Les mots de la crise

medium4you.be, Alain Sueur, le 5 mai 2009

Les mots de la crise

Les mots sont un révélateur d’état d’esprit : c’est sur cette intuition que le Centre d’Analyse Stratégique auprès du Secrétariat d’État à la Prospective (etc.) a mandé TNS-Sofres pour interroger les Français. L’étude, accessible sur le site a donné lieu à un colloque d’une matinée à la Maison de la Chimie, le 29 avril 2009. Après une intervention du Secrétaire d’État Nathalie Kosciusko-Morizet, puis la présentation par Brice Teinturier (TNS-Sofres) de l’étude, des intervenants par paires ont animé trois tables rondes :

1/ crise conjoncturelle ou structurelle ? économique ou de civilisation ?

2/ crise comparable à celles du passé ? mêmes comportements ?

3/ Que nous dit internet de la crise ? Cette dernière partie étant rajoutée pour justifier le reste du titre du Secrétariat d’État (« et de l’économie numérique »), nous la laisserons de côté.

L’enquête TNS est dite « sémiométrique » parce qu’elle mesure la réaction affective à un nuage de mots préalablement établis sur liste testée. 1500 individus de 18 ans+ ont été interrogés en janvier 2009 selon la méthode des quotas. La situation PERSONNELLE des interrogés s’est détériorée depuis 1 an pour 49%. La crise est considérée comme aussi ou plus grave que « la crise de 29 » pour 73% des interrogés. On peut se demander ce que savent les Français moyens de ladite crise de 29, mais il paraît que c’est la perception qui seule compte pour dire « c’est grave » – dont acte. Cette crise est globale et elle touche les Français dans leurs valeurs. 61% veulent réformer en profondeur le système ‘capitaliste’ actuel… mais 70% pensent qu’il ne sera réformé que sur quelques points. Schizophrénie française, unique en Europe : utopies ronflantes mais réalisme d’exécution. Les autres pays, nous dit Brice Teinturier, insistent sur les réformes d’aménagement, pas sur un changement du système ! Les Français sont pessimistes depuis qu’un beau jour de 1973, grâce aux pétroliers arabes, leur modèle social industriel s’est effondré sous la hausse du prix du pétrole. Depuis, ils ont l’impression de sauter de crise en crise et de voir leur mode de vie et leurs valeurs menacés. Ils sont 34% à penser que la crise actuelle ne sera pas réglée avant 2012 au moins ! La préoccupation pour l’environnement et pour un changement vers une solidarité accrue les regroupe à plus de 54%. Mais ils sont plus de 58% à penser que la société deviendra plus inquiétante, inégalitaire, matérialiste et autoritaire.

Sur ce dernier point, ils n’ont pas tort, puisque leur réflexe de crispation est toujours dans l’histoire de convoquer le chef sauveur, la Morale garde fou et la contrainte administrative…

 

TNS distingue cinq groupes d’affinités en réaction à la crise : Lire la suite

PA : des associations interpellent les institutions en vue du SDAGE

sudouest.com, Odile Faure, le 5 Mai 2009

PYRÉNÉES-ATLANTIQUES. Un collectif d’associations interpelle les institutions en vue du schéma directeur

SOS eau vivante

D’après les associations, la politique de l’eau actuelle est « curative » pas « préventive ».

Le Sdage. Sous ce nom barbare qui signifie schéma directeur d’aménagement et de gestion de l’eau, se cache toute la politique régionale de l’eau : construction de barrages, lutte contre les pollutions agricoles et industrielles et, bien sûr, tarifs de l’eau du robinet. Cette politique est décidée par le comité de bassin Adour-Garonne, une sorte de parlement de l’eau, qui couvre 26 départements, de la Corrèze à la Haute-Garonne, en passant par les Pyrénées-Atlantiques.

Le comité Adour-Garonne, comme tous les comités de bassins français, a l’obligation de mener une consultation dans le cadre de la Directive Eau. Cette directive oblige les états membres à parvenir à un bon état des eaux d’ici 2015 avec dérogation possible en 2027. Les objectifs pour y arriver doivent être consignés dans le Sdage, signé en décembre 2008.

Prévenir plutôt que guérir

Après le public, consulté en septembre dernier, arrive le tour des institutions : Conseil général, Chambre d’agriculture, Chambre de commerce et d’industrie, associations, etc.

Elles doivent rendre leurs observations d’ici lundi prochain. Le collectif Cap’Eau a donc plus que quelques jours pour agir et faire ses contre-propositions. Hier, à la Maison de la nature et de l’environnement, trois de ses représentants ont invité la presse pour présenter leurs idées sous forme d’une plaquette très documentée, riche de 13 fiches « réflexe ».

Sur chaque fiche, un constat est dressé, suivi des propositions et enfin du témoignage d’un acteur qui fait « autrement ».

