Le Bouscat : des espaces verts écolos

Sud-Ouest, Laurie Bosdecher, le 5 Février 2009

LE BOUSCAT, ESPACES VERTS. Moins de tontes, moins de pesticides, moins d’arrosage. Jardins publics et massifs de la ville changent d’aspect

Les bons plants verts

 « Le développement durable, un mot nouveau ? Cela me fait un peu rire. On revient surtout à un mode de vie et des méthodes qu’on utilisait dans le passé. » Cyriaque Aupy, responsable du service des espaces verts au Bouscat, est un pragmatique.

Depuis plusieurs mois, la ville veut donner l’exemple à ses habitants en gérant d’une manière plus respectueuse de l’environnement ses massifs, arbustes et massifs. Fini les parcs stériles, où toute mauvaise herbe était bannie, les haies taillées au cordeau et les gazons tondus à ras.

Jardins de grand-mère

Le responsable de service et son équipe de vingt personnes ont changé leurs méthodes de travail. « Mais cela ne peut pas se faire en un jour car nous vivons une petite révolution. Nous préférons d’abord faire des tests sur certains secteurs puis les généraliser », précise-t-il.

Premier objectif : faire la chasse au gaspillage d’eau. Les tuyères sont peu à peu remplacées par des goutte-à-goutte. De nouveaux gazons, moins gourmands en eau, sont plantés. Ils sont également tondus moins souvent pour limiter la consommation d’énergie et la pollution. « Nous les coupons plus hauts. Cela a deux avantages : ils repoussent moins vite et résistent mieux à la sécheresse. C’est moins net, c’est sûr. Nous devons petit à petit le faire accepter à la population. »

Autre changement qui commence à prendre forme : « au Bouscat, nous avons beaucoup de petits espaces verts et peu de grandes étendues, explique Cyriaque Aupy. Nous les transformons un à un en petits jardins dans l’esprit de ceux qu’on trouvait autrefois à l’arrière des échoppes bordelaises. » Place donc aux plantes de grand-mère : iris, thym, plantes vivaces. Ces variétés poussent sur des paillasses naturelles qui filtrent mieux l’eau, nécessitent beaucoup moins d’engrais et évitent la prolifération de mauvaises herbes.

Dans les parcs aussi, la nature reprend peu à peu ses droits. « Cela ne veut pas dire que l’on s’en occupe moins, précise le fonctionnaire. Mais on va y planter des espèces plus adaptées au climat et au sol. » Les déchets verts et les feuilles mortes sont désormais broyés par le service des espaces verts et répandus sous les arbres.

Conseils de jardinier vert

Plus question d’utiliser des engrais chimiques. Sous les serres municipales, on lutte aussi maintenant contre les pucerons et autres bestioles avec des moyens biologiques. Le désherbage, lui, se fait à la main et depuis cette année, à la vapeur d’eau.

« Changer nos méthodes et les variétés de plantes, c’est aussi regarder les prix. Lire la suite

Appel pour une diversification du bouquet électrique français

alecoso.fr, février 2009

Appel d’intérêt public pour une diversification urgente du bouquet électrique français

Depuis plusieurs années, de nombreux partis politiques, syndicats et associations, de sensibilités diverses, soulignent la nécessité d’une diversification des sources d’approvisionnement électrique en France, ne serait-ce que pour réduire les risques de black-out et d’interruptions de la fourniture de courant aux usagers, et garantir ainsi le maintien d’un service public de qualité.

Avec près de 80% de sa production électrique d’origine nucléaire (contre, respectivement, 30%, 20%, 15% et 2,2% pour le Japon, les États-Unis, la Russie et la Chine), la France est le seul pays au monde à dépendre autant de cette source d’électricité peu modulable et donc inadaptée aux pointes de consommation. L’extrême centralisation inhérente à la technologie nucléaire, outre qu’elle entraîne des pertes d’énergie sur le réseau, constitue une cause supplémentaire de vulnérabilité potentielle de l’approvisionnement électrique, dans un contexte de multiplication des incidents et accidents, notamment liés à l’âge du parc et à certaines erreurs de conception (1) mais aussi aux logiques de financiarisation et de privatisation qui touchent à la fois les secteurs du transport et de la production d’électricité – logiques dont on voit hélas mal comment les infléchir à très court terme.

