Hervé Kempf : « La croissance verte est une illusion »

bienpublic.com, propos recueillis par Elisabeth HUARD, le 10 février 2009

« Pour sauver la planète… »

H. Kempf : « La croissance verte est une illusion »

Dijon l’invite, demain, à une double rencontre : à la librairie Grangier l’après-midi ; à la Maison des associations, le soir, avec les Voix sans maître, pour poursuivre la réflexion.
Hervé Kempf, journaliste au Monde, spécialiste de l’environnement : deux essais, une voix dissonante dans le concert d’un capitalisme en crise.

Le Bien public. – Comment les riches détruisent la planète (2007), Pour sauver la planète, sortez du capitalisme (2009) : le moins que l’on puisse dire est que vous tranchez dans le vif.
Hervé Kempf. – Mon premier essai, analyse de la crise écologique, a suscité de multiples rencontres. Et toujours la même question revenait durant les discussions : « Que faire ? ».

Le deuxième livre cherche à y répondre, en proposant des perspectives à un public conscient de ce qui se passe.

La réflexion s’impose : pourquoi, malgré toutes les informations dont elle dispose, la société est-elle impuissante à enrayer la crise écologique ?

LBP. – La crise, économique et planétaire, est l’occasion d’une prise de conscience ?

Hervé Kempf. – Alors que 99 % des journalistes économiques, comme l’ensemble des politiques et dirigeants, rabâchent le même discours – soutenir la croissance, relancer la consommation -, le public rencontré, dans son ensemble, juge recevable l’idée d’une baisse des consommations matérielles et de la consommation d’énergie.

Il n’est pas possible de poursuivre sur le modèle d’une croissance sans fin et sans frein. Pour quel profit et avec quel impact ? Le capitalisme a suffisamment démontré son incapacité à répondre à l’enjeu écologique. Il veut nous faire croire que la technologie peut surmonter l’obstacle. La croissance verte est une illusion : elle est le germe de nouveaux lobbies.

LBP. – Ce « sortez du capitalisme » est un impératif ?

Hervé Kempf. – Loin de moi l’idée d’imposer quelque chose, il s’agit plutôt d’indiquer la voie d’un avenir possible : sortir du capitalisme, pour mettre l’urgence écologique et la justice sociale au cœur du projet politique. Engagé, mais non militant. Mon rôle de journaliste n’est pas de m’abstraire, mais d’observer la réalité avec du recul.
Au-delà des articles qu’il m’est permis d’écrire, le livre m’apporte la liberté de ma propre écriture, celle d’introduire beaucoup plus d’histoires. Elles disent la traversée du capitalisme dans nos vies, la façon dont il impose son modèle au monde – profit maximal, individualisme forcené -. Ce que je dis du délitement des rapports sociaux, c’est ce que les gens vivent tous les jours.

La crise implique un changement dans la répartition des richesses, un changement de point de vue.

LBP. – L’histoire du capitalisme – courte, au regard des millénaires – pourrait avoir une fin ?

Hervé Kempf. – Le sort de la planète passe par une société soucieuse de coopérer pour le bien commun et pour la préservation de la santé de la biosphère. On ne pourra plus faire d’économie sans faire d’écologie. C’est la clé de ce livre : ce que l’on pourrait appeler écologie sociale.

Ce n’est que le début d’une réflexion qui se nourrit de la parole partagée. De la pensée. Cette crise est l’occasion d’agir. De réinvestir la démocratie vidée de sa substance. Il y a urgence. Lire la suite

Bègles 18 février : « Areva ne fera pas la loi au Niger »

DU 14 AU 27 FÉVRIER, LES BAINS À BÈGLES

Exposition Areva ne fera pas la loi au Niger – Projection/débat du  film Niger, la bataille de l’uranium

LE MERCREDI 18 FÉVRIER COMPLEXE PAUL LANGEVIN

Sera présentée, du 9 février au 4 mars, l’exposition créée par le  collectif Areva ne fera pas la loi au Niger par l’association Survie  Gironde. http://surviegironde.blogspot.com/

