Accros aux pesticides, les agriculteurs doivent se sevrer

liberation.fr, Guillaume Launay, le 23 février 2009

Accros aux pesticides, les agriculteurs doivent se sevrer

Alors que le Salon de l’agriculture ouvre ce samedi, les producteurs français tentent de corriger de mauvaises pratiques.

 «Réduire de moitié l’usage des pesticides dans un délai de dix ans, si possible.» Ces deux derniers mots résument toute la difficulté du plan Ecophyto 2018 lancé fin 2008 par le ministère de l’Agriculture (dans le sillage du Grenelle de l’environnement). Un plan qui sera un des sujets phares du Salon de l’agriculture qui ouvre ses portes ce samedi. Ce «si possible» renvoie aux difficultés techniques et à la résistance d’une partie de la filière agricole à sortir de ce qu’un chercheur appelle une «addiction collective aux pesticides». La France est le premier consommateur de produits phytopharmaceutiques en Europe et ne pourra pas, du jour au lendemain, changer ses habitudes. D’autant que certains agriculteurs craignent que des filières, tels les fruits et légumes, soient économiquement menacées si on leur interdit ces produits.

Comment en est-on arrivé là ? «Depuis un siècle et demi, l’agriculture des pays industrialisés sélectionne des variétés à très haut potentiel de rendement et fait en sorte qu’elles puissent pousser partout, raconte Marc Dufumier, agronome, professeur à AgroParisTech. Il a fallu gommer toutes les caractéristiques locales, en créant des milieux artificialisés, sans chenilles, sans insectes, sans champignons, sans mauvaises herbesEt, pour y parvenir, recourir aux pesticides, fongicides, herbicides afin que l’écosystème s’adapte à la variété, et non le contraire. «Or, précise Dufumier, l’artificialisation induit une fragilisation.» Des résistances se créent, des insectes «utiles» disparaissent et le cercle vicieux du toujours plus de chimie se reproduit, avec son impact sur l’environnement et sur la santé.

«Matière grise». «Depuis trente ans, l’agriculture a fait d’énormes progrès, en utilisant des variétés très performantes mais très fragiles, renchérit Lionel Vilain, agronome et conseiller technique de France Nature Environnement. De plus, les rotations sont désormais très courtes, avec des régions entières de monoculture. Certains préfèrent ne cultiver que ce qui rapporte le plus.» Des changements de pratiques pas forcément révolutionnaires peuvent pourtant alléger le recours aux pesticides (lire ci-contre). «Les agriculteurs ont une aversion pour le risque, d’où une tendance au traitement un peu systématique, explique Jean-Pierre Butault, directeur de recherches à l’Inra, l’Institut national de la recherche agronomique. Il faut essayer de ne traiter que s’il y a une attaque, ce qui veut dire une meilleure connaissance.» Pour Claude Alabouvette, directeur de recherche à l’Inra, il s’agit de «passer du concept de lutte contre des maladies ou des insectes à celui de protection des cultures». Et le chercheur d’énumérer les pistes comme la stimulation des défenses de la plante ou la lutte biologique, qui permet d’utiliser des micro-organismes ou des insectes pour contrer l’action des ravageurs. «C’est plus contraignant à utiliser, il faut suivre l’évolution de la plante, précise-t-il. C’est un des succès des agriculteurs bio : ils sont bien plus présents sur leur culture. Cette méthode exige plus de matière grise.»

Mais avec moins de phytos, les rendements ne suivent pas toujours Lire la suite

Réussite des rencontres « Mon Bassin, ma planète »

Sud-Ouest, Chiristian Visticot, le 23 Février 2009

SCIENCES. Les premières rencontres Mon Bassin, ma planète ont séduit les visiteurs

Le Bassin résistera-t-il aux évolutions de la planète ?

L’association Océan est principalement composée de médiateurs scientifiques : ce sont des personnes hautement qualifiées (niveau doctorat), dont la mission est de vulgariser et transmettre, par des mots dépouillés de leur jargon technique, et des expériences facilement compréhensibles, les connaissances les plus récentes en matière de climat et d’environnement. En partenariat avec la ville d’Arcachon, ils ont organisé, samedi et dimanche, au Palais des congrès la première rencontre intitulée Mon Bassin, ma planète, comment ça marche ?

Des interrogations locales

Beaucoup de personnes s’interrogent sur le fonctionnement du Bassin, les influences des océans sur le climat, le réchauffement de la planète et la montée du niveau de la mer. Elles ont eu des débuts de réponse. Le hall du Palais des congrès, avec ses murs décorés de cartes et de tableaux explicatifs, s’est transformé en une vaste salle de travaux pratiques. Petits et grands disposaient sur place de maquettes et de stands équipés de microscopes et autres matériels. Pour répondre à leurs questions, les jeunes scientifiques de l’association Océan, ont usé de mots simples et mené des expériences faciles. Le petit Benjamin, les yeux rivés à un microscope observe, effaré, le plancton dans l’eau de mer qu’il vient de puiser. Il voudrait bien « qu’à l’école, on apprenne comme ça… ».