Ainsi les thèmes des zones humides, de la morphologie des cours d’eau et hydroélectricité, de l’agriculture biologique, de l’irrigation, de la neige artificielle, du prix de l’eau et de la gouvernance sont abordés de façon détaillée. (1)

« Aujourd’hui, pour la zone Adour-Garonne, nous sommes à 50 % du bon état des eaux, c’est très peu », explique Michel Rodes de la Sepanso. « Nous avons voté à l’Agence de l’eau une augmentation de la redevance pour améliorer la qualité des eaux. On a voté mais nous pensons qu’il faut avant tout faire du préventif plutôt que du curatif ! Par exemple, favoriser l’agriculture biologique, Lire la suite

En Europe, la nature disparaît à un rythme inquiétant

lemonde.fr, Laurence Caramel, le 5 mai 2009

Faire un bilan est toujours risqué. Stavros Dimas, le commissaire européen à l’environnement, s’est prêté à l’exercice à Athènes, les 27 et 28 avril, devant la fine fleur des experts de la biodiversité. Ce bilan ne s’imposait pas seulement parce que le mandat de la Commission arrive à échéance dans quelques semaines, mais aussi parce qu’il y a sept ans, la communauté internationale s’était fixé rendez-vous en 2010 – autant dire demain – pour mesurer les progrès accomplis en matière de lutte contre la disparition des espèces et la dégradation des écosystèmes constatées sur tous les continents.

L’objectif avait été adopté par les Nations unies, mais l’Union européenne (UE) avait choisi de se montrer encore plus ambitieuse en s’engageant à « stopper l’érosion de la biodiversité » à l’horizon 2010. L’état des lieux dressé par Jacqueline McGlade, la directrice exécutive de l’Agence européenne de l’environnement (AEE), montre qu’un peu de prudence aurait évité aux Européens de devoir assumer aujourd’hui un véritable échec. « L’objectif de 2010 ne sera pas atteint et la biodiversité européenne demeure très fortement menacée« , a-t-elle confirmé.

De 40 % à 70 % des espèces d’oiseaux et de 50 % à 85 % des habitats dans lesquels se déploient la faune et la flore européenne se trouvent ainsi dans « une situation de conservation critique« , selon les chiffres d’un rapport que l’AEE s’apprête à publier.

A-t-on au moins réussi à ralentir la cadence à laquelle la nature dépérit sous l’effet de la fragmentation du territoire, de l’extension des villes, des routes et de l’intensification de l’agriculture ? Le débat reste ouvert.

« Au niveau mondial, la moitié de la nature a disparu depuis l’ère préindustrielle et elle recule encore au rythme de 1 % par an. C’est peut-être moins en Europe depuis la création de Natura 2000« , avance Andrew Balmford, professeur à l’université de Cambridge (Royaume-Uni). Avec ses 25 000 sites couvrant 17 % du territoire européen, Natura 2000 constitue le premier réseau d’aires protégées au monde. Mais cette vitrine a surtout vocation à préserver les espèces dites « remarquables », pas la biodiversité que l’on pourrait qualifier d’ordinaire, sur laquelle repose l’essentiel des services rendus par les écosystèmes.

En 2006, l’UE a adopté un plan d’action pour la protection de la biodiversité. La mise en oeuvre n’a pas suivi. « Ce plan n’a aucun caractère contraignant. C’est sa grande faiblesse. Sans menaces de sanctions, il est illusoire de penser que les gouvernements ou les acteurs économiques prendront en compte la biodiversité« , remarque Tony Long, représentant du Fonds mondial de la nature (WWF).

Les scientifiques font aussi leur mea culpa : « Nous n’avons pas réussi à démontrer pourquoi la sauvegarde de la biodiversité est si importante« , a reconnu John Hutton, du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Alors que, grâce au travail du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), à celui de l’économiste britannique Nicholas Stern et à l’engagement de l’ancien vice-président américain Al Gore, le changement climatique s’est hissé au sommet de l’agenda mondial, la crise de la biodiversité reste dans l’ombre. Et peu d’hommes politiques en ont saisi la gravité.

« Nous n’avons pas un indicateur simple – Lire la suite

17 juin : Assises Aquitaine de l’Education à l’Environnement vers un DD

GRAINE Aquitaine, Communiqué, 5 mai 2009

Le Comité Aquitain d’Education à l’Environnement organise en juin prochain, les Assises Régionales de l’Education à l’Environnement vers un Développement Durable. Les acteurs aquitains sont invités pour cette occasion, à venir discuter et débattre, des pistes à suivre et des orientations à prendre en matière d’Education à l’Environnement dans notre région. Il s’agit d’élaborer collectivement un cadre stratégique et des méthodes qui permettront de mettre en œuvre une politique d’EE efficace et cohérente à tous les échelons du territoire.