D’une part, ses 58 réacteurs rendent notre pays notoirement excédentaire en moyens de production continue de courant (répondant aux besoins en base). La nécessité technique que ces installations fonctionnent jour et nuit – hors périodes d’arrêt pour maintenance – encourage chez nous la surconsommation électrique (2). L’électricité ne pouvant se stocker, cette surproduction entraîne aussi des exportations à bas prix de courant à l’étranger, lesquelles ont, dans nombre de pays, un effet de dumping dissuasif sur le développement des énergies renouvelables, qu’elles soient thermiques (biogaz, biomasse…) ou autres. Par ailleurs, le surcroît de plutonium et de déchets radioactifs correspondant à ces exportations restera bien sûr, quant à lui, stocké sur le sol français.

D’autre part, les unités de production thermiques plus souples (utilisables en périodes de pics de demande électrique sans générer le reste du temps de gaspillages ni d’incitations à la surconsommation) commencent en revanche à faire cruellement défaut – d’où les difficultés croissantes de RTE (le Réseau de transport d’électricité) pour faire face à la demande sans discontinuité. Cela oblige, lors des pointes de consommation ou d’incidents sur le réseau, à de coûteuses importations d’électricité produite à l’étranger, y compris à partir de ressources fossiles particulièrement polluantes comme le lignite ; celles-ci sont en outre souvent brûlées dans des centrales de conception dépassée, à mauvais rendement énergétique et ne répondant pas aux normes environnementales les plus récentes.

Autrement dit, au lieu d’apporter au niveau planétaire des économies nettes d’émissions de gaz carbonique (CO2), notre parc électronucléaire surdimensionné amène en pratique la France à externaliser, vers des états comme l’Allemagne ou la Pologne, des émissions massives de CO2 et d’autres polluants liées à l’exploitation ponctuelle de centrales thermiques anciennes, ce qui retarde d’autant la fermeture des plus vieilles centrales étrangères… alors même que notre pays fut pionnier, y compris à l’exportation (vers la Chine, les États-Unis…), en matière de centrales dites « à charbon propre » (comme celle de Gardanne), filière qu’EDF a pour l’heure négligé de développer Lire la suite

Les nouvelles lampes fluocompactes ne font pas l’unanimité

Le Monde, Julie Bienvenu, le 4 février 2009

Les nouvelles lampes ne font pas l’unanimité

Les lampes classiques à incandescence, qui représentent 80 % des achats en France, seront progressivement retirées de la vente à compter de septembre dans l’Union européenne, mais dès le 30 juin en France, suite au Grenelle de l’environnement. Ces ampoules seront remplacées par les lampes à basse consommation (LBC) ou fluocompactes, qui épargnent l’environnement comme le porte-monnaie, compte tenu de leur durée de vie et de leur consommation. Pourtant, ces lampes font débat. Depuis 2006, le Centre de recherche et d’information indépendante sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem) s’inquiète du champ magnétique produit par les LBC, déconseillant de les utiliser comme lampes de chevet ou de bureau. L’Association française de l’éclairage lui oppose les résultats d’études menées par l’Office de santé suisse en 2004. L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) devrait rendre un avis, attendu depuis plus d’un an, au printemps. La Direction générale de la santé de la Commission européenne a indiqué, en octobre 2008, que les LBC ne produisaient ni champ magnétique ni scintillement, mais mentionne un effet possible des rayons ultra-violets émis sur les personnes sensibles.

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La quantité de mercure contenue dans les LBC est faible (0,005 g en moyenne), mais, à grande échelle, il existe des risques de pollution. Considérées comme un déchet dangereux, ces ampoules (recyclables à 93 %) sont collectées en France par l’organisme Recylum.

 

Face à ces inconvénients, l’avenir semble être aux LED Lire la suite

Vittel : Pacte écoleau dans les Vosges

liberation.fr, Lise Barnéoud, le 3 février 2009

Pacte écoleau

Succès. Des agriculteurs vosgiens se sont convertis au quasi-bio pour éviter de polluer les sources de Vittel : le pacte industrie-agriculture, inventé par l’Inra, est devenu un modèle de développement durable.

