Consommer autrement pour produire moins de déchets

cean.nanterre.free.fr, Marjorie, le 8 mars 2009

Alain Delacour et Véronique Gallais, Biocontact, n°189, mars 2009

Consommer autrement pour produire moins de déchets

CONSOMMER AUTREMENT

Dossier « Recyclons ! »

Quiconque est attentif à rester en bonne santé, sensible à la préservation de l’environnement et soucieux de limiter ses dépenses ne peut faire l’impasse d’une réflexion sur les déchets qu’il produit. Une réflexion qui nous conduit à poser un regard plus éclairé et plus responsable sur nos actes d’achat et à leur substituer, quand cela est possible, des alternatives. Pour le plus grand bien de l’homme et de la Terre.

Notre modèle de société, qui place la consommation au centre de nos vies et de nos ambitions, nous pousse à acheter toujours plus de produits. Pourtant, les déchets générés ont des conséquences inévitables sur notre santé et sur notre environnement, sans parler des coûts générés par la consommation au-delà des besoins et le gaspillage, par le traitement des pollutions tout au long du cycle de vie des produits et par celui des déchets.
En effet, que les déchets soient stockés, incinérés ou recyclés, leur collecte, leur transport et leur transformation sont fortement consommateurs en énergie, contribuant ainsi à l’augmentation de la pollution et au changement climatique par la production de gaz à effet de serre. Sans compter le coût élevé de la collecte sélective auquel les ménages participent à travers les taxes à l’achat ou leurs impôts locaux.

De plus, si ces déchets sont brûlés dans des incinérateurs ou stockés par enfouissement, les substances toxiques qu’ils libèrent dans l’air, les sols et les eaux seront un jour ou l’autre directement ou indirectement absorbées par nous autres humains via les végétaux et les animaux que nous mangeons ou l’air que nous respirons.

Manger bio, local, de saison, utiliser les produits les moins polluants possibles pour l’entretien, la décoration ou la construction de notre maison ne suffit donc pas : il est également essentiel de réduire le volume et la toxicité de nos déchets.

Nous sommes maintenant habitués à trier nos déchets pour leur recyclage. Mais il existe bien d’autres solutions, bien plus satisfaisantes en matière de préservation de notre santé, de celle des milieux de vie et d’économies de ressources naturelles.

Nous allons les passer en revue, de la meilleure à la moins mauvaise. En termes de production de déchets, bien sûr ! Sachant que le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas ! Que le meilleur moyen de ne pas produire de déchet est encore de limiter ses achats. Mais si nous choisissons d’acheter, c’est avant de le faire qu’il convient de se poser les bonnes questions sur les déchets que nos achats vont générer. Dans la suite de cet article, nous allons développer successivement quatre séries de propositions : renoncer à un achat ; trouver des alternatives à l’achat; acheter des produits recyclés ou d’occasion ; choisir les articles dont les déchets seront les moins volumineux et les moins toxiques possible.
*Renoncer à un achat*

Avant tout acte d’achat, l’idéal serait de nous interroger sur la réalité et la nature de nos besoins et de nous demander si nous ne pourrions pas les satisfaire autrement… Ce qui n’exclut pas de se faire plaisir, bien sûr !

Pour nous y aider, voici quelques suggestions de questions à se poser avant de prendre la décision d’acheter ou non :

Ne puis-je pas continuer à me passer de ce dont je me suis toujours passé ?

Cet article est-il vraiment indispensable ? Ne puis-je pas me contenter de ce que j’ai déjà ?

ue va-t-il m’apporter de plus ?

Ce produit est-il réellement utile ou flatte-t-il surtout l’image que j’ai de moi-même?

Est-ce que je n’aspire pas plutôt à être reconnu pour ma valeur et mes qualités personnelles que pour la quantité, la valeur économique et le niveau de sophistication technologique de ce que je possède ?

N’est-ce finalement pas une marque de faiblesse et une forme de dépendance que de céder aux phénomènes de mode, aux sirènes de la publicité et à la tyrannie des marques ?

Si, après avoir essayé de répondre à ces questions, il nous apparaît qu’un achat est indispensable, de nombreuses alternatives sont encore possibles !

