Commerce équitable : une nécessaire clarification !

actu-environnement.com, S. Fabregat, le 8 mai 2009

Commerce équitable : une nécessaire clarification !

Confirmant son succès, le commerce équitable est désormais ancré dans les habitudes des consommateurs, malgré la crise. Pourtant, le fort développement des acteurs pose question aujourd’hui : le concept serait-il en train de perdre son sens ?

Les différentes études le confirment : le commerce équitable ne souffre pas de la crise. Dans certains pays européens, en 2008, l’augmentation des ventes de produits certifiés a été phénoménale : jusqu’à 75 % de hausse en Suède par exemple. Aux États-Unis, l’augmentation était de 10 % en 2008 par rapport à l’année précédente. En France, selon une étude IRI Infoscan réalisée en janvier 2009 pour Ethiquable, le chiffre d’affaires de l’alimentaire équitable en grande distribution s’élève à 111,6 M€, soit une progression de 8 %.
Ces données confirment que la crise du pouvoir d’achat influence nos choix de consommation : on consomme moins mais plus responsable. Il y a visiblement une réflexion nouvelle autour des produits que l’on achète
, analyse Rémy Roux, d’Ethiquable. Dans un contexte morose pour les produits de grande consommation, les achats en alimentaire équitable attirent en effet toujours les consommateurs. Il est évident que cette progression ne sort pas indemne de la crise du pouvoir d’achat puisque la croissance en 2008 est inférieur à celle de 2007 (pour mémoire : +12 % en 2007 contre 8 % pour 2008). Ce qui reste surprenant, c’est finalement la bonne résistance des achats équitables par rapport à l’achat non équitable. Concrètement, le café équitable (+5%), le chocolat équitable (+11%) se développent fortement. Dans le même temps, ces produits en conventionnel, n’enregistrent pas de croissance, voir régressent. Ainsi le café équitable représente aujourd’hui 5 % de parts de marché du café vendu en grande surface avec 61 M€ de chiffre d’affaires ; le thé équitable accapare 4,5 % de parts de marché avec 10 M€ de chiffre d’affaires.

Le consommateur sensible au commerce équitable ne serait donc pas freiné par la crise. D’autant que l’offre de produits équitables a explosé ces dernières années. Longtemps limité à quelques produits alimentaires et à l’artisanat, le commerce équitable s’étend dans de nombreux domaines aujourd’hui : mode, beauté, mobilier…

De grands groupes se mettent à l’équitable. Les marques de distributeurs (MDD) représenteraient aujourd’hui 25,7 % des parts de marché et 31,7 % des volumes. Aujourd’hui, Lire la suite

Les nouveaux influenceurs du développement durable

Stratégies, le 7 mai 2009

Les nouveaux influenceurs du développement durable,

Qui fait autorité dans le développement durable ? Euro RSCG C&O fait le point sur cette communauté au sein de laquelle l’entreprise est appelée a jouer un rôle majeur.

L’agence corporate Euro RSCG C&O a tente de cerner les leaders d’opinion du développement durable en interrogeant 67 personnalités françaises et européennes particulièrement actives sur le sujet. Menée d’octobre 2008 a mars 2009, cette étude supervisée par Coralie France et Nadine Stutter-Prevot, respectivement directrice associée chargée du développement durable et associée du pole Influence d’Euro RSCG C&O, met au jour trois sphères d’influenceurs : les «artisans de la prise de conscience», les «nouveaux entrants» et les «agissants». Mais chacun n’a pas le même poids et, surtout, ces différents acteurs n’ont encore aucune vision commune.

(Extraits)

Les artisans de la prise de conscience

Les Verts. Pionniers incontestables, ils semblent avoir perdu la main. Leur quasi-absence lors du Grenelle de l’environnement témoigne de leur relative marginalisation sur ce terrain. Une situation qui s’observe toutefois moins hors de l’Hexagone, car leur poids au Parlement européen est important. Les plus cites : Noel Mamère, Dominique Voynet, Jose Bové.

