Entre-deux-Mers ouest : Des déchets coûteux

Sud-Ouest, Guy Lacquement, le 25 Février 2009

SAINT-LÉON, PROPRETÉ. Le ramassage des déchets va coûter plus cher. Selon Véronique Lhert, la solution réside dans le tri sélectif

Des déchets coûteux

«Longtemps le tri sélectif a été plus cher que la collecte des déchets classiques, mais de plus en plus, l’économique rejoint l’écologique » commence Véronique Lhert, directrice du Semoctom.

Le syndicat de l’Entre-deux-Mers ouest pour la collecte et le traitement des ordures ménagères entame une grande campagne de concertation avec les délégués des communautés de communes (CdC) qui se trouvent sur son territoire.

L’incinération est onéreuse

Le coût de l’élimination par le feu s’alourdit. On se demande que faire des déchets résiduels.

La taxation enfin devrait s’appesantir. Le Semoctom prévoit d’acquitter une taxe générale des activités polluantes (TGAP) pesant 1,5 % de plus dans le budget 2009.

Elle porte notamment sur les matériaux difficilement recyclables et sur les encombrants. Le principe s’énoncerait : « Plus c’est polluant, plus c’est cher ! »

« Avec la crise, on assiste à l’effondrement du prix des matières premières », note Véronique Lhert. « Sur la ferraille, le plastique et le papier nous enregistrons une baisse de recettes de 180 millions d’euros. »

En se généralisant, le tri sélectif incite les citoyens à limiter leur production de détritus. Les poubelles sont moins lourdes. Les consommateurs s’adonnent de plus en plus au compostage. La distribution de composteurs individuels a connu un franc succès.

« Il faut favoriser le tri sélectif », indique encore la directrice du Semoctom. Et pour ce faire, remplacer les containers aux entrées des villages par une collecte à domicile. Par exemple, tous les 15 jours.

Cela pourrait amener à remplacer une des collectes classiques par une collecte de tri sélectif.

Dans les communes bénéficiant de deux tournées actuellement, une resterait dédiée aux résidus habituels, une seconde se spécialisant dans les déchets triés par les habitants.

Territoire de 85 communes

Mais ceci n’est qu’un des cas de figure envisagé par le Semoctom et proposé aux élus des 85 communes que couvre le syndicat.

Mais la tendance serait de Lire la suite

Objectif terres 2020 : la fin du modèle agricole productiviste ?

sosbiodiversité.wordpress.com, Kalisse, le 24 février 2009

“Objectif terres 2020″: la fin du modèle agricole productiviste

Nous l’avions rêvé, Michel Barnier l’a fait ! Cette fois-ci, plus de doute, l’agricul­ture française change de cap. Le plan “Objectif Terres 2020″ veut promouvoir un “nouveau modèle agricole français” fondé sur le développement durable avec pour objectif de “produire plus et produire mieux”. Ce plan est une mise en forme des nouvelles priorités agricoles françaises, il s’accompagne d’un redéploiement d’une partie des aides de la PAC, qui  devrait bénéficier entre autres aux élevages herbagers, à l’agriculture biologique, aux protéines végétales, à l’agriculture de montagne, à l’apiculture.…bref à la biodiversité  en milieu rural.

Michel Barnier avait déjà lancé en 2008  les plans d’action “EcoPhyto2018″, “AgroBio 2012“ visant à réorienter l’agriculture française vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement et de la santé publique, et  à la mettre en phase avec les attentes des consommateurs. Présenté à Daumeray (Maine-et-Loire), par Michel Barnier et Nicolas Sarkozy à la veille du Salon international de l’agriculture,  le plan  “Objectif Terres 2020 comporte 60 mesures « qui doivent permettre à l’agriculture de s’adapter aux nouveaux défis de l’environnement.» Il est construit à partir des réflexions menées dans le Grenelle de l’environnement, des assises de la forêt et de celles de l’agriculture et autour de démarches innovantes, écologiquement durables et productives.

Le plan “Objectif terres 2020″ entend relever cinq défis “majeurs” :

Mieux utiliser une eau qui se raréfie ;

Contribuer à la restauration du bon état écologique des eaux ;

Contribuer à la richesse de la biodiversité et des paysages

Protéger les sols agricoles ;

Mieux maîtriser l’énergie et lutter contre le réchauffement climatique.

