Hulot : Le Grenelle n’est pas mort, mais…

RTL info, Jean-Michel Aphatie, le 4 février 2009

Nicolas Hulot : « Le Grenelle de l’environnement n’est pas mort ! » (vidéo)

A 48 heures de l’intervention radiotélévisée de Nicolas Sarkozy, le président de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mercredi matin. Nicolas Hulot est revenu sur le Grenelle de l’environnement, qui, pour l’instant, est passé en second plan dans la politique gouvernementale. L’animateur de télévision s’est attaché à rappeler que « le Grenelle de l’environnement n’est pas mort ! »

tous les sons

Le président de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme est « l’invité de RTL »

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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Nicolas Hulot.

Nicolas Hulot : Bonjour.

Le Premier ministre présentait, lundi à Lyon, les 1.000 projets qui concrétisent le Plan de relance de l’économie du gouvernement ; et le journal « Les Echos », hier, notait ceci : « Dans son discours à Lyon, François Fillon n’a pas fait la moindre allusion au Grenelle de l’Environnement et à l’idée de profiter du Plan de relance pour rendre la France plus sobre en carbone ». Le Grenelle de l’Environnement : pour l’opinion publique, c’est vous Nicolas Hulot. Vous a-t-on roulé dans la farine ?

Non. Il faut éviter d’avoir des jugements aussi radicaux. D’abord, le Grenelle n’est pas mort, puisqu’il y a la loi Grenelle 2 qui doit venir au Parlement bientôt. Donc, avec les moyens d’application. On verra ce que les députés, les sénateurs en feront. Il n’est pas mort, mais il n’a pas beaucoup de couleur !

Non. Ce que je pense, ce qui est plus important et peut-être plus triste : c’est que le basculement n’a pas eu lieu ; c’est-à-dire que je pense qu’on n’a pas encore mesuré l’importance des enjeux. C’est-à-dire que le Grenelle, c’est une chose ; mais je l’ai toujours dit : ce n’est pas un aboutissement. Ce n’est pas l’alpha et l’omega de la révolution écologique.
Ce qu’on voit bien, c’est que dès qu’un événement extérieur survient. Actuellement on traverse une crise qui est une crise importante, certes mais qui n’est rien en comparaison de la crise qui surviendra lorsque les facteurs climatiques conjugués à la pénurie des ressources et des matières premières sur lesquelles repose toute notre économie, arrivera. Et ce qui est dommage, c’est qu’on voit bien qu’il y a une logique qui reprend le dessus.
Regardons simplement le Plan de relance avec quand même des sommes considérables. Elles ne sont pas suffisamment conditionnées à des normes environnementales strictes. Ce qui avait été acté au moment du Grenelle, c’est qu’il y a un certain nombre de choses auxquelles on allait progressivement renoncer et qu’il y a un certain nombre de choses auxquelles on allait maintenant venir. Prenons, par exemple, en matière de transport. On avait pratiquement sonné le glas du tout routier et autoroutier. On est reparti sur des chantiers qui vont nous remettre dans une augmentation de nos émissions de gaz à effet de serre.
Vous n’avez pas été consulté pour le Plan de relance ? Vous n’avez pas eu l’occasion de dire ça avant que le Plan de relance ne soit finalisé ?

Non. Non. C’est dommage parce qu’il y a eu une occasion-là extraordinaire ; il y a un bras de levier à la fois de créer de l’emploi et à la fois de rentrer enfin dans une société de l’après-carbone parce que je rappelle qu’il y a quand même deux éléments qui nous obligent à sortir du carbone : c’est la fin annoncée du pétrole et c’est nos engagements : division par 4 de nos émissions de gaz à effet de serre. Lire la suite

Les vins de Bordeaux ont réalisé leur Bilan Carbone©

eco-life.fr, Marie Varasson, le 23 janvier 2009

La filière viticole n’a pas à rougir de son Bilan Carbone©

Après le Champagne, les vins de Bordeaux ont réalisé leur Bilan Carbone©. Du raisin aux verres, le plus émetteur n’est pas forcément celui qu’on croit. Sous la houlette du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), la filière vin de Bordeaux a entrepris son Bilan Carbone©. Un suivi fastidieux des processus de transformation et de production du précieux nectar, réalisé dans le but de « s’adapter aux conséquences du changement climatique et d’apporter des solutions concrètes à tous les producteurs de la région », explique Florent Labadie Œnologue et Responsable Qualité/Environnement aux Vignobles Despagne. Une initiative bien accueillie dans les vignobles, où les accusations de pollution sont le lot quotidien des exploitants. « On m’apostrophe souvent en me disant que je suis un pollueur, qui ne respecte pas la nature« , explique Pierre-Henri, exploitant dans le Médoc. « Avec ce bilan carbone, notre transparence sera totale et lèvera le doute sur de fausses vérités« , ajoute-t-il.