Les ONG environnementales. Ce sont les plus crédibles. Elles arrivent en tête de tous les baromètres de confiance des Français. Elles ont mis les entreprises sous pression grâce a leur maitrise des medias et leurs liens avec les milieux scientifiques. Elles ne se contentent plus de protéger les baleines, elles s’adressent directement aux consommateurs-citoyens. Les plus citées : Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace, WWF.

Les scientifiques. Sortant de l’ombre, ils sont devenus incontournables. Grace a leurs liens avec les ONG, ils sont désormais des référents aux yeux du grand public, qui leur attribue une cote de confiance très élevée. Les leaders d’opinion interroges donnent la prime aux revues anglo-saxonnes et aux instituts scientifiques. Les plus cites: le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), l’Université polytechnique de Lausanne, l’ingénieur Jean-Marc Jancovici, l’economiste Alain Grandjean, le botaniste Jean-Marie Pelt, le cancerologue Dominique Belpomme, le géochimiste Claude Allegre.

Les people. Leur rôle est loin d’être négligeable. Hommes politiques, responsables d’institutions internationales ou stars du show-business, ils ont fait leur la question environnementale, la popularisant aux yeux du grand public. Grace a leur capital de sympathie, les acteurs les plus engages du développement durable jugent leur action bénéfique. Les plus cités : Nicholas Stern (ex-Banque mondiale), Al Gore, Jacques Chirac, Barack Obama, Leonardo DiCaprio, Clint Eastwood, Lambert Wilson, Marion Cotillard, Nicolas Hulot.

 Page 1/2

« L’entreprise doit prendre l’initiative »

Pourquoi les leaders d’opinion estiment-ils que l’entreprise a les meilleures cartes en mains pour réaliser la transition vers le développement durable ? Lire la suite

Les Babayagas : bien vieillir ensemble… autrement

grainesde changement.com, newsletter, avril 2009

Les Babayagas : bien vieillir ensemble… autrement

Vivre ensemble pour vieillir comme elles ont vécu, en femmes libres, engagées et indépendantes : c’est l’idée de trois amies à l’origine de la « Maison des Babayagas » (nom des sorcières des légendes russes, qui habitent une maison montée sur des pattes de poulet avec des murs en pain d’épice et un toit en pâte d’amande). Pour s’éviter l’hébergement collectif pour personnes âgées tel qu’il se propose aujourd’hui, Thérèse Clerc (80 ans), Suzanne Gouefflic (75 ans) et Monique Bragard (75 ans) ont donc conçu il y a dix ans un projet d’anti-maison de retraite « autogérée, solidaire, citoyenne et écologique » qui devrait prochainement voir le jour à Montreuil, avec le soutien de la Mairie et de l’office de HLM de la ville. Concrètement, la Maison des Babayagas, sera une « maison de femmes âgées, solidaires et citoyennes », visant un public de personnes ayant une habitude de vie collective : militantes associatives, etc. Pourquoi un lieu unisexe ? A la fois en hommage aux convictions féministes qui furent le combat de toute leur vie, mais aussi parce que, pragmatiquement, « il y a sept fois plus de femmes que d’hommes passé 80 ans ».

Leur vision : vivre ensemble pour ne pas être enterrées vivantes et s’aider à bien vieillir – quand le corps viendra à manquer, celles qui le peuvent encore prépareront à manger à celles qui ne peuvent plus le faire, elles s’aideront à se coiffer, à s’habiller. Les babayagas veulent surtout éviter de penser la vieillesse comme une maladie, de peser sur leurs proches, de devenir une charge, d’être infantilisées : elles veulent être maîtresses de leur vieillissement et ce, jusqu’au bout, jusqu’à la fin de leurs jours, elles veulent mourir heureuses dans leur maison de babayagas ouverte sur la vie de la cité – à laquelle elles entendent d’ailleurs participer autant que possible par des activités de soutien scolaire, d’alphabétisation, etc. La maison se chargera des handicaps par la solidarité au fur et à mesure que ceux-ci deviendront plus importants – le bâtiment (par ailleurs conçu de manière écologique) a été équipé en conséquence. Pour les situations extrêmes de fin de vie Lire la suite

