Bordeaux : Juppé soutient les cyclistes

Sud-Ouest, Isabelle Castéra, le 31 Mars 2009,  

Juppé soutient les cyclistes

CONSEIL MUNICIPAL. Interpellé par Pierre Hurmic, tête de liste des Verts, Alain Juppé s’est positionné face à « la vague de répression policière » de mars contre les cyclistes

Trouver le juste mot. Jusque-là, Alain Juppé n’avait pas jugé bon d’intervenir, ni de donner son avis, face à la vague de répression policière contre les deux-roues, visant plus particulièrement les cyclistes. Un millier de contraventions pour diverses infractions ont été dressées durant le mois de mars, jusqu’à cette série de gardes à vue, une dizaine en une seule nuit, concernant des cyclistes éméchés.

C’est Pierre Hurmic, tête de liste des Verts qui est venu cueillir le maire en tout début du conseil municipal d’hier. « J’attends de vous que vous interveniez ! »

L’avocat a rappelé à toutes fins utiles que les cyclistes n’étaient pas au-dessus des lois. « Ils doivent respecter le code de la route c’est vrai. Aujourd’hui, le code n’est plus adapté aux nouveaux modes de circulation douce en milieu urbain. Mais les usagers sont stigmatisés par la police qui fait un amalgame entre deux-roues motorisées et cyclistes », estime-t-il. Avant de poursuivre : « La garde à vue doit être exceptionnelle, justifiée par les nécessités de l’enquête et de l’information, comme le code de procédure pénale l’exige. »

La communiste Nathalie Victor-Retali, cycliste convaincue, a profité de l’opportunité pour signaler le manque de certains aménagements par temps de pluie, avant d’ajouter que la semaine dernière avait été « lourde en interventions liberticides. On est tous atteints par de petites violations de nos libertés. Soyons vigilants. »

De la proportionnalité

Jacques Respaud, le socialiste a qualifié la situation de « chasse aux cyclistes. » À cet égard il a sorti des chiffres émanant de l’observatoire de sécurité routière de la CUB, lequel ne signalerait que 6 % d’accidents impliquant des bicyclettes. « Où est-on allé chercher 60 % ? » questionne-t-il.

Trouver le juste mot. « Il faut de la proportionnalité » a sifflé le maire. « Depuis 10 ans, Bordeaux mène une politique d’encouragement à la pratique du vélo, salué par tous. Pour autant, je ne tomberai pas dans la démagogie. Il y a des comportements qui sortent de la norme. Moi-même, dans ma voiture personnelle (sic) je vois des vélos griller des feux rouges. Lorsque le directeur départemental de la sécurité m’a dit,  » il faut s’en occuper « , je ne l’ai pas découragé. Mais il faut de la proportionnalité. »

Pour le maire, « on a été un coup trop loin. Certains excès ne méritent pas une garde à vue, une sanction oui, mais pas une garde à vue. De même, une cycliste qui démarre avant que le feu rouge ne passe au vert, à quelques secondes près est interpellée, elle doit payer une amende de 135 euros, ce qui est très cher, doublé d’une suppression de 4 points sur son permis de conduire. C’est illégal. Il faut rappeler les textes. »

« Une contradiction »

Par ailleurs, le maire de Bordeaux s’est étonné du fait que la police n’interpellait pas avec « la même facilité les personnes à pied en état d’ébriété avancée. On me dit que ce n’est pas possible. Quelle est donc cette contradiction ? »

Alain Juppé a ensuite rappelé que les cyclistes se devaient de respecter le code de la rue. « On ne brûle pas un feu rouge, on ne roule pas sur les trottoirs, cela effraie les personnes âgées, on ne prend pas des sens interdits, pour autant, nous n’allons pas voter une motion en conseil municipal pour faire le procès de la police nationale ! »

La Ville préempte cours Victor-HugoC’est un coup de théâtre ! Une première. En fin de conseil municipal, face à une assemblée vaguement déconcentrée, après quatre heures de délibérations et de débats parfois soporifiques, Alain Juppé a annoncé tout de go, que la ville allait pour la première fois exercer son droit de préemption.

