Organbidexka : Les ornithologues ne peuvent plus louer

Sud-Ouest, Marcel Bedaxagar, le 24 Février 2009

COMMISSION SYNDICALE. Les ornithologues ne peuvent plus louer

Organbidexka sera mis aux enchères

Cette année 2009 sera celle des enchères des postes et cabanes de chasse de la Commission syndicale du Pays de Soule. Quelques changements sont annoncés. « Nous ferons tout le même jour, cabanes et cols. Ce sera le dimanche 10 mai à la salle polyvalente de Tardets », annonce le syndic Pepela Mirande.

Mais la période de location reste de trois ans. « On étudiera toutefois la possibilité d’une reconduction tacite », indique l’élu. « Tout ce qui reste invendu pourra faire l’objet de propositions. Il n’y aura pas de dépôt d’enveloppe », précise-t-il également.

Quid des ornithologues ?

L’un des changements les plus notables sera la mise adjudication de tous les cols. Y compris Tharta, jusque-là bénéficiaire d’un régime particulier au profit des fédérations de chasseurs ou des communes. Et surtout Organbidexka, occupé depuis une trentaine d’années par l’association Organbidexka col libre pour l’observation des migrateurs.

« Nous avons rencontré les responsables. Ils n’ont pas renouvelé la convention. Ils souhaitent rester sur le site mais ils ne peuvent pas louer », annonce Pepela Mirande. « On le mettra donc aux enchères mais ce sera une grande perte pour nous parce que par le biais de conventions avec le ministère de l’Environnement, ils payaient 18 000 ? par an. On ne le louera pas à ce prix-là », craint-il.

Toutefois, ce nouvel état de fait ne devrait pas entraîner la disparition des ornithologues d’Iraty. « Nous essaierons de trouver une solution qui devrait satisfaire OCL », a annoncé le syndic lors de la Commission plénière qui se tenait samedi.

Selon nos sources, cette solution pourrait être l’installation des ornithologues plus en aval, dans un col tout aussi valable pour l’observation des oiseaux migrateurs. Affaire à suivre.

Les orientations budgétaires

La séance de samedi était également consacrée à la discussion des orientations budgétaires. Quatre secteurs d’investissement ont été retenus.

Pour le pastoralisme, Lire la suite

L’industrie des biotechnologies fait obstacle à la recherche !

amisdelaterre.org, Christian Berdot, le 23 février 2009

OGM : des scientifiques US, spécialistes du maïs, l’affirment « L’industrie fait obstacle à la recherche ! »

Dans une réclamation inhabituelle, un groupe de scientifiques universitaires [1] affirment que les compagnies de biotechnologies les empêchent de pouvoir mener des recherches complètes sur l’efficacité et les impacts des plantes modifiées génétiquement, commercialisées par l’industrie. (Article d’Andrew Pollack, paru le 19 Février 2009, dans le New York Times – Traduction : Christian Berdot, Amis de la Terre)

Dans une déclaration présentée au Ministère de la Protection de l’Environnement (EPA), les scientifiques écrivent que « aucune recherche vraiment indépendante ne peut être légalement menée sur de nombreuses questions critiques ». L’EPA recherche des commentaires scientifiques provenant de la recherche publique pour des conférences sur les plantes biotechnologiques, qui doivent se tenir la semaine prochaine.

Cette déclaration viendra certainement soutenir les groupes critiques vis-à-vis des plantes génétiquement modifiées, comme les groupes écologistes, qui se plaignent depuis longtemps déjà, que les plantes n’ont pas été étudiées de façon complète et suffisante et pourraient avoir des effets inattendus sur la santé et l’environnement.

Les chercheurs, 26 scientifiques spécialisés dans l’étude des insectes du maïs, ont retiré leur nom car ils craignaient que les compagnies ne les excluent de leurs recherches. Cependant, plusieurs d’entre acceptèrent, lors d’interviews, que leur nom soit cité.

Pour les scientifiques, il est problématique que les agriculteurs et les autres acheteurs de semences génétiquement modifiées aient à signer un accord visant à garantir que, lors de la culture, les droits des compagnies sur les brevets ainsi que les règlements environnementaux sont bien respectés. Cet accord interdit aussi l’utilisation des plantes à des fins de recherches.