Cette exposition de 9 panneaux explique et dénonce le rôle du groupe  nucléaire français Areva au Niger, l’agriculture en danger, la  pollution des eaux, les droits de l’Homme bafoués, la Françafrique et  développe les alternatives possibles

– aperçu de l’expo visible sur le  site du collectif http://areva.niger.free.fr/

–  Du 14 au 27 février, l’exposition sera à l’espace restauration  « Nature et des courgettes », dans le hall d’entrée de la piscine Les  Bains à Bègles (2, Rue Carnot).

–  Le mercredi 18 février une projection/conférence avec projection  gratuite du film Niger, la bataille de l’uranium est prévue au  complexe Paul Langevin (129 bis, Rue Lauriol à Bègles), avec :

–  Stéphane Lhomme Réseau Sortir du Nucléaire http://www.sortirdunucleaire.org/

–  Issouf ag Maha : ancien chercheur en agronomie, précurseur de  l’agriculture bio au Niger, ancien maire de Tchirozérine dans le nord  du pays, il est aussi à l’origine de la création du collectif  Tchinaghen pour la Paix et la Solidarité au Nord Niger.

Le Film Niger, la bataille de l’uranium (documentaire de 48 mn) est  une production Vaillot Bernard/Galaxie presse, réalisation : Nahan  Siby, Frédérique Denis et Stéphane Manier.
Par ailleurs, du Lundi 9 au mercredi 11 février, l’exposition sera à  l’ENITA (1 cours du Général de Gaulle, Gradignan), avec projection  gratuite du film Niger, la bataille de l’uranium le 11 à 19h dans le  grand amphi, suivie d’une conférence avec Issouf ag Maha.
Les 12 et 13 février, l’exposition sera à Sciences Po Bordeaux
(11  allée Ausone, Domaine Universitaire, Pessac, Tram arrêt Montaigne/ Montesquieu, rocade sortie 16). Le jeudi 12 à 16h, dans la salle  Bastiat, nous projetterons aussi le film Niger, la bataille de  l’uranium suivi Lire la suite

L’agriculture doit changer pour nourrir le monde

notre-planète.info, le 4 février 2009

L’agriculture doit changer pour nourrir le monde

Les agriculteurs du monde doivent se convertir sans tarder à des systèmes agricoles plus durables et plus productifs si l’on veut nourrir la population croissante de la planète et relever le défi du changement climatique, selon M. Shivaji Pandey, un des meilleurs experts de la FAO en matière de cultures, qui s’adressait aux participants du IVème Congrès mondial sur l’agriculture de conservation (New Delhi, 4-7 février 2009)

Dans une allocution liminaire prononcée devant 1 000 personnes, M. Pandey, Directeur de la Division de la production végétale et de la protection des plantes de la FAO, considère l’agriculture de conservation comme un pilier de ce changement.

« Le monde n’a d’autre choix que d’intensifier la production agricole durable afin de satisfaire la demande croissante d’aliments pour les hommes et les animaux, réduire la pauvreté et protéger les ressources naturelles. L’agriculture de conservation est un volet essentiel de cette intensification« , souligne M. Pandey.

L’agriculture de conservation vise des systèmes agricoles durables et rentables. Répudiant les opérations comme le labour mécanique, elle repose sur trois principes fondamentaux : le travail minimal du sol, les associations et les rotations culturales et la couverture permanente du sol. Cela permet d’optimiser la santé et la productivité des terres. Introduite il y a 25 ans environ, elle est désormais pratiquée sur 100 millions d’hectares dans le monde entier.

Dommages à l’environnement

Les méthodes traditionnelles de culture intensive ont, dans de nombreux cas, contribué aux dommages occasionnés à l’environnement, faisant reculer les taux de productivité agricole, alors que le monde a besoin de doubler sa production vivrière pour nourrir 9 milliards d’êtres humains en 2050, affirme M. Pandey.

