EEDD : Pourquoi s’emparer des conclusions du Grenelle ?

agoravox.fr, Roland Gérard, le 24 février 2009

Pourquoi s’emparer des conclusions du Grenelle ?

Nous l’avons déjà vu : l’éducation n’a pas eu sa part lors du Grenelle, il faudra y revenir.
Les acteurs de l’éducation à l’environnement vers un développement durable ont toutefois identifié des avancées méthodologiques indéniables. Ces avancées, si elles restent insuffisantes, méritent d’être connues, les acteurs dans les territoires peuvent s’appuyer dessus pour promouvoir la capacité de « faire ensemble ». Il y a, dans les conclusions du comop 34 en particulier, des arguments qu’on aurait tort de négliger.

Les détracteurs peuvent toujours dire, montrer du doigt, critiquer en bloc… Nous serons un nombre certain à affirmer que nous avons acquis des points clés lors du Grenelle. Tous ceux qui, par la discussion et la participation souhaitent s’impliquer dans la lutte pourront y puiser des arguments à poser face à un élu, un préfet, un recteur, un directeur d’administration, un industriel… Et pourtant, ils seront nombreux à dire, ceux qui luttent pour le développement de l’EEDD (éducation à l’environnement vers un développement durable), « le Grenelle n’a rien apporté sur le volet de l’éducation ! » et ils auront aussi raison.

Si nous avons effectivement avancé sur la question de la façon d’agir pour construire la culture écologique de la société, en revanche force est de constater que l’opérationnalité n’est pas là. Il faudra encore du temps. La question de la culture arrive après toutes les autres.

Il faut bien avouer qu’en ce qui concerne l’éducation, les choses avaient plutôt mal commencé. Les associations spécialisées ont eu le sentiment d’avoir été oubliées au démarrage. Elles n’étaient pas présentes parmi les neuf ONG choisies au départ à l’été 2007. Les phases en région ont heureusement rappelé l’importance de l’éducation à l’environnement. Un Comop (comité opérationnel) 26 démarré fort tardivement sur l’éducation a soulevé quelques espérances. Hélas elles ont été vite déçues quand les participants ont constaté que le propos se focalisait sur l’enseignement scolaire.

Ce qui intéresse les acteurs dans les territoires est beaucoup plus vaste puisque c’est tout ce qui a une influence directe sur la culture de la population : l’éducation certes mais aussi l’information, la sensibilisation et la formation. C’est en fait de cela, et de tout cela, dont les forces sociales en mouvement parlent quand elles parlent d’éducation à l’environnement vers un développement durable (EEDD). Bien peu dans notre pays pourront dire ce qu’a apporté à la dynamique globale du Grenelle, ce Comop 26. Le temps nous permettra de dire s’il marquera l’histoire.

Le Comop 34 « Sensibiliser, informer et former le public aux questions d’environnement et de développement durable » a lui démarré encore plus tard. Il semblerait que la question de la culture arrive après toutes les autres et pourtant c’est la vie quotidienne de chacun des habitants de la terre qui accentue ou non le problème environnemental. Et c’est bien selon sa propre culture que l’on mène son existence. C’est bien du fait de leur culture que les Yanomanis d’Amazonie ou les bochimans du Kalahari ont développé des modes de vie respectueux de l’environnement. Espérons que personne ne pense plus qu’il puisse y avoir des cultures secondaires dans l’humanité.

Se consacrant à l’information, la sensibilisation, la formation, en quoi le Comop 34 change-t-il les choses ? Quoi de neuf ?

Tous différents, tous ensembles Lire la suite

VELORUTION : Bordeaux, 7 mars, place Pey-Berland

La remise en cause de la place de la voiture dans nos villes et dans nos vies constitue un enjeu majeur tant au niveau écologique qu’humain.

C’est pour cela qu’il nous semble  pertinent et nécessaire de continuer cette lutte !

Rassembler les vélos, rollers, fauteuils, trottinettes, pieds… pour rendre visible la place habituelle et omniprésente de la voiture, et profiter de ces moments pour se réapproprier la rue et l’espace public dans un cadre festif.

Mais pour que cette action ait un sens, il faut être nombreux-ses à lui en donner un ! Rejoignez donc la vélorution !

Samedi 7 mars, place Pey-Berland : 14h atelier réparations/déco de vélo, 15h départ !

