Aquitaine : Les villes prennent le pli de l’écologie

sudouest.com, Jean-Denis Renard, le 16 Mai 2009

ENVIRONNEMENT. Nombre de municipalités intègrent désormais les nécessités du développement durable

Les villes prennent le pli de l’écologie

Non, toutes les villes de la région ne passent pas au vert comme un seul homme. Néanmoins, quelque chose frémit sur le front du développement durable. Menée sur les 20 villes les plus peuplées de notre région à partir de quelques grands indicateurs (voir l’infographie ci-contre), notre enquête atteste que des efforts notables y sont diligentés pour économiser l’eau et l’énergie, ou encore pour développer l’offre de transport en commun et la part du vélo en ville. L’héritage n’est pas le même partout, la volonté des édiles non plus. Mais la tendance est à comparer avec la superbe solitude de La Rochelle quand elle multipliait les innovations, il y a déjà une trentaine d’années…

1 Haro sur le gaspillage

Les grandes villes deviennent attentives à leur consommation en fluides (eau, électricité). En cette matière, la couleur politique des municipalités ne dit pas tout. Convictions mises à part, il s’agit de réduire les gaspillages et, in fine, d’épargner l’argent du contribuable. Au Pays basque, la commune d’Anglet vient ainsi d’embaucher un Monsieur Antigaspillage sur la base d’un calcul simple : la charge salariale de son poste sera inférieure aux économies réalisées. « Son champ d’action couvre l’ensemble de l’action municipale, des douches des vestiaires sportifs aux ordinateurs que l’on n’éteint pas en partant », dit-on à la mairie.

À Mérignac, la ville girondine la plus peuplée après Bordeaux, la problématique est grosso modo la même. « On fait très attention à la consommation d’eau et aux fuites éventuelles. On peut dire qu’on a économisé 500 000 euros depuis la mise en place de cette politique, en 2003. Il n’y a pas meilleur placement au monde. Pour tous les fluides, l’écologie commence par l’économie », indique à titre d’exemple Gérard Chausset, le maire adjoint (Verts) chargé de l’environnement.

La hausse vertigineuse du prix des carburants au cours de l’année 2008 n’a fait que renforcer ce credo dans les mairies. La Ville de Pessac, à l’ouest de Bordeaux, a ainsi réduit sa consommation de carburant de 2 000 litres l’an dernier. Et elle remplace tous ses véhicules en fin de vie par des modèles à énergie alternative, soit 39 % de sa flotte en 2007.

2 Les villes, moteur de l’innovation

À La Rochelle, deux bus de mer électrosolaires viennent d’entrer en service pour assurer la liaison entre le Vieux Port et les Minimes.

Des bateaux qui progressent sans bruit et sans odeur, Lire la suite

Salon de l’environnement Bx : Rénover ou construire écolo, c’est possible…

sudouest.com, Hélène Rouquette-Valeins, le 17 Mai 2009

Des conseillers et une cinquantaine d’exposants attendent les visiteurs au Salon de l’environnement et du développement durable

Rénover ou construire écolo, c’est possible…

Plus d’un visiteur sur deux (51 %) a posé le pied au Salon de l’environnement l’année dernière. Si l’on en croit l’enquête Ipsos 2008, les Français sont de plus en plus désireux de mettre en pratique leur respect pour la planète. Et en premier lieu pour leur porte-monnaie. D’où la décision des organisateurs de la foire de rebaptiser le Salon de l’environnement : Salon de l’environnement et du développement durable, et de lui accorder une surface plus grande : 8 000 mètres carrés, sur lesquels seront présents une cinquantaine d’exposants ainsi que des conseillers de l’Ademe (1) et du Créaq (2).

Isolation

C’est le cas de William Mazel : « Le schéma que nous déroulons pour les visiteurs est très simple, explique-t-il. Sobriété, réduction des besoins, efficacité, énergies renouvelables. » Charles Dautais, qui dirige Bat’imm Innovation, explique qu’en France, nous revenons de loin : « Sous prétexte que l’isolation, ça ne se voit pas et que tout le monde peut le faire, déplore-t-il, elle a très souvent été négligée, voire mal appliquée. On ne peut pas bricoler. Il faut le faire bien et une fois pour toutes. »

L’artisan propose ainsi « à partir de la valorisation d’un déchet, le papier journal, additionné de sel de bore, la ouate de cellulose qui devient l’isolant le plus performant. La technique date de 1920. » Charles Dautais considère d’ailleurs que face aux enjeux environnementaux considérables auxquels il faut faire face, l’isolation est devenue un métier à part entière. Le chauffage aussi a considérablement évolué. Ainsi Stéphane Porras, artisan chauffagiste à Bassens, en Gironde, parie-t-il sur l’écologie depuis près de trente ans. Mais il n’a vu les mentalités évoluer que récemment.

« Il y a dix ans, raconte-t-il, tous les projets présentés avec du matériel écologique étaient systématiquement refusés, alors qu’aujourd’hui la référence écologique figure carrément sur le cahier des charges. » Lui, propose panneaux solaires photovoltaïques, pompes à chaleur, chaudières à condensation…

Il s’occupe aussi du traitement de l’eau. En matière de consommation d’eau, note William Mazel, les conseillers du Créaq expliqueront que pour moins de 50 euros, on peut équiper tous les robinets de sa maison avec des réducteurs de débit. Et pas besoin d’être un bricoleur d’exception pour y parvenir !

Écoprêt à taux zéro

Reste que la bonne volonté ne suffit pas. Encore faut-il disposer du nerf de la guerre. C’est chose faite Lire la suite