La prospérité sans la croissance ? Inventer une alternative

contreinfo.info, Charles Siegel, Common Dreams, le 28 avril 2009

La prospérité sans la croissance ? Inventer une alternative

Paradoxe des temps modernes. Les extraordinaires avancées des sciences et des techniques ont permis à l’humanité d’accumuler un savoir faire et une capacité de production à même de satisfaire la plupart de ses besoins, et pourtant cette richesse potentielle, loin de se traduire par l’accomplissement des promesses du progrès, s’accompagne aujourd’hui d’une inégalité toujours accrue, d’une énorme demande sociale non satisfaite, et d’une pression croissante sur les conditions d’existence au nom du sacro saint rendement compétitif. Mais rendement de quoi ? Loin de permettre de libérer l’homme, l’intelligence, les énergies mobilisées, les efforts consentis, englués dans un système devenu inefficace, inadapté et dangereux, conduisent l’humanité à sa perte. Le système économique – dont la structure est un archaïsme hérité des temps obscurs où la rareté dominait – poursuit sa trajectoire aveugle et insoutenable qui nous rapproche inexorablement de l’épuisement des ressources primaires, et de la dévastation de notre planète. « Prosperity Without Growth ? » est un ouvrage (disponible gratuitement en ligne) publié par la Commission du Développement Durable, une agence gouvernementale du Royaume-Uni, qui ose aborder de front cette question brulante. La croissance, telle que nous la pratiquons, est dans l’impasse. Il faut repenser à nouveaux nos modèles de développement, et renoncer à la religion du PIB. Cela implique-t-il un retour aux privations ? Nullement. Les études effectuées de par le monde montrent qu’une fois atteint un niveau de revenu situé entre la moitié et les deux-tiers de ce qu’il est aujourd’hui aux USA, le sentiment de bien-être n’augmente plus en relation avec l’accroissement des revenus. Renoncer à la croissance, ce pourrait donc être simplement renoncer au « toujours plus » du consumérisme, à la recherche vaine de la distinction par les colifichets du « je le vaux bien » narcissique. Une telle révolution, non seulement économique mais également culturelle, est possible, nous dit la Commission Britannique, qui indique en s’appuyant sur les travaux de l’économiste canadien Peter Victor que cela permettrait également de travailler moins. Nous publions ci-dessous la note de lecture de cet ouvrage rédigée par Charles Siegel pour Common Dreams, et fournissons le lien de téléchargement. Quand une commission du gouvernement britannique publie un rapport appelant à mettre un terme à la croissance économique, il semble tout à coup que notre monde soit en pleine mutation. La croissance est l’objectif central pour les économistes depuis le début de la révolution industrielle.

Aujourd’hui le professeur Tim Jackson, le Commissaire Economique de la Commission du Développement Durable du Royaume-Uni publie un ouvrage qui résume l’état actuel de nos connaissances sur la croissance économique et montre de façon convaincante qu’il faut y mettre un terme. Nous avons tous entendu parler des effets de la croissance sur l’environnement, tels que l’épuisement des ressources et le réchauffement de la planète. L’opinion communément admise est que nous pouvons y faire face en adoptant des technologies plus efficace. Mais ce livre affirme qu’il n’existe pas de scénario plausible dans lequel le progrès technologique pourrait à lui seul réduire suffisamment les émissions de gaz à effet de serre si la croissance se poursuit à son rythme actuel. « La taille de l’économie mondiale est presque cinq fois supérieure à ce qu’elle était il y a un demi-siècle. Si elle continue à croître au même rythme, ce chiffre sera de 80 en 2100. » Les efforts déployés pour utiliser au mieux la technologie afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre seront vraisemblablement submergés par ce rythme rapide de croissance. Si nous voulons sérieusement éviter les pires effets du réchauffement de la planète, nous devons aller au-delà de ce genre de solutions technologiques et repenser la croissance économique elle-même. Lire la suite

Lepage et Cochet : Entre espoir vert et sombre lucidité

liberation.fr, Laure Noualhat,

Entre espoir vert et sombre lucidité

Livres. Les visions opposées d’ex-ministres de l’Ecologie.

Antimanuel d’écologie Yves Cochet, Editions Bréal, 310 pages, 21 euros Vivre autrement Corinne Lepage, Grasset, 166 pages, 9 euros.