60 mesures réparties sur 5 axes :

Réduire l’usage et l’impact des produits phytosanitaires ;

Engager chaque entreprise agricole dans le développement durable ;

Développer les potentialités de l’agriculture biologique ;

Remettre l’agronomie au centre de l’agriculture ;

Repenser des pratiques adaptées aux territoires.

avec des actions en faveur de la préservation de la biodiversité !

Développer la recherche et le conseil sur les liens entre agriculture et biodiversité

Mettre en place des indicateurs de suivi de la biodiversité en milieu agricole

Assurer la protection des pollinisateurs

Mieux gérer les surfaces non productives pour préserver la biodiversité

Promouvoir les éléments fixes du paysage

Promouvoir l’agroforesterie

Des indicateurs de suivi

Le plan fera l’objet d’un suivi annuel. Pour ce faire un ensemble d’indicateurs a été sélectionné. En voici les principaux : Lire la suite

Le rebond du Forum social mondial

cadtm.org, Interview d’Eric Toussaint par Pauline Imbach, le 24 février 2009

Le rebond du Forum social mondial

On a parlé de rebond du mouvement altermondialiste à l’occasion du Forum Social Mondial à Belém, que faut-il en penser ?

Après une situation difficile du Forum Social Mondial (FSM) en 2006, 2007, 2008, on peut parler véritablement de rebond car cette 9ème édition est un énorme succès à différents niveaux.
Tout d’abord, ce FSM a connu une très forte participation, avec 133 000 personnes enregistrées. On parle même de 140.000. C’est tout à fait considérable et cela fait du FSM à Belém un des forums les plus populaires. Il se situe au même niveau que celui tenu à Mumbai (Bombay) en Inde en janvier 2004 ou celui organisé à Porto Alegre en 2005. Il faut savoir en effet que Belém est une ville excentrée par rapport aux grandes villes brésiliennes comme São Paulo, Rio de Janeiro, Belo Horizonte, Porto Alegre mais aussi par rapport à toute une série de pays d’Amérique latine. Belém est donc difficilement accessible : pour s’y rendre, un billet d’avion coûte cher et, en bus, il faut compter trois jours de route pour venir de Sao Paulo, cinq jours si on vient de Porto Alegre et six jours si on vient de Buenos Aires, Montevideo ou Asunción. Mumbai était beaucoup plus accessible pour les Indiens et Porto alegre pour les Brésiliens, Argentins, Uruguayens et Paraguayens.

De plus, les participants, dans leur très grande majorité, avaient moins de 30 ans. Cette jeunesse était massivement présente lors des différentes activités.

Un autre facteur de réussite lors de ce forum, était la présence très visible et très active des peuples indigènes essentiellement du bassin amazonien et des Andes.

D’autre part, ce qui indique également un rebond, c’est la recherche manifeste, par une grande partie des participants, d’explications de fond en ce qui concerne les différentes facettes de la crise actuelle, recherche combinée à la volonté de se forger une opinion personnelle et à celle de passer à l’action pour mettre en place des alternatives.

C’est un changement évident par rapport au FSM qui s’est tenu à Nairobi en 2007 et qui marquait un essoufflement et une incapacité à poser les questions de fond.

Cela fait de ce Forum, la première grande mobilisation internationale contre la crise du capitalisme qui a éclaté en 2007.

Ce rebond du FSM et du mouvement altermondialiste contraste donc avec le deuil du capitalisme au Forum économique mondial de Davos. Le président Lula qui, avant, passait une journée au FSM et ensuite, s’envolait vers le Forum économique, a décidé cette année d’être uniquement visible au FSM et donc, de ne pas se rendre à Davos. C’est tout à fait significatif car cela montre l’ampleur de la crise. Lula a compris que sa gestion de type social libéral qui génère déjà beaucoup de doutes au niveau de la base, allait encore être plus mal perçue s’il se rendait à Davos. Pour tenter de couper court à des critiques sur sa gauche, il a préféré ne pas y aller. De même, aucun autre président de gauche ou de centre gauche d’Amérique latine ne s’est rendu dans la station de ski de Davos, alors que plusieurs d’entre eux y étaient invités. Le Forum économique faisait triste mine puisque aucun représentant significatif de l’administration de Barak Obama n’avait fait le déplacement. Pour discuter de la survie du capitalisme, seuls Vladimir Poutine, le Premier ministre chinois (c’est tout un programme) et Angela Merckel avaient fait le déplacement. Nicolas Sarkozy, lui même, avait décidé de ne pas aller à Davos. Si Lula y était allé ou, surtout, si Obama avait délégué quelqu’un de haut niveau, Sarkozy s’y serait également rendu !

