CNRS : Lettre de l’Institut écologie et environnement

CNRS, Communiqué, La lettre de l’Institut écologie et environnement, N°1, avril 2009

Lettre de l’INEE

Nouveau support créé par l’Institut écologie et environnement, La lettre de l’INEE s’adresse à l’ensemble des personnels des unités de recherche et proposera un état des lieux régulier du projet d’Institut, ses actualités…

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Environnement : comment choisir sa banque ?

finansol.org, Communiqué, avril 2009

Environnement : comment choisir sa banque ? 

L’association Les Amis de la Terre publie la 2ème édition de leur guide éco-citoyen sur les  banques françaises, qui explique le fonctionnement des banques et les impacts sociaux et environnementaux de leurs activités.

En sachant comment fonctionnent les banques, vous pourrez décider de celle qui vous convient le mieux !

Pour juger des impacts de votre banque sur l’environnement Lire la suite

Hervé Kempf : Le plafond des avions

lemonde.fr, Hervé Kempf, le 11 avril 2009

Le plafond des avions

Le pic pétrolier ne fait plus vraiment débat : à une échéance indéterminée, la production de pétrole atteindra un pic au-delà duquel elle n’augmentera plus. La seule question, en fait, est : quand ? Mais un des meilleurs experts du pic pétrolier, Richard Heinberg, pousse la réflexion plus loin dans son dernier livre, Peak Everything (New society publishers, 2008) : nous pouvons appliquer le concept de pic de production à beaucoup d’autres domaines ; gaz, charbon, matières premières, ressources d’eau, production alimentaire vont atteindre à un moment donné du XXIe siècle un pic de production. Plutôt que d’ignorer avec constance cet horizon limité, mieux vaut tout de suite s’y préparer, dit-il.

On ne saurait trop approuver ce point de vue. On peut même généraliser la problématique du pic à d’autres domaines. Par exemple, ne pourrait-on pas imaginer que la chute du trafic aérien de passagers, qui devrait atteindre 5,7 % en 2009, selon l’Association internationale du transport aérien, se poursuive, et que ce trafic ait dépassé un pic ? Ou que, si ce trafic rebondit un jour, il ne soit amené à diminuer durablement ensuite ?

Cette idée au fond évidente s’impose quand on lit un échange de courriels au sein d’une grande entreprise aéronautique de Toulouse entre membres d’un groupe de discussion sur l’environnement. Ils commentent un rapport interne consacré aux liens entre « développement durable » et transport aérien. « Le transport aérien (3 % à 4 % de la consommation de pétrole) est-il réellement très concerné ?, lit-on dans le rapport. Son utilité évidente et la modestie de ses exigences semblent devoir justifier qu’on lui laisse certains privilèges. »

« Utilité pas évidente pour moi« , commente T., qui précise : « On peut vivre heureux sans chercher la fuite en avant, quand on sait que cette fuite nous mène vers un précipice. » P. rétorque : « Si vous remettez l’existence du transport aérien en cause, vous partez sur de très mauvaises bases. (…) Plutôt que de dire « il faut empêcher les voitures de rouler », pourquoi ne pas trouver une solution qui permette aux voitures de rouler plus de 600 km sans polluer ? »

T. répond : « Si une voiture avec une autonomie de 600 km, qui ne pollue pas, existe un jour, je veux bien l’utiliser (encore que cela ne réglerait pas le problème de la construction et de l’entretien des routes). En attendant que ça existe, je me limite. » G. intervient : « L’industrie aéronautique ne va pas s’écrouler car, Lire la suite

Les multinationales se goinfrent de PME au goût éthique

liberation.fr, Laure Noualhat, le 10 avril 2009

Les multinationales se goinfrent de PME au goût éthique

A l’instar de Coca-Cola qui s’invite chez Innocent pour 33 millions d’euros, les géants s’offrent des «alter-entreprises».

Un chèque de 33 millions d’euros, voilà un confortable cadeau pour fêter un anniversaire. En l’encaissant, la société britannique Innocent, spécialisée dans les fruits à boire (smoothie) pourra s’offrir une jolie fête pour ses dix ans, qu’elle célébrera le 28 avril. Et elle pourra inviter celui qui l’a signé : Coca-Cola. En début de semaine, le limonadier américain a pris une participation de moins de 20 % dans le capital du roi du smoothie britannique.

«Depuis six mois, nous cherchions de nouveaux investisseurs pour développer notre potentiel de croissance, confie Philippe Cantet, patron de la branche française d’Innocent. Nous ne nous attendions pas à Coca, mais c’est plutôt confortable.» Depuis peu, Innocent, qui affiche un chiffre d’affaires de 116 millions d’euros en 2008, voit grand. Après le mixage des fruits, cette entreprise, qui s’est développée selon des principes éco-responsables (bilan carbone, suivi des filières, commerce équitable, etc.), veut «devenir une marque d’aliments ayant en commun d’être sains, bons, de rester complices avec nos clients et éthiques dans notre fabrication», estime Philippe Cantet. Tout un programme.

Greffe. Le coup du rachat de la petite boîte éthique par la multinationale tentaculaire a été joué moult fois. Au début des années 2000, Unilever a englouti les glaces Ben & Jerry’s ; Danone a avalé Stonyfield Farm, le spécialiste du yaourt bio américain fondé par un militant de la première heure, Gary Hirshberg. Plus modestement, en juillet 2008, Monoprix a déboursé 45 millions d’euros pour racheter les magasins bio Naturalia.

Parfois, les greffes ne prennent pas. Quand, en 2006, le géant L’Oréal a croqué la marque d’huiles essentielles biologiques Sanoflore, installée dans la Drôme depuis 1986, elle s’est surtout offert le leader de la cosmétique bio en France. «Depuis ce rachat, Sanoflore est en chute libre», analyse Pierre Cabane, patron de Kibio, lui-même dévoré par Clarins. «Ils ont oublié qu’avant d’être des produits, la cosmétique bio, c’est une éthique.» Peu après le rachat, les tarifs des produits Sanoflore ont augmenté… Mais L’Oréal s’est aussi offert The Body Shop (lire ci-contre) à l’activité stagnante. Yves Rocher a pris 30 % de Fytosan, producteur d’extraits végétaux bio pour les produits cosmétiques. Quelques mois après sa création, la société Kibio a séduit Clarins qui a acquis 10 %, puis 60 % du capital de la société fondée par un ancien de L’Oréal.

Quand une multinationale achète une entreprise bio, elle compte bien tremper un orteil dans l’éthique, se refaire une virginité. Et son arrivée chamboule tout. Surtout dans la bio où la production peine à répondre à une demande explosive. Quand Danone a sorti ses yaourts Les deux vaches en 2006, le secteur de l’élevage biologique a vacillé même si cette gamme ne représente qu’une infinitésimale portion des marchandises du groupe. «Environ 2 % des produits laitiers sont bio», explique Anne Thevenet-Abitbol, qui a développé Les deux vaches pour Danone.

«Période d’essai». Quelle perspective ouvre à Innocent l’adossement au géant du soda ? Lire la suite