Un avenir sans pesticides ?

metrofrance.com, Nadia Loddo, le 22 mars 2009

Un avenir sans pesticides ?

La Semaine sans pesticides (du 20 au 30 mars) est l’occasion de faire un point sur l’utilisation des pesticides en France

Chiffres clé

50%
Les chiffres du plan de surveillance de la DGCCRF publiés en janvier indiquent qu’en 2007, près de 50% des fruits et des légumes contrôlés ne contenaient pas de résidus. Les limites maximales de résidus ont été dépassées dans plus de 7% des cas.

1
La France est le premier consommateur de pesticides de l’Union européenne et le quatrième au niveau mondial. Ce classement s’explique aussi car la France est le premier producteur agricole en Europe.

4,45 kg

C’est la quantité de pesticides par hectare en France, ce qui est dans la moyenne européenne. Malgré une tendance générales à la baisse, ces deux dernières années ont vu une augmentation de l’utilisation de phytosanitaires qui s’expliquerait par des conditions météo défavorables.

91%
Selon le rapport 2007 de l’Ifen, 91% des eaux des rivières et 55% des nappes souterraines contiennent des résidus de pesticides.

Des solutions existent

Basée à St Malo, la société Goëmar, crée en 1974, propose des engrais et des pesticides 100% naturels fabriqués à base d’algues. 100% naturels, ils permettent aujourd’hui de réduire de 50 à 60% l’utilisation de phytosanitaires chimiques dans les cultures céréalières et de fraises. Une preuve qu’avec la recherche, des solutions alternatives peuvent être trouvées.

Les pesticides font peur. Les associations de protection de l’environnement ainsi que de nombreux documentaires dénoncent régulièrement leur impact sur la santé humaine et leur responsabilité dans la disparition des abeilles, ces insectes pollinisateurs auxquels on doit l’existence de 80% des végétaux de la planète. La Semaine sans pesticides, qui se déroule jusqu’au 30 mars, est l’occasion de faire un point sur l’utilisation de ces produits, appelés phytosanitaires, et des risques éventuels sur notre santé.

A la suite du Grenelle de l’environnement, le ministère de l’Agriculture a mis en place le plan d’action « Ecophyto 2018 » dont l’objectif est Lire la suite

La liste noire de la malbouffe

lepoint.fr, N°1905, Christophe Labbé et Olivia Recasens, le 19 mars 2009

La liste noire de la malbouffe

Alerte. Dans son livre, Laurent Chevallier explique comment survivre au désastre nutritionnel annoncé.

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Chaque année en France, la malbouffe provoque trois fois plus de morts que le tabac et cinquante fois plus que les accidents de la route. Elle est en partie responsable de 30 % de nos cancers, de nos 500 000 insuffisants cardiaques, de 2 millions de diabétiques et de 8 millions d’obèses. Effarant. En un demi-siècle, le contenu de notre assiette s’est radicalement transformé. Aujourd’hui, 80 % des aliments que nous avalons sont industriels. Souvent trop gras, trop sucrés, trop salés et bourrés de chimie.

Un constat dénoncé dans un livre qui paraît cette semaine aux éditions Fayard (voir ci-contre). Son auteur, le docteur Laurent Chevallier, met les pieds dans le plat. « Plus personne ne peut nier le lien entre les dérives d’une certaine forme d’alimentation industrielle et l’augmentation significative de certains cancers et maladies cardiovasculaires, explique ce consultant en nutrition attaché au CHU de Montpellier. Je tire la sonnette d’alarme parce que, lors de mes consultations, je suis confronté tous les jours aux victimes de la malbouffe. »

Comment en est-on arrivé là ? Pour produire en quantité, le plus vite possible, au plus bas coût, les ingénieurs agronomes ont créé des variétés de légumes, de fruits et de céréales qui poussent plus vite, « boostées » à coups d’engrais et de pesticides dont on retrouve les résidus sous notre fourchette. De la même façon, on a sélectionné des races d’animaux à gros rendements. Des « usines sur pattes » qui fonctionnent avec des granulés hautement énergétiques. Un super-carburant qui a altéré la composition de la viande, du lait ou des oeufs.

Une matière première bas de gamme, qui est ensuite transformée au point de perdre une partie de ses nutriments, vitamines et arômes. Au milieu des années 80 la chimie s’est invitée en cuisine. Pour ressusciter le goût perdu dans le processus industriel, on a réinjecté en bout de chaîne des arômes artificiels, mais aussi des conservateurs pour allonger la durée de vie des produits, des colorants pour les rendre plus tape-à-l’oeil, des correcteurs d’acidité, sans oublier les émulsifiants, antiagglomérants, gélifiants et autres agents d’enrobage… Aujourd’hui, l’industrie agroalimentaire dispose de 357 additifs autorisés qui remplissent 24 fonctions différentes. « Un cocktail chimique dont on évalue mal tous les effets sur notre organisme », avertit Laurent Chevallier. Ajoutez-y des emballages en plastique dont certains composants ont une fâcheuse tendance à migrer vers les aliments…

« Notre nourriture n’est plus adaptée à nos gènes. Non seulement on y a ajouté des substances chimiques mais on l’a bourrée de mauvais gras pas cher à produire, hypercalorique comme l’huile de palme. Et surtout de sucre et de sel. » Trois ingrédients que l’on trouvait rarement au menu de l’omnivore tendance frugivore qu’était l’homme préhistorique et vers lesquels nous sommes naturellement attirés. Lire la suite

Les cantines scolaires attendent toujours les menus bios

leparisien.fr, FM, le 13 mars 2009

Les cantines scolaires attendent toujours les menus bios

Au salon Cantina*, les professionnels de la restauration collective s’arrachent les cheveux. Tout le monde veut des repas bios mais la production ne suit pas.