Amenez des gâteaux et de quoi embellir votre vélo (et faire passer des messages !), déguisez-vous, bref laissez libre court à votre imagination !

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Débat sur les nanotechnologies : Le silence des nanos

SOIRÉE-DÉBAT sur les NANO-TECHNOLOGIES, le mardi 3 MARS à 20h30 à l’Utopia

PROJECTION UNIQUE du film documentaire suivie d’un débat avec Julien COLIN, le réalisateur, et Benjamin CAILLARD, chercheur au laboratoire IMS (Intégration du Matériau au Système) de l’université Bordeaux 1.

Achetez vos places à l’avance, à partir du Samedi 21 Février.

D’autres rendez-vous avec Julien Colin, le réalisateur du film :

– Mercredi 4 Mars à 20h, à Bègles, salle Langevin

– Jeudi 5 Mars à 17h30, à l’université de Bordeaux 1

Contact : 06 28 05 26 74

LE SILENCE DES NANOS

Autoproduit et réalisé par Julien COLIN – documentaire France 2007 1h15mn –

On ne sort pas de ce documentaire indemne. À la fin, on se sent un peu dans la quatrième dimension, les pieds ne reposant plus tout à fait sur terre. Et pourtant les divers témoignages comme celui d’un certain Bill Joy nous prévient que les nanotechnologies c’est pour bientôt. Quelques décennies au plus. On peut, tout de suite craindre le pire mais aussi imaginer le meilleur. On peut craindre que les nanotechnologies envahissent chaque espace, chaque objet, chaque cellule. On peut aussi en rêver. Mais pour qui ? Pour quel futur ? Comme pour les OGM, on pense à la phrase d’Albert Camus suite au bombardement atomique d’Hiroshima : « La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes de l’homme. » Et pourtant on est prévenu, l’arrivée des nanos, c’est comme passer de la fronde à la bombe atomique.

Mais avez vous déjà entendu parler des nanotechnologies ? Nano pour faire court. Ces trucs dix mille fois plus petit que l’épaisseur d’un cheveu (1nano = 10-9m), peuvent être par exemple dix fois plus solides et légers que l’acier. Ce changement d’échelle, bizarrement, induit un changement des propriétés. Avec ces trucs, on nous promet monts et merveilles en mariant la biologie avec la physique chimie et les sciences cognitives. D’un côté on pourra soigner des maladies graves, vivre plus longtemps, inventer des nouveaux matériaux et de l’autre fabriquer des ordinateurs moléculaires, des tee-shirts intelligents, des voitures intelligentes, de pucer chaque tasse à café… Et puis pour ceux qui voient un peu plus loin que le bout de leur nez et de leur caddie, ils voient poindre au loin la robotisation de l’homme, l’arrivée des humanoïdes, le contrôle du futur (rien que ça !)…

Quel futur voulons-nous ? Lire la suite

Pourquoi une ONG refuse les fonds du Paris-Dakar…

cler.org, le 23 septembre 2009

Un petit « pneu » de CO2 ? Pourquoi une ONG refuse les fonds du Dakar…

Suite au Paris – Dakar, les organisateurs ont souhaité compenser les émissions de CO2 de l’édition 2009. Témoignage de l’association Bolivia Inti – Sud Soleil qui a été contactée dans ce but.

Le Rallye Paris – Dakar a eu lieu cette année en Argentine et au Chili.

Plusieurs centaines de voitures, camions lourds et motos ont ainsi parcouru 9 500 km à travers des zones naturelles protégées : ce rallye n’aurait pas été autorisé en Europe ! Pourquoi ce gaspillage de millions d’euros sous les yeux de personnes qui pour la plupart peinent à assurer leur survie au quotidien ? Pourquoi faire parader une armada d’acier qui laisse derrière elle des kilomètres de pistes fragiles complètement défoncées ?

La vie palpite dans ces sables qui ne sont pas stériles : le désert se recouvre d’un tapis de fleurs quand il pleut ! La faune et la flore y sont très fragiles : il y a risque de dommages irréparables.

L’association Bolivia Inti – Sud Soleil grâce à des partenaires locaux au Pérou, en Bolivie, en Argentine, au Chili, mène une vaste campagne de diffusion des cuiseurs solaires. Depuis 10 ans, près de 10 000 familles cuisent leurs aliments à partir d’une énergie gratuite et renouvelable.