Multiples expériences

Bérengère explique le climat selon la position de la terre par rapport au soleil. Annie, une ancienne institutrice, très intéressée, « regrette qu’en son temps, il n’y ait pas eu de telles expériences ». Hélène et Alexis animent un stand ludique pour les plus petits sur les animaux et leur habitat ; Laurence montre au microscope des microfossiles extraits de carottes de forage et explique comment ils peuvent renseigner sur l’évolution du climat ; de nombreux adultes posent des questions, parfois pointues. Sabine explique, matériel à l’appui, comment la circulation des eaux océaniques influe sur le climat. On lui parle du Gulf Stream et d’El Ninõ. Géraldine, à l’entrée du Palais, anime le spectaculaire « Canal à houle » pour expliquer comment se forme et se propage la houle. Les enfants se pressent autour de la maquette et posent des questions.

Géraldine Lucas, la scientifique responsable de l’association Océan est satisfaite. Elle ne s’attendait pas à autant de monde et à un tel niveau d’interrogations. Pour elle, le pari de cette rencontre est gagné.

L’association Océan Lire la suite

Les Cuma s’activent pour transformer le bois en plaquettes

Sud-Ouest,  Julien Pellicier, le 23 Février 2009

UNE ALTERNATIVE AU GAZ ET AU PÉTROLE. Les Cuma s’activent pour transformer le bois en plaquettes pour chaudières

Du feu de tout bois

Un broyeur glouton muni d’un grappin et le tour est joué. Le bois ressort en brisures de quelques centimètres, lesquelles sont destinées à remplir un silo qui, par l’intermédiaire d’une vis sans fin, alimentera la chaudière à plaquettes. Cela paraît tout simple mais la technique n’en est qu’à ses balbutiements. En tout cas en Lot-et-Garonne. En Dordogne, le système a déjà permis d’équiper une vingtaine d’établissements en chaudières à plaquettes : lycées, maisons de retraite… Un exemple que la fédération départementale des Cuma entend bien suivre afin de proposer une source alternative au gaz et au fioul. « Les travaux d’élagage, d’éclaircie, tout comme les sous-produits de l’exploitation forestière génèrent chaque année des milliers de mètres cube qui pourraient être valorisés par des chaudières automatiques à bois », assure Cécile Bescond, représentante de la FD Cuma.

Service itinérant

Convaincue de l’intérêt de cette filière qu’elle entend mettre en place d’ici l’hiver prochain, la fédération a même organisé une démonstration grandeur nature, sur le site de l’Inra, à Bourran, pour démontrer la simplicité et la rapidité de l’exercice. Un site pas choisi au hasard puisque les chercheurs qui y travaillent comptent faire l’acquisition d’une chaudière à bois de 60 KW, histoire de chauffer une partie des locaux par forcément tout jeunes du domaine de la Tour de Rance, soit quelque 350 m2. Une démarche « logique » si l’on en croit Dominique Monty et Marie-Laure Grey, les responsables du site, puisqu’elle permettrait « d’utiliser la matière première du domaine et de conduire à l’autonomie énergétique que visent les unités de recherche de l’Inra. »

Le projet de la FD Cuma ne date pas de la récente tempête. « Ça fait deux ans qu’on y réfléchit mais on ne savait pas par où commencer, explique Cécile Bescond. Personne ne se lance tant qu’il n’y a pas de filière d’approvisionnement et vice versa… » Le matériel est pour l’instant loué et a déjà permis d’approvisionner deux particuliers, à Laugnac et Nérac. Car le service proposé se veut itinérant et facturé à l’heure de broyage, aux alentours de 140 euros, sachant que les capacités de la machine tournent entre « 20 et 30m3 par heure ». C’est la Cuma Aptoca, basée à Bias, qui devrait proposer ce « service clé en main », à travers tout le département, avant l’hiver prochain. Reste pour l’heure à trouver la machine idéale, dont le prix avoisine les 100 000 euros.

« Réseaux de chaleur »

« Un mètre cube de bois sec correspond à l’équivalent de 100 litres de fioul », argumente Cécile Bescond. L’achat de la chaudière demeure encore onéreux, « mais il est rentable dès la 8e année (1) ». Et si l’équipement d’un particulier s’avère surtout judicieux pour des surfaces assez importantes, à partir de 150 m2, Cécile Bescond y voit un réel intérêt pour les serristes ou pour créer des « réseaux de chaleur » dans les petits bourgs pour par exemple chauffer l’école, la mairie et la salle des fêtes Lire la suite

Université populaire de l’environnement, février et mars 2009

MNE Bordeaux-Aquitaine, Communiqué, le 23 février 2009

UNIVERSITE POPULAIRE DE L’ENVIRONNEMENT- L’Université nomade d’Aquitaine

Mise en œuvre Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine en partenariat avec des universitaires, des associations et des collectivités locales

Informations et renseignements https://mneaquitaine.wordpress.com/ et mnebxaquitaine@aol.com

PROGRAMME au 23 février 2009, susceptible d’être modifié

Toutes les manifestations sont  gratuites et à  entrée libre, sauf la participation au stage « badigeon à la chaux » du 21 mars qui nécessite l’adhésion à l’association MP33 et au « LivrEcolo du Jour » qui sont toutes deux sur réservation par mail à mnebxaquitaine@aol.com avec confirmation

MERCI DE DIFFUSER LARGEMENT L’INFORMATION DANS VOS RESEAUX

Nouvel outil pour l’UPE, la radio, avec la Clé des Ondes <http://www.lacdo.org/> et l’émission Zone d’Ecologie Populaire les lundis de 21h00 à 22h00 animée par l’association Chiche ! Bordeaux, jeunes écolo alternatifs et solidaires, <www.chicheweb.org> Les  21 associations environnementales adhérentes de la MNE sont invitées à venir présenter leurs actions, activités ainsi que les enjeux environnementaux locaux. A écouter sur 90.1 ou directement sur Internet : <http://lacdo.org/>

Première émission le lundi 23 février avec la présentation de la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine, de ses adhérents, son projet associatif, ses actions (blog MNE, Université populaire…) et ses projets (Centre ressource documentaire sur l’environnement…).

