De l’empreinte écologique à la fin prochaine du PIB

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 14 avril 2009

Mathis Wackernagel, co-inventeur de l’empreinte écologique, veut croire à la fin prochaine du PIB

Mathis Wackernagel est tombé dans l’écologie quand il était petit : « Mon père avait été très frappé par le rapport réalisé en 1972 par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) pour le club de Rome sur « les limites de la croissance ». Quand j’avais à peu près 10 ans, il m’a montré les graphes de ce livre en m’expliquant ce qu’ils signifiaient. Cela a fondé mon intérêt pour la question. »

Un intérêt qui ne s’est jamais démenti et a conduit Mathis Wackernagel à devenir le co-inventeur de l’empreinte écologique, une méthode de mesure de l’activité humaine qui pourrait concurrencer le produit intérieur brut (PIB). Celui-ci ne prend pas en compte la dégradation environnementale causée par l’activité économique. Le principe de l’empreinte écologique vise au contraire à calculer la surface d’écosystèmes nécessaire pour fournir les éléments requis par l’activité d’un pays ou d’une région et absorber ses pollutions.

Basé à Oakland, en Californie, Mathis Wackernagel est venu à Paris au début du mois d’avril pour rencontrer des statisticiens du ministère de l’écologie, de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ainsi que ceux de la Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social, créée début 2008 à l’initiative de Nicolas Sarkozy et présidée par Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie. Mission de cette dernière ? Définir de nouveaux indicateurs capables de remédier aux lacunes du système statistique mondial actuel. Son rapport est attendu pour la mi-mai.

Mathis Wackernagel est-il entendu ? « De plus en plus par les experts, estime-t-il. Mais quand l’on regarde les dirigeants du G20, ils abordent tous la récession comme le simple recul du PIB et ne pensent qu’à trouver le moyen de le faire croître encore… » Un postulat que le gamin tombé dans la marmite du rapport au club de Rome s’est juré de mettre à bas.

SCIENTIFIQUE MILITANT

Né en Suisse, à Bâle, en 1962, le jeune Mathis étudie à l’Ecole polytechnique de Zürich, d’où il s’envole en 1990 pour préparer son doctorat au Canada, à Vancouver. Il vient étudier la capacité d’un environnement à supporter l’impact de l’aménagement des territoires. Des mots compliqués, que Mathis Wackernagel, avec son professeur David Rees, cherche à simplifier. « On discutait, une fois de plus, et un jour, David a dit : « Regarde cet ordinateur, il a une faible empreinte au sol ». » La remarque paraît simple mais elle sera féconde. Elle conduit les deux compères à formaliser le concept d’empreinte écologique. Après un premier article de David Rees, en 1992, l’idée devient une méthode de calcul validée par de nombreux articles scientifiques.

Mathis Wackernagel a adopté la stratégie d’un scientifique militant. « Le rapport de 1972 sur les limites de la croissance a été tué par le débat académique, faute de soutien populaire« , explique-t-il. Pour s’assurer que le milieu des statisticiens, par définition conservateur – « Ils doivent maintenir des séries de chiffres dans la durée » -, n’enterrera pas l’empreinte écologique, il fait alliance avec des associations puissantes, trouve son principal appui au Fonds mondial pour la nature (WWF) et fonde, en 2003, le Global Footprint Network (Réseau de l’empreinte écologique).

Un scientifique pressé ? « C’est une erreur de croire que Lire la suite

Le Bugue : La scierie refait parler d’elle

Sud-Ouest, NL, le 14 Avril 2009

LE BUGUE. L’entreprise a repris son activité le 1er avril. La Sepanso s’y oppose fermement

La scierie refait parler d’elle

À croire que cette histoire n’en finira jamais. Cela pourrait être le Dallas de la Dordogne, certes moins ancien mais tout aussi fourni en épisodes et rebondissements.

La scierie du Bugue, qui appartient désormais au groupe Gascogne dont l’ancien patron Jean-Luc Imberty est actionnaire à hauteur de 5 %, semble avoir repris son activité depuis le 1er avril. « À cette date, la Sepanso (1) a été informée que la scierie avait repris son activité de sciage de billes de pins », explique Michel André, vice-président de l’association écologiste, pour la Dordogne. « Sur place, le lendemain, nous avons constaté que la scierie était en fonctionnement ». Et il poursuit : « Les services de l’État et le maire du Bugue nous ont informés qu’une demande d’autorisation de reprise d’activité avait été adressée à la préfecture par le groupe Gascogne à la mi-mars 2009. »

« Autorisation illégale »

En fait, selon la Sepanso, il semblerait que la Direction régionale de l’industrie de la recherche et de l’environnement (Drire) ait émis une autorisation acceptée par la préfecture « pour permettre à l’exploitant de faire des essais afin d’évaluer les émergences de bruit ». Une autorisation que la Sepanso juge « totalement illégale et contraire à l’arrêté préfectoral du 16 juin 2003, refusant la demande d’autorisation d’exploiter ».

Nouvelle bataille judiciaire ?

