Castillon la Bataille veut sa déviation

Sud-Ouest, Jean-Paul Vigneaud, le 14 Février 2009

CASTILLON-LA-BATAILLE. Le Conseil municipal demande la remise en route rapide du dossier et de la concertation

Castillon veut sa déviation

 

On pensait les débats sur les projets routiers et autoroutiers en Gironde en sommeil pour longtemps. Eh bien non ! Voilà celui sur la déviation de Castillon-la-Bataille qui redémarre.

Cela fait vingt-cinq ans que l’on parle de cette voie de contournement sur la D 936 (Bordeaux-Bergerac), bientôt dix ans que l’on écrit qu’elle « va se réaliser » et aujourd’hui tout est remis en question. C’est Philippe Madrelle, lui-même, qui a annoncé l’arrêt des démarches aux élus du canton de Castillon, réunis à Sainte-Colombe, mi-décembre. « Nous ne pouvons pas aller à l’encontre des communes et des associations qui y sont opposées. » Les membres de la Sepanso et de l’association de défense de la vie et de l’environnement autour du pas de Rauzan ne pouvaient pas mieux espérer. Depuis des mois, ils ferraillent contre le projet. Avec deux recours devant le tribunal administratif à la clé.

Pour les élus, en revanche, l’annonce de Philippe Madrelle a eu l’effet d’une douche froide. « Abandonner le projet, ne serait-ce que quelques mois, c’est le condamner définitivement. Il faut absolument le relancer », déclare Michel Holmière, maire (proche de l’UMP) de Castillon-la-Bataille. Ce dernier en a marre de voir passer les voitures et camions dans Castillon. « 35 000 véhicules par jour, c’est non seulement un bruit insupportable mais aussi des risques d’accident permanents. »

Une motion

Aussi, a-t-il relancé le débat en faisant voter par l’ensemble du Conseil municipal une motion demandant au président du Conseil général « la reprise de la phase opérationnelle du projet » et réclamant « la mise en place d’un processus réel de concertation permettant des aménagements qualitatifs, de nature à satisfaire les communes riveraines du projet. »

Bien que de sensibilité politique différente, Guy Marty, le conseiller général PS du canton, partage ce point de vue. « Il faut nous remettre autour d’une table, préconise-t-il lui aussi. Pour revoir le projet, faire en sorte qu’il réponde aux souhaits de la population et colle mieux aux nouvelles règles en matière de protection de l’environnement. »

L’élu proche de Philippe Madrelle ne cache pas, toutefois, que la mise au placard momentanée du dossier ne découle pas seulement des oppositions rencontrées. Il y a également des contraintes budgétaires. Au vu de la situation actuelle, le Département a dû revoir ses priorités et donc faire de nouveaux choix.

Ainsi, la déviation de Castillon ne serait pas condamnée mais seulement remise à plus tard. « Plus tard oui, mais relativement vite », souligne Gérard César, conseiller général UMP et président de la Communauté de communes Castillon-Pujols. « Avec Guy Marty, nous sommes sur la même longueur d’onde concernant ce dossier. Nous nous sommes battus pour avoir cette déviation (comme pour celle de Sainte-Foy-la-Grande), nous nous battrons encore pour qu’elle se réalise. »

Pour le sénateur, cette route n’est pas seulement indispensable pour désengorger Castillon-la-Bataille, elle est tout aussi nécessaire pour son avenir. « Les entreprises ont besoin d’axes rapides pour travailler. En plus, en bordure de déviation, nous envisageons de créer une zone d’activité économique. »

Opposants : oui, mais

Francis Ruffié qui, avec Fabian Barnes, anime l’association des opposants de Mouliets, ne se dit pas hostile à une reprise de débat. À une condition tout de même : « Si on reprend tout à zéro, c’est oui. Si c’est pour refaire la même chose, c’est non ! »

Les opposants refusent que la route (comme celle prévue) détruise des paysages, passe près des maisons et constitue un barrage infranchissable en pleine zone inondable. Ce qui aurait pour effet de transformer la commune de Mouliets en piscine, lors de chaque grand débordement de la Dordogne.

14 km de Saint-Magne à Lamothe-Montravel

Deux ponts, cinq ronds-points, 14 kilomètres de chaussée, environ : même si en taille et en coût, la déviation de Castillon-la-Bataille n’a rien de comparable avec le (défunt) grand contournement de Bordeaux, elle représente tout de même un sacré morceau. Un investissement de 60 millions d’euros.

C’était, jusque-là, l’un des plus grands chantiers programmés par le Conseil général de la Gironde. Au même titre, par exemple, que la déviation est du bassin d’Arcachon, entre Biganos et Arès.

Lorsqu’on regarde la carte, la déviation de Castillon retenue (du moins celle envisagée) démarre sur la départementale 936 au lieu-dit Yot à mi-chemin du tronçon Saint-Pey-d’Armens, entrée ouest de Castillon.

À partir de là, la route prend, au sud-est, la direction de Civrac. Ici, un premier pont pour enjamber la Dordogne. La route se poursuit ensuite au nord de Saint-Pey-de-Castet pour atteindre Mouliets-et-Villemartin où elle passe entre le village et la rivière. Après, elle poursuit son chemin vers Flaujagues, avant de remonter pour traverser à nouveau la Dordogne (sur un nouveau pont) et rejoindre la portion de D 936 déjà revue et corrigée, aux confins de la Gironde et la Dordogne, entre Lamothe-Montravel et Moncaret.

Il s’agirait d’une 2×1 voie classique avec piste cyclable, comme celle de Sainte-Foy-la-Grande (en prolongement) ou encore celle de Mérignac-Beutre (près de Bordeaux). Avec une assise suffisamment large pour passer à 2×2 voies dans vingt ans, si nécessaire.

 

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