Ainsi, alors que des chercheurs universitaires peuvent acheter librement des pesticides ou des semences conventionnelles pour leurs recherches, ils ne peuvent le faire avec des semences modifiées génétiquement. Il leur faut obtenir la permission des compagnies semencières. Et parfois, la permission leur est refusée ou bien les compagnies insistent pour examiner toutes les conclusions avant qu’elles ne puissent être publiées.

Pour les scientifiques, ces accords sont depuis longtemps un problème, mais ils le font savoir publiquement car la frustration s’est accumulée.

Pour Ken Ostlie, entomologiste à l’Université du Minnesota et lui-même signataire de la déclaration, « Si une compagnie peut contrôler les recherches qui paraissent dans le domaine public, elle peut réduire les aspects négatifs potentiels qui peuvent survenir dans toute étude ».

Il est frappant de constater que les scientifiques qui ont exprimé cette protestation – et qui proviennent en grande partie d’universités financées par les états avec de grands programmes agricoles – affirment ne pas être opposés à la technologie. Au contraire, pour eux, en étranglant la recherche, l’industrie les empêche de fournir aux agriculteurs des informations sur les meilleurs moyens de faire pousser les plantes. De plus, ajoutent-ils, les données fournies aux organismes de contrôle gouvernementaux sont « excessivement restreintes ».

Pour Elson J. Shields, professeur d’entomologie à l’Université de Cornell, les firmes « peuvent potentiellement pratiquer le blanchissage des données et des informations soumises Lire la suite

Ban Ki-Moon et Al Gore : Pour une croissance verte

liberation.fr, Ban Ki-moon secrétaire général de l’Organisation des Nations unies et Al Gore ancien vice-président des Etats-Unis, le 23 février 2009

Pour une croissance verte

Les plans de relance économique sont à l’ordre du jour, et les gouvernements du monde entier cherchent à donner une nouvelle impulsion à l’économie mondiale. Toutefois, parallèlement à leurs efforts de relance immédiate, les dirigeants doivent également agir en commun pour que le nouveau modèle économique qu’ils sont en train d’élaborer soit un modèle de développement durable, aussi bien pour la planète que pour notre avenir. Il faut à la fois relancer l’économie et investir à long terme de façon à atteindre simultanément deux objectifs avec une seule et même politique économique, c’est-à-dire mettre en œuvre une politique qui réponde aux besoins économiques et sociaux immédiats et qui soit en même temps une politique mondiale verte. Il nous faut faire de la «croissance verte» notre mot d’ordre.

Une récession mondiale synchronisée exige une réponse mondiale également synchronisée. Les principales économies doivent mettre en place des mesures de relance et coordonner étroitement leurs politiques économiques. Il faut éviter la politique du chacun pour soi qui a contribué à la crise de 1929. La coordination est essentielle pour réduire la volatilité financière et prévenir les attaques contre les monnaies et une inflation galopante, pour redonner confiance aux consommateurs et aux investisseurs. En novembre à Washington, les dirigeants du G20 se sont déclarés déterminés à «renforcer la coopération et à travailler ensemble pour restaurer la croissance mondiale et réaliser les réformes nécessaires dans les systèmes financiers». Il est urgent de s’y attacher. Les plans de relance sont destinés à donner une nouvelle impulsion à l’économie, mais s’ils sont bien conçus et bien mis en œuvre, ils peuvent nous mettre sur la voie d’une nouvelle croissance, faiblement émettrice de carbone et verte.