Son partenaire chilien Inti Llapu, basé dans la région de Copiapo (désert d’Atacama), construit avec les familles dont le revenu ne dépasse pas 2 € par jour, des cuiseurs solaires à partir de matériaux locaux. En 2008, 500 familles chiliennes ont été équipées de cet outil « magique » qui libère femmes et filles de la corvée de bois, supprime les maladies dues à la fumée, évite la déforestation, économise les ¾ du gaz très cher… Ces mêmes familles ont économisé une tonne de CO2 par an grâce à l’utilisation de leur cuiseur.

Cette économie de CO2 représente une source de financement pour les partenaires Andins de Bolivia inti – Sud Soleil, par le biais de la « compensation carbone ». La démarche est simple : particuliers, entreprises, institutions publiques rejettent du CO2. Ces émissions ont un coût financier et la somme ainsi calculée est affectée à un projet de développement dans un pays du Sud, dont l’un des impacts sera la réduction des émissions de CO2. L’association bénéficie de ces fonds « carbone » grâce au programme Action Carbone initié par Yann Arthus-Bertrand et se réjouit de pouvoir augmenter, dans les prochaines années, de plus de 50 % le rythme de construction des cuiseurs solaires. Ce sont autant de familles supplémentaires qui pourront faire un premier pas pour s’extraire de ce cercle vicieux de la pauvreté…

Mais, il y a aussi des limites à ne pas franchir…

L’organisation du Paris – Dakar a souhaité compenser les émissions de CO2 de son édition 2009. La société organisatrice a proposé à Bolivia Inti – Sud Soleil d’acheter pour plusieurs dizaines de milliers d’Euros les économies de CO2 générées par les cuiseurs solaires réalisés au Chili et en Argentine. Unanimement, le Conseil d’Administration en France et les partenaires andins ont rejeté cette offre alléchante. Il y a trop de contradictions entre leur objectif et celui de l’association. Comment accepter dans ces pays écologiquement en danger un tel gaspillage d’énergie, et au même moment, les aider à économiser l’énergie avec cette idée simple : « le Soleil au service du Développement » ?

Pour Bolivia Inti – Sud Soleil, la compensation « carbone » est un processus « en bout de chaîne », qui doit faire suite à une réduction des propres émissions de CO2 de chaque compensateur, Lire la suite

INRA : Nouvelles ruralités en 2030

inra.fr, communiqué, 12 février 2009

Inra Magazine n° 8 est paru

Le huitième numéro de la revue Inra Magazine est paru

À la une de ce nouveau numéro, un dossier « Nouvelles ruralités en 2030. Quelles dynamiques villes-campagnes ? » ainsi qu’une interview sur les recherches pour une agriculture à haute performance environnementale. Parmi les autres sujets : huit ans de recherches sur la forêt depuis la tempête de 1999, l’apport de la lutte biologique dans les recherches sur les invasions d’insectes, le regard de Vinciane Despret, ethnopsychologue, sur le point de vue de l’animal qui est sujet d’expérience.

Téléchargement Lire la suite

Robin, OGM: Il faut une étude sur plusieurs années

lexpress.fr, Sandra Gérard, le 17 février 2009

OGM: « Une étude sur plusieurs années est indispensable »

La France a obtenu lundi 16 février le maintien de sa clause de sauvegarde interdisant la culture du maïs transgénique MON810 de Monsanto sur son territoire. Réaction de Marie-Monique Robin, journaliste et auteure du « Monde selon Monsanto ».

La France a réussi à maintenir sa clause de sauvegarde interdisant la culture du MON810. Quel est votre sentiment ?

Je suis très heureuse et satisfaite. C’est une décision courageuse de la part du gouvernement français que de défendre cette clause malgré les pressions très fortes qu’il subit de la part des lobbies. J’ai été plutôt surprise de l’avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) (NDLR : qui considère le MON810 sans danger pour la santé). On ne sait pas sur quoi ils se basent pour faire une telle affirmation, on n’a pas accès aux données brutes qui pourraient confirmer leurs dires. Cette affaire me rappelle celle du MON863, en 2007. Corinne Lepage, présidente du Crii-Gen, une association de lutte contre les OGM, avait dû saisir la Commission d’accès aux données administratives (Cada) pour contraindre l’Afssa à communiquer les données brutes de l’étude qu’elle avait réalisée. Lorsque des scientifiques indépendants se sont penchés sur ces résultats, ils se sont rendu compte qu’il y avait des problèmes avec les rats nourris avec le MON863. Finalement, la Commission européenne a étouffé l’affaire et il n’a pas été autorisé. Aujourd’hui, c’est la même avec le 810. S’il n’existe pas de problèmes sanitaires avec ce maïs, pourquoi alors ne pas fournir ces données ?