Quand deux anciens ministres de l’Environnement prennent la plume, ce n’est pas pour caresser un potentiel électorat mais pour chatouiller une société abattue par la crise systémique. Le premier bénéfice de l’Antimanuel d’écologie, du député Vert Yves Cochet, est de réhabiliter le mot écologie. Parce que, écrit-il, «l’écologie est un paradigme, une pensée totale, et qu’en dehors d’elle, il ne reste plus grand-chose». S’il est bien un mot qui mérite d’être réhabilité, c’est celui-là. L’écologie, les plus gros pollueurs de la planète la vendent comme pot de peinture, des consommateurs schizophrènes l’achètent, le monde occidental en parle, en veut, la mange, la (con)chie, mais peu de monde, en réalité, la vit.

Fidèle au concept d’antimanuel, celui-là nous permet de passer dans les bras de quelques grands hommes : René Descartes, Edgar Morin, Ivan Illitch, Hans Jonas, et d’embrasser aussi la pensée de quelques – trop rares – femmes, dont Hannah Arendt ou la prix Nobel de la paix Wangari Maathai. Il y a aussi d’illustres philosophes, des écologues, des biologistes, mais aussi des intellectuels qui pensent cette chose que d’autres renoncent à envisager : la fin de l’humanité, sa place dans une nature sans cesse transformée, sa responsabilité, ses courses à l’échalote. Le tout ponctué par de pertinentes illustrations distillées avec humour.

Inspiration. Qu’on se rassure, ces penseurs n’ont aucun des oripeaux dont on veut affubler les écolos : le militantisme en bandoulière, l’indolence, la marginalité ou le catastrophisme chevillé au corps. Même si cet ouvrage très pédagogique nous prévient : le monde va mal et l’espoir est mince. Et ce ne sont ni les responsables politiques – obsédés par les échéances électorales -, ni les responsables économiques – obnubilés par la rentabilité de leur entreprise -, qui peuvent tenir le discours sur l’effondrement.

Que de temps perdu, que de gâchis. Dire que les voyants sont au rouge depuis des décennies, que les alertes sont lancées depuis le début des années 70. Le pire drame des écolos est sûrement d’avoir eu raison trop tôt. Qu’importe, «notre responsabilité est de changer de posture, explique Cochet. De nous préparer à affronter l’inflation, la récession, les tensions sociales et internationales, la guerre. A cette fin, une seule inspiration doit guider les politiques publiques dans tous les pays : protéger les citoyens contre les conséquences de la catastrophe écologique». Dans son ouvrage, Cochet nous invite à ne plus croire les indéfectibles gardiens du temple, aveugles mais musclés, qui défendent le monde de ceux qui n’ont rien vu venir et auxquels tout cela échappe. Il nous invite à embrasser la décroissance plutôt que de la subir, dans le seul but de «vivre mieux».«Plus n’est pas nécessairement mieux et moins nécessairement pire

Plus modeste dans sa forme mais tout aussi percutant dans son analyse, le livre de Corinne Lepage nous convie aussi à Vivre autrement. Lire la suite

Patrimoine, randonnées… : Programme définitif de la Fête à Léo 2009

Association les amis de Léo Drouyn, mai 2009

Programme définitif de la Fête à Léo 2009

Lundi 1er juin – Cadillac, le lancement de la Fête à Léo !

Départ : Porte de la Mer – 09h30 – à pied

Expositions Philippe Mohlitz (château) et Paysage (mairie)

Journée de découverte de Cadillac de da bastide, de son château, et du pays de Cadillac (Laroque, bords de l’Euille).

Départ 9h30, Porte de la Mer – Pique-nique au lac de Laromet – 17 h : Château de Cadillac : vernissage de l’exposition de Gravures au burin de Philippe Mohlitz et lancement officiel de La Fête à Léo – 18 heures : Mairie de Cadillac : vernissage de l’exposition Gravure et Paysage au siècle de Barbizon. – 18h30 : Pot dans les jardins du château à l’occasion de leur première ouverture au public !

Samedi 6 juin – en Fronsadais et à Canon, paysage, patrimoine et vignoble fameux !

Départ : Maison du Pays Fronsadais à St Germain la Rivière– 09h00 – réservation bus et repas restaurant impératifs et urgents  (05 57 84 86 86)

Journée de découverte, avec nos amis de l’OT, des paysages et du patrimoine du Fronsadais (rebords des coteaux de St Germain, petit patrimoine, châteaux, le fameux ermitage St Aubin, châteaux viticoles – Site et vignoble de la célèbre appellation Canon ! Avec le géographe Philippe Roudié et présentation d’un dessin inédit et non publié de Léo sur Canon et la vue sur la Dordogne !  Musique à Saint-Michel.

Dimanche 7 juin – Deux balades différentes – au choix – en Lussacais !