Pierre Hurmic a patienté jusqu’à trouver la délibération adaptée, afin de mettre sur la table la question du devenir du marché Victor-Hugo. Une agence bancaire, LCL (ex-Crédit-Lyonnais) cherche à acquérir, les locaux commerciaux occupés par Brico-Relais, pour 500 000 euros. « Depuis deux ans, dans le cadre de la restructuration du cours, vous envisagiez l’ouverture du marché Victor-Hugo sur le cours et à cet égard, par un jeu de chaises musicales, la pharmacie et le diffuseur de presse installés à l’entrée du marché, iraient s’installer dans les locaux de Brico-Relais, ce dernier se positionnant dans les anciens locaux d’Alice, propriété d’InCIté. Qu’en est-il de vos promesses électorales ? »

Mettre en application

« Il y a un peu plus d’un mois, Jean-Charles Bron, conseiller municipal délégué pour le commerce et l’artisanat, m’a demandé de faire jouer le droit de préemption, concernant cette situation. Nous avons réfléchi. Nous allons donc préempter les locaux de Brico-Relais, pour aussi y installer des établissements publics, a déclaré le maire. »

Le 15 juillet 2008, le Conseil municipal de Bordeaux avait décidé de mettre en application le droit de préemption des communes, se donnant ainsi la possibilité de bloquer une vente afin de maintenir la diversité des activités commerciales face à la multiplication des banques. La ville a ainsi agité son droit de préemption fin 2008 afin d’éviter qu’une banque ne s’installe à l’angle de la place de la Comédie. Cela a suffi pour faire lâcher la dite banque. Cette fois-ci, le maire va plus loin, c’est-à-dire jusqu’au bout.

« Je suis très interrogatif »

Pierre Hurmic a soulevé aussi par ricochet la question du devenir du marché Victor-Hugo, lequel souffre d’un manque de visibilité.

« Nous travaillons sur la réhabilitation du Palais des Sports, avec son auditorium prévu pour 2010. Je suis très interrogatif sur l’avenir du marché. La réflexion sera globale », a répliqué Alain Juppé .

Lorsque Matthieu Rouveyre, le jeune élu socialiste a hurlé « Et vos promesses électorales ? », Alain Juppé a rétorqué sans ciller « Des promesses ? J’en ai tenues beaucoup plus que vous ne pourrez jamais en faire ! »

Et pendant ce temps, Jean-Louis David, adjoint à la proximité et à l’occupation du domaine public avalait son micro. Un moment, avait-il sans doute rêvé d’annoncer lui-même la décision du droit de préemption cours Victor-Hugo…

Impôts à la hausse

Les élus de la majorité ont une drôle de façon de présenter l’augmentation des impôts locaux. Avec douceur.

« Grâce à notre politique de modération fiscale, nous sommes en dessous de la moyenne nationale. » Ou encore : « Afin de maintenir le cap vertueux que nous nous sommes fixé, alors que les grandes villes françaises révèlent des augmentations allant jusqu’à + 15 %, et en moyenne + 3,6 %, nous limitons la progression des taxes de fiscalité locale à + 1,5 % pour l’année 2009. »

C’est l’adjoint Hugues Martin qui a présente le dossier délicat. La taxe d’habitation, de 22,64 % en 2008 passe à 22,98 % en 2009. Taxe foncière pour propriétés bâties : 27,68 % en 2008 passe à 28,10 % en 2009. Taxe foncière sur propriétés non bâties : 85,31 % en 2008 passe à 86,59 % en 2009.

Évidemment, l’opposition a fait son boulot. « Mieux vaudrait peut-être limiter les investissements plutôt qu’augmenter les impôts locaux » a même suggéré l’élu Verts Patrick Papadato.

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