Trouver des alternatives à l’achat

FAIRE SOI-MEME

La meilleure façon de contrôler la qualité de son alimentation est de choisir soi-même les ingrédients et leur mode de cuisson. Pratiquer le jardinage quand c’est possible permet aussi d’éviter les produits chimiques et d’offrir sa propre production à ses proches, tout en faisant des économies substantielles. Idem pour le bricolage et certains travaux d’habitat. Il existe des livres et des stages qui permettent d’apprendre à faire soi-même.

REPARER OU FAIRE REPARER : Si l’un de nos équipements électroménagers ou informatiques est en panne, si l’un de nos meubles est détérioré, commençons par nous demander s’ils ne pourraient pas être réparés. Par nous-mêmes, par un voisin bricoleur ou par un professionnel. Pour les vêtements, on pourra se rendre dans une retoucherie.

LOUER : Certains produits dont l’usage est limité dans le temps se prêtent particulièrement bien à la location : certains matériels de jardinage, de bricolage, les CD, les DVD, par exemple. Il peut aussi être plus économique de vivre sans voiture, en particulier en ville, et de louer un véhicule de temps en temps.

EMPRUNTER : Plutôt que d’acheter livres, CD, DVD ou jeux, empruntons-les dans les bibliothèques, discothèques, vidéothèques et ludothèques municipales.

De même, plutôt que d’acquérir tel ou tel outil de bricolage ou de jardinage qui va nous servir deux fois par an, autant demander à un ami ou à un voisin de nous le prêter.
PARTAGER : Mieux encore ! regroupons-nous entre voisins et faisons un achat collectif. Mieux vaut investir à plusieurs dans des outils ou des machines performantes et de qualité plutôt que d’acheter dans les gammes de prix accessibles aux particuliers mais dont la longévité et les performances sont quelquefois médiocres. Il existe également des réseaux et des sites internet par lesquels les participants proposent les objets qu’ils sont prêts à donner ou échanger.

ECHANGER : En marge du système monétaire et culturel dominant, existent des réseaux qui permettent d’échanger des services (travaux divers, garde d’enfants, aide aux personnes âgées…), des objets (outils, matériel divers…), des connaissances (langues, savoir-faire variés…) et des pratiques. La « monnaie d’échange » est alors basée sur le temps passé dans la relation.

Parmi ces réseaux, citons principalement les SEL (Systèmes d’Échanges Locaux) et les RERS (Réseaux d’Échange Réciproque de Savoirs)

Ils recensent les offres et les demandes et mettent en relation les intéressés.
Cela permet de partager, de s’entraider, de retrouver des liens de proximité et de dynamiser la vie locale.

REUTILISER
Nous pouvons réutiliser les emballages (sacs en plastique ou en papier, bouteilles et pots en verre, bocaux, boîtes en carton, papier cadeau, etc.) chaque fois que c’est possible ou bien utiliser le verso des feuilles de papier avant de les mettre à recycler.

Quant à nos enfants et aux artistes en herbe, ils peuvent confectionner des jeux ou réaliser des travaux manuels en transformant des objets ou des matériaux récupérés. De plus en plus de livres foisonnent d’idées en ce sens. L’art de la récup gagne du terrain ! Acheter des produits recyclés ou d’occasion

En achetant des produits recyclés ou d’occasion en bon état, nous contribuons à réduire la consommation en matières premières ainsi que les pollutions et dépenses d’énergie dues à la fabrication et au transport de produits neufs.

Brocantes, vide-greniers, bourses, dépôts-ventes peuvent être une bonne solution pour vendre ou acheter mobilier, électroménager, vaisselle, luminaires, vélos, livres, CD, DVD, vêtements, jeux et jouets, etc. Pensons également à acheter des produits remis à neuf ou recyclés : pneus, papier, etc.

Il existe des réseaux de récupération, réparation et revente d’appareils électroménagers usagés comme le réseau ENVIE, qui permet par ailleurs à de nombreuses personnes de retrouver une vie active.

