Terre de liens sauve les terres paysannes

eco-life.fr, Anne de Malleray, le 11 mai 2009

Terre de liens sauve les terres paysannes

Pour lutter contre la spéculation foncière et conserver un patrimoine agricole en perdition, l’association Terre de liens rachète des exploitations qu’elle loue uniquement à de petits exploitants. Alors que la France perd 66 000 hectares de terres agricoles chaque année, près de 5 000 demandes d’agriculteurs qui cherchent des terrains ne sont pas satisfaites. Ce paradoxe repose en grande partie sur la spéculation foncière. Les terrains sont vendus au plus offrant, lequel est rarement un petit agriculteur. Pour lutter contre ce phénomène, l’association Terre de liens rachète des exploitations qu’elle « stocke », selon les mots de Jérôme Deconinck, son président, pour les retirer du marché. Elle les loue ensuite, en favorisant l’installation d’exploitants en agriculture biologique.

Le modèle de Terre de liens repose sur l’épargne solidaire et le don. La foncière Terre de liens délivre des actions, qui ne donnent droit à aucun dividende mais à des réductions d’impôts. La fondation, créée en 2007, recueille des dons financiers et de terrains. Depuis sa création en 2003, l’association a acquis 14 fermes, sur 340 hectares. Avalisée par l’Autorité des Marchés Financiers l’année dernière, elle a pu lancer un appel public à l’épargne qui lui a rapporté 3 millions d’euros et 2 200 actionnaires. Grâce à ce nouveau souffle, de nombreux projets d’achat sont en cours d’instruction, pour une surface de 450 hectares.

– Remettre en question le sacro-saint concept de propriété privée –

Un sillon minuscule en comparaison de l’ensemble des transactions ? « Notre but n’est pas de racheter la moitié de la France« , souligne Séverine Grosjean, chargée de communication pour l’association. « Nous voulons sensibiliser à la question de la disparition des petites exploitations« . Terre de liens est aujourd’hui la seule association à préserver de cette façon le patrimoine agricole. Si l’acquisition collective de terres est déjà une solution adoptée par des agriculteurs qui se regroupent en Groupement foncier agricole (GFA) ou Société civile immobilière (SCI), la cohésion de ces projets est fragile et dépend de la fidélité de chaque acquéreur.

Il existe également un organisme public, la Safer, Société d’aménagement foncier et d’établissement rural, établie dans chaque région, qui aurait le pouvoir de réguler le marché. Elle possède en effet un droit de préemption sur la vente des terres agricoles mais dans la pratique, elle accorde en général la vente au plus offrant. « Notre but est aussi de préserver les terres paysannes, mais si nous jouons systématiquement le rôle de gendarme, nous nous excluons du marché« , justifie Hervé Traver, porte-parole de la Safer. « Le problème nous dépasse. Nous ne pouvons pas lutter contre la perte de rentabilité économique des petites exploitations agricoles. Il faudrait, en amont, des mesures qui les protègent« .

Remettre en question le sacro-saint concept de propriété privée n’est pas évident, mais l’idée de favoriser Lire la suite

AMAP d’Agen : Du beurre dans les épinards et du bio dans l’assiette

sudouest.com, Valérie Deymes, le 11 Mai 2009

AMAP. Une association pour le maintien de l’agriculture paysanne est née. Explications

Du beurre dans les épinards et du bio dans l’assiette

Tous les vendredis, en fin d’après-midi, sur le parking de Biocoop, s’opère un étrange manège : des hommes et des femmes s’approchent d’une table remplie de sacs débordant de verdure et repartent les bras chargés. Ce « manège » est tout ce qui a de plus légal. Il s’agit du rendez-vous hebdomadaire des 23 familles adhérentes de la toute jeune Amap d’Agen. Pour les non initiés, l’Amap, littéralement « Association pour le maintien d’une agriculture paysanne » est certes une petite organisation de consommateurs désireuse de balayer la malbouffe d’un revers de main mais aussi un groupe animé d’une même philosophie de vie et de pensée. « Notre objectif est de promouvoir et soutenir l’agriculture paysanne locale de qualité », explique Julien Delange porte-parole de cette Amap.

Reste maintenant à comprendre comment. L’aventure a débuté, l’an passé. « L’association Au fil des Séounes, avait fait, dans le cadre de la Semaine du développement durable, la promotion des paniers commandés directement au producteur. Cette initiative a intéressé plusieurs familles. Le principe de l’Amap, c’est de trouver un producteur près de notre commune de domicile. Nous nous entendons avec lui pour une livraison hebdomadaire de paniers soit au prix de 7,50  soit à 15 euros. L’agriculteur choisit ce qu’il met dans le panier, en fonction de sa production saisonnière. Nous payons d’avance sur une durée de six mois, ce qui lui permet d’avoir une trésorerie. Pour nous, consommateurs, on évite les intermédiaires et le prix du bio est plus intéressant », poursuit Julien qui, avec les autres familles s’est renseigné auprès du Civam Agrobio pour trouver un maraîcher bio dans l’Agenais. « Nous avons pris ainsi contact avec la famille Gélade sur Colayrac-Saint-Cirq. Un couple d’agriculteurs qui veut passer la main à leurs filles, des jumelles de 23 ans. Les Amap s’intéressent souvent à des situations de reprise d’exploitations ou de conversion en agriculture bio, car elles viennent alors en soutien, avec leurs moyens… »

