Cerexagri à Bassens : Avis favorable

sudouest.com,  Yannick Delneste, le 29 Avril 2009

BASSENS, CEREXAGRI. Le rapport d’enquête publique s’avère bienveillant envers la demande d’exploitation de nouveaux produits phyto-sanitaires dont les opposants restent mobilisés

L’avis favorable du commissaire enquêteur

La conclusion est volontiers longue mais mérite de la retranscrire dans sa quasi-intégralité (lire ci-dessous). Son avis est consultatif mais il marque une nouvelle étape dans le dossier Cerexagri et son projet de nouvelles activités (1) soumis à une enquête publique qui a pris fin à la mi-mars : le commissaire enquêteur a rendu il y a quelques jours un avis favorable au dossier de demande d’autorisation d’exploiter. Son rapport est consultable en mairie. Cet avis n’est donc pas décisif, mais dans le climat actuel régnant autour de Cerexagri (filiale du groupe indien United Phosphorus Limited), il revêt une importance plus attendue que sur d’autres dossiers plus classiques. Depuis un mois, le projet de transfert de deux activités, jusque-là développées sur le site sarthois de Vaas par Cerexagri, fait l’objet de vifs débats. En conseil municipal de Bassens d’abord où l’avis favorable a été voté d’une courte tête, tandis que l’ensemble des communes consultées des alentours ont voté contre. Sur la place publique enfin via un mouvement de protestation emmené par des proches riverains du site, demandant le retrait pur et simple du projet.

Incompréhension « logique »

En cause notamment : le methyl parathion, l’un des trois pesticides que Cerexagri compte micro-encapsuler à l’avenir. D’une toxicité importante, le produit est interdit d’utilisation en France comme dans l’Union européenne, mais autorisé dans des pays comme l’Australie, les États-Unis ou la Turquie. Selon le commissaire enquêteur visiblement, la société aurait apporté les garanties et les engagements suffisants quant aux observations déposées sur le registre de l’enquête publique.

Dans son rapport, le rédacteur rappelle la dangerosité du produit en question et la « logique » incompréhension d’une population sur son interdiction d’utilisation mais sa possibilité de fabrication. Rappelant les vingt ans d’activités à Vaas, il reconnaît à la société Cerexagri sa volonté de réduire le nombre de molécules utilisées en agro-pharmacie. Les opposants pétitionnaires n’étant pas intervenus sur ce registre, les principales questions émanaient en effet du comité de veille de Bassens, structure composée d’élus locaux, habitants des quartiers et représentants associatifs. Il a notamment interpellé l’entreprise sur la mesure des rejets, le périmètre de toxicité et bien sûr concernant le méthyl parathion. Rappelant l’interdiction d’utilisation en Europe, ce comité faisait part de sa « grande inquiétude », souhaitant que, « à brève échéance, la société Cerexagri remplace le méthyl parathion par d’autres molécules moins dangereuses ». Sur cette observation, aucune de réponse de la société n’est consignée dans le rapport au contraire des huit autres.

Dans les mains du préfet

Après cet avis rendu par le commissaire enquêteur, le dossier est dans les mains des services de l’État, notamment la Direction ré-gionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (Drire). À l’issue de cette instruction, le préfet donnera un avis décisif mais soumis à recours. Le feuilleton n’est pas fini.

(1) La société Cerexagri envisage d’augmenter son activité de 50 % sur le site bassenais par le transfert de deux activités : la fabrication de produits micro- encapsulés et fabrication de produits herbicides.

 

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