Effondrement spectaculaire des populations d’abeilles au Japon

Futura-Sciences, Jean Etienne, mai 2009

Effondrement spectaculaire des populations d’abeilles au Japon

Alors que le phénomène de disparition des abeilles semblait épargner le Japon, c’est un effondrement de 50% du nombre de colonies qui vient d’y être constaté.

Détectée pour la première fois aux Etats-Unis en 2006, le phénomène appelé syndrome d’effondrement des colonies semble faire suite à la réduction la réduction inhabituelle du nombre d’insectes pollinisateurs (car guêpes et bourdons sont aussi affectés). Comme une pandémie, il s’est rapidement étendu en Europe puis à Taiwan.

Les causes de cette surmortalité, qui prend des proportions préoccupantes, restent pourtant mystérieuses. Ou plus exactement, rien ne permet de faire émerger, parmi la quarantaine de causes potentielles pointées du doigt par l’Afssa, un facteur particulier. Aussi, face à cet inconnu, l’ampleur que vient de prendre le phénomène au Japon inquiète.

Un sondage récemment effectué sur 2.500 apiculteurs membres de la Japanese Beekeeping Association a montré que 25% d’entre eux avaient subi des « pertes soudaines d’abeilles » à grande échelle.

« Il y a eu des pertes d’abeilles à petite échelle depuis maintes années, mais un effondrement massif comme celui qu’a connu les Etats-Unis en 2006 est très inhabituel », s’alarme Kiyoshi Kimura, du National Institute of Livestock and Grassland Science, insistant sur l’importance d’étudier soigneusement le phénomène au Japon.

Au-delà du miel

Amateurs de miel, comme toutes les populations humaines de la planète, les Japonais en consomment plus qu’ils n’en produisent. Le point le plus inquiétant pour les agriculteurs nippons est la répercussion de la raréfaction des abeilles sur la pollinisation des cultures, indispensable pour une grande variété de fruits et légumes abondamment cultivés dans le pays.

Selon Osamu Mamuro, éleveur d’abeilles et fournisseur de ruches dans un but de pollinisation, les populations d’abeilles se sont brusquement réduites au point qu’il pense devoir réduire de moitié ses livraisons, mettant ainsi en difficulté une bonne partie de ses clients agriculteurs. « Si cela continue, ce sera la fin de mon commerce », constate-t-il.

En tout état de cause, la situation annonce déjà une augmentation significative des denrées alimentaires dans l’éventualité où les fermiers seraient contraints de polliniser manuellement, ou si les fournisseurs Lire la suite

317 ha : La plus grande centrale photovoltaïque d’Europe dans les Landes

sud-ouest.com, NC, le 22 Mai 2009

CENTRALE PHOTOVOLTAÏQUE. Ce sera la plus grande d’Europe et elle prend forme à vitesse grand V dans le nord-est dépeuplé du département. Comme une future référence

Sous le soleil du Gabardan

C’est au fin fond du « no man’s Landes ». À la frontière des communes de Losse et de Baudignan, 48 habitants, la plus petite du département. Tout s’y passe en silence, mais plus du tout en catimini. Là-bas, au beau milieu du joli Gabardan, un peu au milieu de nulle part donc, le soleil brille. Et dans l’océan de mauvaises nouvelles qui submergent le département, le pays, le monde, allez savoir, l’univers peut-être ? C’est comme un îlot d’optimisme qui jaillit d’un coup au milieu de la forêt.

Cette semaine, le préfet Étienne Guyot est venu dévoiler le panneau inaugural, aux côtés d’Yvon André, directeur d’EDF Énergies nouvelles (EN), et de Serge Jourdan, maire de Losse, président de la Communauté de communes du Gabardan et cheville ouvrière d’un projet que même lui n’imaginait pas prendre une telle ampleur.