La firme Monsanto ne va sûrement pas en rester là. Que pensez-vous qu’elle va mettre en oeuvre pour imposer la culture de son maïs?

Elle va continuer le lobbying en infiltrant le gouvernement, comme cela s’est fait en Allemagne. Au printemps 2007, le ministre de l’Agriculture allemand a demandé au BVSL, l’équivalent de l’Afssa française, d’interdire le MON810 en raison des potentiels dangers environnementaux qu’il présente, notamment sur les insectes dont on a besoin, comme les abeilles. Mais Hans Jörg Bukh, responsable du département des biotechnologies au sein du BVSL, a alors affirmé que rien ne permettait de s’opposer à la culture ou à l’utilisation de ce maïs. Il avait, en 2002, participé à la promotion vidéo d’OGM, financée par Monsanto. Fin 2007, le BVSL a autorisé sa culture…

Concrètement, que connaît-on aujourd’hui des dangers potentiels du MON810 ?

Aujourd’hui on n’a rien, aucune étude sérieuse portant sur l’impact possible sur l’environnement. La seule chose dont nous disposons est cet avis de l’Afssa qui ne se base que sur une recherche de trois mois, pour lequel nous n’avons aucune donnée brute et qui ne concerne que les risques sanitaires… Une étude sur plusieurs années menées par des scientifiques indépendants me semble indispensable.

Pourtant, la clause de sauvegarde va bientôt être à nouveau remise en cause puisqu’au printemps, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) doit statuer sur le renouvellement de l’autorisation du MON810…

Le comité OGM de l’Efsa, chargé de leur évaluation, est composé à 80% de personnes travaillant aussi pour l’industrie des biotechnologies. Il ne peut être indépendant avec des liens aussi étroits. Comment peut-on faire confiance à des personnes qui sont clairement en faveur de ce qu’ils sont censés évaluer ? Lire la suite

AMAP de Gradignan : Militants du contrat bio

Sud-Ouest, Patrick Faure, le 25 Février 2009

GRADIGNAN, AMAP. L’association pour l’aide à l’agriculture paysanne a trouvé son rythme de croisière avec les quarante adhérents attendus. Et chacun participe à son bon fonctionnement

Militants du contrat bio

Ceux qui sont nés dans les années 50 et 60, dans des secteurs ruraux ou semi-ruraux se souviennent encore des fameux « nez de goret », les fourgons Citroën en tôle ondulée qui circulaient à jour fixe dans les villages.

Commerçants et artisans venaient ainsi proposer leurs produits d’épicerie, de boucherie-charcuterie, de boulangerie ou même de mercerie. Ce temps-là semblait irrémédiablement révolu, mais…

Mais hier soir par exemple, la salle de l’Ermitage, à Gradignan, accueillait comme chaque mardi dorénavant, son producteur de légumes biologiques. Avec les clients habituels, adhérents de l’AMAP (1) locale. Celle-ci, créée mi-octobre, atteint dorénavant les quarante adhérents.

« Tous adhèrent et cotisent pour un panier chaque semaine et cela 50 semaines dans l’année, en dehors de la période de Noël. L’agriculteur qui vient nous livrer les cagettes est quelqu’un de passionné », explique Karine Roux, la présidente de cette association appelée CABAS (2).

Les légumes de saison

Une majorité de mères de familles se succèdent pour récupérer leur cagette à 10 ou 15 euros. C’est le cas de Wanda Kohler, laquelle a rejoint l’association en janvier.

« Je cherchais une AMAP depuis longtemps. J’adhère à ce principe de solidarité avec un agriculteur de la région ; celui-ci là produit du biologique, c’est encore mieux. Retrouver la tradition des légumes de saison, c’est aussi retrouver des valeurs. »

Elle ajoute : « Malgré nos vies très actives, cela nous oblige à cuisiner en étant inventif au niveau des recettes. Le goût est extraordinaire : on croque dans ces légumes ! Dans le budget mensuel, on s’y retrouve. Et puis, je préfère donner de l’argent à un agriculteur plutôt qu’à une grande surface.