«Depuis un an et demi, la demande de bio, dans les cantines, explose. C’est de la folie. » Chargé de mission à la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab), Eric Grunewald devrait se réjouir de l’engouement des maires et collectivités locales pour les plateaux-repas bios. Mais les petits producteurs et les professionnels de la restauration collective, qui se sont réunis hier à La Défense (Hauts-de-Seine), au salon Cantina 2009, ont dû mal à répondre à ce marché en pleine explosion.

 « Nous ne disposons pas d’une production suffisante, en France, pour couvrir les besoins des cantines », résume Henri Thépaut, le président de la Fnab. Pour satisfaire aux demandes, les gestionnaires de cantines scolaires sont, du coup, obligés d’importer des produits d’Italie, d’Espagne ou des Pays-Bas. « Une petite collectivité peut, sans trop de difficultés, se fournir localement en bio mais, à partir de 800 ou 1 000 repas par jour, il faut faire venir les produits d’ailleurs », constate Alain Roy, l’organisateur du salon Cantina.
« Réapprendre à travailler avec des produits de saison »

«La production française est nettement déficitaire mais ça n’a pas de sens, à l’heure du Grenelle de l’environnement, d’importer des produits de l’autre bout du monde », estime Nicolas Bailleux. Directeur de la restauration chez Sodexo, qui sert un million de repas par jour, il est de plus en plus sollicité par ses clients pour des menus bios.

Afin que l’offre soit davantage en adéquation avec la demande, le ministère de l’Ecologie a annoncé que les surfaces agricoles bios passeraient de 2 % à 6 % d’ici à 2012. Et alors que le bio ne représente, aujourd’hui, que 1 % des menus dans les cantines, le gouvernement s’est fixé l’objectif de 20 % d’ingrédients biologiques dans la restauration collective publique d’ici à 2012, ce qui laisse perplexe la Fnab.

« C’est louable mais les moyens sont insuffisants, Lire la suite

Le Slow Food. Une lenteur qui fait durer le plaisir

parismatch.com, Emilie Blachere, le 12 mars 2009

Le Slow Food. Une lenteur qui fait durer le plaisir

« Città Slow » : 92 villes où l’on prend le temps

Liées intimement au Slow Food, les Città Slow (ou Villes Slow) sont des communes de moins de 50 000 habitants où il fait bon vivre. Lancé en 1999, ce mouvement qui regroupe 92 agglomérations (dont 56 en Italie) à travers une douzaine de pays, vante une qualité de vie incomparable. Politique environnementale, protection de produits locaux, bien-être des habitants… En tout, 26 critères, sur les 52 établis par le comité de certification de « Città Slow », doivent être remplis pour prétendre au titre de « ville du bonheur ». Reste un bémol : à l’heure actuelle, aucune ville française ne fait partie de ce ­réseau et aucune candidature n’a été avancée. Dommage…

A sa création, il y a vingt ans par un Italien, personne n’y croyait. Le Slow Food est devenu un porte-drapeau du bien manger et de l’anti-fast-food.

Débarqué des collines piémontaises qui sentent bon les arômes fruités des vins italiens, le Slow Food est une association ­fondée en 1989 par une fine bouche transalpine : Carlo Petrini, journaliste et critique gastronomique. Mouvement anti-malbouffe, il prône un ­retour aux saveurs, aux goûts et aux plaisirs gustatifs. Aujourd’hui soutenue par près de 100 000 amateurs de bonne chère, répartis dans plus de 100 pays, la tendance a traversé les frontières et essaimé en Europe, au Japon, aux Etats-Unis… En 2003 l’association Slow Food France est créée. Elle « rassemble 2 000 aficionados », ­annonce son président Jean Lhéritier, membre par ailleurs du Conseil international du mouvement. Le but : ­sauvegarder notre patrimoine culinaire !

Le concept : éduquer

Les chevaliers de cette croisade gastronomique se battent contre l’uniformisation des régimes alimentaires et contre la propagande de la culture fast-food. A travers des salons et des manifestations nationales, comme les ateliers du goût, ils souhaitent pérenniser l’agriculture locale en soutenant les producteurs, conserver la diversité de nos assiettes et, au sens large, sauvegarder la planète et la biodiversité. Autre combat, et non des moindres : « On essaie d’éduquer les gens – sans donner de grandes leçons – pour qu’ils consomment mieux et surtout qu’ils mangent mieux », ajoute le responsable. Un travail d’orfèvre… « Aujourd’hui on grignote son budget “temps” au détriment du plaisir, ­affirme Jean Lhéritier. Il faut retrouver le plaisir de manger et arrêter de ­passer cette activité vitale au second plan. »

Mode d’emploi : jouissance !

On laisse tomber définitivement les plats préparés et le riz prêt en deux minutes chrono au four à micro-ondes. Dès lors, le matin, on revient au petit déjeuner traditionnel version tartines et confiture. On laisse au placard les biscuits et autres barres de céréales spéciales « p’tit dej ». A midi, on ne rechigne pas devant un bon sandwich plutôt qu’un hamburger ­terriblement anti-diététique. Oui, on vient d’apprendre qu’on peut maigrir en mangeant des sandwichs équilibrés tous les jours. Le soir, on se fait plaisir en concoctant des petits plats de ­légumes gratinés, mijotés ou vapeur. « Comme vous voulez ! Un seul impératif : choisissez-les de saison. Inutile d’acheter des produits ayant fait le tour du monde avant d’arriver dans votre assiette. Ce n’est pas écologique », ­insiste Jean Lhéritier. Même composer une salade peut devenir une jouissance gustative inattendue ! Lire la suite