Imaginez. Vous avez une sublime poule aux œufs d’or. Soudain, elle montre des signes de faiblesse. Que faites-vous ? Vous l’emmenez fissa chez le vétérinaire pour qu’il la requinque…

Maintenant, remplacez la poule par l’écosystème de l’Ouest vosgien, les œufs d’or par des bouteilles de Vittel, le vétérinaire par un institut de recherches et le propriétaire par Nestlé. Vous tenez alors les acteurs d’une expérience écologique et sociale unique en France et pionnière du genre : la conversion d’une région à une agriculture durable, quasi bio, afin de sauver une source menacée de disqualification par l’usage des engrais et pesticides. L’aventure a commencé en 1989. Vingt ans ont passé. Depuis, le niveau des nitrates dans la nappe souterraine a chuté et le bassin-versant de Vittel peut s’enorgueillir d’être une «île verte».

Frayeurs. De l’ancienne route romaine qui relie Langres à Strasbourg, il est possible d’apercevoir la totalité de cette «île», blanchie sous une fine couche de glace. On devine des prairies, quelques champs fraîchement labourés, des bosquets, des vaches, un petit troupeau de moutons, des villages… 5 000 hectares, en tout, dont 3 600 consacrés à l’agriculture. Ce vaste bassin descend vers la ville thermale, où une longue faille se dresse. C’est là, le long de ce décrochement géologique, qu’émergent les sources de Vittel, qui font la réputation de la ville depuis l’époque gallo-romaine. Et le bonheur de Nestlé, passé en 1992 d’actionnaire majoritaire de la Société générale des eaux minérales de Vittel (SGEMV) à propriétaire. Un bonheur qui a connu une grande frayeur.

A la fin des années 80, alors que la multinationale suisse mise gros sur l’avenir de la source, elle observe en effet que la teneur en nitrates grimpe de façon constante, atteignant les 8 mg/l en bouteille. Impossible de ne pas s’en inquiéter alors que la législation française impose aux minéraliers une composition physico-chimique constante, sans avoir recours à des traitements, et que les normes sanitaires fixent à 10 mg/l le seuil pour les eaux destinées aux nourrissons, clients des 1,3 milliard de bouteilles de Vittel vendues chaque année…

«Une eau saine commence par une terre saine», clament aujourd’hui les publicités de la marque. Elle en sait quelque chose : dans cette zone calcaire, ce qui se répand et s’épand en surface a toutes les chances de se retrouver dans la nappe souterraine plus tard. Or, depuis la fin des années 70, la tendance est, ici comme ailleurs en France, à la culture intensive du maïs à grands coups d’engrais pourvoyeurs de nitrates. Nestlé rêve de stopper net cette production de polluants qui menace ces «œufs d’or». Mais comment ?

Son premier réflexe est d’acquérir un maximum de terres et de les transformer en prairies non fertilisées. Mais il est impensable de racheter les 3 600 hectares agricoles et de contraindre les paysans à cesser leur activité. Il faut donc inventer une solution… C’est alors que l’entreprise se tourne vers l’Inra (Institut national de la recherche agronomique). «Pour nous, leur objectif « zéro nitrate » traitait un peu vite l’avenir de l’agriculture locale, raconte Marc Benoît, responsable du volet agronomique de cette recherche. Nous avons donc renégocié durant deux ans cet objectif, afin de le rendre compatible avec la viabilité des fermes existantes. Et en 1989, la question était devenue : comment créer une agriculture qui fournisse une eau peu chargée en nitrates et permette aux fermes de se développer.» Lire la suite

Commune de Le Thor « OGM : interdiction de principe »

lagazettedescommunes.com, le 3 février 2009

OGM : interdiction de principe

Un conseil municipal peut prendre une délibération de principe interdisant sur le territoire communal la culture en plein champ de plantes génétiquement modifiées.

La culture des OGM, du fait de son impact éventuel sur la santé publique et l’environnement intéresse la commune de Le Thor qui a une vocation essentiellement agricole. Ainsi, la délibération du conseil municipal, interdisant sur le territoire communal la culture en plein champ de plantes génétiquement modifiées, constitue un intérêt public local au sens du CGCT (article L.2121-29).