Sens de l’histoire

« Quand on a commencé à y travailler, en septembre 2006, on savait être dans le sens de l’histoire. Mais de là à en arriver à une centrale de 317 ha, à un coût de 350 millions d’euros… » Ses yeux roulent, mais ses pieds restent sur terre. Et sa tête dans les nuages, où le soleil « diffus » (que personne ne s’offusque, c’est un terme technique) des Landes commence à cogner très fort sur les premiers panneaux qui paraissent avoir jailli du sol à la vitesse disons du son, pour laisser vivre sa vie à la lumière, dans ce coin reculé et désert où le voisinage ne risque pas d’intenter un procès.

En un temps record, donc, le projet de la plus grande centrale photovoltaïque d’Europe est passé de l’imaginaire au très concret. L’avancée des travaux est même clairement spectaculaire. Un peu parce que le plan de relance du gouvernement en a fait un chantier prioritaire, beaucoup parce qu’EDF-EN a passé la surmultipliée, mais surtout parce que toutes les parties prenantes ont saisi l’aubaine.

L’État a ainsi vu dans ce chantier « emblématique » (Étienne Guyot) l’occasion d’établir une charte sur le développement de cette énergie providentielle qui en tenterait du coup tellement, qu’elle pourrait en conduire certains à faire n’importe quoi. « Il y a un équilibre à trouver et à respecter en terme environnemental. La forêt est notre richesse, tout projet de ce genre doit donc aller vers une logique de reboisement compensateur. »

Le préfet des Landes n’a pas fini de parler que Serge Jourdan rappelle à quel point ce chantier se veut « exemplaire. Chaque hectare déboisé sera replanté, Lire la suite

Christen : l’animal est une personne

lepoint.fr, N°1913, Elisabeth Lévy, le 14 mai 2009

Christen : l’animal est une personne

Sociobiologie. Dans « L’animal est-il une personne ? » (Flammarion), le chercheur Yves Christen affirme que les bêtes possèdent un univers mental. Et si c’était vrai ?

Le Point : Vous voulez réparer nos torts envers « nos frères animaux » et élever ceux-ci à la dignité de l’homme, au moins au rang de « personnes ». Mais, à vous lire, on a l’impression que vous voulez surtout prouver que l’homme est un animal. Qu’est-ce qui vous déplaît à ce point dans l’idée d’une exception humaine ?

Yves Christen : Je récuse la position humaniste qui est celle d’un humain arrogant. Je ne dis évidemment pas que les animaux sont comme des hommes, je crois que leur dignité est d’être ce qu’ils sont. Mon but n’est pas que nous passions notre temps à dialoguer avec des singes ou des dauphins. Je ne conteste pas la singularité de l’homme dans sa capacité de puissance, d’envahissement et de transformation du monde.

Vous n’êtes jamais fier d’appartenir à l’espèce qui a engendré Homère, Dostoïevski et Darwin ?

Si c’est le génie créatif qui fait la différence, alors nous sommes mal partis, car il ne trace pas une frontière entre l’homme et l’animal, mais entre l’humanité entière et son élite !

Vous avez été l’un des premiers en France à vous intéresser à la sociobiologie, approche venue des Etats-Unis qui a suscité pas mal de polémiques car on l’a associée à la « nouvelle droite ». Votre travail sur la « personnalité animale » s’inscrit-il dans la continuité de cette réflexion ?

La sociobiologie a pour but d’étudier les bases biologiques des comportements sociaux. Son émergence n’est en rien liée à quelque idéologie que ce soit. Du reste, son fondateur, le biologiste américain Edward Wilson, m’a confié qu’il était étonné par le débat en France puisque, aux Etats-Unis, on lui reprochait d’être plutôt connoté à gauche. Si l’on s’en tient au noyau dur, la sociobiologie, c’est l’application du darwinisme aux sciences du comportement. Alors, je ne prétends pas que la science marche par référendum, mais, en dehors de quelques créationnistes très marginaux, le monde des sciences est aujourd’hui intégralement darwinien, et il ne se trouve guère de biologistes hostiles à la sociobiologie. Il est vrai cependant que quelqu’un qui ne s’informerait qu’à travers les articles publiés dans la « grande presse » aurait sans doute une autre vision des rapports de forces intellectuels.