Car en-dehors des pesticides, la filière émet 200 000 tonnes équivalent carbone par an, soit les émissions annuelles de 90 000 Français (2,2 tonnes par personne et par an). De la récolte au verre, neuf postes ont été méticuleusement recensés : fret, déplacement des personnes, matériaux entrants, immobilisation en cave, émissions non énergétiques, fin de vie d’emballage, fin de vie des déchets directs, énergie viticulture et énergie hors viticulture.

Plus gros poste d’émissions, les matériaux entrants – produits chimiques, métaux, papiers carton, plastique, liège, verre et sucre – représentent à eux seuls 43% des gaz à effet de serre émis, soit 85 000 tonnes. Responsable principal, le verre, génère 42 600 tonnes équivalent carbone – soit 49% des émissions des matériaux entrants – tandis que les bouchons de liège n’en représentent que 2%. Le fret (aérien et fournisseur) constitue 18% des émissions du secteur, talonné par les déplacements des personnes à 12%.

– Saint-Gobain a lancé plusieurs programmes de recherches –

Pour réduire ces émissions, le CIVB a édicté une liste de recommandations et cible le verre en premier lieu. Responsables de plus de 21% des émissions totales de la filière, la fabrication et le transport des bouteilles consomment beaucoup d’énergie. Premier fournisseur des exploitants, Saint-Gobain a lancé plusieurs programmes de recherches destinés à réduire les émissions des fours et celles liées au transport de leurs produits. Récoltées à hauteur de 60%, les bouteilles commercialisées par le fabricant sont ensuite recyclées dans leur intégralité. L’entreprise a lancé un programme de recherche pour réduire le poids de ces bouteilles. « Le marché était fortement demandeur de cette innovation », explique Mathilde Hebert, Responsable Développement Marketing de Saint-Gobain Emballage. « Pour les bouteilles tradition, notre cœur de gamme, les recherches ont permis de réduire de 15% le poids du contenant », ajoute-t-elle.

Tandis que l’usine écologique Cameron, dédiée à la production de bouteille, a déjà ouvert ses portes à Pittsburg, aux Etats-Unis, le CIVB promet de réduire les émissions de la filière viticole française de 30 000 tonnes, d’ici à 5 ans. Pour ce faire, les transports par avion et le fret routier sont montrés du doigt. L’objectif pour 2050 est de réduire par quatre les émissions du secteur, tant du côté des viticulteurs que de leurs sous-traitants.

Pour éviter de faire tache, la filière viticole s’adapte. Lire la suite

Le climat est-il devenu fou ?

Le Figaro, Patrice de Meritens, le 30 janvier 2009

Le climat est-il de venu fou ?

« Le réchauffement est l’une des formes perverses de la croissance économique », observe Emmanuel Le Roy Ladurie. « Et c’est maintenant qu’il faut passer à l’action », répond Jean Jouzel.

Le Figaro Magazine – On ne cesse de parler du réchauffement de la planète et on est tout surpris de se retrouver avec un hiver glacé…

Jean Jouzel – Même dans un contexte de réchauffement climatique, il est normal d’observer des hivers plus froids que d’autres. Sur les deux prochaines décennies, la tendance moyenne du réchauffement devrait être de 2/100e de degré par an, donc difficilement perceptible d’une année sur l’autre. Il faut regarder le phénomène dans la durée, avec une véritable perspective historique. Le réchauffement est patent depuis un demi-siècle, mais il y aura toujours des hivers froids. De même, un été très chaud ne constitue-t-il pas à lui seul le témoignage d’un réchauffement climatique.

Emmanuel Le Roy Ladurie – On observe en effet un espacement plutôt qu’une disparition des hivers rudes. Leur dernière grande série date de 1985-1986-1987.