Selon le juge Les cultures d’OGM créent un risque pour les nombreux agriculteurs labélisée» agriculture biologique», les zones classées de protection Natura 2000 et naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) et les vins d’appellation AOC Côtes du Rhône et Coteaux d’Avignon qui se trouvent sur le territoire de la commune.
L’assemblée délibérante a rendu publique une position de principe sur la question de la culture des OGM, sans édicter d’interdiction de ce type de culture dans la commune. Seul ministre de l’agriculture a un tel pourvoir de police spéciale en la matière.

Par cette délibération elle invite l’Etat à prendre en compte l’intérêt de la santé publique et de la protection de l’environnement lorsqu’il autorise les cultures d’OGM et, pour sa part elle s’y oppose.
Le tribunal administratif de Nîmes a donc jugé que Lire la suite

Un Plan de relance trop déconnecté du Grenelle

Actu-Environnement.com, Agnès Sinaï, le 4 février 2009

Un Plan de relance trop déconnecté du Grenelle de l’environnement

Alors que le nouveau président des Etats-Unis a annoncé un plan de relance centré sur l’indépendance énergétique américaine qui devrait déclencher la création de 460.000 emplois dans les trois prochaines années, le premier ministre, François Fillon a lancé 1.000 chantiers d’investissements dont la plupart sans rapport avec les orientations adoptées par la loi Grenelle.

Restauration de la flèche de Notre Dame, construction d’établissements pour personnes âgées, halles des sports réhabilitées, rénovation des nécropoles nationales, projet de pôle pour les nanotechnologies à Saclay, installation de connexions wi-fi à bord du TGV Est, rénovation de logements à Kerguelen… Doté de 11,1 milliards d’euros directement investis par l’Etat, auxquels s’ajouteront 4 milliards d’investissements supplémentaires réalisés par les grandes entreprises publiques ou assimilées (EDF, SNCF, RATP, GDF-Suez, La Poste), le plan de relance présenté par François Fillon le 2 février concerne quatre grands domaines : infrastructures et équipements civils (870 millions d’euros), enseignement supérieur et recherche (731 millions), patrimoine (620 millions), ainsi que des dispositifs de soutien à l’investissement en faveur des collectivités locales (2,5 millions au titre du Fonds de compensation de la TVA) et des entreprises (8 milliards de prêts sur fonds d’épargne). Ce catalogue de mille mesures hétéroclites est majoritairement concentré sur l’entretien et l’extension de l’existant plutôt qu’en faveur d’une nouvelle orientation de l’économie, au service, par exemple, de l’environnement et de la réduction des consommations d’énergie, de la promotion de l’agriculture biologique et de la préservation des ressources naturelles.
Un Green New Deal introuvable

Alors que le Grenelle de l’environnement avait donné l’impulsion à ce qui aurait pu devenir un Green New Deal national, le plan de relance du Premier ministre donne l’impression de rester très majoritairement dans la logique du business as usual. Des routes et des autoroutes, mais pas de financements décisifs pour les transports en commun urbains, des rénovations de bâtiments anciens, mais pas de plan d’ensemble de réhabilitation du logement social, ni d’engagement substantiel en faveur de la construction d’écoquartiers à basse consommation, une aide de 100 millions d’euros à 50.000 propriétaires occupants modestes, soit un saupoudrage de 2.000 euros par logement au lieu des 20.000 nécessaires (une réhabilitation aux normes prévues par le Grenelle coûte 300 € le m2)… La création d’emplois attendue n’est pas chiffrée, pas plus que les conséquences du plan en termes d’émissions de gaz à effet de serre ou l’anticipation de l’impact de grandes infrastructures, telles que le canal Seine-Nord.

