Jean-Louis Borloo dévoile son plan pour le solaire

lefigaro.fr, Frédéric de Monicault, le 15 mai 2009

Jean-Louis Borloo dévoile son plan pour le solaire

INTERVIEW – Le ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable lance notamment un appel d’offres pour construire une grande centrale photovoltaïque par région.

Jean-Louis Borloo se déplace vendredi dans la région de Chambéry pour une visite placée sous le signe de l’énergie solaire. Au menu, l’annonce de mesures pour que la France accélère son développement dans cette énergie très prometteuse.

LE FIGARO. – Vous dites que la France doit jouer un rôle de tout premier plan dans le développement de l’énergie solaire. Quels sont les grands axes de la stratégie dévoilée vendredi ?
Jean-Louis BORLOO. – D’abord et avant tout, accélérer les raccordements au réseau des infrastructures solaires, en simplifiant toutes les procédures. C’est d’autant plus crucial que, depuis le Grenelle de l’environnement, la progression des capacités de production photovoltaïque correspond à la moitié de ce qui a été réalisé au cours des dix dernières années.

Ensuite, l’État lance vendredi l’appel d’offres visant à implanter d’ici à 2011 au moins une centrale solaire dans chaque région, pour une puissance totale de 300 MW. Cela permet d’alimenter en électricité l’équivalent d’une ville de 150 000 habitants. Ce programme représente un investissement de 1,5 milliard d’euros, réparti sur tout le territoire.

Au cours des derniers mois, la valeur de plusieurs entreprises liées aux énergies renouvelables a chuté de manière spectaculaire. Cela correspond-t-il à une perte de confiance dans cette industrie ?

La crise financière a sans doute eu un impact sur les actions des entreprises, mais je rappelle que le secteur des énergies renouvelables connaît une croissance à deux chiffres depuis plusieurs années. Un exemple : la capacité du photovoltaïque a été multipliée par 2,5 sur la seule année 2008, et l’appel d’offres sur les centrales solaires va permettre de multiplier encore par 5 en quelques mois.

Si on analyse la trajectoire des compagnies vertes, on mesure qu’elles sont un bon amortisseur de crise et qu’elles créent de l’emploi : les énergies vertes amorcent leur expansion. Au contraire, le potentiel est tel que l’on ne peut que progresser.

Vous annoncez vendredi la création d’une équipe de France dédiée à la recherche et l’innovation dans les énergies nouvelles. Qu’est-ce que cela recouvre exactement ?

Le Grenelle de l’environnement va permettre de passer à la vitesse supérieure dans la recherche, notamment dans le solaire avec une enveloppe de 130 millions d’euros sur la période 2009-2012. Mais pour articuler parfaitement cet effort, en accord avec Valérie Pécresse, nous allons mettre en place une nouvelle organisation de la recherche dans le domaine des nouvelles technologies de l’énergie. Nous voulons mieux structurer la valorisation industrielle de cette recherche autour de plusieurs organismes de référence, comme le CEA, l’IFP et l’INES.

Nous avons sollicité l’aval du président de la République et du premier ministre afin de créer un fonds d’investissement dédié aux énergies nouvelles, doté d’un budget annuel de 100 millions d’euros.

Ces dernières semaines, on a surtout parlé de la filière nucléaire française. N’est-ce pas au détriment de l’essor du renouvelable ?

Pas du tout. Au-delà de l’EPR, les véritables augmentations de la capacité de production électrique française reposent sur les énergies renouvelables. La croissance verte du Grenelle de l’environnement est source de compétitivité. Elle crée des emplois et optimise le fonctionnement d’un grand nombre d’infrastructures. La France est véritablement en train de prendre ce virage.

Déclinaison alsacienne pour le Grenelle de l’environnement

libestrasbourg.fr, T.C., le 14 mai 2009

Déclinaison alsacienne pour le Grenelle de l’environnement

ECO-TERRE – Le Grenelle de l’environnement ? « Rassurez-vous, il n’est pas mort. Il est en marche. » C’est la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, qui le dit. Mercredi, elle était à Strasbourg pour signer avec la région Alsace la première « convention » d’application du Grenelle. Ce « pacte écologique », baptisé « Réussir la transition énergétique en Alsace« , court sur la période 2009-2012.

Les objectifs sont triples : réduire fortement les consommations énergétiques des constructions neuves, accélérer la rénovation du parc de logements actuel et développer les énergies renouvelables. Les moyens sont incitatifs. La région offre ainsi en plus des aides de l’Etat une prime de 3000 euros, dans la limite de 200 dossiers par an, pour les particuliers qui acquièrent un logement neuf répondant aux normes « bâtiment basse consommation » (moins de 50 kWh/m2/an). Elle prévoit aussi des aides aux bailleurs pour le logement social neuf ou issu d’opérations d’acquisition-amélioration (jusqu’à 50 euros par m2). Pour la rénovation du parc social actuel, la région lance un appel à projets de 500 logements par an pour lesquels elle apportera une aide permettant de ramener le taux d’intérêt des prêts à 0 % (contre 1,9 % dans le dispositif prévu par l’Etat).