Certains objets recyclés (mobilier, luminaire, décoration etc.) peuvent être achetés dans des ressourceries/recycleries.
Si aucune des solutions proposées jusque là ne nous convient et qu’un achat est inéluctable, il nous reste un nombre considérable de possibilités pour limiter les déchets générés par nos achats.
Choisir les achats dont les déchets seront le moins volumineux et le moins toxiques possibles
Quelques bonnes questions utiles avant d’acheter :

CE PRODUIT OU SON EMBALLAGE EST-IL TOXIQUE ? Certains produits (piles, déchets électroniques, plastique, bombes aérosols, produits ménagers, lingettes, couches jetables, etc.), libèrent dans l’air, dans l’eau et dans les sols des substances dangereuses non biodégradables. De plus, leur transport, leur retraitement et leur élimination sont coûteux et polluants. Certains d’entre eux sont aisément repérables à l’aide d’un pictogramme de danger.
Nos conseils :

– Privilégier des produits bénéficiant d’un label environnement (NF-environnement, éco-label européen), les écoproduits ou les produits bio ;

– préférer les produits réutilisables ou rechargeables, ou fonctionnant sans piles ;

– utiliser des piles jetables uniquement en dernier recours (éviter les salines !) ;

– déposer les piles jetables et rechargeables hors d’usage dans les bacs de collecte des magasins vendant des piles ;

– privilégier les produits concentrés, les grand contenants ;

– préférer les produits en tubes aux bombes aérosols ;

– penser aux produits de substitution qu’utilisaient nos grands-mères ;

– certains savons (d’Alep par exemple) peuvent constituer une excellente alternative aux gels douche, shampoings ou aux mousses à raser (surtout si elles sont en bombes) ;

QUELLE SERA LA DUREE DE VIE DE Ce produit ? Par les matériaux qu’ils nécessitent pour leur fabrication, l’énergie qu’ils consomment pour leur transport, puis pour leur retraitement ou leur élimination, les produits à usage unique sont une véritable catastrophe écologique. D’autant plus que des alternatives durables existent dans la plupart des cas.
Nos conseils :

– Résister aux produits d’appel, au premier prix, le plus souvent synonymes de durée de vie courte ;

– préférer les équivalents durables aux produits jetables (serviettes, lingettes, gobelets, couverts, rasoirs, stylos, etc.) ;

– éviter la vente à emporter qui génère de nombreux déchets.
L’emballage de ce produit est-il vraiment utile, n’est-il pas surdimensionné ? Certains emballages sont inutiles, d’autres surdimensionnés : ce sont davantage de camions sur les routes pour les acheminer jusqu’à leur point de vente puis pour transporter les emballages vers le recyclage, et davantage d’énergie pour recycler. Par ailleurs, le prix de l’emballage peut aller jusqu’à dépasser celui du produit qu’il contient. N’est-il pas stupide de payer pour quelque chose que l’on va jeter ? Et dont on paiera ensuite indirectement le prix du recyclage ou du retraitement ?

Nos conseils :

– Éviter les emballages surdimensionnés ;

– préférer les emballages en verre, en métal ou en carton qui se recyclent mieux ;

– éviter les doubles emballages (cartonnettes de dentifrice, de plats préparés, de produits de beauté, etc.) et les emballages mal remplis : boîtes de céréales, de riz, de pâtes, etc. ;

– privilégier les grands contenants ;

– privilégier les produits à la coupe, au détail ou en vrac à ceux en barquettes entourées d’un film plastique ou en sachets ;

– éviter les portions individuelles (fromage), sachets pré-dosés (riz), mini-doses (café, sucre, thé) ;
– penser à prendre son panier ou son chariot et à se munir de sacs plastique avant de partir au marché ou chez les commerçants ;

– cuisiner soi-même quand c’est possible (ce sera aussi l’occasion de mieux maîtriser la qualité des ingrédients, le mode de cuisson et d’éviter les additifs alimentaires) ;

– préférer l’eau du robinet (si elle est potable et de qualité, sinon installer un filtre). Quelques idées supplémentaires pour réduire nos déchets

DONNER : Pensons à donner à notre entourage ou à des associations caritatives ou humanitaires tout ce qui peut être réutilisé (vêtements, jouets, meubles, livres, lunettes, chaussures, médicaments, etc.). Portons nos vêtements usagés dans les containers destinés à la collecte. Des réseaux comme LE RELAIS assurent la collecte, le tri et le reconditionnement des vêtements. EMMAÜS assure quant à lui la récupération et la revente d’objets et de meubles en bon état.