Mais c’est avec les sciences humaines que vous devriez avoir maille à partir. Vous postulez implicitement l’existence d’une raison biologique et génétique qui permettrait d’expliquer les comportements des hommes et des animaux. Pourquoi alors s’embarrasser de philosophie, d’histoire ou de psychanalyse ?

Vous devriez plutôt demander aux chercheurs de ces disciplines de prendre en compte les progrès de la science. Dans le domaine des sciences sociales, la tradition française que je qualifierai de littéraire-pour ne pas dire antiscientifique-explique que Lire la suite

Boboyakas : Vieillir ensemble dignement

sud-ouest.com, Isabelle Castéra, le 22 Mai 2009

BORDEAUX. L’association des Boboyakas travaille à sauver la vieillesse du naufrage annoncé

Ils rêvent de vieillir sans entrave

Ils ont été des adolescents terribles. « Jouir sans entrave », « Il est interdit d’interdire », « Sous les pavés, la plage », déjà eux… Ils ont fini par vieillir sans jamais grandir, comme on dit des adolescents résistants. Ils ont chopé 50 balais comme qui rigole, en rigolant beaucoup et en continuant à rêver.

Puis voilà, une maman qui perd la boule, un papa qui finit ses vieux jours écrasé dans un lit de douleur, une autre qui tremble dans un fauteuil au fond d’une maison de retraite. Comme ils aiment bien réfléchir au monde qui tourne, ils ont dit : « Et nous, comment on n’aimerait pas vieillir ? »

Raoul, Édith, Patrick, Tonie, Nicole. Ils sont une petite vingtaine, ils ont 56 ans d’âge moyen et se roulent des clopes dans du papier Job. Ensemble ils ont monté l’association Les Boboyakas, en avril 2008. « Nous sommes des vieux copains issus de ces années-là, commence Édith. Nous étions étudiants, aujourd’hui, on travaille tous encore, mais à chaque fin de repas festif, on se dit qu’on aimerait bien vieillir ensemble. Mieux que nos parents. »

«La réalité nous a rattrapés»

Vieillir ensemble, mais surtout vieillir dignement. Chacun d’entre eux raconte l’histoire de la fin de vie d’un parent. « On a tous été rattrapés par la réalité de la vieillesse avec nos parents, poursuit Édith. Sur le plan social, affectif, économique. Ce n’est pas l’angoisse qui nous guide, mais la prise de conscience des enjeux. »

L’association puise ses sources dans les vieux rêves des années 70. La maison bleue où l’on vient à pied, où l’on ne frappe pas, car ceux qui vivent là ont jeté la clé. Raoul se marre sous sa moustache grise. « Oui, concède-t-il, il s’agit d’une tentative de renouer avec ces projets-là, autour de l’autogestion et de la solidarité. Pas baba cool attention, car je crois plutôt à l’idée d’un projet politique. Nous voulons que la vieillesse soit une période de la vie où l’on reste acteur, sujet jusqu’au bout. Éviter la prise en charge. Pouvoir désirer et décider. »

Tous les deux mois, les Boboyakas se retrouvent pendant tout un week-end, plutôt joyeux, et travaillent à l’élaboration de ce projet de vie. Ils savent qu’ils ont encore un peu de marge, quelques années qui vont leur permettre de peaufiner leur pensée.

Aujourd’hui, tandis qu’ils approchent de l’âge de la retraite, ils regardent leurs grands enfants avec bienveillance. « On ne veut pas peser. En se prenant en charge, on leur permettra de vivre leur vie sans trop s’inquiéter pour la nôtre », reprend Raoul.