« Dans maintes régions du monde, au nom de l’intensification, les agriculteurs ont pratiqué à outrance le labour, la fertilisation, l’irrigation et l’application de pesticides« , rappelle-t-il. « Ce faisant, nous avons perturbé tous les aspects du sol, de l’eau, des terres, de la biodiversité et des services que fournit un écosystème en bonne santé. Cela a eu pour conséquence la réduction progressive du taux de croissance des rendements. »

Si les tendances actuelles se poursuivent, le taux de croissance de la productivité agricole devrait tomber à 1,5% d’ici à 2030, puis à 0,9% de 2030 à 2050, contre une croissance de 2,3% par an enregistrée depuis 1961.

Dans les pays en développement, la croissance des rendements de blé a chuté d’environ 5% en 1980 à 2% en 2005. Pour le riz, elle est passée de 3,2% à 1,2% pour le riz, et de 3,1% à 1% pour le maïs au cours de la même période.

Réduire l’empreinte écologique

L’agriculture de conservation pourrait non seulement aider à relever les rendements mais aussi à fournir divers avantages importants pour l’environnement, poursuit M. Pandey. Outre le rétablissement de la santé des sols, elle abaisse également la consommation énergétique dans l’agriculture, réduisant l’empreinte d’un secteur qui représente actuellement quelque 30 pour cent des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Elle pourrait atténuer davantage les effets du changement climatique en aidant à Lire la suite

11 février France 3, Uranium : la France contaminée

Mercredi 11 février à 20h35 sur France 3 :

« Uranium : le scandale de la France contaminée »

Le reportage qu’AREVA aurait voulu voir censuré !

Elise Lucet et l’équipe de Pièces à conviction ont mené l’enquête sur ce scandale, au cœur des campagnes et des villes françaises.

http://programmes.france3.fr/pieces-a-conviction/51415247-fr.php

Télérama, Émilie Gavoille, le 3 février 2009.

“Pièces à conviction” spécial uranium

Pour Areva, la meilleure défense, c’est l’attaque !

Le titre du prochain numéro de “Pièces à convictions”, que diffuse le 11 février France 3, fait peur.
Et pas qu’aux téléspectateurs : le 29 janvier, Areva a décidé de saisir le CSA, alors que le groupe spécialisé dans le nucléaire n’a vu aucun reportage. Mais il n’a aucune chance d’empêcher la diffusion de l’émission.

Sensible sur la question des déchets d’uranium, Areva ? Ce n’est une surprise pour personne. A France 3, on dit avoir senti la « fébrilité » du groupe – qui, pour l’heure, n’a pas daigné nous répondre – dès les premiers contacts établis par la rédaction de Pièces à conviction. Des personnalités sollicitées pour intervenir sur le plateau d’Élise Lucet (parmi lesquelles le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo), seule Anne Lauvergeon, PDG d’Areva, a décliné, pour cause officielle d’emploi du temps surchargé, laissant le soin à son porte-parole, Jacques-Emmanuel Saulnier, d’honorer l’invitation.

Plus surprenante, en revanche, est la promptitude du groupe à agiter le chiffon rouge du CSA… d’autant que l’autorité n’a pas, selon ses propres mots, « rôle de censeur » et n’est pas habilitée à s’opposer à la diffusion d’une émission en amont. « Nous n’avons pu qu’enregistrer la saisine émise par Areva. Le CSA n’a pas vocation à réagir à un programme avant sa diffusion; nous ne pouvons éventuellement intervenir qu’après la diffusion », explique-t-on à l’instance de régulation.