Déposons nos encombrants sur le trottoir les jours de collecte, ils pourront faire des heureux alors que si nous les amenons à la déchetterie, ils ne pourront être réutilisés.
Nous pouvons également déposer les objets, meubles, jouets, appareils dans des ressourceries/recycleries : après tri, contrôle, nettoyage et réparation, celles-ci en assureront la revente à faible prix à des personnes qui en ont besoin.

refuser la publicité dans nos boîtes aux lettres : Restons vigilants vis-à-vis des messages publicitaires et des offres commerciales. Coller un autocollant « stop pub » sur sa boite aux lettres peut aller jusqu’à réduire de 40 kg le poids annuel de nos déchets. En commander plusieurs et en proposer à nos voisins et amis.

Pensons à la Liste Robinson <http://www.robinsonlist.be/index_fr.htm> pour ne plus recevoir de courriers publicitaires adressés à notre nom. Souscrivons au service « Liste Orange »

<http://www.agence.francetelecom.com/mx/?tp=PHP&code_rubrique=5-184711&type=3&donnee_appel=FTASN&...> afin que nos coordonnées ne figurent pas dans les fichiers extraits des annuaires de France Télécom commercialisés à des fins commerciales.
offrir des cadeaux immatériels : Pour faire plaisir, pensons aux cadeaux immatériels : places de spectacles, abonnements de location de DVD, de salle de sport, séances de massages, etc.
*Si des millions d’êtres humains…*

Il revient à chacun et chacune de se poser ou non cette série de questions, ou de ne pas envisager toutes les alternatives avant d’acheter ou de jeter. Certains d’entre nous seront plus sensibles à certains critères qu’à d’autres. Dans une société où l’excès de consommation repose pour beaucoup sur le déficit d’information, l’important est que notre conscience reste en éveil, toujours à l’affût d’une information, d’un conseil permettant de préserver notre santé et la vie sur notre planète. Une fois que la conscience est là, elle ne peut que s’élargir. S’élargir à d’autres domaines bien sûr, mais s’élargir aussi à d’autres personnes car il n’est pas de meilleur exemple pour autrui que celui qui explique ce qu’il fait et pourquoi il le fait. Et qui, bien évidemment, fait ce qu’il dit. Tout en attendant également des politiques des décisions à la hauteur des enjeux, vers les entreprises et vers les citoyens. Nos actions peuvent parfois nous paraître dérisoires et isolées, mais si des millions d’autres humains adoptent des comportements responsables dans leur rôle de consommateurs et d’usagers, nous serons peut-être un jour en mesure de stopper la dégradation de la vie et de l’environnement sur notre chère Terre, et la nôtre avec.
Véronique Gallais est administratrice d’Action Consommation et Alain Delacour en est membre actif.

Pour en savoir plus :

www.actionconsommation.org <http://www.actionconsommation.org/>

notamment le dossier « Réduire nos déchets » (espace thématique)

http://www.actionconsommation.org/publication/Presentation,571.html
Action Consommation rassemble des citoyens soucieux de solidarité et de respect de l’environnement. Elle a pour but de sensibiliser les consommateurs à leur pouvoir et à leur responsabilité, dans leurs gestes d’achat ou de non-achat, dans les comportements de chacun et à travers l’interpellation des entreprises et des institutions.

La consommation responsable est un triple levier d’action : économique, politique et facteur de transformation, individuelle et collective. Il s’agit aussi de dénoncer la centralité de la consommation dans la société et dans nos vies.

Action Consommation

40 rue de Malte – 75011 Paris

info@actionconsommation.org Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. – 01 48 05 86 81

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Une Réponse

  1. Votre affaire c’est du caca!

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