Départ : Taillerie de meules à Malangin, commune de Montagne (à pied et en voiture)  – 09h00

… ou Départ : Monbadon (à pied)– 09h00

Journée de découverte des paysages et du patrimoine du Lussacais; La taillerie de meules de M. Millange, Monbadon, son église et son château, des églises dont Petit-Palais pour le premier circuit ; Monbadon, Francs (avec la visite du château qui chaque année montre des choses nouvelles de sa chapelle et de sa restauration !), Tayac, St Cibard… avec l’accueillant château Puyfromage à midi, pour le second ; puis, pour les deux circuits, final à Puynormand, son concert et l’accueil bien connu, au château Vilatte avec son pain fait au four et son vin !

Vendredi 12 juin – Bourg

Départ : Place du district, stèle de F. Daleau – 18h30 – nocturne à pied

Avec Didier Coquillas  bien sûr, Lire la suite

Risques naturels : le sombre diagnostic de l’ONU

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 18 mai 2009

Risques naturels : le sombre diagnostic de l’ONU

Les risques liés aux catastrophes d’origine naturelle ne cessent de s’accroître, les pauvres en sont les principales victimes, le changement climatique et la dégradation des écosystèmes vont aggraver l’ampleur de ces risques : le message délivré à Bahreïn, dimanche 17 mai, par les Nations unies, n’est pas d’un franc optimisme.

Le coût élevé de l’indemnisation en France

En France, les événements naturels indemnisés par les assureurs entre 1988 et 2007 ont coûté 34 milliards d’euros (tempêtes pour 49 %, inondations pour 33 %, sécheresses pour 16 %). Selon une étude réalisée par la Fédération française des sociétés d’assurances, et publiée le 29 avril, le changement climatique devrait accroître le nombre et l’ampleur de ces aléas naturels : la fréquence des sécheresses en France pourrait augmenter de 10 % entre 2007 et 2030 par rapport à la période 1988-2007 ; celle des inondations de 15 %, celle des tempêtes de 10 %. Au total, les assureurs estiment que la charge d’indemnisation atteindra 60 milliards d’euros.

Ils soulignent que tous les particuliers paient une surprime « catastrophes naturelles » identique quelle que soit leur vulnérabilité.

Ce principe de solidarité ne devrait pas conduire à négliger les politiques de prévention. Politiques qu’en l’état les assureurs jugent « insuffisantes ».

Issu de la Stratégie internationale de réduction des risques, lancée par l’ONU en 2000, le rapport publié dans l’île du golfe Persique opère la première synthèse des connaissances sur les désastres naturels qui se sont produits entre 1975 et 2008. S’il reconnaît ne pas être exhaustif – par exemple, sur les sécheresses en Afrique subsaharienne -, le texte n’en représente pas moins une masse de connaissances unique.

Entre 1975 et 2008, le rapport dénombre 8 866 désastres ayant tué 2 284 000 personnes. Quelques « mégadésastres », concentrés sur la période récente, ont provoqué chacun la disparition de plus de 10 000 personnes : sur vingt-trois recensés depuis 1975, six sont intervenus depuis l’an 2000 – notamment le cyclone Nargis en Birmanie et le séisme du Sichuan en Chine, en 2008 ; le séisme du Cachemire en 2005 ; le tsunami dans l’océan Indien en 2004.

Globalement, concernant les inondations, le risque mortel a augmenté de 13 % entre 1990 et 2007. Trois pays y sont particulièrement vulnérables, puisqu’ils concentrent 75 % des risques de mortalité : le Bangladesh, la Chine et l’Inde. Le tableau n’est pas, si l’on ose dire, uniformément catastrophique. Certes, le nombre absolu des pertes humaines ou économiques augmente sur l’ensemble de la période, mais il reste proportionnellement stable, du fait de l’augmentation démographique et de celle du Produit intérieur brut (PIB) mondial.

Mais selon les experts de l’ONU, la situation devrait se dégrader, en raison du changement climatique et de la dégradation des écosystèmes. Lire la suite

Amory Lovins : En 2040, plus besoin de pétrole aux USA

environnement.blogs.liberation.fr, Laure Noualhat, le 16 mai 2009

En 2040, plus besoin de pétrole aux USA

Cela fait bientôt 33 ans que cet homme détient la solution aux problèmes énergétiques. Time magazine vient d’ailleurs de lui rendre hommage en le classant parmi les 100 personnalités de l’année. Amory Lovins, de passage à Paris pour la promotion de son ouvrage consacré au capitalisme naturel (publié aux Etats-Unis en 1999, ndlr), est un pionnier discret. Au sein de l’Institut Rocky Mountain, think-tank qu’il a créé en 1983, il conseille de grosses entreprises comme le constructeur automobile Ford ou le chimiste Dow Chemical en matière d’efficacité énergétique, et peut se targuer d’avoir l’oreille des plus proches conseillers d’Obama sur la question. Ce type voit loin: il promet que les Etats-Unis pourront intégralement se passer de pétrole en 2040. Entre deux coups de fourchette, interview.