Le 17 juin 2009, c’est au Conseil Régional d’Aquitaine que se réuniront les acteurs départementaux et régionaux.

9h30 – Ouverture en plénière

Accueil

Les enjeux nationaux et la place de l’EE dans le Grenelle II

Le contexte des Assises Nationales

10h30 – Synthèse de l’étude sur l’état des lieux de l’EEDD en Aquitaine

11h00 – Retour sur les phases départementales

12h00 – Buffet

13h30 – Travaux en ateliers

15h30 – Rapport des ateliers – en plénière

16h00 – Recommandations des Assises Régionales en Aquitaine Lire la suite

Bègles : Picnic sans carbone saison 2

sudouest.com, Gilles Guitton,  le 5 Mai 2009

BÈGLES, ENVIRONNEMENT. Les militants de la taxe carbone relancent leur pique-nique écologique

Picnic sans carbone saison 2

Plus ça va, plus ça va mal. « On est dans le pire des scénarios des experts internationaux du climat et, malheureusement, on ne constate aucune prise de décision, décisive, au niveau des politiques. »

Il n’y a qu’un an que l’association Taxe carbone (Taca), lancée par une poignée de citoyens préoccupés par le changement climatique, organisait son premier Picnic sans carbone, à Bègles.

À la veille de la deuxième édition, annoncée pour le dimanche 17 mai à Bègles-Plage, ses animateurs ont encore renforcé leur conviction : l’instauration d’une taxe sur les émissions de carbone dans l’atmosphère est une mesure d’urgence.

Références multiples

« On voit bien que d’autres dispositifs, comme la création d’un marché des droits à émettre du carbone, ne fonctionnent pas, explique Jean Sireyjol, président de cette association béglaise (donc à vocation universelle). En réalité, il n’y a pas de marché. Même les grands groupes pétroliers disent qu’une taxe peut seule fixer un prix. » Entendre des écologistes citer Shell ou Exxon à l’appui de leurs thèses peut surprendre. Mais ils se réfèrent aussi à Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, et autres autorités mondialement reconnues.

La taxe que Taca appelle de ses vœux serait « redistributive », c’est-à-dire « équitable » socialement et entre Nord et Sud.

Pour Jean Sireyjol, « une taxe à 1 euro le kilo de carbone émis ne serait pas absurde ». C’est aussi commode : « Un litre d’essence, c’est l’équivalent d’un kilo de carbone en incluant ses coûts de production et de transport. Ça donne une vision claire aux gens. »

L’objectif du pique-nique reste le même : réunir 350 vélos à Bègles-plage, en référence à l’objectif international de ramener la concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère à 350 parties par million. Mais Taca compte bien dépasser cette barre. Des associations comme Vélocité, Corcital, Vélocital, Greenpeace, Les Fourmis dans le compteur, Vélorution, La Maison de la nature et de L’environnement et quelques autres soutiennent l’initiative.

À chacun son bilan

Le picnic sans carbone suppose de venir à pied, à vélo, en bus ou en tram, de n’utiliser ni vaisselle plastique, ni cerise en hiver, etc. Des gestes écocitoyens qui sont l’autre réoccupation de Taca. L’association veut constituer des Cil Lire la suite

« Décroissance et détravail », posologies à la crise ?

travail.blogs.liberation.fr, Laurent Dupin, blog  Sérial Worker,  le 5 mai 2009

« Décroissance et détravail », posologies à la crise ?

Interview intéressante lundi matin, que j’ai écoutée à l’émission Médialogues sur la RSR. Vincent Cheynet y expliquait en quoi les médias participent à cette furia, cette obsession, cette idée fixe de la « croissance économique » comme seul et unique objectif. Furia particulièrement exprimée en temps de crise, où il s’agit uniquement de la « relancer », de la « remuscler », de la « soutenir », on en passe et des meilleurs.

Cheynet se concentre sur la critique des médias, propriétés en majeure partie de « puissances économiques », qui ont intérêt à cautionner cette « doxa dominante », à nous pousser dans le sens de « la croissance et de la consommation sans limite ». Les vrais limites sont pourtant bien réelles, concrètes et palpables: celle de vivre dans un espace fini (la terre) et d’aller au pas de course face à un mur (la fin des réserves naturelles). L’idée de décroissance et d’anti-productivisme est dès lors déconsidérée, ostracisée, peu relayée, etc.