Se fondant uniquement sur une dépêche de l’AFP, qui évoquait « la thèse (…) du scandale de la France contaminée par les déchets radioactifs, résidus des mines d’uranium », Areva semble donc avoir foncé bille en tête vers une procédure qui s’avère dans les faits impossible à mettre en œuvre. Dans un communiqué, le groupe estimait « pour le moins surprenant, voire contraire à la déontologie, que son point de vue soit présupposé et rendu public avant même qu’il ne se soit exprimé ». En clair, Areva a la désagréable sensation que les dés sont pipés. C’est là, tout de même, qu’il convient de rappeler que les extraits qu’ont pu visionner les journalistes (dont celui de l’AFP) n’étaient qu’à l’état de projet ou en cours de montage, et que certaines séquences, dont l’interview du porte-parole d’Areva, n’étaient pas encore tournées.

Réagissant à son tour par l’AFP, le rédacteur en chef de l’émission, Lionel de Coninck, a réfuté ces accusations de « présupposition », en indiquant que Lire la suite

Claude et Lydia Bourguignon : Damnés de la terre

Le Monde, Hervé Morin, le 27 février 2008

Claude et Lydia Bourguignon : Damnés de la terre

Les deux chercheurs, qui travaillent en francs-tireurs, voient dans l’épuisement des sols la fin de la civilisation. Leurs meilleurs alliés sont les micro-organismes et les vers de terre

Deux gros bœufs tractant une charrue trônent dans le laboratoire de Claude et Lydia Bourguignon. Cette aquarelle originale du peintre animalier Olivier de Penne (1831-1897) est un clin d’œil : les Bourguignon, spécialistes des sols, ne peuvent pas voir le labourage en peinture. Ni les techniques agricoles intensives qui contribuent, selon eux, à tuer la terre.

Le couple ne police plus son discours sur la dégradation des sols, fine pellicule sur laquelle repose l’essentiel de la vie de la planète. « C’est la fin de la civilisation, alerte Claude Bourguignon. Nous sommes dans la phase d’effondrement. Partout on voit baisser les rendements agricoles. »

Voilà bientôt vingt ans, les Bourguignon ont quitté l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), où ils estimaient ne pas pouvoir travailler sur les vrais enjeux de l’agriculture.

Depuis leur laboratoire, une superbe grange de 1754, à Marey-sur-Tille, au nord de Dijon, ils alertent les agriculteurs et étudient leurs sols. En francs-tireurs. Gens de terrain, ils ont à leur actif quelque 5 500 analyses – en France et à l’étranger.

D’une formule, Lydia résume le problème : « La plante est incapable de sucer le caillou. Il faut que des microbes le dissolvent. » Sans ce grouillement souterrain, les plantes végètent, le sol se dérobe. Elle montre ces photos de champs ravinés, dans la Somme : « Des canyons, les tracteurs ne peuvent plus passer ! » Leur solution : renoncer au travail mécanique du sol et laisser microbes, champignons et vers de terre s’en charger, sous un couvert végétal qui étouffe les mauvaises herbes et réduit l’érosion.

Pour Claude, l’agriculture intensive est devenue « de la gestion de pathologies végétales » : les variétés à haut rendement, fragiles, sont protégées en permanence par des batteries d’engrais, d’insecticides et de pesticides. En conséquence, les sols souffrent et « l’humanité ne mange que des plantes malades ».

L’épidémie d’obésité, la montée des allergies ? Ce n’est qu’un début, assurent les Bourguignon. L’espérance de vie va chuter. « Les vieux d’aujourd’hui ont été nourris aux produits bio, avant l’intensification agricole, dit-il. Les jeunes générations n’auront pas ce capital. »

Leurs arguments, bien charpentés, s’imbriquent – même s’ils mériteraient parfois d’être réactualisés. Leurs coq-à-l’âne finissent par faire sens, voire système : « Les mêmes boîtes produisent les engrais, les pesticides, les médicaments : de l’or en barre, indéracinable », lâche Claude.

Leur unité de pensée est née de mondes opposés. Lui, Parisien d’origine, issu d’une lignée de scientifiques médicaux. Elle, née en Bourgogne d’un père menuisier et d’une remailleuse de bas italiens, arrivés en France en 1945.