Ensuite le lundi 2 mars la SCIC AutoCool <http://www.autocool.fr/>  fera le point sur l’autopartage dans l’agglomération bordelaise et le lundi 9 mars TACA <http://taca.asso-web.com/> nous fera partager son analyse sur le thème du changement climatique et de la taxe carbone.

Nouvel outil encore, si vous souhaitez participer au LivrEcolo du Jour, celui  du mercredi 11 mars est consacré à un débat en petit groupe sur « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme », le dernier ouvrage du journaliste environnement du Monde Hervé Kempf. Inscrivez-vous à <mnebxaquitaine@aol.com> Le groupe est limité à 12 personnes maximum, seules les 12 premières candidatures seront retenues. Vous en serez informé par mail. A noter qu’Hervé Kempf présentera son ouvrage le 26 mars à la Machine à lire à Bordeaux.

Deuxième « Atelier pratique écolo » sur Ecologie et numérique le mercredi 4 mars de 18h30 à 20h00 dans les locaux (Galets) du Jardin botanique de Bordeaux (Rive droite, Esplanade Linné, tram station jardin botanique) avec Michel Lesbats et Pascal Bourgois. Il n’est pas nécessaire d’avoir été présent au premier pour participer au second.

Partout dans le monde, l’utilisation de l’Internet et des outils numériques explose. En utilisant la Toile, Barak Obama a mobilisé 6 millions d’Etats-Uniens afin de soutenir sa candidature. Plus d’un Français sur deux est équipé d’un micro-ordinateur. En France les sites <http://www.ecologie-fr.info/index.php>  et blogs <http://www.wikio.fr/blogs/top/environnement> liés à l’écologie, l’environnement, le développement durable, les Agenda 21, l’économie verte… constituent une mine d’information considérable. Ils représentent également des leviers d’action et de mobilisation parfois méconnus et pourtant précieux.

Comment s’informer sur les enjeux de l’Ecologie et du Développement Durable sur l’Internet ? Comment trouver l’information dont j’ai besoin pour agir ? Comment m’investir en ligne ? Est-ce vraiment utile ? Quels sont les impacts du numérique sur l’environnement et comment réduire cet impact ?… Autant de questions auxquelles Michel Lesbats et Pascal Bourgois tenteront de répondre…

Michel Lesbats Lire la suite

Un collectif citoyen achète des terres pour un maraîcher bio

e24.fr, Johana Sabroux, le 22 février 2009

Un collectif citoyen achète des terres agricoles pour un maraîcher bio

On n’est jamais si bien servi que par soi même. Ce pourrait être le mot d’ordre de l’association Cata33. Malgré son acronyme un brin alarmiste, ce « Collectif pour l’achat de terres agricoles en Gironde » est au contraire plein d’espoir et d’énergie. Il s’est ainsi mobilisé pendant près de deux ans pour acheter un terrain et lancer l’exploitation bio d’un jeune agriculteur sans terre. Montant de l’opération: 78.400 euros, récoltés en quatre mois, entre septembre et décembre 2008. Le tout sans crédit ni subventions, en pleine crise financière.

Le montage financier est simple, il s’agit d’une SCI, une société civile immobilière. A l’issue de l’appel à souscription, 380 sociétaires en sont membres. Ils ont acheté entre 1 et 50 parts à 100 euros de la SCI. Desparts qui leur donnent un droit de vote – quel que soit le nombre de parts achetées – lors de l’assemblée générale annuelle de la SCI, mais pas de rémunération. A leur sortie de l’entreprise, ils récupèrent leur mise, indexée sur le barème des terres agricoles, fixé par le ministère de l’Agriculture.

Ce n’est donc pas une opération spéculative, mais pour l’un des co-gérants de la SCI, Didier Guyot, un ancien d’Airbus, une autre façon d’investir dans un secteur durable pour le bien collectif, à l’heure où la sécurité alimentaire devient un sujet de préoccupation et où le bio semble décidé à squatter nos assiettes. Les objectifs de Cata33 sont clairs: « défendre et promouvoir une agriculture vivrière et de proximité, une agriculture qui soit socialement équitable, économiquement viable, respectueuse de la biodiversité, du paysage et de l’environnement culturel. »

Le 30 décembre 2008, la SCI a donc acquis « Les terres de Fougueyra« , près de 10 hectares certifiés bio le long de la Dordogne. Desterres que Julien Bonnet, un tout jeune maraîcher de 24 ans loue pour 1.200 euros par mois et exploite pour cultiver ses légumes et ses arbres fruitiers. Là encore, pas question de spéculation. Ce loyer couvre juste les frais divers, impôts fonciers, taxes, assurances, et trésorerie en cas de coup dur.