En plus, chaque adhérent aide à son tour à la préparation des paniers et nous devons faire attention à tout. Ainsi, on rentre dans le principe, il ne s’agit pas simplement de se faire livrer, mais de participer. Sans oublier que l’on participe à la protection de l’environnement. »

Retrouver le goût

Marie-Line Hachette partage cette opinion : « Au départ, nous avons trois motivations, Lire la suite

Entre-deux-Mers ouest : Des déchets coûteux

Sud-Ouest, Guy Lacquement, le 25 Février 2009

SAINT-LÉON, PROPRETÉ. Le ramassage des déchets va coûter plus cher. Selon Véronique Lhert, la solution réside dans le tri sélectif

Des déchets coûteux

«Longtemps le tri sélectif a été plus cher que la collecte des déchets classiques, mais de plus en plus, l’économique rejoint l’écologique » commence Véronique Lhert, directrice du Semoctom.

Le syndicat de l’Entre-deux-Mers ouest pour la collecte et le traitement des ordures ménagères entame une grande campagne de concertation avec les délégués des communautés de communes (CdC) qui se trouvent sur son territoire.

L’incinération est onéreuse

Le coût de l’élimination par le feu s’alourdit. On se demande que faire des déchets résiduels.

La taxation enfin devrait s’appesantir. Le Semoctom prévoit d’acquitter une taxe générale des activités polluantes (TGAP) pesant 1,5 % de plus dans le budget 2009.

Elle porte notamment sur les matériaux difficilement recyclables et sur les encombrants. Le principe s’énoncerait : « Plus c’est polluant, plus c’est cher ! »

« Avec la crise, on assiste à l’effondrement du prix des matières premières », note Véronique Lhert. « Sur la ferraille, le plastique et le papier nous enregistrons une baisse de recettes de 180 millions d’euros. »

En se généralisant, le tri sélectif incite les citoyens à limiter leur production de détritus. Les poubelles sont moins lourdes. Les consommateurs s’adonnent de plus en plus au compostage. La distribution de composteurs individuels a connu un franc succès.

« Il faut favoriser le tri sélectif », indique encore la directrice du Semoctom. Et pour ce faire, remplacer les containers aux entrées des villages par une collecte à domicile. Par exemple, tous les 15 jours.

Cela pourrait amener à remplacer une des collectes classiques par une collecte de tri sélectif.

Dans les communes bénéficiant de deux tournées actuellement, une resterait dédiée aux résidus habituels, une seconde se spécialisant dans les déchets triés par les habitants.

Territoire de 85 communes

Mais ceci n’est qu’un des cas de figure envisagé par le Semoctom et proposé aux élus des 85 communes que couvre le syndicat.

Mais la tendance serait de Lire la suite

Objectif terres 2020 : la fin du modèle agricole productiviste ?

sosbiodiversité.wordpress.com, Kalisse, le 24 février 2009

“Objectif terres 2020″: la fin du modèle agricole productiviste

Nous l’avions rêvé, Michel Barnier l’a fait ! Cette fois-ci, plus de doute, l’agricul­ture française change de cap. Le plan “Objectif Terres 2020″ veut promouvoir un “nouveau modèle agricole français” fondé sur le développement durable avec pour objectif de “produire plus et produire mieux”. Ce plan est une mise en forme des nouvelles priorités agricoles françaises, il s’accompagne d’un redéploiement d’une partie des aides de la PAC, qui  devrait bénéficier entre autres aux élevages herbagers, à l’agriculture biologique, aux protéines végétales, à l’agriculture de montagne, à l’apiculture.…bref à la biodiversité  en milieu rural.

Michel Barnier avait déjà lancé en 2008  les plans d’action “EcoPhyto2018″, “AgroBio 2012“ visant à réorienter l’agriculture française vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement et de la santé publique, et  à la mettre en phase avec les attentes des consommateurs. Présenté à Daumeray (Maine-et-Loire), par Michel Barnier et Nicolas Sarkozy à la veille du Salon international de l’agriculture,  le plan  “Objectif Terres 2020 comporte 60 mesures « qui doivent permettre à l’agriculture de s’adapter aux nouveaux défis de l’environnement.» Il est construit à partir des réflexions menées dans le Grenelle de l’environnement, des assises de la forêt et de celles de l’agriculture et autour de démarches innovantes, écologiquement durables et productives.