Enfant, Claude se passionne pour la vie sauvage, fonde avec des copains de lycée le « groupe ornithologique parisien ». « Il savait tout des animaux, se souvient Brice Lalonde, qui fréquentait alors sa soeur aînée. Il m’a ensuite influencé comme ministre. J’admire ces ouvreurs de chemin, qui ont raison avant tout le monde. » Cette grande sœur fameuse, l’actrice Anémone, est toujours admirative du « courage » de son érudit de frère, « un peu professeur Nimbus », qui a converti l’ensemble de la famille à l’écologie. Lire la suite

Les Français : Conso., les économies avant l’écologie

naturavox.fr, Pauline (consoglobe.com), le 10 février 2009

Consommation. Les économies avant l’écologie

Les dernières études d’opinion le montrent : la préoccupation des Français en matière d’écologie est en retrait dans un contexte de crise économique mais aussi de méfiance envers à l’égard des discours environnementaux.

S’ils ont bien conscience des enjeux écologiques et sont prêts à faire des efforts pour la planète, cela ne pourra se faire au détriment de leur portefeuille…

Entreprise, discours, et écologie : la méfiance des Français

Deux études menées courant 2008 sont en accord avec les résultats de notre dernier Baromètre Ethique et environnement : les Français sont de plus en plus prudents envers les discours écolo tenus par les entreprises, voir même conscients du Greenwashing exercé par certaines d’entre-elles.

Selon l’étude de TNS Global (décembre 2008), si 25% des Français se disent influencés dans leurs décisions d’achat par le « marketing vert » des entreprises, 50% pensent néanmoins que ces tendances écolo des entreprises ont pour unique objectif de valoriser leur image auprès du public, 36% pensent que c’est pour vendre plus de produits alors que seuls 4% pensent que c’est parce que les entreprises sont vraiment préoccupées par l’environnement !

Le 17ème numéro de « Stratégie & Études » publié par l’Ademe (janvier 2009) avance qu’il y aurait une certaine « saturation de la communication sur l’environnement » chez les Français dans un contexte de crise économique ; ces derniers « manifesteraient un sentiment de prudence, voire de méfiance à l’égard des émetteurs de discours environnementaux« . Cette méfiance est devenue telle que le réchauffement climatique est un phénomène certain pour 65% des sondés contre 72% en 2007 !

Les prix, un frein à la consommation écolo ?

Nous le savons économie peut rimer avec écologie, beaucoup de produits « verts » étant désormais synonymes d’économies d’énergie, donc, sur le long terme, d’économies financières. Mais les Français en doutent encore et / ou ne se rendent peut-être pas toujours compte de la rentabilité de ces produits.

Ainsi, toujours selon l’enquête de la TNS Global, seuls 48% des consommateurs français seraient prêts à payer plus cher pour des produits écolo contre 94% pour la Thaïlande ou 83% pour le Brésil ! Les Français arrivent ainsi en avant dernière position devant les Britanniques (45%) …

Et le « surplus » payé doit rester très raisonnable : 68% des consommateurs français seraient prêts à payer 5% de plus pour un produit écolo, 27% accepteraient de payer 10% de plus ; ce chiffre tombe à 4% pour des produits verts 15% plus chers, et à 1% pour des produits 20% plus chers.

Les considérations strictement économiques semblent prendre encore le dessus sur l’écologie quand on regarde de plus près ce sondage :

– 56% des Français affirment être influencés par des questions écologiques dans les décisions d’achat de leur voiture.

– Ce chiffre est de 44% en ce qui concerne l’achat de nourriture (seuls les USA et la Grande-Bretagne sont derrières).