Mais il y a, me semble-t-il, un autre angle à prendre, un autre terrain où ce débat devrait naître et se développer de façon contradictoire : l’entreprise elle-même, le monde du travail pardi ! Car cette obsession de la croissance permanente va avec ses corollaires dans le cadre de l’organisation du travail, de notre façon même de penser notre vie en société. D’autres maux en découlent en effet, que nous subissons tous :

l’obsession de la productivité : avec l’idée que la consommation nationale est un ventre sans fin qu’il faut gaver, au sortir des chaînes de production matérielles (héritage du fordisme et du taylorisme) mais aussi servicielles (immatérielles). Avez-vous déjà visité un call center (centre de contacts) ? On y comprend de suite cette folie furieuse du « toujours plus, toujours plus vite » pas si éloigné du stakhanovsime

l’obsession de la performance : exprimée dans les +20% et +30% fixés comme objectifs permanents par des directions et managers qui perdent le sens de la mesure, et surtout ne donnent pas les moyens de les réaliser… D’où la prise en étau.

l’obsession de l’évaluation : modèle anglo-saxon de plus en plus imposé chez nous, qui place l’audit en méthode de management opérationnel et l’évaluation des salariés (avec entretien et notation) en outil RH (ressources humaines, ndlr) incontournable.

l’obsession du paraître : sur-travailler, sur-produire, sur-consommer…tout cela a aussi ses codes, son langage, son imaginaire. Qui s’exprime par des vestimentaires dispendieux, 4×4 imposants, panoplie high tech envahissante…

l’obsession de la possession : qui est aussi une forme de névrose, de course à combler un manque (lequel ?) inscrit dans notre éducation même. Les « anciens » accumulaient les denrées alimentaires par réflexe, en ayant connu le manque sous la guerre ; les « jeunes » accumulent par habitude et rythmique, sans Lire la suite

Critique de Corcuff (NPA) sur l’ouvrage de Kempf

reporterre.net, Philippe Corcuff et Hervé Kempf , le 1er mai 2009

Ecologie, productivisme, et post-capitalisme

L’économie de marché est-elle le capitalisme ? Quand l’individualisme n’est-il plus émancipateur ? Comment réintroduire la démocratie dans le travail lui-même ? Des questions au cœur de la nouvelle écologie radicale. Un débat.

En mars, Philippe Corcuff a eu l’amabilité de m’envoyer le texte qu’il comptait présenter lors du Contre Grenelle, à Lyon, le 2 mai (info : http://www.contre-grenelle.org/ Gre…). Il posait des questions intéressantes, qui m’ont conduit à lui adresser les précisions nécessaires. Voici les deux textes.

Anticapitalisme et antiproductivisme à l’aube du XXIe siècle – Autour des analyses d’Hervé Kempf

Par Philippe Corcuff (sociologue, membre des Verts en 1994-1997, militant du Nouveau Parti Anticapitaliste)

Le mythe d’un « capitalisme vert » semble faire des ravages rhétoriques, dans la droite sarkozyste ainsi que dans un PS et chez des Verts social-libéralisés, comme réponse magique à la double crise financière et climatique qui affecte aujourd’hui le capitalisme. C’est l’occasion de réfléchir aux liens entre la critique écologiste du productivisme et la critique du capitalisme par la gauche radicale. Car la période appelle une nouvelle convergence entre les courants radicaux de l’écologie et les anticapitalistes. Le dernier livre d’Hervé Kempf, Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, constitue un support intéressant pour amorcer cette démarche.

Le livre d’Hervé Kempf nous propose une série de pistes intéressantes, qui ont le grand avantage, dès le titre de l’ouvrage, de réarrimer prise de conscience écologiste et critique du capitalisme.

Or c’est quelque chose qui a été perdue de vue par certains écologistes, dans la double logique de l’institutionnalisation-professionnalisation des élites politiques vertes et de l’hégémonie de « la pensée unique » néolibérale. Les aspirations anticapitalistes de Mai 68 ont alors progressivement été oubliées par des militants éminents des Verts européens, comme Daniel Cohn-Bendit, passé du Dany le Rouge d’hier au Dany le Vert pâle d’aujourd’hui. Ce dernier proclame même dans un livre de 1998 : « Je suis pour le capitalisme et l’économie de marché ». Un exemple significatif, pour les centaines de milliers de personnes qui se sont opposés et s’opposent aux réformes néomanagériales de Sarkozy-Darcos-Pécresse, appliquant, de la maternelle à l’université, les recettes des entreprises privées : « Naturellement, l’industrie participerait aussi à la définition des contenus de l’enseignement, contrairement à ce que nous disions en 1968 » …

Or, justement, le troisième chapitre du livre de Kempf est consacré au « mirage de la croissance verte ». Pour lui, le capitalisme aborde de manière inadéquate la question du changement climatique, en tentant de faire croire « que l’on pourra pérenniser le système économique actuel sans en changer les déterminants » (p.84). Un exemple ? « L’effet pervers de la hausse des prix de l’énergie dans le système capitaliste est qu’elle Lire la suite