Le conseil régional prévoit également de « sensibiliser et mobiliser » les acteurs locaux dans le cadre des appels à projets pour la construction de centrales de cogénération alimentées à partir de biomasse et « d’accompagner cinq projets de géothermie profonde à l’horizon 2015« . Elle compte encore lancer un programme d’équipement des lycées en solaire photovoltaïque, là où « ce sera possible ».

Pour l’appui financier de cette convention, l’Ademe et le conseil régional bénéficieront en Alsace d’un budget annuel de 19,2 millions d’euros. Au plan national, le Grenelle de l’environnement dispose de « 19 milliards d’euros sur trois ans auxquels s’ajoutent 5 milliards du plan de relance », précise Chantal Jouanno.

« Territorialiser » le Grenelle par le biais de ces conventions régionales est la clé de sa réussite, argumente le président UMP du conseil régional, Adrien Zeller, partisan d’une plus large décentralisation : « Le développement durable est en train d’imprégner tout notre développement régional. La croissance verte est un élément majeur de la sortie de crise que nous préparons. Chaque convention sera adaptée au contexte, au terrain, à la nature des acteurs. Ici, on n’a pas d’éolien, mais on a la géothermie« .

Certains restent cependant dubitatifs. A l’image du conseiller régional Vert Jacques Fernique, qui s’interroge sur le sort de la taxe expérimentale alsacienne sur la circulation des poids lourds, évoquée et débattue depuis longtemps mais toujours pas appliquée. « Cette inertie annonce-t-elle Lire la suite

Réchauffement. On a trop de pétrole !

consoglobe.com, mai 2009

Réchauffement. On a trop de pétrole !

Le réchauffement climatique, les émissions de carbone et gaz à effet de serre, on en parle dans tous les médias, mais peu le font avec clarté. Un ouvrage récent, ‘Trop de pétrole », apporte de nombreuses explications frappantes. ConsoGlobe l’a lu pour vous et vous en proposera des analyses passionnantes.

Réchauffement climatique : plus ou moins inévitable en fonction du pétrole

Le GIEC et la communauté scientifique s’accordent désormais sur un scénario de réchauffement climatique en fonction des « profils d’émission de CO2 » à partir du niveau d’émission actuel. Le scénario central décrit, après stabilisation, une augmentation de température moyenne de 2,7°C, plus ou moins: 3°C si la concentration de dioxyde de carbone dépasse 450 ppm*. Pour que la concentration ne dépasse pas  ; 3°C si la concentration de dioxyde de carbone dépasse 450 ppm. Cela ne se produira que si les émissions de gaz carbonique sont divisées par 2 en 2050. On en est loin comme on l’a expliqué dans un article récent sur la demande énergétique mondiale.
Tout le monde s’accorde à dire qu’une hausse moyenne de température de 3°C (atteinte si les émissions sont de 1000 milliards de tonnes de carbone (gigatonnes de carbone, Gtc) créerait déjà de très graves difficultés climatiques, une catastrophe en réalité.
Si sur 200 ans, les émissions de carbone atteignent 2000 Gtc, la hausse des températures sera de 5°C ; une évolution énorme dans un temps aussi petit à l’échelle de l’histoire de la planète.

*L’augmentation serait de 6°C plus ou moins 6°C si la concentration de dioxyde de carbone atteint 1000 ppm. Malgré les incertitudes on peut estimer que la moitié de la fourchette d’évolution des températures de 2 à 8°C proposée par le GIEC relève de l’incertitude scientifique et l’autre moitié des émissions futures de C02, autrement dit des activités et décisions de l’humanité.

Il y a trop de pétrole disponible.

La quantité de réserves de pétrole et de gaz présents sur terre ainsi que des réserves de charbon, autre énergie fossile, représente 5000 milliards de tonne, soit 1200 Mds de t de carbone sous forme de pétrole et de gaz et 3700 Mds en ressources charbon. Tout le charbon n’est pas exploitable et on estime que les ressources fossiles exploitables représentent plus de 3000 milliards de tonnes.

La différence entre 1000 milliards et 3000 mds fait réfléchir : pour que la hausse de température ne dépasse pas 3°C, il faut que les hommes ne touchent pas aux deux tiers des réserves présentes dans le sous sol de la planète (charbon, pétrole, gaz) dans les deux siècles à venir.