Il faut aussi souligner le parti pris des medias. Un des principaux quotidiens financiers du monde, le Financial Times de Londres n’a pas consacré un seul mot au FSM de Belém tandis qu’il a réalisé deux suppléments pour célébrer Davos et que, dans son édition normale, il y a consacré plus de dix pages. Par contre, un certain nombre de quotidiens, de TV et de radio autour de la planète avaient délégué des envoyés spéciaux (il y avait environ 3.000 journalistes) et ont rendu compte de l’évènement. A juste titre, certains ont mis l’accent sur la « renaissance » ou le « deuxième souffle » du mouvement altermondialiste. Par ailleurs, tous les quotidiens de l’Etat du Para ont consacré chaque jour 5 à 8 pages entières au Forum. Une chaîne internationale de télévision comme AlJazira a largement couvert l’événement et a notamment donné amplement en direct la parole au CADTM (voir en audiovisuel en anglais http://www.cadtm.org/spip.php ?article4012 ).

Quelles préoccupations ont dominé le FSM ?

Il y avait trois thèmes principaux. Tout d’abord la crise du capitalisme dans ces diverses dimensions : financière, économique, climatique, énergétique, alimentaire, migratoire et aussi la crise de « gouvernance » mondiale, c’est-à-dire, la crise manifeste de légitimité à la fois du G8, du FMI, de la Banque mondiale et de l’OMC. Le manque de légitimité des solutions alternatives comme le G20 était aussi au cœur des discussions.

Deuxièmement, les crimes de l’armée israélienne à l’égard du peuple palestinien. La question palestinienne, bien que Belém se trouve à plus de 12.000 km de la Palestine, était fortement présente. Dès le premier jour, lors de la manifestation d’ouverture, un drapeau palestinien de plus de 20 mètres de long était déployé, porté par des jeunes de ENLACE, un courant du parti d’extrême gauche brésilien PSOL. Beaucoup de gens portaient des signes de solidarité avec la lutte du peuple palestinien. Même s’ils étaient venus pour d’autres choses, ils tenaient à exprimer cette solidarité avec le peuple palestinien. Derrière cette question, c’était l’ensemble des guerres d’agression qui était dénoncé, comme celles à l’égard de l‘Irak ou de l’Afghanistan. L’exigence du retrait des troupes d’occupation faisait consensus.

Troisième thème tout à fait prioritaire : la réalité que vivent et les combats que mènent les peuples indigènes, notamment les peuples de l’Amazonie et des Andes. Le premier jour de travail du Forum était d’ailleurs entièrement placé sous le signe de la région amazonienne (région qui va au-delà du Brésil et qui englobe une partie de l’Equateur, de la Bolivie, du Venezuela, du Pérou et de la Colombie sans oublier la Guyane et le Surinam). Le thème des peuples indigènes comprenait à la fois leurs relations avec la nature et leur rôle de préservation de celle-ci ; mais aussi l’affirmation de leur identité culturelle et la manière dont la globalisation capitaliste les affecte. Les peuples indigènes ont beaucoup à apporter aux autres peuples notamment du point de vue de leur vision du monde (ce qui a déjà été intégré partiellement dans les nouvelles constitutions adoptées en Equateur en 2008 et en Bolivie en 2009). Ce qui était impressionnant, c’est l’apport des représentants des peuples indigènes à la réflexion et aux propositions du Forum. Ils ont joué un rôle très actif. Ils ont donné au Forum un relief particulier, en mettant la question de l’Amazonie au cœur des réflexions sur le défi du changement climatique et au cœur des réponses écologistes et socialistes à y apporter.

Au-delà de ces trois thèmes centraux, il y avait une série d’autres thèmes très importants. Par exemple, Lire la suite