« Solidarité sociale »

Toutes les semaines, la famille Gelade prépare les produits qui seront acheminés par ses soins en palettes jusqu’au parking de Biocoop. « Le contenu des paniers est lissé sur l’année. Il y a bien évidemment des saisons où ils sont plus garnis que d’autres et tout dépend aussi des aléas climatiques. Le consommateur joue le jeu et est averti. Après l’association s’organise pour la distribution. Chacun des membres Lire la suite

13 au 17 mai : Cinq jours très nature en Aquitaine

sudouest.com, Jean-louis Hugon, le 11 Mai 2009

FÊTE DE LA NATURE. Du 13 au 17 mai, la Région propose de découvrir ou redécouvrir des sites naturels locaux

Cinq jours très nature en Aquitaine

Du 13 au 17 mai, l’Aquitaine fête la nature à travers un ensemble de manifestations mettant à l’honneur le caractère exceptionnel de la région. Pour la deuxième année, le Conseil régional et les conservateurs des espaces remarquables du réseau Aquitaine nature invitent à la découverte de plus de 30 sites naturels. Visites guidées, parcours d’initiation ou d’observation, contes, ateliers pour enfants, projections de films, tous prétextes à redécouvrir une faune et une flore emblématiques, des écosystèmes fragiles, un patrimoine géologique insoupçonné. « Tout ceci est le point d’orgue de l’action que nous menons dans l’année, explique Philippe Dorthe, vice-président du Conseil régional en charge du tourisme et du patrimoine. Avec les gestionnaires de ces 78 sites couvrant 16 000 hectares, nous avons noué des partenariats leur permettant de travailler toute l’année. Ces journées ne seront qu’un effet de loupe sur tout ce qui est fait durant douze mois. »

Neuf sites landais à visiter

Pour les Landes, l’effort est porté sur neuf sites naturels : la réserve nationale d’Arjuzanx, les barthes de l’Adour (Pontonx, Saint-Étienne-d’Orthe, Saint-Martin-de-Seignanx), la réserve du Marais d’Orx, la réserve du Courant d’Huchet, les saligues de l’Adour (Bordères-et-Lamensans, Cazères, Renung), la lagune de la Tapy (Vert), l’écomusée de Marquèze, l’étang de la Maillouèyre (Mimizan), la réserve de l’étang Noir (Seignosse). On y ajoutera les coteaux secs de Cagnotte, où l’on peut observer des orchidées sauvages.

À découvrir, parmi les balades naturalistes, Lire la suite

Soule : La LPO reste au col d’Organbidexka

sudouest.com, Marcel Bedaxagar, le 11 Mai 2009

COLS DE CHASSE. Les ornithologues de la LPO restent au col d’Organbidexka, en Soule

Enchères en hausse

Plus de 200 000 euros pour les cols, 15 000 euros pour les palombières : la Commission syndicale de Soule s’en est plutôt bien sortie, hier matin, à Tardets, pour les adjudications triennales de ses cabanes et cols de chasse.

Le syndic Pepela Mirande ne cachait pas sa satisfaction : « C’est surprenant par rapport à ce contexte de crise, mais la palombe a repris les couloirs de migration d’Iraty », commentait-il à l’issue de ces enchères. « La tempête Klaus nous a peut-être un peu aidés, car il se peut que des chasseurs des Landes aient intégré des équipes qui louent ces cols », pensait-il.

Organbidexka pour la LPO

Organisées aux enchères descendantes, ces adjudications des cols de chasse ont en effet réservé quelques surprises. La première est arrivée du col d’Organbidexka, lorsqu’un inconnu a levé la main dès que la mise à prix a été annoncée. Un chasseur qui ne voulait plus y voir d’écologistes, a-t-on pensé alors. Mais dès que l’enchérisseur est venu signer les documents appropriés, le doute a été levé.

« LPO, Ligue pour la protection des oiseaux », a annoncé Olivier Le Gall, président de cette LPO en Aquitaine. En acquérant ce col à 23 000 euros, l’homme n’a pas voulu prendre de risques. « Il y a trente ans qu’il y a un suivi naturaliste à Organbidexka et nous avons des données d’une valeur inestimable. La LPO reprend les activités d’observation des oiseaux initiées par Organbidexka col libre. Le ministère de l’Environnement ne nous a plus accordé de subvention pour cette location, nous avons donc pris nos responsabilités. » La LPO va poursuivre son programme dans son poste privilégié, en fournissant des données à l’Observatoire régional de la migration des oiseaux (Ormo). « Nous allons oeuvrer pour le développement de ce site », a annoncé Olivier Le Gall.

« C’est positif pour la Commission syndicale et pour la fréquentation du site », commentait le syndic, tout heureux de ce dénouement.

Les mêmes postes

Pour le reste, la plupart des grands cols de chasse situés sur les crêtes d’Iraty ou près du pic des Escaliers ont trouvé preneur. Lire la suite