Carmantrand : Notre planète va mal, c’est à chacun d’agir

Sud-Ouest, Christophe Berliocchi, le 6 mars 20009

ENVIRONNEMENT. Le Royal diffuse le 14 mars « Nos enfants nous accuseront », suivi d’un débat animé par Daniel Carmantrand, spécialiste des questions environnementales

« Notre planète va mal, c’est à chacun d’agir »

 «Si l’on n’agit pas pour préserver notre environnement, d’ici 50 ans, Anglet sera sous l’eau ! Notre planète est très malade. Mais rien n’est encore inéluctable, à condition de se réveiller, et d’agir chacun à notre petite échelle. »

Daniel Carmantrand, qui vit au Pays Basque n’est pas un écologiste radical. Son action, à travers l’association qu’il a créée Planet it’s up to you est plutôt d’informer et éduquer.

« Je suis là pour éveiller les consciences », dit cet architecte et conférencier, qui interviendra au Royal le samedi 14 mars à 9 h 30 après le film de Jean-Paul Jaud, « Nos enfants nous accuseront » (1).

« Sud Ouest ».- Vous sentez-vous proche de Nicolas Hulot ?

Daniel Carmantrand. Je soutiens bien sûr son engagement, car notre planète est malade. Il s’était beaucoup investi avant le Grenelle de l’environnement, là on le voit moins, je crois savoir qu’il est touché, car cela n’a pas donné grand-chose en réalité. Le combat écologique n’est pas que politique, je crois davantage aux actions de prévention et d’information, auprès des enfants notamment.

Vous êtes engagé dans ce combat depuis combien de temps ?

Depuis tout petit, j’ai toujours été sensibilisé par la nature, l’environnement. J’ai été marqué par le livre d’Yves Coppens quand j’avais 13 ans, il disait que l’homme ne pouvait évoluer qu’en tenant compte de son environnement. Je voulais être vétérinaire, j’ai fait des études d’ingénieur agronome avant de devenir architecte ! J’ai beaucoup voyagé et des séjours à Madagascar m’ont, par exemple, profondément marqué quant à la préservation de notre planète.

L’état de la planète et la crise actuelle ne sont pas dissociables ?

Tout est lié, au moment où la Terre est malade, la crise économique, sociale et humaine n’a jamais été aussi forte. Il faut relire « Effondrement » de Jared Diamon, un livre référence où il explique le déclin des sociétés, comme les Mayas, qui n’ont pas su maîtriser leur croissance en respectant l’environnement. Elles n’ont pas pris le recul nécessaire et l’ont payé cash.

Vous ne croyez pas à l’action des politiques ?

Les politiques sont soumis à la pression des lobbies et en terme d’écologie, les dossiers n’ont pas vraiment avancé ! Aujourd’hui, les consciences s’éveillent, les gens sont en train de prendre la mesure du problème, on le voit avec le succès du bio. Je pense que les politiques et les lobbies ne pourront que suivre la pression populaire.

Sinon que va-t-il se passer ?

On court à la catastrophe ! Quand on côtoie comme moi depuis 20 ans tous les soucis de notre planète, je peux vous dire qu’on a très peur pour l’avenir de nos enfants. Si le monde ne réagit pas, d’ici 20 ans, il n’y aura plus certaines espèces de poissons, l’eau manquera dans des pays d’Afrique alors que les glaciers fondent et que le niveau des océans grimpe en flèche. Ce ne sont que quelques exemples, que l’on peut multiplier par cent !

Existe-t-il une solution ?

Il n’y a pas de miracle à attendre. Je n’ai rien à vendre et je répète partout où je passe le même discours : la survie de la planète est de notre responsabilité, il est primordial d’éduquer et d’informer les populations sur ces problèmes environnementaux. Chacun est auteur de sa vie, c’est à nous de faire bouger les choses. À un enfant, je dis qu’il n’a pas besoin de tirer la chasse d’eau pour un petit pipi, à un agriculteur, je lui dis de couper sa fougère à la main plutôt que d’utiliser un pesticide qui va dans la nappe phréatique. La préservation de notre planète dépend aussi de tous ces petits actes au quotidien dans nos sociétés de surconsommation.

Un mot sur le film de Jean-Paul Jaud, qui dénonce la malbouffe.

C’est un excellent film, qui connaît un très grand succès partout où je l’ai présenté. Les gens, les mamans comme les enfants, ne restent pas indifférents. Ils posent des tas de questions, sur les liens entre la nourriture et la maladie, notamment le cancer, l’utilisation massive des pesticides dans l’agriculture. Quand je vois ce que certaines cantines donnent à manger à nos enfants, j’en suis malade…

(1) Débat après le film. Tarif unique : 4euros.

 

 

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