Elections européennes : quelle place pour l’ES ?

demain-ecosociale.org, Rémi Laurent, le 12 avril 2009

Elections européennes : quelle place pour l’ES ?

Les élections européennes sont peut-être plus importantes pour l’économie sociale et ses composantes que les élections législatives nationales. En effet, que cela soit au niveau des statuts juridiques et fiscaux ou de l’encadrement de leurs activités, les entreprises d’économie sociale regardent de plus en plus, voire presque exclusivement, du côté de Bruxelles et de Strasbourg. La question des SSIG en est une parfaite illustration. 

Avec la crise économique, financière, environnementale et morale qui touche la planète entière, l’économie sociale pourrait apparaître pour certaines listes comme une alternative ou tout au moins une solution. La résolution adoptée très largement par le Parlement européen en février dernier visant à améliorer la reconnaissance de l’ES devrait y contribuer.

Qu’en est-il vraiment ?

Pour l’instant, seuls les manifestes des listes Charger l’Europe (Parti socialiste) et Europe écologie (Les Verts) comportent des revendications en faveur de l’économie sociale et solidaire et reconnaissent son rôle dans le développement de l’emploi dans l’Union européenne.
Du côté du Modem, si les 12 engagements européens ne comportent pas mesure pour l’ES, Corinne Lepage, tête de liste dans le Nord-Ouest, a mis en avant la place du secteur de l’ES et de ses composantes. 

Du côté des candidats, il est à noter la présence de deux représentants de l’ES :

– Laurent Lafaye, candidat région centre sur la liste PS, élu mutualiste

– Joseph Daul (tête de liste région Est, UMP), président du groupe COPVIAL (Coopérative Viande d’Alsace)

On retrouve également sur les listes des élus locaux en charge de l’économie sociale : Lire la suite

Biosphere-hebdo : spécial « oxymores »

biosphere.ouvaton.org, biosphere-hebdo n° 17.2009 (spécial « oxymores  »), le 2 mai 2009

(Extraits de La politique de l’oxymore de Bertrand Méheust)

La pression de confort (techniques imbéciles)

La pression du confort est une notion décisive. Il est sous-entendu (hors discussion, sauf dans les milieux encore marginaux de la décroissance), que le confort moderne, au sens large où nous l’entendons aujourd’hui, est un acquis irréversible. Cette façon de penser est largement due au fait que les générations nées depuis les années 1970 n’ont pas connu d’autres conditions de vie et ne dispose pas d’éléments de comparaison. Un jeune des banlieues déshéritées, aujourd’hui, dispose de moyens de confort que n’avait pas le roi Louis XIV, notamment l’eau chaude au robinet, les WC et le chauffage. Cette révolution du confort est le premier moteur de la pression sur la nature entraînée par nos gestes quotidiens.

Or un univers psychique qui n’admet par principe aucune limitation, aucun interdit, court vers l’abîme. Pendant la Seconde guerre mondiale, la vitesse des voitures aux Etats-Unis a été plafonnée à 55 km/h pour économiser le carburant. Il a fallu une menace extérieure pour mettre en place cette mesure qui devrait s’imposer aujourd’hui. Le danger du système libéral, c’est que, ayant disqualifié tous ses concurrents, il n’a plus d’extérieur et ne peut se contraindre lui-même dans des délais utiles. Aucun effort méthodique pour prévoir le futur et organiser le décrochage du pétrole n’a été conduit : si c’était le cas, cela se saurait, des voitures ultralégères seraient déjà disponibles depuis longtemps sur le marché, leurs moteurs seraient bridés, etc.

Les Hikikomoris, ces jeunes japonais gavés d’informatique qui ne sortent plus de leur chambre, sont un des premiers symptômes de l’épuisement vital vers lequel nous tendons. En moins d’un siècle, le marché, couplé à la technologie, en instrumentalisant et en artificialisant les désirs, aura stérilisé tout ce qui donnait aux hommes le goût de vivre depuis des millénaires. La publicité, cette forme moderne, insidieuse et inédite de contrôle des esprits, que l’on devrait débaptiser et nommer une fois pour toutes propagande, va bien au-delà de tous ce qu’on pouvait imaginer dans les débuts optimistes et naïfs de la « réclame » d’après guerre.

La pression démocratique (écologie appliquée/action politique)

Il se trouve qu’aucun système démocratique ne semble pouvoir fonctionner aujourd’hui en dessous d’une certaine pression de confort. Si une Sparte démocratique existe quelque part dans le monde contemporain, je demande qu’on me la montre. Inéluctablement, la démocratie moderne, c’est-à-dire la démocratie libérale où l’individu prime sur le collectif, démultiplie les besoins des hommes et augmente la pression sur l’environnement. Partout où l’individu devient une valeur centrale, ses besoins personnels s’accroissent avec l’étendue de sa sphère personnelle ; son espace vital minimal augmente en même temps que ses exigences de mobilité ; il lui faut manger plus de viande ; il lui faut consommer davantage de produits culturels ; il veut tout cela, et plus encore, pour ses enfants.

L’aveuglement des élites et le formatage subséquent de l’opinion via les médias Lire la suite

Transports : Région Aquitaine, CG 33, CUB ensemble

sudouest.com, Jean-Paul Vigneaud, le 2 Mai 2009

TRAIN-TRAM-BUS. Les collectivités s’unissent au sein d’une conférence qui deviendra association pour réfléchir autrement sur la mobilité et développer les transports collectifs

Transports : Région, CUB, Conseil général ensemble

La CUB, le Département et la Région sont dorénavant unis pour réfléchir sur les transports en commun et bâtir pour les 10-15 ans à venir les meilleurs réseaux « train-bus-tram » qui soient.

Dans un premier temps, cette coopération se concrétisera au sein de la « conférence permanente des autorités organisatrices de transport de l’agglomération bordelaise », et dans un second temps, au sein de « Mouvable », une association loi 1901 avec un président, un bureau et un conseil d’administration.

Un bon mille-feuilles

Vincent Feltesse (CUB), Philippe Madrelle (Département) et Alain Rousset (Région) ont signé jeudi matin la convention officialisant la mise en route de cette réflexion commune.

« Nous travaillions déjà beaucoup ensemble mais compte tenu de l’enjeu des transports, il était nécessaire d’aller plus loin », souligne Vincent Feltesse. « C’est une nouvelle étape de collaboration », affirme lui aussi Philippe Madrelle qui pense « qu’il faut jouer encore mieux la carte de la complémentarité et mieux coordonner les réseaux ».

Alain Rousset n’est pas moins favorable à ce travail en commun. « Les collectivités locales vont encore montrer ce dont elles sont capables. On va peut-être encore nous parler de mille-feuilles mais, je pense, pour rester dans le culinaire, que celui-ci va être très bon. »

90 millions de voyageurs

L’objectif est naturellement d’offrir aux habitants de l’agglomération bordelaise et a fortiori, aux habitants de la Gironde, des réseaux de transport beaucoup plus performants et une bien meilleure intermodalité (train-bus-tram.) Pour cela, il est indispensable que les collectivités s’entendent à merveille car les TER sont de la compétence de la Région, les bus interurbains celle du Département, le tram et les bus urbains, celle de la CUB.

Ne pas travailler ensemble serait donc catastrophique et franchement dommage en Gironde où les transports en commun ont véritablement le vent en poupe.

Jamais, il n’y a eu autant de Lire la suite