap de Blanquefort sur des contrats légumes et volailles. Dimanche dernier, l’association a soufflé sa première bougie autour d’un pique-nique avec 192 familles contre 50 Amapiens l’an dernier, et divers contrats : légumes avec Aurore Sournac d’Eysines, bœuf et veau avec Laurent Labégurie de Blanquefort, agneau avec Pascal Sancier de Saint-Antoine-sur-l’Isle, fromage de brebis avec la famille Sarres du château Sénéjac au Pian-Médoc, fromage de chèvre avec la famille Serrano de Courpiac, miel avec Mme Purrey de Saint-Hélène, volaille avec M. Petit de la ferme de Vertessec à Avensan, pommes avec M. Bourg des Esseintes, kiwis avec M. Ducos des Esseintes, poisson avec Nicolas Brin jeune marin pêcheur d’Arcachon.

Des produits de qualité

« Les producteurs, explique Joëlle Corral, une des responsables de l’Amap, ont été choisis pour la qualité de leurs produits relevant de l’agriculture bio ou raisonnée ; pour leur proximité, il ne doit pas y avoir plus d’une heure de transport ; pour la possibilité de faire un contrat satisfaisant pour les deux parties ; la base de l’Amap restant la solidarité et le soutien aux producteurs. Et dans ce domaine, nous avons été gâtés, depuis janvier avec deux catastrophes : la tempête et la grêle !

Ces contrats Amap leur permettent d’assurer une production et surtout une vente directe, qui crée des relations appréciées par tous, des contacts, des échanges, le plaisir de connaître les gens qui achètent leurs produits. »

Actuellement pour l’Amaplanète, c’est la ressouscription des contrats légumes, une centaine au total, sans dépasser 200 sur tous les contrats cumulés. La progression a été particulièrement rapide, l’Amap est devenue une des plus importantes de la CUB. Le contrat huîtres pourrait faire son entrée.

Pour Mme Dominique Bret, une des responsables de contrat, « les Amap Lire la suite

Hulot : « L’Europe doit entraîner la révolution climatique »

lejdd.fr, Soazig Quemener, le 24 Mai 2009

Hulot : « L’Europe doit entraîner la révolution climatique »

Il a quelque chose d’un Sisyphe vert, dont le combat n’est jamais gagné. Avec son pacte écologique, Nicolas Hulot avait crû convaincre le monde politique. Malgré le Grenelle et le « paquet » européen, l’animateur télévisé, président de la fondation pour la Nature et l’Homme, voit monter les périls. Dans le JDD, il avertit: la révolution économique et écologique est inévitable.

L’Europe est-elle à la hauteur du défi climatique ?

Elle ne l’est pas encore, mais elle doit le devenir, parce qu’elle est la seule à pouvoir entraîner le monde. Nous avons une conférence dans six mois à Copenhague, où l’ensemble de l’humanité devra se donner les moyens d’éviter le pire. J’ai conscience du côté dramatique de ce genre de proclamation: mais nous sommes vraiment à l’heure de vérité. Et c’est vraiment nous, les Européens, qui pouvons être décisifs. Il faut renouer avec une fierté européenne, la fierté de l’humanisme européen, du modèle de civilisation. Sur le « paquet » climat-énergie, l’Europe a été en pointe, et Nicolas Sarkozy a été au rendez-vous. Mais ça ne suffit pas. Nous sommes sous la main dans nos plans de relance économique, comme paralysés dans nos conservatismes sociaux. Et même sur l’environnement, il faut aller beaucoup plus loin. Ce qui se joue avec le climat n’est pas une affaire de météorologues. Tout est lié : la crise sociale, la crise économique, la crise environnementale. Ou bien nous changeons de modèle, de manière révolutionnaire…

Ou bien ?

Nous entrons dans une zone de tempêtes. On ouvre la boîte de Pandore et le dénouement est forcément malheureux. La nature humaine et la nature en général ne nous demanderont pas notre avis. Elles trouveront elles-mêmes des solutions pour résoudre la crise. Mais au lieu de se faire dans un contexte démocratique et pacifique, cela se fera dans un contexte violent.

Vous êtes dans un discours prophétique…

Je suis dans une réalité absolue. Climatiquement, les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) disent et répètent la même chose depuis des années. Et socialement, je suis même sidéré par ma modération et la patience des gens. Avez-vous lu le dernier Paris Match? Avec cette photo sublime de deux actrices, Monica Bellucci et Sophie Marceau, en une? A l’intérieur, vous avez des images de familles libyennes, chassées de nos contrées prospères et renvoyées vers leur enfer. Ce voisinage, cette juxtaposition de la pire des misères et de la plus innocente des prospérités est devenue invivable. Cela ne peut pas tenir. Des millions de miséreux connaissent notre richesse. Ils la désirent pour eux-mêmes, tout en vomissant notre indécence. Le choc climatique là-dessus, les millions de réfugiés que provoquera le réchauffement, les destructions des habitats…

Donc, il faut tout renverser ?

Donc il faut tout oser. Aller au-delà des frontières de l’utopie. Un système est à bout de souffle. Ma révolution se nourrit de réformes. Il faut réinventer une solidarité mondiale, organiser la planète pour changer la croissance, organiser la décroissance des riches, en douceur, sans tuer les équilibres sociaux… Il faut que Lire la suite