Le 30 mai 2006, la cour d’appel de Bordeaux condamnait Jean-Luc Imberty à 6 mois de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende pour exploitation d’installations classées sans autorisation.

« Il a pollué en toute impunité l’environnement, détérioré la qualité de vie des riverains et des sportifs », remarque Michel André. Il ajoute : « Qu’ils veuillent maintenir et préserver leurs activités dans la filière bois, nous n’y sommes pas opposés. Mais, Lire la suite

Créonnais : L’appel de la nature

Sud-Ouest, Éric Latouche, le 14 Avril 2009

SADIRAC, MAISON DU PATRIMOINE. Un programme riche en événements attend les amateurs de nature quel que soit leur âge

L’appel de la nature

Saison 4 pour la Maison du patrimoine naturel en Créonnais (MPNC). Laurence Candon, médiatrice à Océan, chapeaute les activités de l’ancienne gare reconvertie en un lieu dédié à l’environnement : « l’endroit est stratégiquement bien implanté, partagé entre coteaux calcaires, rivière, prairie et végétation abondante ». Et le programme de l’année va de pair tant avec la richesse écologique alentour qu’avec la volonté de l’association Océan de permettre aux citoyens lambdas de s’initier aux charmes d’une nature sans cesse en éveil.

Succès d’envergure

À compter du 18 avril, et jusqu’à la mi-octobre, la MPNC propose de partir à la découverte du patrimoine naturel de la vallée de la Pimpine. Tous les samedis et dimanches de 14 h 30 à 18 heures, un thème différent est décliné autour de balades, ateliers et projections. Seront ainsi à l’honneur : fossiles, libellules, préhistoire, insectes entre autres. Ouvertes au grand public, toutes ces activités sont gratuites.

« Chaque sortie est unique et réserve son lot de surprises. Elle permet, accompagnée d’un géologue ou d’un naturaliste, de mieux appréhender les interactions entre les animaux et végétaux, mais également de développer le sens de l’observation et de voir la nature autrement » reconnaît Laurence Candon.

Ateliers vacances

Autre corde à son arc, la structure intercommunale propose durant les vacances de Pâques Lire la suite

Et si les écoles se mettaient au développement durable ?

rue89.com, Magdeleine Walger, Reporters d’espoirs, le 26 mars 2009 

Et si les écoles se mettaient au développement durable ?

L’éducation au développement durable (EDD) semble être devenue l’une des priorités du ministère de l’Education nationale qui multiplie, depuis plusieurs années, les circulaires et directives allant dans le sens de sa généralisation. Le but : faire des écoliers d’aujourd’hui, les vrais « éco-citoyens » de demain.

Mais au final, sur les 67 000 établissements scolaires recensés en France, la grande majorité n’a pas encore adopté de moyens significatifs allant dans ce sens. Et pour cause : s’investir dans l’EDD n’est pas de tout repos.

L’idée : La « démarche E3D » une tendance difficile à mesurer

Dès 2004, l’Education nationale demande aux écoles, collèges et lycées d’intégrer progressivement les différentes notions du développement durable dans les contenus pédagogiques. Depuis 2007, elle les encourage également à se lancer dans des démarches globales appelées « démarches E3D » (établissement en démarche de développement durable), qui visent à faire changer en profondeur les comportements et pratiques de l’ensemble de la communauté scolaire.

Trier ses déchets, réduire sa consommation d’énergie ou de papier, mais aussi savoir faire preuve de solidarité et d’esprit de coopération avec ses camarades ou ses collègues, sont autant de thèmes que l’école du XXIe veut pouvoir favoriser tout au long de l’apprentissage scolaire.

Cette irruption du DD dans le domaine scolaire ne date pas d’hier. Depuis une dizaine d’années déjà, des établissements ont commencé, seuls ou avec l’appui de leur région ou de leur académie, des expériences pilotes en matière de ce que l’on appelle aussi « Agenda 21 scolaires ».

Parmi les organisations qui soutiennent et accompagnent la mise œuvre de ce type de projets, le Comité 21 et l’Office français de l »éducation à l’environnement en Europe (OF-FEEE) recensent à elles deux environ 1 200 initiatives en France. Mais toutes ne sont pas égales : cela peut aller de la création d’un jardin potager dans la cours d’école ou de la mise en place d’une cantine bio, à la réalisation d’un plus vaste plan d’actions agissant sur tous les aspects du développement durable (environnementaux, sociaux et économiques).

Des chiffres à relativiser donc, d’autant plus que l’Education nationale n’a pas à ce jour de réelle visibilité sur le nombre global d’établissements engagés en démarche E3D.

Les modes d’enseignement classiques sont bouleversés

« Une démarche E3D est un processus long qui nécessite au minimum deux ans pour donner les premiers résultats et qui repose sur la mobilisation de tous les acteurs d’un établissement : direction, enseignants, élèves, intendance, mais aussi personnels techniques (cantinières, personnel d’entretien) », précise Michel Valentin, haut fonctionnaire au développement durable au sein du ministère de l’Education.

C’est pourquoi, elle pose de réelles questions en termes d’engagement, de méthodologie mais aussi de coût. Sur la question de la pédagogie par exemple, Lire la suite