Les cantines scolaires attendent toujours les menus bios

leparisien.fr, FM, le 13 mars 2009

Les cantines scolaires attendent toujours les menus bios

Au salon Cantina*, les professionnels de la restauration collective s’arrachent les cheveux. Tout le monde veut des repas bios mais la production ne suit pas.

«Depuis un an et demi, la demande de bio, dans les cantines, explose. C’est de la folie. » Chargé de mission à la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab), Eric Grunewald devrait se réjouir de l’engouement des maires et collectivités locales pour les plateaux-repas bios. Mais les petits producteurs et les professionnels de la restauration collective, qui se sont réunis hier à La Défense (Hauts-de-Seine), au salon Cantina 2009, ont dû mal à répondre à ce marché en pleine explosion.

 « Nous ne disposons pas d’une production suffisante, en France, pour couvrir les besoins des cantines », résume Henri Thépaut, le président de la Fnab. Pour satisfaire aux demandes, les gestionnaires de cantines scolaires sont, du coup, obligés d’importer des produits d’Italie, d’Espagne ou des Pays-Bas. « Une petite collectivité peut, sans trop de difficultés, se fournir localement en bio mais, à partir de 800 ou 1 000 repas par jour, il faut faire venir les produits d’ailleurs », constate Alain Roy, l’organisateur du salon Cantina.
« Réapprendre à travailler avec des produits de saison »

«La production française est nettement déficitaire mais ça n’a pas de sens, à l’heure du Grenelle de l’environnement, d’importer des produits de l’autre bout du monde », estime Nicolas Bailleux. Directeur de la restauration chez Sodexo, qui sert un million de repas par jour, il est de plus en plus sollicité par ses clients pour des menus bios.

Afin que l’offre soit davantage en adéquation avec la demande, le ministère de l’Ecologie a annoncé que les surfaces agricoles bios passeraient de 2 % à 6 % d’ici à 2012. Et alors que le bio ne représente, aujourd’hui, que 1 % des menus dans les cantines, le gouvernement s’est fixé l’objectif de 20 % d’ingrédients biologiques dans la restauration collective publique d’ici à 2012, ce qui laisse perplexe la Fnab.

« C’est louable mais les moyens sont insuffisants, estime Eric Grunewald. Il faut organiser des plates-formes plus conséquentes pour répondre à la demande et réapprendre aux gestionnaires de cantine à travailler avec des produits de saison. Jusqu’à maintenant, le bio était réservé à une clientèle de niche. On veut en faire une production de masse. Très bien ! Mais il ne faut pas s’étonner que l’on se retrouve aujourd’hui à courir derrière le consommateur. »

* Première Convention européenne du repas durable en restauration collective, qui s’est tenu hier à La Défense.

 

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