Les plans de relance annoncés par 34 nations s’élèvent à environ 2 250 milliards de dollars. Complétés par de nouvelles initiatives d’autres pays, ils doivent nous aider à catapulter l’économie mondiale dans le XXIe siècle, au lieu de maintenir en vie des industries mourantes et de perpétuer les mauvaises habitudes d’hier. Continuer à injecter des milliers de milliards de dollars en investissements dans des infrastructures qui reposent sur le carbone et en subventions pour les industries qui reposent sur les combustibles fossiles reviendrait à commettre la même erreur qu’avec les subprimes. La suppression des 300 milliards de dollars de subventions accordés annuellement en faveur de secteurs qui reposent sur les combustibles fossiles permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre jusqu’à 6 % et contribuerait à la croissance du produit intérieur brut mondial. Les investissements dans les énergies renouvelables auront un impact là où les besoins sont les plus importants. Les pays en développement représentent déjà 40 % des ressources renouvelables mondiales et 70 % du chauffage solaire de l’eau. Partout dans le monde, en particulier aux Etats-Unis et en Chine, les dirigeants prennent conscience qu’une croissance verte n’est pas simplement une des options, mais une nécessité pour redonner de la vigueur à leurs économies et créer des emplois. Le secteur des énergies renouvelables représente 2,3 millions d’emplois dans le monde, davantage que les emplois directs du secteur pétrolier et gazier. Aux Etats-Unis, l’industrie éolienne emploie aujourd’hui plus de monde que l’ensemble du secteur du charbon. Les plans de relance annoncés par le président Barack Obama et par la Chine représentent des mesures essentielles dans la bonne direction, et leurs éléments en faveur d’une croissance verte doivent être appliqués d’urgence.

Nous exhortons tous les gouvernements Lire la suite

Jean-Marc Jancovici, Climat et pétrole : Alerte maximale !

hebdo.nouvelobs.com, Guillaume Malaurie, Sophie Fay, le 12 février 2009

Alerte maximale !

Par Jean-Marc Jancovici. Le polytechnicien écologiste s’alarme du changement climatique et de l’épuisement du pétrole. Pour sauver la planète, le compte à rebours a déjà commencé par Jean-Marc Jancovici

Le Nouvel Observateur. – Dans votre nouvel essai, vous en appelez à un volontarisme churchillien pour faire face au «big bang» que provoquera l’épuisement des énergies fossiles et au changement climatique. Vous dénoncez avec virulence les journalistes et les politiques incompétents !

Jean-Marc Jancovici. – Si nous y allons au canon, c’est parce qu’il faut se faire entendre. Nous n’avons plus le temps d’attendre ! L’échéance de la mutation énergétique n’est pas à l’horizon du demi-siècle ! Dans les trois à cinq ans à venir, il faut que nous soyons en ordre de bataille. Sortant de soixante ans de paix et de croissance économique (sauf rares accidents), nous ne réalisons pas à quel point notre système socio-économique est menacé par l’inaction. Sans dessein et sans un minimum de volontarisme partagé, nos institutions ne résisteront pas aux menaces à venir.

N.O.-Vous laissez entendre, sans le prouver, que la dépression économique trouverait son origine dans la raréfaction des énergies fossiles…

J.-M. Jancovici. – Depuis 1970, la chronologie est troublante : chaque forte hausse du prix du pétrole a été suivie d’une récession. La crise récente a été précédée par six ans de hausse quasi ininterrompue, ce qui a progressivement freiné toute l’économie. C’est normal, l’énergie est par définition l’unité de transformation du monde : sa hausse rapide freine les transformations physiques, et donc l’économie. Les entreprises et les ménages ont alors de plus en plus de mal à rembourser leurs crédits. De surcroît, les banquiers ont amplifié le problème en titrisant les encours de prêts, ce qui a permis de repousser la crise en prêtant plus longtemps, mais au prix d’une explosion plus violente à terme. Sans modifications structurelles, notamment sur l’énergie, à coup sûr tout se reproduira, en pire. Que ceux qui se réjouissent aujourd’hui de la baisse du prix de l’or noir se souviennent qu’elle survient le plus souvent en période de récession…

N. O. – Si cette crise est une crise de ressources, le plan de relance défini par le gouvernement est-il adapté ?

J.-M. Jancovici. – Cet assemblage de demi-mesures n’est pas à la hauteur du mur qui va se dresser devant nous. En lieu et place d’un plan fourre-tout avec un peu d’aides à la voiture, quelques autoroutes supplémentaires et un accès à la propriété plus aisé dans des banlieues éloignées, il nous faudrait une relance massive pour financer la transition vers une économie «décarbonée». Ce ne sont pas 2%, mais 50% du PIB actuel qui devraient être réorientés dans ce but ! La Banque centrale européenne pourrait très bien fournir les milliards d’euros qui font défaut en faisant marcher un peu la planche à billets : l’inflation éventuelle sera moins douloureuse que le chaos. Cela dit, la législation qui incite à la rénovation thermique des bâtiments, que l’on souhaiterait obligatoire et non pas seulement optionnelle, va dans le bon sens. Tout comme la réaffirmation des objectifs européens du «paquet énergie-climat» sous la présidence française.