Jean Jouzel – Les hivers très froids s’espacent dans une perspective de réchauffement climatique lié à l’activité humaine, lequel se superpose à la variabilité naturelle. Les gaz à effet de serre ont abouti à une accumulation de chaleur dans les basses couches de l’atmosphère. Ajoutez à cela les mécanismes d’amplification : quand l’océan se réchauffe, il y a plus d’évaporation, plus de vapeur d’eau – un gaz à effet de serre – dans l’atmosphère, ce qui accentue le réchauffement global. Nous sommes dans un mécanisme non pas vertueux mais d’aggravation, qui aboutit à l’inéluctabilité du réchauffement climatique.

Emmanuel Le Roy Ladurie – Cela étant, la fonte des glaciers a commencé assez tôt. Quoi qu’en dise un grand cinéaste qui prétendait les Suisses incapables d’invention, ces derniers, excellents en matière de glaciologie, estiment qu’il y a eu des vagues de chaleur dès la décennie 1860 : elles ont déclenché le retrait glaciaire. Le véritable ré chauffement, pourtant, n’est devenu flagrant qu’à partir de la canicule de 1911. On le voit sur la courbe mondiale, qui est sérieuse même si d’aucuns déclarent qu’il y avait trop peu de thermomètres en fonction à l’époque. Par ailleurs, on a connu un rafraîchissement climatique entre 1950 et 1975…

Jean Jouzel – Oui, le léger refroidissement des années 60 a pu avoir pour origine l’activité de volcans importants : leur éruption a projeté dans l’atmosphère d’immenses nappes de poussières qui ont bloqué les rayons du soleil, influant sur la température. Ce type de refroidissement est assez bref. Il s’étend sur un à deux ans, et peut atteindre quelques dixièmes de degré.

Emmanuel Le Roy Ladurie – L’un des plus célèbres exemples date d’avril 1815, avec l’explosion du volcan de Tambora, dans une île indonésienne. Des flammes mêlées de cendres et de gaz se sont élevées à près de 50 km de hauteur. Outre les 80 000 morts sur place, le réveil de ce volcan a eu des répercussions dramatiques sur le climat terrestre : une « année sans été » (1816) en Amérique et en Europe, causant dans certains pays des disettes et des émeutes de subsistance. Les Européens ont observé des couleurs inhabituelles lors des couchers de soleil, liées aux aérosols et aux dizaines de km3 de poussières dégagées à cette occasion. William Turner a-t-il immortalisé ce phénomène dans ses tableaux ? Cette année-là, Marie Shelley, enfermée sous la pluie dans un chalet près de Genève, accouchait du monstre le plus extraordinaire qui soit sorti de l’imagination d’une jeune femme : Frankenstein ou Le Prométhée moderne – pourrait-on parler d’un « complexe Tambora » ?

Jean Jouzel – Le deuxième facteur du refroidissement observé dans les années 60 est la pollution atmosphérique par le biais d’aérosols, facteurs eux aussi d’obscurcissement de l’atmosphère et de refroidissement. N’oublions pas que les Trente Glorieuses ont vu un développement industriel sans précaution. Dans les reconstructions climatiques, on explique assez bien cette pause.

Le Figaro Magazine – Pour autant, le réchauffement continue…

Jean Jouzel – Le problème est en effet devant nous. Si aucune mesure n’est prise, le réchauffement en Europe de l’Ouest pourrait atteindre de 4 à 6 °C dans la seconde partie du XXIe siècle. Si l’on souhaite le limiter à 2 °C par rapport au climat pré-industriel, ce qui est l’objectif de l’Europe, il faut diminuer nos émissions de gaz à effet de serre par deux, voire par trois, d’ici à 2050, puis poursuivre cet effort. C’est un véritable défi, surtout si l’on songe que ces émissions n’ont jamais augmenté aussi rapidement qu’actuellement. Il faut qu’elles soient stabilisées d’ici à 2015 au plus tard. Nous ne subissons pas encore les conséquences adverses du réchauffement, c’est pourquoi le message a du mal à passer. Pourtant, c’est maintenant qu’il faut passer à l’action. Lire la suite

Nouvelle infolettre sur la filière bois en Midi-Pyrénées

Midi-Pyrénées bois, le 4 février 2009

Nouvelle infolettre sur la filière bois en Midi-Pyrénées

Toute l’équipe de Midi-Pyrénées bois est très heureuse de vous annoncer la naissance d’une nouvelle infolettre économique consacrée à la filière bois.