Julien Bonnet, lui,a acheté les bâtiments agricoles et compte se lier avec une Amap pour distribuer ses produits sur des circuits courts. Les premières récoltes sont prévues pour le mois de juin, et les premiers clients se sont déjà fait connaître. Le maire de Flaujagues, où sont installées les Terres de Fougeyra, a annoncé qu’il ferait appel aux produits de Julien Bonnet pour la cantine scolaire.

Un modèle pour l’agriculture de demain ? D’autres projets similaires existent. La « Foncière Terre de liens » fait de la publicité dans les magasins bio parisiens pour encourager les citadins à investir dans la terre et la louer ensuite à des agriculteurs ou des porteurs de projets solidaires et respectueux de l’environnement, via un bail rural environnemental. Didier Guyot et ses associés veulent croire que le modèle a de l’avenir. Lire la suite

Le filon juteux du Bio

marianne2.fr, Isabelle Saporta, le 23 Février 2009

Le filon juteux du Bio

Le bio est partout, et notamment au Salon de l’agriculture, dans les hypermarchés, dans les textes de l’Union européenne. Trop de bio tue le Bio…

On devrait s’en réjouir : les gens sont de plus en plus nombreux à écouter les sirènes du Programme national nutrition santé. La crise a achevé de nous inciter à arbitrer entre des cochonneries trop sucrées dont nous savons pertinemment qu’elles sont nocives à notre santé et des produits nutritionnellement très correct comme le bio et les fruits et légumes.
D’après le baromètre CSA-Agence Bio 2008, nous serions déjà tous acquis à la «green attitude» : 85% d’entre nous connaissent la marque AB  et 84% s’en servent comme repère pour acheter. Bien sûr, vertueux que nous sommes, nous privilégions à 91% les produits de saison, et à 80% les productions locales… Et d’ailleurs, si les grandes surfaces sont encore prises d’assaut tous les week-end, ce n’est pas uniquement parce que nous nous payons de mots, mais aussi parce que  la grande distribution s’est engouffrée dans la brèche du Bio, multipliant  sans vergogne les références vertes dans leurs marques distributeurs. Idem pour les hard discounters qui n’auraient laissé passer pour rien au monde une si belle aubaine…

Bref, le Bio est devenu un filon juteux. Et un bon moyen pour redorer le blason de certains produits trop gras et trop sucrés. Ainsi, depuis 6 mois, les biscuitiers, les vendeurs de confitures et de compotes en conserves comme les chocolatiers  se sont comme par miracle massivement convertis au Bio…

Malignes, les marques sont aussi parvenues à détourner les messages du programme national nutrition santé en jouant sans cesse sur l’ambiguïté ! Un récent sondage mené par l’institut BVA avance que 54 % des sondés confondent le sens du message officiel avec le produit promu dans la publicité. Ils sont ainsi 44 % à penser, à tort, qu’une publicité pour un yaourt aux fruits accompagnée du message «manger cinq fruits et légumes par jour», signifie que ce yaourt fournit une portion de fruit. Or les apports en nutriments essentiels d’un yaourt trop sucré ne sont en rien comparables avec ceux d’un fruit frais.

Rattrapé par l’industrie qui pourrait bien le galvauder, le label bio est également en passe d’être détricoté par la Commission Européenne. Ainsi, depuis le premier janvier 2009, le cahier des charges Bio est commun aux 27 Etats Membres. Et sans surprise, cette harmonisation, s’est faite, une fois encore, par le bas. L’élevage bio devrait en faire les frais puisque Bruxelles vient d’autoriser une augmentation significative des traitements antibiotiques et antiparasitaires… Désemparés par ce coup de boutoir porté au Bio, la FNAB (Fédération nationale de l’AB), le synabio (syndicat des distributeurs bio) et Bio Consom’acteurs présenteront jeudi prochain au salon de l’agriculture un projet de label plus restrictif afin de pouvoir se distinguer du logo Européen.

Le cynisme libéral est décidément sans limite : Lire la suite

PAC : La France redistribue et dévoile les aides agricoles

Le Monde, Laetitia Clavreul, le 21 février 2009

La France redistribue et dévoile les aides agricoles

Dans les allées du Salon de l’agriculture, qui a ouvert ses portes samedi 21 février, les visiteurs s’extasient devant les bêtes de compétition, mais les réflexions des agriculteurs, elles, se focalisent sur la réorientation des aides de la politique agricole commune (PAC).
Les arbitrages du gouvernement seront officialisés lundi 23 février. Puis, le 30 avril, seront publiés pour la première fois les montants des aides touchées par chaque exploitation. Deux événements qui constituent un symbole fort, après des années où l’on se gardait bien, en France, de déballer sur la place publique les débats et les données sur les subventions.
Depuis que l’adoption du bilan de la PAC, fin novembre 2008, a donné à Paris la possibilité de modifier les critères de distribution des aides directes (8 milliards d’euros), les uns se réjouissent, sachant qu’ils toucheront plus, et les autres tirent la sonnette d’alarme, car leurs revenus vont baisser.