Quel rôle joue l’Institut Rocky Mountain ?

Nous pratiquons ce que j’appelle l’acupuncture institutionnelle. Nous intervenons auprès des grosses entreprises comme Ford, Dow Chemical, Boeing, …, pour les convertir à l’efficacité énergétique. Investir dans une usine qui fabrique des fenêtres super isolantes coûte 1000 fois moins cher que de produire toujours plus d’électricité en construisant de nouvelles centrales. Nous pensons qu’il faut échanger les megawatts par des negawatts, c’est à dire des watts que l’on n’a pas besoin de produire puisqu’on ne les consomme pas. Et les grandes entreprises comprennent très bien cela. Et je pense que les changements majeurs sont souvent conduits par les grosses entreprises. Ce n’est pas surprenant quand on comprend qu’économiser de l’énergie et des ressources peut s’avérer très profitable. Dow Chemical a investi un milliard de dollars dans les économies d’énergie et ils ont économisé 9 milliards de dollars en quelques années. Dupont de Nemours a diminué ses émissions de CO2 de 80% par rapport à son niveau de 1990. La flotte de camions de Walmart consomme 25% de carburant en moins. Et il existe de nombreux autres exemples.

Pensez-vous que les choses sont en train de changer ?

Oui. A la création de l’Institut, nous étions une poignée d’amis sans argent. Aujourd’hui, nous avons près de 90 employés et un chiffre d’affaires de 13 millions de dollars. Il existe une profusion de gisements de negawatts: dans le bâtiment, les transports, le chauffage, … De la même façon, il y a les barils de pétrole et ceux que l’on ne consomme pas, les nega-barils.

Que pensez-vous du modèle énergétique français basé sur le nucléaire?

La France me fait l’effet d’une île de politique plutôt hermétique entourée par une mer de réalité qui s’appelle le marché économique. L’industrie nucléaire pense que ses principaux concurrents sont les usines à charbon ou à gaz, bref, les grosses centrales d’énergies fossiles, alors que ses principaux concurrents, à mon sens, sont l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Les adeptes du nucléaire pensent que les centrales énergétiques doivent être grosses alors que le futur appartient aux petites centrales électriques. Lire la suite

Chantal Jouanno : Energique et durable

lemonde.fr, Gérard Davet, le 18 mai 2009

Energique et durable

Elle doit sa carrière à Martine Aubry et reconnaît bien volontiers ne « pas se sentir totalement de droite ». N’allez pas en tirer de conclusions hâtives. Alors qu’elle débute un tour de France destiné à vendre « son Grenelle de l’environnement », à 39 ans, Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’écologie, est un pur produit de la filière Sarkozy, du temps où ce dernier régnait Place Beauvau.

Du président de la République, elle connaît tout ou presque. Elle sait, par exemple, désamorcer ses humeurs agressives. Comme ce jour où elle vit débarquer un Sarkozy rouge de colère, dans son bureau d’alors, au conseil général des Hauts-de-Seine. Les travaux de rénovation n’étaient pas terminés à temps, les architectes et ouvriers étaient blêmes. Elle sut, alors, user de son calme, de son charme discret, pour s’interposer. Douze titres de championne de France de karaté, ça vous confère une forme d’autorité.

Elle aime bien Nicolas Sarkozy. Ils n’ont pourtant pas grand-chose en commun. Elle se souvient encore de cette confidence, lâchée par son patron, Place Beauvau : « La politique coule dans mes veines. » Ce n’est pas le cas de Chantal Jouanno. Mais elle l’admire. « Il ose, dit-elle. Il sort des sentiers battus, va au contact. Et il sait reconnaître quand il a tort. Certes, il n’est pas tout en douceur, mais il reste très humain. J’ai quand même réussi à lui coller deux grossesses, il m’a juste dit : « Tu fais comme tu veux. » Et il m’envoyait des fleurs tous les jours à la maternité. »

Pour autant, Chantal Jouanno n’a jamais fait partie du carré des fidèles. Elle n’est pas courtisane ni intrigante. « Tu es la seule qui ne me demande jamais rien », lui dit-il un jour. Trop prudente. « Je n’ai jamais été dans des stratégies d’influence, assure-t-elle. Et je trouve que bon nombre de gens qui l’entourent sont d’une immense prétention. D’abord, on dit merci… »

Elle sait ce que sa carrière lui doit. Même si la politique n’est pas toute sa vie. Quand elle a été nommée secrétaire d’Etat, en janvier, elle a croisé Nicolas Sarkozy, au détour d’un couloir, à l’Elysée. « Alors, il faut que je fasse de la politique, maintenant ? » a-t-elle lancé, amusée. Et lui de répondre, ferme : « Evidemment ».