N. O. – «Trois ans pour sauver le monde» écrivez-vous. Le compte à rebours a-t-il commencé ?

J.-M. Jancovici. – Ce que nous allons faire pendant les trois ans qui viennent sera crucial pour le maintien d’un monde en paix. Les experts pétroliers affirment aujourd’hui que l’offre a atteint un maximum (ou le sera prochainement) et les compagnies pétrolières sont les seules à savoir combien le sous-sol renferme de pétrole : nous ferions bien de les écouter. Lire la suite

Que valent les maisons bio de constructeurs ?

Le Figaro, Jean-Bernard Litzler, le 23 février 2009

Que valent les maisons bio de constructeurs ?

Les maisons de demain seront vertes ou ne seront pas. Mais peut-on déjà se lancer dans l’écoconstruction ? État des lieux en cinq points.

• POURQUOI CONSTRUIRE AUTREMENT ?

À lui seul, le bâtiment représente 43 % de la consommation d’énergie française et le quart des émissions de CO2. Pas étonnant que le Grenelle de l’environnement mise gros sur l’évolution des modes de construction pour réduire la facture écologique. Et les évolutions devront se faire rapidement. Avec la nouvelle réglementation thermique (RT 2005), entrée en vigueur en 2007, la consommation maximale autorisée pour les logements a été fixée entre 80 et 250 kWh d’énergie primaire par mètre carré et par an, alors que la moyenne actuelle est encore de 330 kWh. Et en 2012, il faudra la ramener à 50 kWh, avant de basculer dès 2020 vers des maisons à énergie positive, produisant plus d’énergie qu’elles n’en consomment.

«Le calendrier est bien trop serré, estime le secrétaire général de la Fédération française des constructeurs de maisons individuelles, Rodolphe de Saint-Hilaire. Les normes récentes sont à peine respectées et on nous demande d’avancer à marche forcée alors que les filières ne sont pas prêtes. Au final, l’acheteur supporte d’importants surcoûts.» De son côté, l’Union des maisons françaises (UMF), qui regroupe 600 marques de maisons, a choisi d’adopter une démarche plus volontariste. «Le bâtiment doit jouer un rôle moteur et carburer à l’écologie», confirme son président, Christian Louis-Victor. L’UMF incite ses adhérents à faire figurer des bâtiments basse consommation dans leurs catalogues et organise tous les ans un challenge des maisons innovantes où la catégorie «maison du Grenelle» prime les plus écolos. L’occasion de faire émerger dès maintenant des modèles en brique ou à ossature de bois qui remplissent déjà les critères obligatoires dans dix ans.

• UNE MAISON ÉCOLO, C’EST QUOI ?

En avance sur son temps, cette maison est plus respectueuse de l’environnement, de ses occupants, et moins gourmande en énergie que les modèles standards. Pour Patrick Nossent, président de l’organisme certificateur Céquami, qui gère notamment les normes «maison HQE» et «maison basse consommation», ces labels offrent à tous les interlocuteurs (acheteurs, assureurs, constructeurs, banques et pouvoirs publics qui subventionnent) les meilleures garanties de qualité et d’efficacité. Ils prennent notamment en compte plusieurs facteurs environnementaux (retombées du chantier, gestion de l’eau…), mais se préoccupent encore assez peu du choix des matériaux. La Maison du bon sens, de Maisons Phénix (groupe Géoxia), est ainsi construite à base de béton et d’acier et vante 80 % d’économies d’énergie potentielle. «Je prends soin de ne pas parler de maison écologique, mais plutôt écorespectueuse», reconnaît volontiers Jacques Goudeau, directeur marketing de Geoxia.

Thierry Loechleiter, directeur de Maisons Prestige, une PME alsacienne qui se distingue par ses modèles écolo, pointe, lui aussi, les limites des matériaux écologiques. Cet adepte du bio propose bien en option des huiles et peintures écologiques à ses clients, mais il ne va pas beaucoup au-delà. «Nous manquons encore de recul sur la durabilité de bon nombre de ces produits, explique-t-il. Dans ces conditions, difficile de concilier produits écolo et label de qualité.»

• COMBIEN ÇA COÛTE ? Lire la suite