Depuis dix-huit mois, le ministre de l’agriculture, Michel Barnier, plaide pour une PAC plus équitable, et prévoit de rééquilibrer les soutiens au profit des laissés-pour-compte du système, notamment l’élevage ovin, l’agriculture de montagne ou la « bio ».
La Confédération paysanne est ravie que la France prenne enfin le virage du soutien à l’agriculture durable. Mais à la FNSEA, le principal syndicat agricole, la future réorientation des aides a révélé des débats entre céréaliers et éleveurs, restés jusque-là discrets. En témoignent leurs communiqués, d’une rare violence.

Le syndicat s’est au final dit favorable à une évolution, mais le sujet y reste ultrasensible. En 2003, lors de la dernière réforme de la PAC, c’est lui qui avait bloqué le changement, restant arc-bouté sur les mécanismes du passé.

Au ministère, on promet que la réorientation, en termes de sommes prélevées, sera « raisonnable ». Les céréaliers, premiers concernés par une baisse car ils étaient les plus favorisés, devraient être rassurés par la mise en place d’un système d’assurance qui les couvrirait en cas de retournement des marchés.

Maintes fois pris à parti, M.Barnier semble avoir tenu bon. « Si on ne renforce pas la légitimité de la PAC, alors certains pourraient tout perdre », prévient-il. « Il faut donner du sens à la politique agricole« , estime de son côté l’Elysée, qui veut ainsi préparer le secteur à la prochaine réforme de la PAC, en 2013.

La France, première bénéficiaire des aides, sait qu’elle doit s’adapter à une PAC plus préoccupée par l’environnement et le soutien aux zones fragiles, si elle veut que le budget agricole européen ne soit pas trop amputé en 2010, comme le veulent les Britanniques. En outre, à partir de 2013, pour la première fois, la France versera plus qu’elle ne touchera. Si les aides ne correspondaient pas aux attentes de la société et d’une partie des paysans, le front anti-PAC pourrait grossir.

Cette question de la légitimité des soutiens pourrait prendre encore plus de sens, une fois les montants perçus rendus publics. Là aussi, il s’agit d’un long débat porté par la Confédération paysanne. En militant pour la transparence, son idée n’était pas de condamner les aides, mais d’en pointer les dérives et de réclamer une distribution plus favorable aux petites exploitations. En bref, que l’argent public soit mieux utilisé.
Le combat d’agriculteurs dans sa mouvance ainsi que la pression des médias et d’associations ont poussé Bruxelles à rendre obligatoire la publication, au plus tard le 30 avril, de tous les montants par le biais de sites Internet nationaux. Lire la suite

Croissance : drogue ou produit masquant pour l’économie ?

Le Monde, Thierry Fayret (Vice président Brest – PS), le 17 février 2009

Croissance : drogue ou produit masquant pour l’économie ?

Dans les médias, les économistes de tous bords font front commun pour défendre un retour de la croissance. A la façon d’un toxicomane en manque, les économistes hurlent à la croissance. Est-ce une dépendance clinique ou cela cache-t-il bien autre chose ?

Nos modèles économiques revendiquent une justice sociale fondée sur l’idée que la croissance des uns, aussi démesurée soit-elle, finie par profiter aux autres. C’est cette théorie qui justifie les salaires ou les capitaux mirobolants d’une minorité s’affichant comme des locomotives pour tout le système.

Mais voilà, la mécanique s’est grippée. Officiellement, certains auraient abusés de jeux financiers trop complexes et il y aurait eu création de produits toxiques ! Mais la réalité est sûrement finalement plus simple, mais risque de mettre quelques années a être acceptée : c’est la promesse d’une croissance à 5% par an qui est une promesse toxique !

Tout système ne peut croître que de ce qu’il prend ou reçoit. Aujourd’hui, nous semblons découvrir que les matières premières vont venir à s’épuiser et que le soleil est la seule ressource durable sur terre, qui se transforme de diverses façons. Il va donc bien falloir négocier avec cela. La croissance globale va devoir s’équilibrer à hauteur du flux d’énergie solaire que l’on reçoit et transforme. Quand à la « croissance matériel », elle n’a d’avenir que dans le cadre dune réflexion de type « écosystèmique » à l’échelle des usages humains.

Pour résumer, il va falloir s’habituer à une croissance globale proche de zéro, car c’est finalement la seule dont nous disposions durablement. Cela ne signifie pas qu’individuellement la croissance sera nécessairement nulle, un effet de noria entre générations, entre pays peut générer des « croissances relatives », mais certainement plus raisonnées et mesurées que l’hyperconsommation actuelle.

Donc, s’il n’y a plus de croissance à l’avenir, la règle fondant la justice sociale du système d’hier tombe elle aussi. Une fois la promesse d’une croissance perpétuelle tombée, une question va se poser, celle de la répartition des richesses, celle des inégalités frappantes entre pays, mais aussi dans les pays. Le voile va tomber sur le modèle économique et les peuples risquent de demander des comptes à tous ceux qui ont fait vivre ces modèles. Voilà ce qui perturbe la sphère économique ces derniers jours, simplement la peur d’avoir à rendre des comptes … pas forcément financiers d’ailleurs.

Non, la croissance n’est pas un produit addictif pour les économistes, c’est simplement Lire la suite

Retour de l’expédition ORCA2009

orquessans frontières.org, Pierre ROBERT de LATOUR, le 21 février 2009

Alors, le verre est il à moitié vide ou à moitié plein ? C’est la question qui me vient à l’esprit au retour de cette expédition ORCA2009.