Parce que Chantal Jouanno, en politique, cela sonne comme une évidence. Il faut la voir, en déplacement à Grenoble, devant une assemblée de militants UMP, entre deux morceaux de pizza et trois rondelles de saucisson, vanter les mérites du gouvernement, rappeler les avancées du Grenelle de l’environnement. Elle sait faire, louvoie dans le ballet des élus locaux, sans flatteries excessives, en toute simplicité. Elle parle un langage clair, comme son mentor, mais sans rouler les épaules.

Elle a retenu l’essentiel, lorsqu’elle écrivait les discours de Nicolas Sarkozy, Lire la suite

Communauté urbaine de Bordeaux : Isolez ! Vos toits ont été filmés

sud-ouest.com,  Jacky Sanudo, le 16 Mai 2009

THERMOGRAPHIE. À partir d’aujourd’hui, les habitants de la Communauté urbaine de Bordeaux sont invités à découvrir sur Internet leurs déperditions d’énergie par la toiture. À eux de décider ensuite des travaux d’isolation

Isolez ! Vos toits ont été filmés

L’opération aura duré quatre jours. Ou plutôt quatre nuits : du 12 au 16 février dernier, de 19 h 30 à 23 h 30. La chance a fait que ce soit la bonne « fenêtre météo ». Pour que le petit avion de l’Aerodata au service de la société varoise ITC (Infrarouge Technologie Contrôle) puisse décoller, les conditions requises étaient : 5 degrés de température au sol et pas de précipitations 24 heures avant la mission. De belles conditions anticycloniques ont permis le survol des 55 000 hectares de superficie totale que représentent les 27 communes de la Communauté urbaine de Bordeaux. 12 000 clichés ont été pris et 250 000 bâtiments photographiés. Coût de l’opération hors taxes : 260 000 euros, dont 30 % financés par les municipalités.

Dunkerque en pionnier

Le vol, par 1 000 mètres d’altitude, n’a rien de touristique. Une caméra infrarouge est positionnée derrière la carlingue de l’avion, reliée à un ordinateur portable équipé d’un logiciel, avec pour objectif de mesurer la température des toitures et estimer les déperditions d’énergie. C’est ce qu’on appelle la thermographie aérienne. L’outil de diagnostic, impulsé le plus souvent par la Jeune Chambre économique française, connaît un immense succès depuis que Dunkerque s’y est risqué en 2004.

C’est presque un phénomène de mode « durable » dont on estime qu’il touchera 120 villes d’ici à 2011. Dans la région, y ont succombé (ou sont sur le point de…) les communes et agglomérations d’Agen, Pau, Jonzac et Périgueux. Bordeaux a réalisé sa thermographie en solo fin 2007, et les résultats sont en ligne sur le site Internet de la ville depuis le mois dernier. Ceux de la CUB le seront officiellement ce samedi, avec lancement en grande pompe lors de la Foire internationale au Lac.

thermographie.lacub.fr

Le site gratuit www.thermographie.lacub.fr risque d’être pris d’assaut de par son côté ludique. En inscrivant votre adresse, vous pourrez avoir une vue du toit de votre habitation. S’il est rouge, c’est que la déperdition de chaleur est excessive ; s’il est bleu foncé, la déperdition est non perceptible ou nulle. Quatre autres couleurs intermédiaires déclinent la palette. Sur le stand CUB de la foire, 24 bornes informatiques permettront aux curieux de visualiser la cartographie proposée par I2G.

« On donne un outil pour que les gens se prennent en main. Les communes et les bailleurs sociaux pourront également se l’approprier. Il faut savoir que la déperdition de chaleur par les toitures, sur de l’ancien, est d’environ 30 %. Avec le site, nous fournissons des informations d’accompagnement pour affiner le diagnostic, en se rendant, par exemple, aux Espaces Info Énergie ou à l’Agence locale de l’énergie.

Bref, nous générons une demande qui peut être aussi intéressante pour Lire la suite