Le plan “Objectif terres 2020″ entend relever cinq défis “majeurs” :

Mieux utiliser une eau qui se raréfie ;

Contribuer à la restauration du bon état écologique des eaux ;

Contribuer à la richesse de la biodiversité et des paysages

Protéger les sols agricoles ;

Mieux maîtriser l’énergie et lutter contre le réchauffement climatique.

60 mesures réparties sur 5 axes :

Réduire l’usage et l’impact des produits phytosanitaires ;

Engager chaque entreprise agricole dans le développement durable ;

Développer les potentialités de l’agriculture biologique ;

Remettre l’agronomie au centre de l’agriculture ;

Repenser des pratiques adaptées aux territoires.

avec des actions en faveur de la préservation de la biodiversité !

Développer la recherche et le conseil sur les liens entre agriculture et biodiversité

Mettre en place des indicateurs de suivi de la biodiversité en milieu agricole

Assurer la protection des pollinisateurs

Mieux gérer les surfaces non productives pour préserver la biodiversité

Promouvoir les éléments fixes du paysage

Promouvoir l’agroforesterie

Des indicateurs de suivi

Le plan fera l’objet d’un suivi annuel. Pour ce faire un ensemble d’indicateurs a été sélectionné. En voici les principaux : Lire la suite

Le rebond du Forum social mondial

cadtm.org, Interview d’Eric Toussaint par Pauline Imbach, le 24 février 2009

Le rebond du Forum social mondial

On a parlé de rebond du mouvement altermondialiste à l’occasion du Forum Social Mondial à Belém, que faut-il en penser ?

Après une situation difficile du Forum Social Mondial (FSM) en 2006, 2007, 2008, on peut parler véritablement de rebond car cette 9ème édition est un énorme succès à différents niveaux.
Tout d’abord, ce FSM a connu une très forte participation, avec 133 000 personnes enregistrées. On parle même de 140.000. C’est tout à fait considérable et cela fait du FSM à Belém un des forums les plus populaires. Il se situe au même niveau que celui tenu à Mumbai (Bombay) en Inde en janvier 2004 ou celui organisé à Porto Alegre en 2005. Il faut savoir en effet que Belém est une ville excentrée par rapport aux grandes villes brésiliennes comme São Paulo, Rio de Janeiro, Belo Horizonte, Porto Alegre mais aussi par rapport à toute une série de pays d’Amérique latine. Belém est donc difficilement accessible : pour s’y rendre, un billet d’avion coûte cher et, en bus, il faut compter trois jours de route pour venir de Sao Paulo, cinq jours si on vient de Porto Alegre et six jours si on vient de Buenos Aires, Montevideo ou Asunción. Mumbai était beaucoup plus accessible pour les Indiens et Porto alegre pour les Brésiliens, Argentins, Uruguayens et Paraguayens.

De plus, les participants, dans leur très grande majorité, avaient moins de 30 ans. Cette jeunesse était massivement présente lors des différentes activités.

Un autre facteur de réussite lors de ce forum, était la présence très visible et très active des peuples indigènes essentiellement du bassin amazonien et des Andes.

D’autre part, ce qui indique également un rebond, c’est la recherche manifeste, par une grande partie des participants, d’explications de fond en ce qui concerne les différentes facettes de la crise actuelle, recherche combinée à la volonté de se forger une opinion personnelle et à celle de passer à l’action pour mettre en place des alternatives.

C’est un changement évident par rapport au FSM qui s’est tenu à Nairobi en 2007 et qui marquait un essoufflement et une incapacité à poser les questions de fond.

Cela fait de ce Forum, la première grande mobilisation internationale contre la crise du capitalisme qui a éclaté en 2007.

Ce rebond du FSM et du mouvement altermondialiste contraste donc avec le deuil du capitalisme au Forum économique mondial de Davos. Le président Lula qui, avant, passait une journée au FSM et ensuite, s’envolait vers le Forum économique, a décidé cette année d’être uniquement visible au FSM et donc, de ne pas se rendre à Davos. C’est tout à fait significatif car cela montre l’ampleur de la crise. Lula a compris que sa gestion de type social libéral qui génère déjà beaucoup de doutes au niveau de la base, allait encore être plus mal perçue s’il se rendait à Davos. Pour tenter de couper court à des critiques sur sa gauche, il a préféré ne pas y aller. De même, aucun autre président de gauche ou de centre gauche d’Amérique latine ne s’est rendu dans la station de ski de Davos, alors que plusieurs d’entre eux y étaient invités. Le Forum économique faisait triste mine puisque aucun représentant significatif de l’administration de Barak Obama n’avait fait le déplacement. Pour discuter de la survie du capitalisme, seuls Vladimir Poutine, le Premier ministre chinois (c’est tout un programme) et Angela Merckel avaient fait le déplacement. Nicolas Sarkozy, lui même, avait décidé de ne pas aller à Davos. Si Lula y était allé ou, surtout, si Obama avait délégué quelqu’un de haut niveau, Sarkozy s’y serait également rendu !