Pour être honnête, je n’avais pas grand espoir jusqu’à la mi-janvier. Depuis notre Berezina de novembre, il ne s’est pas passé une journée sans que nous ne contrôlions la localisation des pêches de harengs sur le site du ministère norvégien. Durant tout ce temps, il était évident que le stock de harengs se cantonnait très au nord des Vesterålen. Chaque jour qui passait nourrissait notre inquiétude et annonçait une déconfiture cuisante, une de plus ! Jusqu’à ce jour de la mi-janvier où nous avons vu s’amorcer la migration tant attendue, migration vers les zones de reproduction dans le Møre/Romsdal au sud du pays! Un timing quasi parfait, prévu par Olav depuis l’année dernière. Olav ,le sorcier !!

15 jours plus tard, lors de notre arrivée à Trondheim l’espoir était revenu. Un sentiment diffus que nous trouverions enfin les orques, qu’ils seraient présents à notre rendez vous. Le dimanche 1 février, après une journée de recherche, c’est Horric qui les aperçoit le premier. Je peux vous l’avouer aujourd’hui, nos passagers Horric et Océane ne furent pas les seuls à être submergés par l’émotion, Arne et moi avons eu beaucoup de mal à retenir nos larmes. Après des années de galère, les orques consentaient à nous consacrer à nouveau un peu de leur temps en ce jour finissant bien trop vite !

Que dire du lendemain matin quand la nature s’est ouverte comme une fleur au printemps et nous a offert une journée paradisiaque au pays des orques. Grand ciel bleu, le vent qui tombe, l’océan qui devient étrangement calme et nous donne l’impression que le temps ralenti, puis s’arrête au moment où les orques sortent de nulle part. La journée entière à les engager, chaque plongée nous renvoie une interaction plus forte que la précédente! Comme à la plus belle époque du Tysfjord, les orques se montrent curieux, joueurs même! La palme revient à la matriarche restée « scotchée » un long moment 1.5 mètre dans le dos d’Océane, scrutant avec attention cette silhouette animée par deux battements cardiaques ! Océane découvrira sa présence juste au moment où l’animal amorce son demi tour, au prix d’une belle surprise, et peut être même une petite trouille! N’est ce pas, Océane ?

Nous approcherons les orques 4 jours sur les 6 de cette semaine! Chaque fois dans d’excellentes conditions! Mon dieu que la Norvège est belle quand le temps s’y met !
La deuxième semaine, beaucoup plus dure, nous rappellera que rien n’est jamais acquis et qu’ici plus qu’ailleurs, nous ne pouvons que nous en remettre au bon vouloir de dame nature ! C’est elle qui décide, telle une maîtresse capricieuse, où quand et à qui elle s’offre, nous imposant parfois de bien cruelles désillusions mais quel bonheur pour qui sait attendre ses bonnes dispositions !

Je vous renvoie au site de l’association (lien « ORCA2009 ») pour les détails et les photos de notre aventure 2009. La mise à jour de l’épilogue conclus sur une note d’optimisme légitime. Nous les retrouverons en janvier 2010, même heure, même endroit, le rendez vous est pris. Ceux parmi vous qui souhaitent se joindre à notre expédition Lire la suite

Lille : 33e congrès de France Nature Environnement

FNE, communiqué, le 23 février 2009

33e congrès de FNE

Une trame grandeur nature.

Climat et biodiversité : la trame verte et bleue, une solution pour nos territoires.

Cette année, la fédération a choisi d’organiser son congrès national à Lille en collaboration avec le Conseil Régional du Nord Pas-de-Calais. Les thèmes abordés seront la trame verte et bleue, la biodiversité et les changements climatiques. Il se déroulera au Palais du Nouveau Siècle les jeudi 12 et vendredi 13 mars 2009.

Cet événement sera l’occasion de faire un point sur la traduction des engagements du Grenelle de l’environnement notamment en matière de biodiversité. En effet, il n’est plus besoin de prouver les répercussions des changements climatiques sur les espèces. Ils les favorisent ou les desservent, modifient leurs habitats naturels et leurs mouvements migratoires. La mise en place des trames vertes et bleues est donc essentielle pour les aider à s’adapter à ces bouleversements.

Lors du congrès, les 450 participants attendus pourront débattre de ces enjeux à la fois environnementaux et politiques lors de tables rondes en présence d’acteurs du secteur public et privé (scientifiques, institutionnels, associatifs).

Déroulement

La première journée sera consacrée à exposer les aspects scientifiques de la trame verte et bleue ainsi que les intérêts qu’elle présente pour la biodiversité et pour les territoires.
La deuxième journée développera quant à elle les aspects socio-économiques de la trame verte et bleue en montrant l’importance de l’implication des différents acteurs dans sa mise en œuvre sur les territoires Lire la suite

Vient de paraître : Gorz, un penseur pour le XXI° siècle

jeanzin.fr, le jeudi 19 février 2009

André Gorz, un penseur pour le XXI° siècle

André Gorz bénéficie d’une gloire posthume étonnante par rapport à son audience relativement confidentielle jusqu’ici. C’est à l’évidence dû en grande partie à son dernier livre Ecologica, recueil de textes sur l’écologie politique qu’il a rassemblés juste avant son suicide le 22 septembre 2007. En particulier son tout dernier texte, publié dans EcoRev’ et repris dans Ecologica, « La sortie du capitalisme a déjà commencé » parait largement prémonitoire puisqu’il annonce l’effondrement du capitalisme financier. D’autres pourraient se prévaloir d’avoir vu venir la crise avec plus de précisions sur les mécanismes de son déclenchement, mais aucun ne propose comme lui les voies d’une sortie du capitalisme, alternative dessinée en 1997 dans « Misères du présent, richesse du possible » et qui fait sa valeur irremplaçable dans le contexte actuel.

