Le Slow Food. Une lenteur qui fait durer le plaisir

parismatch.com, Emilie Blachere, le 12 mars 2009

Le Slow Food. Une lenteur qui fait durer le plaisir

« Città Slow » : 92 villes où l’on prend le temps

Liées intimement au Slow Food, les Città Slow (ou Villes Slow) sont des communes de moins de 50 000 habitants où il fait bon vivre. Lancé en 1999, ce mouvement qui regroupe 92 agglomérations (dont 56 en Italie) à travers une douzaine de pays, vante une qualité de vie incomparable. Politique environnementale, protection de produits locaux, bien-être des habitants… En tout, 26 critères, sur les 52 établis par le comité de certification de « Città Slow », doivent être remplis pour prétendre au titre de « ville du bonheur ». Reste un bémol : à l’heure actuelle, aucune ville française ne fait partie de ce ­réseau et aucune candidature n’a été avancée. Dommage…

A sa création, il y a vingt ans par un Italien, personne n’y croyait. Le Slow Food est devenu un porte-drapeau du bien manger et de l’anti-fast-food.

Débarqué des collines piémontaises qui sentent bon les arômes fruités des vins italiens, le Slow Food est une association ­fondée en 1989 par une fine bouche transalpine : Carlo Petrini, journaliste et critique gastronomique. Mouvement anti-malbouffe, il prône un ­retour aux saveurs, aux goûts et aux plaisirs gustatifs. Aujourd’hui soutenue par près de 100 000 amateurs de bonne chère, répartis dans plus de 100 pays, la tendance a traversé les frontières et essaimé en Europe, au Japon, aux Etats-Unis… En 2003 l’association Slow Food France est créée. Elle « rassemble 2 000 aficionados », ­annonce son président Jean Lhéritier, membre par ailleurs du Conseil international du mouvement. Le but : ­sauvegarder notre patrimoine culinaire !

Le concept : éduquer

Les chevaliers de cette croisade gastronomique se battent contre l’uniformisation des régimes alimentaires et contre la propagande de la culture fast-food. A travers des salons et des manifestations nationales, comme les ateliers du goût, ils souhaitent pérenniser l’agriculture locale en soutenant les producteurs, conserver la diversité de nos assiettes et, au sens large, sauvegarder la planète et la biodiversité. Autre combat, et non des moindres : « On essaie d’éduquer les gens – sans donner de grandes leçons – pour qu’ils consomment mieux et surtout qu’ils mangent mieux », ajoute le responsable. Un travail d’orfèvre… « Aujourd’hui on grignote son budget “temps” au détriment du plaisir, ­affirme Jean Lhéritier. Il faut retrouver le plaisir de manger et arrêter de ­passer cette activité vitale au second plan. »

Mode d’emploi : jouissance !

On laisse tomber définitivement les plats préparés et le riz prêt en deux minutes chrono au four à micro-ondes. Dès lors, le matin, on revient au petit déjeuner traditionnel version tartines et confiture. On laisse au placard les biscuits et autres barres de céréales spéciales « p’tit dej ». A midi, on ne rechigne pas devant un bon sandwich plutôt qu’un hamburger ­terriblement anti-diététique. Oui, on vient d’apprendre qu’on peut maigrir en mangeant des sandwichs équilibrés tous les jours. Le soir, on se fait plaisir en concoctant des petits plats de ­légumes gratinés, mijotés ou vapeur. « Comme vous voulez ! Un seul impératif : choisissez-les de saison. Inutile d’acheter des produits ayant fait le tour du monde avant d’arriver dans votre assiette. Ce n’est pas écologique », ­insiste Jean Lhéritier. Même composer une salade peut devenir une jouissance gustative inattendue ! Alors oubliez la grande distribution et foncez vers les producteurs de chez vous, cherchez des aliments frais, de qualité hautement supérieure.

C’est pour qui? Les stressés

Pour les personnes lassées de courir à jeun derrière leur vie qui défile à 100 km/h ou encore pour celles, épuisées par le credo « Métro, boulot, dodo » et qui en oublient de passer par la case « repas équilibré ». De 7 à 77 ans, il est primordial d’aborder l’heure des repas avec envie et l’esprit le plus détendu possible. Important : il faut enseigner et partager ce plaisir dès le plus jeune âge.

Les adresses

Plusieurs restaurants ont adopté le mouvement. A Paris, on retrouve I Golosi dans le IXe (01 48 24 18 63) ou le Square Trousseau dans le XIIe (01 43 43 06 00). En provinces, aux Loges de l’Aubergade à Puymirol en Aquitaine (05 53 95 31 46) ou chez La Galinette à Perpignan dans les ­Pyrénées-Orientales (04 68 35 00 90). Renseignements et autres adresses sur le site officiel de l’association Slow Food France : http://www.slowfood.fr.

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