Il faut aussi souligner le parti pris des medias. Un des principaux quotidiens financiers du monde, le Financial Times de Londres n’a pas consacré un seul mot au FSM de Belém tandis qu’il a réalisé deux suppléments pour célébrer Davos et que, dans son édition normale, il y a consacré plus de dix pages. Par contre, un certain nombre de quotidiens, de TV et de radio autour de la planète avaient délégué des envoyés spéciaux (il y avait environ 3.000 journalistes) et ont rendu compte de l’évènement. A juste titre, certains ont mis l’accent sur la « renaissance » ou le « deuxième souffle » du mouvement altermondialiste. Par ailleurs, tous les quotidiens de l’Etat du Para ont consacré chaque jour 5 à 8 pages entières au Forum. Une chaîne internationale de télévision comme AlJazira a largement couvert l’événement et a notamment donné amplement en direct la parole au CADTM (voir en audiovisuel en anglais http://www.cadtm.org/spip.php ?article4012 ).

Quelles préoccupations ont dominé le FSM ?

Il y avait trois thèmes principaux. Tout d’abord la crise du capitalisme dans ces diverses dimensions : financière, économique, climatique, énergétique, alimentaire, migratoire et aussi la crise de « gouvernance » mondiale, c’est-à-dire, la crise manifeste de légitimité à la fois du G8, du FMI, de la Banque mondiale et de l’OMC. Le manque de légitimité des solutions alternatives comme le G20 était aussi au cœur des discussions.

Deuxièmement, les crimes de l’armée israélienne à l’égard du peuple palestinien. La question palestinienne, bien que Belém se trouve à plus de 12.000 km de la Palestine, était fortement présente. Dès le premier jour, lors de la manifestation d’ouverture, un drapeau palestinien de plus de 20 mètres de long était déployé, porté par des jeunes de ENLACE, un courant du parti d’extrême gauche brésilien PSOL. Beaucoup de gens portaient des signes de solidarité avec la lutte du peuple palestinien. Même s’ils étaient venus pour d’autres choses, ils tenaient à exprimer cette solidarité avec le peuple palestinien. Derrière cette question, c’était l’ensemble des guerres d’agression qui était dénoncé, comme celles à l’égard de l‘Irak ou de l’Afghanistan. L’exigence du retrait des troupes d’occupation faisait consensus.

Troisième thème tout à fait prioritaire : la réalité que vivent et les combats que mènent les peuples indigènes, notamment les peuples de l’Amazonie et des Andes. Le premier jour de travail du Forum était d’ailleurs entièrement placé sous le signe de la région amazonienne (région qui va au-delà du Brésil et qui englobe une partie de l’Equateur, de la Bolivie, du Venezuela, du Pérou et de la Colombie sans oublier la Guyane et le Surinam). Le thème des peuples indigènes comprenait à la fois leurs relations avec la nature et leur rôle de préservation de celle-ci ; mais aussi l’affirmation de leur identité culturelle et la manière dont la globalisation capitaliste les affecte. Les peuples indigènes ont beaucoup à apporter aux autres peuples notamment du point de vue de leur vision du monde (ce qui a déjà été intégré partiellement dans les nouvelles constitutions adoptées en Equateur en 2008 et en Bolivie en 2009). Ce qui était impressionnant, c’est l’apport des représentants des peuples indigènes à la réflexion et aux propositions du Forum. Ils ont joué un rôle très actif. Ils ont donné au Forum un relief particulier, en mettant la question de l’Amazonie au cœur des réflexions sur le défi du changement climatique et au cœur des réponses écologistes et socialistes à y apporter.

Au-delà de ces trois thèmes centraux, il y avait une série d’autres thèmes très importants. Par exemple, Lire la suite