Le livre qui vient de sortir aux éditions « La Découverte », André Gorz, un penseur pour le XXI° siècle, regroupe des contributions très disparates d’anciens interlocuteurs d’André Gorz, rassemblées par Christophe Fourel (Patrick Viveret, Jean Zin, Carlo Vercellone, Denis Clerc et Dominique Méda, Marie-Louise Duboin, Jean-Baptiste de Foucauld, Philippe Van Parijs), témoignant de la diversité de ses influences et même des lectures contradictoires qu’on peut faire de son œuvre.

L’introduction de Christophe Fourel permet de suivre son itinéraire intellectuel, de Sartre et du marxisme à l’écologie politique, montrant à quel point il avait vu juste dans le caractère intenable d’un capitalisme basé sur la spéculation. André Gorz insiste sur le fait que le capitalisme cognitif ou financier est contradictoire, perdant toutes ses bases dans l’économie immatérielle (travail, valeur, propriété). En effet, de façon strictement marxiste, il réfutait que la finance puisse créer de la valeur en elle-même sans passer par l’amélioration de la productivité du travail.

La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système qui survit par des subterfuges à la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital.

L’économie réelle devient un appendice des bulles spéculatives entretenues par l’industrie financière. Jusqu’au moment, inévitable, où les bulles éclatent, entraînent les banques dans des faillites en chaîne, menaçant le système mondial de crédit d’effondrement, l’économie réelle d’une dépression sévère et prolongée.

 

Patrick Viveret est un ami que j’estime beaucoup, notamment pour sa remise en cause des indicateurs de richesse mais surtout pour avoir porté le projet SOL de monnaie alternative qui me semble véritablement révolutionnaire et de la plus haute importance dans la période qui s’ouvre. Il n’empêche que je désapprouve sa conception émotionnelle et religieuse de la politique. Je trouve même relativement choquante la récupération politique du suicide de Gorz avec Dorine, sa compagne malade, suicide qu’on peut dire annoncé dans le magnifique « Lettre à D. ». Mais, non, « toutes les difficultés de l’humanité » ne sont pas « pour l’essentiel, fondamentalement liées à sa difficulté d’aimer » (p51), c’est absurde et il n’y a aucune chance que ça s’arrange du côté de l’amour. L’amour ne peut être pensé comme question politique. La philia qui nous tient ensemble, la fraternité ou la solidarité plutôt sont bien des questions politiques mais certainement pas l’amour même s’il y a des similitudes entre coup de foudre et insurrection (voir Alberoni). Si le désir de reconnaissance, plus que l’amour, est effectivement un moteur de l’histoire, c’est d’y déployer ses contradictions. La nuance est de taille, car ce n’est certainement pas par « manque d’intelligence du coeur » que les révolutions tournent mal Lire la suite

Bordeaux cherche pôles créatifs

Sud-Ouest, Jean-Bernard Gilles, le 21 Février 2009

ÉCONOMIE ET CULTURE. La rencontre organisée jeudi, dans les salons de la mairie, entre les acteurs culturels et les élus ne restera pas sans suite. Bordeaux créative est née

Cherche pôles créatifs

Ils sont tous venus. 80 musiciens, architectes, auteurs, sculpteurs, pros de l’image ou des jeux vidéo, de Bordeaux, mais aussi de Floirac, Bègles ou Talence dans les salons de la mairie de Bordeaux. Ils étaient les invités personnels du maire. Une vraie réunion de travail et d’échanges, où le jeu semblait ouvert, où tout n’était pas ficelé dès le départ, comme parfois.

Économie créative

L’objet de la rencontre était de présenter à tous l’état de la réflexion collective sur un concept un peu ancien déjà mais qui émerge véritablement en France depuis au moins trois ans, celui de l’économie créative. Le postulat de base a de quoi faire dresser l’oreille à n’importe quel acteur culturel. Comme l’a rappelé Georges Viala, il s’agit de considérer les activités culturelles comme un investissement facteur de croissance pour le territoire. « Une sorte de quatrième secteur qui s’ajouterait aux secteurs primaire, secondaire et tertiaire », a expliqué l’ancien patron de Bordeaux École de management, aujourd’hui animateur d’un « think tank », qui vient justement de plancher sur le sujet.

14 000 professionnels

Le BRA, l’agence de développement économique de Bordeaux-Gironde, est venu, quant à lui, présenter le résultat d’une étude sur le même thème, qui indique que 13 800 personnes sont des acteurs à part entière de ce secteur dans l’agglomération, qu’ils évoluent dans l’édition, la musique, le design, l’urbanisme ou les arts du spectacle. À ce stade, l’attention dans les salons du Palais Rohan est soutenue.