Depuis la création de l’association, les grandes lignes ont été dressées dont ils ne dérogeront pas Lire la suite

Éolien et solaire : n’opposons pas ces deux énergies !

sudouest.com, Claire Le Lann, le 22 Mai 2009

Éolien et solaire : n’opposons pas ces deux énergies !

L’éolien et le solaire explosent dans le monde, tous les pays (USA, Canada, Inde, Chine… et l’Europe) en ont compris les avantages pour la planète mais aussi pour l’économie : emplois pour la construction de pales et turbines, l’entretien, l’implantation, non délocalisables, durables et qualifiés. Actuellement, l’éolien en France emploie 7 000 personnes, et promet à l’horizon 2020, selon l’Ademe, 60 000 postes. Le Syndicat des énergies renouvelables prévoit quant à lui que le photovoltaïque offrira 15 000 emplois en 2012.

La Région Aquitaine l’a compris depuis longtemps. Le vent et le soleil sont des ressources de nos territoires valorisées à travers le plan climat et la politique de développement durable de la Région. Une façon de participer à la lutte contre les crises écologique et économique, mais aussi de répondre aux exigences du Grenelle de l’environnement qui prévoit la prise en charge, par les Régions, de schémas régionaux des énergies renouvelables. Il était temps, car même si le fort engouement pour le photovoltaïque est une bonne nouvelle, les options choisies pour son développement peuvent parfois être contestables.

En effet, si le développement du photovoltaïque en toiture (bâtiments industriels et commerciaux, bâtiments publics…) est une solution pertinente, on peut s’interroger sur celui des centrales photovoltaïques au sol. Les fermes solaires de grande dimension ne doivent surtout pas venir concurrencer d’autres usages : agriculture, sylviculture, espaces naturels.

N’est-il pas surprenant d’assister actuellement à des déboisements de parcelles pour installer des panneaux solaires, alors même que d’autres espaces peuvent être utilisés ? La tempête de janvier dernier ne doit pas être un prétexte. Les zones dévastées doivent prioritairement être reboisées avant d’envisager l’installation d’une centrale solaire.

Dans tous les cas, de telles installations ne doivent pas occuper des centaines d’hectares, gelant ainsi tout autre usage du sol. Aucune autre activité ne peut être développée. De plus, elles créent, contrairement au parc éolien, des ruptures écologiques avec leur clôture : plus personne ne passe ! Ni les animaux, ni les promeneurs… ni les chasseurs. La continuité des activités agricoles et touristiques est rompue.

Le développement du photovoltaïque à grande échelle passe donc bien par des installations en toiture (maisons, bâtiments industriels et commerciaux, bâtiments publics), les surfaces potentielles étant énormes.

Une réglementation existe déjà pour les parcs éoliens (bruit, paysage, biodiversité) afin de limiter les impacts sur notre environnement et notre cadre de vie. Le photovoltaïque doit lui aussi être encadré pour ne pas créer d’effet d’aubaine comme cela pourrait être le cas dans le Médoc par exemple.

Alors, cessons d’opposer ces deux énergies renouvelables qui sont totalement complémentaires : le soleil brille plus en été et le vent souffle plus en hiver !

Il est donc urgent d’élaborer, dans la plus large concertation, un schéma régional des énergies renouvelables Lire la suite

Les enjeux de la Conférence de Copenhague sur le climat

BNP Paribas, Raymond van der Putten, Mai 2009

Le réchauffement climatique constitue un sujet de préoccupation majeur pour l’économie mondiale. Le laisser-faire pourrait avoir de graves conséquences pour la vie sur terre…  Au delà d’un certain « point de basculement » qui reste à déterminer le réchauffement pourrait échapper à tout contrôle… Pour éviter cela, il est impératif de mettre en œuvre dans les meilleurs délais, des politiques de l’environnement rigoureuses…

Pour télécharger la note Lire la suite