Côté transports, la construction de trois nouvelles autoroutes est prévue : A63 Bordeaux-Espagne, A150 Rouen-Le Havre et A355 (Grand contournement Ouest de Strasbourg), alors que le Grenelle avait abouti au gel de ces 3 projets autoroutiers. Un milliard d’euros seront dépensés en 2009 sur le réseau national au lieu des 800 millions prévus. Selon la Fédération nationale d’usagers de transports (FNAUT), outre qu’elle induit peu d’emplois, la création de nouvelles routes ou autoroutes brouille le message du Grenelle : c’est un signal psychologique déplorable. D’autant que la France est déjà bien dotée en infrastructures routières, mais sous-équipée en transports urbains collectifs, qui, selon la FNAUT et un rapport récent du Programme des Nations Unies pour l’Environnement1, créent deux fois plus d’emplois, à dépense égale, que le transport routier, pour la plupart pérennes et par définition non délocalisables. Selon un communiqué conjointement publié par le GART (Groupement des autorités responsables de transport) et les Communautés urbaines de France, les élus locaux déplorent que l’État n’ait pas favorablement répondu à la demande des associations représentant les collectivités locales : soutenir l’investissement dans les transports en commun en site propre et dans le matériel roulant.
Le secteur automobile tire son épingle du jeu Lire la suite

Réchauffement : ultimes avertissements des spécialistes

novethic.fr, Maxence Layet, le 4 février 2009

Réchauffement : ultimes avertissements des spécialistes

Le consensus est net. Plusieurs ouvrages, parus entre la fin 2008 et début 2009, aboutissent aux même conclusions. Il reste moins d’une décennie pour obtenir une baisse significative des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine. Au-delà, la réaction en chaîne climatique, visible en moins de deux générations, deviendra incontrôlable.

Banle-bas de combat ! Côté climat, les avertissements pleuvent en ce début d’année et s’inscrivent dans une véritable convergence internationale. Un consensus notamment relayé par le Worldwatch Institute, un organisme américain de recherche environnemental. « Nous avons le privilège de vivre à un moment de l’histoire où nous pouvons prévenir une catastrophe climatique qui rendrait la planète hostile au développement de l’homme et de son bien-être, » rappelle ainsi Robert Engelman, l’un des directeurs de l’ouvrage « State of World 2009 » rédigé par 47 experts. Le plus grand nombre jamais rassemblés au sein de l’état des lieux annuel du Worldwatch Institute. Parue mi-janvier 2009, sa 26e édition se consacre à « un monde qui se réchauffe ». Selon ce panel d’experts, le temps manque pour suffisamment réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Le calme avant la tempête…

Depuis le milieu du 18e siècle, les températures moyennes ont déjà globalement augmenté de 0,8°C. Un degré supplémentaire est d’ores et déjà attendu du fait de l’inertie thermique de la planète et des quantités de GES accumulés entretemps dans l’atmosphère. « Le monde va devoir réduire ses émissions plus drastiquement que prévu, résume le Worldwatch Institute, pour essentiellement ne plus émettre de C02 d’ici 2050 si l’on veut éviter une perturbation catastrophique du climat mondial. » Pour l’un des auteurs du rapport, le climatologue William Hare, il est même impératif que les émissions déclinent au point de devenir négatives après 2050. Sous peine de déclencher un emballement des températures et un compte à rebours climatique lourd de menaces.

A lire les scénarios du quatrième rapport de synthèse du GIEC, le groupe international d’experts de l’évolution du climat, la hausse des températures d’ici 2100 serait comprise entre + 1,1 et + 6,4 C°. C’est l’échelle adoptée par le journaliste Mark Lynas pour détailler dans « Six degrés » (Dunod) les multiples conséquences du réchauffement climatique. Acidification des océans et disparition du plancton, longues périodes de sécheresse, pénurie d’eau douce, érosion des sols et de la biodiversité, zônes côtières condamnées à être submergées… Son voyage dans le temps, au-delà des 2 degrés, se transforme en enfer sur Terre. « Les rétroactions climatiques lentes – retrait des glaces, modifications du cycle du carbone – sont désormais mieux prises en compte. Toutes tendent à confirmer l’urgence de réestimer le taux de réchauffement prévu, » écrit le journaliste britannique. Il nous reste moins d’une décennie pour commencer à réduire nos émissions. »

Deux degrés, point de bascule ?

Pour le GIEC, c’est bien en 2015 que les émissions globales doivent culminer Lire la suite