Plus mitigées furent toutefois les réactions à l’intervention de Michel Piccardi. Le consultant lyonnais est venu, comme à BEM à Talence au mois de novembre dernier, expliquer comment Lyon était en train de devenir un des premiers pôles de créativité économique. « C’est une logique de sites dédiés où université, culture et entreprises agrègent leurs talents qui expliquent les succès reconnus des pôles lyonnais dans la danse, le numérique, le cinéma ou l’art contemporain. Il suggère à Bordeaux une stratégie de différentiation. De mettre le paquet sur deux ou trois domaines clés en quelque sorte. C’est l’exercice qui est aujourd’hui soumis aux élus. Il n’est pas simple à faire partager. Mais c’est justement l’objet Bordeaux créative, structure informelle où les têtes de réseaux de la quinzaine de secteurs de l’économie créative identifiés, sont appelées à poursuivre le travail. Londres, Montréal et Lyon ont la même.

Événement vidéo

Le maire de Bordeaux sait qu’il faut des lieux, des friches industrielles mais pas seulement, pour permettre l’émergence de création et de richesse. Il est conscient du besoin de transversalité. Il soutient d’ailleurs mordicus le projet Darwin de la caserne Niel. Il a publiquement défendu les Grandes Traversées, comme un événement à valoriser, s’arc-boute sur Evento dont le budget de 3 millions d’euros est contesté par certains, au motif que le sculpteur portugais rayonne sur le plan international et qu’il s’est engagé à travailler avec les artistes locaux.

Les élus voulaient des idées. Ils ont été servis. « Nous avons Lire la suite

Disparition des abeilles : un diagnostic officiel complaisant

univers-nature.com, Elisabeth Leciak, le 19 février 2009

Disparition des abeilles : un diagnostic officiel fort complaisant

La diminution des insectes pollinisateurs s’observe depuis quelques dizaines d’années et, depuis 1998, une mortalité inhabituelle dans les colonies d’abeilles est rapportée par de nombreux témoignages, notamment en France. Pour Apis mellifera, l’abeille à miel domestiquée, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) démontre dans un rapport, daté de novembre mais publié hier, que les causes de mortalité sont multiples. Elle énumère ainsi les effets d’agents biologiques pathogènes comme les parasites, les virus ou les champignons, et les quelque 5 000 déclinaisons commerciales de pesticides (1) susceptibles de provoquer des dommages irréversibles sur les colonies. La dégradation de l’environnement est également une cause énoncée, avec une perte de biodiversité qui limite les ressources polliniques indispensables à la survie de ces animaux, tout particulièrement dans les zones de grandes cultures. L’influence des ‘perturbations climatiques’ apparaît également réelle, tout comme certaines pratiques apicoles, dernière grande famille de causes de mortalité des ruchers relevée par l’Afssa.

Dans la majorité des pays de l’Union Européenne, les colonies d’abeilles domestiques ont montré ces dernières années des taux de mortalité souvent très supérieurs à 10 %, ils peuvent atteindre dans les cas extrêmes 90 à 100 % du cheptel lors de la reprise de l’activité apicole au début du printemps. En France, les taux de surmortalité enregistrés sont de 30 à 35 %. Or, selon l’Afssa, la survie et l’évolution de 80 % des espèces végétales dépendent des abeilles, et s’il faut encore rajouter des chiffres pour insister sur la gravité du problème, des estimations économiques évaluent à plus de 80 milliards d’euros la valeur du service écologique rendu par ces pollinisateurs. Devant l’hécatombe, l’Afssa, dans son rapport, cherche à synthétiser l’ensemble des données disponibles pour mieux décrypter les causes de mortalité, des causes diverses et agissant parfois en synergie.

L’agence recense plus de 40 causes et insiste sur une incidence multifactorielle
Entre prédateurs, parasites, champignons, bactéries et virus, 29 agents pathogènes sont identifiés par l’Afssa. Ils agissent isolément ou de façon concomitante, et les principaux sont l’acarien Varroa destructor, un
parasite qui provoque d’importantes mortalités hivernales, le Nosema cerenae, un champignon affaiblissant la colonie et la rendant très sensible aux autres maladies et encore, le virus de la paralysie chronique.

Face aux produits phytosanitaires, herbicides, insecticides etc., agents chimiques potentiellement toxiques pour les abeilles, la synthèse des données faites par l’Afssa révèle qu’une causalité est difficile à démontrer, « il n’est pas possible à l’heure actuelle, de confirmer ou d’infirmer l’hypothèse qu’une exposition chronique à certains de ces produits puisse jouer un rôle direct ». Dédouanant presque les pesticides incriminés qui ont fait la une de la presse il y a quelques années, le rapport précise que « l’utilisation (en France, N.D.L.R.) de produits phytopharmaceutiques dotés d’un AMM (autorisation de mise sur le marché, N.D.L.R.), dans le respect des bonnes pratiques agricoles, devrait garantir l’absence d’exposition pour les abeilles ». Sur ce chapitre, il est conclu par exemple que « les intoxications aiguës par des produits pulvérisés sont les accidents susceptibles de se produire en cas de non-respect des bonnes pratiques agricoles », néanmoins, on lisait trois pages plus haut que l’analyse des incidents notifiés aux réseaux de surveillance montre que « dans 18 % des cas l’incident fait suite à un usage autorisé ». En fait, Lire la suite