C’est pourquoi, Henri Prévot, dans son ouvrage « trop de pétrole » affirme qu’on a trop de pétrole. En effet, Lire la suite

Actualité et avenir des universités populaires en France

lemensuel.net, Gérard Poulouin, le 14 mai 2009

Actualité et avenir des universités populaires en France

Le Mouvement démocrate est associé à une Université populaire. Désirs d’avenir, un groupement de fidèles de Madame Royal, figure éminente du Parti socialiste, pareillement. A quoi songe-t-on quand on crée une telle université ? Aux universités populaires à visées critiques qui sont apparues ces dernières années en France, dans le droit fil de celle qui fut créée à Caen en 2002 par Michel Onfray et quelques proches(1) ? A celles qui sont nées il y a des décennies déjà, qui proposent des cycles de conférences, voire un enseignement pour adultes ? Reprend-on une expression perçue comme plus percutante que forum ou assises ? De quoi parle-t-on précisément ?

La revue Sciences Humaines a consacré une enquête aux universités populaires en 2006(2) , la revue Politis parle du renouveau des universités populaires en 2008(3).

Des réalités différentes

Il y a à l’évidence une actualité des universités populaires, et peut-être un malentendu à leur propos, dans la mesure où l’expression héritée de l’histoire, « université populaire », est susceptible de recouvrir des réalités bien différentes. En effet, il n’y a rien de commun entre les universités populaires présentes sur le territoire français depuis fort longtemps, qui ont vocation à organiser des cours à l’adresse d’adultes et qui relèvent des Hautes Ecoles populaires du monde scandinave, des universités populaires en Allemagne et en Suisse, et les universités populaires à vocation critique, créées ces dernières années par des individus qui ont en commun des principes, des valeurs, voire des héritages (l’UP de Caen et celle de Lyon, par exemple, se réfèrent à l’histoire des Universités populaires nées en France dans le contexte de l’Affaire Dreyfus(4) ).

Les médias ont attiré l’attention de l’opinion publique sur ces universités populaires, en raison de la notoriété de quelques-uns des animateurs de celles-ci(5), et ont souvent négligé celles qui assument depuis fort longtemps des activités de formation permanente(6) . Les universités populaires du réseau dit alternatif, qui ont une vocation critique plus ou moins marquée, se caractérisent par la gratuité. Des bénévoles assurent des cours dans l’esprit de l’Université, et s’entretiennent après les cours avec les auditeurs. Les universités populaires qui s’inscrivent dans le champ de l’éducation populaire et de la formation continue ont des pratiques sociales différentes.

Au-delà des UP du réseau dit alternatif et des UP réunies dans l’association des universités populaires de France, il en existe bien d’autres. ATD Quart Monde propose des universités populaires dont les programmes sont définis par ceux qui les fréquentent. L’université populaire du Musée du Quai Branly, initiée par Catherine Clément, ouvre un espace de formation et d’échanges en rapport avec les collections du Musée. Des associations, entre autres ATTAC et Espaces Marx, Lire la suite

Combien vaut la peau de l’ourse Cannelle ?

sudouest.com, Gwenaël Badets, le 14 Mai 2009

URDOS 64. Le chasseur René Marquèze qui avait abattu l’ourse d’un coup de fusil lors d’une partie de chasse est jugé en appel. Dix associations de protection de l’environnement ainsi que l’Etat se sont constituées parties civiles et réclament, au total, 214 000 euros

214 000 euros demandés au chasseur pour la mort de l’ourse Cannelle

La Cour d’appel de Pau a examiné ce jeudi matin le cas du chasseur René Marquèze, qui a tué l’ourse Cannelle le 1er novembre 2004, d’un tir au fusil. Il avait été relaxé en première instance le 21 avril 2008 par le tribunal correctionnel de Pau.

La Cour d’appel doit désormais déterminer si René Marquèze a une responsabilité civile dans la mort de l’espèce protégée et s’il doit payer des dommages et intérêts. Dix associations de protection de l’environnement ainsi que l’Etat se sont constituées parties civiles et réclament, au total, 214 000 euros.

L’arrêt sera rendu le 10 septembre 2009.

L’article paru ce matin:

Relaxé il y a plus d’un an par le tribunal correctionnel de Pau, René Marquèze n’en a pas fini pour autant d’être poursuivi par le fantôme de Cannelle, la dernière ourse de souche pyrénéenne, qu’il avait abattue d’un coup de fusil lors d’une partie de chasse au sanglier, le 2 novembre 2004 en vallée d’Aspe.

Le chasseur d’Urdos comparaît aujourd’hui devant la cour d’appel de Pau, qui juge l’aspect civil de l’affaire. Le parquet général n’ayant pas interjeté appel de la relaxe prononcée le 21 avril dernier (pour destruction d’espèce menacée), René Marquèze n’encourt plus de sanction pénale.

Les parties civiles (des associations de défense de l’environnement et l’Agence judiciaire du Trésor, pour le compte de l’État) lui réclament en revanche de lourds dommages et intérêts : plusieurs dizaines de milliers d’euros au total.

Absent à l’audience

En fait de « comparution », René Marquèze ne sera pas physiquement présent devant ses juges et ses adversaires. Le chasseur ne viendra pas, annonce l’un de ses avocats, Me Thierry Sagardoytho.

À la veille de l’audience, celui-ci se voulait « plutôt confiant ». Lire la suite