– Ainsi, 37% des Français sondés déclarent avoir récemment changé leur comportement au bénéfice de l’environnement. Nous sommes donc loin d’être exemplaires…

Travaux d’économies d’énergie : la prise de conscience

Mais ne soyons pas si négatifs : il y a du mieux tout de même, surtout en ce qui concerne les travaux d’économies d’énergie dans le logement. Selon l’Ademe, 75% des Français ont véritablement pris conscience de la responsabilité du chauffage des bâtiment dans l’aggravation de l’effet de serre (contre 39% en 2000) et sont donc prêts à faire des efforts.

Et ils joignent les gestes à la parole : Lire la suite

Le DD : quelle réalité pour les Français ?

cdurable.info, David Naulin, le mardi 3 février 2009

Enquête Ipsos : les français et le développement durable

Le développement durable : quelle réalité pour les Français ?

A l’occasion des 5èmes Assises Nationales du Développement Durable et à la demande du Conseil régional Rhône-Alpes organisateur de cette manifestation en janvier 2009, Ipsos a réalisé une enquête auprès de la population française sur sa connaissance, ses convictions et ses pratiques en matière de développement durable. Il en ressort une maturité croissante de la population sur le sujet, non seulement sous l’angle des convictions mais aussi sur celui de l’engagement personnel.

Le développement durable : qu’en sait-on d’abord ?

Quel est le degré de prise de conscience à fin 2008 de la population ? Est-on prêt à changer de cap ?

De la prise de conscience au geste concret individuel : une évolution très notable.

L’action concertée de tous peut-elle permettre d’améliorer la situation pour les générations futures ?

Quels repères dans le monde d’aujourd’hui et pour celui de demain ?

Réformer seulement ou repenser totalement les modèles économiques ?

François de Sars, Directeur Général d’Ipsos Lyon apporte les principaux enseignements de cette étude [1].

 Visionner le diaporama présentant les conclusions de l’enquête sur le site d’Ipsos

Le développement durable : qu’en sait-on d’abord ?

Consacré par le sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992 et médiatisé depuis cette date, le concept relativement complexe de « développement durable » est un terme aujourd’hui totalement vulgarisé auprès du grand public. L’enquête réalisée en fin d’année 2008 révèle en effet que 97% des Français déclarent avoir déjà entendu parler de l’expression « développement durable ». Le chemin parcouru est grand, ne serait-ce que depuis ces deux dernières années où près d’un tiers de la population ignorait ce concept et, parmi ceux qui disaient le connaître, un tiers seulement déclarait avoir une idée précise de sa signification. Force est de reconnaître que les alertes successives sur la pénurie potentielle des ressources énergétiques naturelles (avec leurs conséquences sur le budget des ménages), tout comme la crise économique, ont largement contribué à cette vulgarisation.

Spontanément, le concept de développement durable connote le plus souvent (cité par près de 2 répondants sur 3) la dimension environnementale mais pas seulement. Pour près d’1 Français sur 4 le développement durable est aussi associé à la sphère de l’économie, à la notion de long terme et, presque dans la même proportion, au champ social.

Sur relance et à partir de choix proposés, pour 87% des personnes interrogées l’environnement est bien le premier domaine concerné par le développement durable, devant l’activité économique et financière (56%) et la solidarité – l’équilibre social (50%). Dans le triptyque – Environnement, Economie, Social – la dimension environnementale est toujours la première citée comme étant concernée par le développement durable, mais de façon beaucoup plus appuyée par les plus jeunes (citée en premier rang par 69% des moins de 35 ans vs 48% par des 60 ans et plus).

En outre, ce qui est vraisemblablement la conséquence des semaines de crise économique précédant la mesure, c’est la restitution par 45% des interviewés, parmi les domaines concernés par le développement durable, du « mode de gouvernance ou façon de gérer de l’Etat, des collectivités et des entreprises ». Etaient ensuite restituées la santé (40%) et, dans une moindre mesure, l’éducation (22%).

Quel est le degré de prise de conscience à fin 2008 de la population ? Est-on prêt à changer de cap ? Lire la suite