Bordeaux le 17 mai : Pic-Nic sans carbone et Vélorution

Dimanche 17 Mai : Grand rassemblement de vélos à l’occasion du picnic sans carbone organisé par TACA,   http://taca.asso-web.com/

Venez grossir les rangs de la Vélorution !

Au programme, tout un programme :

11h : rendez-vous à Pey-Berland pour les vélorutionnaires : on rejoindra le vélobus sur les boulevards

12h : arrivée à Begles-plage : des stands, des animations, des notes de musique, une grande photo souvenir avec tous les gens et tous les vélos, un pic-nic, du papotage etc…

Vélorution proposera 3 ateliers :

– Je décore mon vélo

– Je répare mon vélo

– Je fais ma propre vélorution

16h : invitation à la vélorution pour rejoindre la bientôt nouvellement nommée Lire la suite

La fiabilité des études portant sur les OGM est insignifiante

lemonde.fr, Stéphane Foucart, le 12 mai 2009

Selon un mathématicien, la fiabilité statistique des études portant sur les effets sanitaires des OGM est insignifiante

Il faudrait tout oublier. Des affirmations définitives sur la toxicité ou l’innocuité des organismes génétiquement modifiés (OGM), il faudrait ne rien retenir – ou vraiment pas grand-chose. C’est, en substance, la thèse que défend Marc Lavielle, seul mathématicien membre du Haut Conseil des biotechnologies (HCB), instance qui a pour mission d’apporter son expertise sur des sujets comme les OGM et qui devait tenir, mardi 12 mai, sa toute première réunion.

Car, à en croire ce statisticien de l’Institut national de recherche en informatique et automatique (Inria), qui dirige un groupe de recherche sur les usages de la statistique dans le domaine de la santé, aucune étude de toxicologie n’est aujourd’hui en mesure de conclure, une fois pour toutes, que les OGM font – ou ne font pas – peser de risques sanitaires. La faute, selon lui, à des pratiques statistiques contestables et à des protocoles expérimentaux trop peu ambitieux.

« Aujourd’hui, explique le chercheur, les tests ne sont menés que sur des groupes de l’ordre d’une dizaine de rats, pendant quelques semaines… » Et le traitement statistique appliqué aux données issues de ces expériences – mesures de différents paramètres biologiques en fonction du régime alimentaire des rongeurs – permettrait de changer les conclusions du tout au tout.

On se souvient de la controverse autour du maïs MON863 : les chercheurs de Monsanto avaient conclu, en 2005, dans la revue Food and Chemical Toxicology, à l’absence de différences « significatives » entre les groupes de rongeurs examinés. Deux ans plus tard, des chercheurs français assuraient, dans Archives of Environmental Contamination and Toxicology, que la consommation du fameux OGM entraînait des troubles hépatiques et rénaux. Le piquant de l’histoire étant que ces deux conclusions, opposées, étaient tirées des mêmes données expérimentales : seule changeait la moulinette statistique à laquelle elles étaient passées…

Qui croire ? Marc Lavielle renvoie les deux analyses dos à dos – la première étant selon lui un peu « légère », la seconde ayant cherché à pallier cette « légèreté » au prix d’erreurs techniques. Pourtant, trancher le débat pourrait être simple : « Il faut fonder un cadre d’analyse statistique qui mette tout le monde d’accord, s’entendre sur une méthodologie commune qui permettrait de sortir de la suspicion généralisée », affirme-t-il.

Autre point de crispation : l’accès aux données expérimentales. Celles-ci sont tenues secrètes Lire la suite