Cette infolettre offre une sélection d’informations transversale sur la filière qui permet d’appréhender les enjeux des mutations que nous sommes en train de vivre et de mieux comprendre l’impact du changement de paradigme que nous devons réaliser avec le Développement Durable.

Nous espérons que vous serez parmi les premiers à vous abonner à cette infolettre gratuite et qu’elle deviendra pour vous rapidement indispensable.

N’hésitez pas à diffuser autour de vous l’annonce de cette naissance …
Pour visualiser le Numéro du 19 janvier et vous abonner : cliquez ici <http://cgi.dolist.fr/online.asp?l=2061-28-7872-d81a3597> <http://cgi.dolist.net/member_subscribe.asp?l=2061>

 

Re)lire Arne Næss : écologie, métaphysique et action

Re)lire Arne Næss (1912-2009) : écologie, métaphysique et action

philosophie.blogs.liberation.fr, Charles Ruelle, le 4 février 2009

L’écologie est née science, elle est devenue politique. Mais si la politique est la science des fins, il semble bien que l’écologie ait été vidée de sa substance, utilisée comme elle l’est actuellement en tant que slogan ou moyen marketing. Mais à quoi sert-il de prétendre vouloir protéger la nature, dès lors que le seul but recherché est la poursuite d’objectifs contradictoires sans cesse reconduits – ceux de la croissance et l’enrichissement matériel – ou la transformation radicale de nos modes de vie sans véritablement connaître ou sans s’en donner les vrais moyens ?

Une question fondamentale se pose donc à nous : que voulons-nous donc vraiment ? Quelles sont les valeurs qui, selon nous, doivent gouverner nos actions ? La question n’appelle pas seulement une analyse en termes de critique sociale, mais elle demande une réponse métaphysique. Car il ne peut y avoir d’écologie politique ou de politique de l’écologie sans une profonde interrogation sur nos principes et nos valeurs ultimes, sur ce qui fait que nous agissons aujourd’hui, dans nos sociétés industrielles, de manière contraire à nos intuitions premières, et sur les conditions d’harmonisation de ces intuitions avec les fins de nos actions.

Le philosophe norvégien Arne Næss, mort le 12 janvier 2009, avait sans doute mieux que nul autre compris cette nécessité de repenser nos impératifs métaphysiques et culturels afin de résoudre la crise environnementale. Il en avait fait son principal objectif en fondant, dans les années 1970, l’écologie profonde, un mouvement philosophique et politique caractérisé par un ensemble de grands principes, de normes et de valeurs extraits d’une réflexion critique en profondeur sur les fondements de notre culture religieuse, industrielle, etc., et susceptibles d’inspirer des actions respectueuses de l’environnement.

En opposition à l’écologie «superficielle» dont l’unique caractéristique est la «lutte contre la pollution et l’épuisement des ressources» et selon laquelle «une action décousue sur les structures économique, sociale et technologique est adéquate» pour résoudre la crise environnementale, l’écologie profonde propose un retour aux prémisses ultimes de nos actions, et la transformation de notre vision du monde.

Arne Næss a formulé et corrigé à de nombreuses reprises les principes fédérateurs de son mouvement, dont les plus remarquables sont le rejet de l’image de l’homme-dans-l’environnement, au profit d’une conception relationnelle du monde (l’homme n’est pas un empire dans un empire mais un nœud au sein d’un tissu de relations), et l’affirmation de l’égalitarisme biosphérique («de principe»), à savoir le droit égal de vivre et de mourir pour toute espèce. La question des modalités et la justification de l’attribution d’une valeur intrinsèque, ou inhérente, à d’autres êtres que l’homme par les philosophes de l’environnement n’a pas manqué de susciter nombre de discussions, notamment dans le cadre de l’éthique environnementale qui s’est particulièrement développée aux États-Unis ou en Australie (cf. H.-S. Afeissa, Ethique de l’environnement, Vrin, 2007)

Næss occupe toutefois dans ce champ une position singulière, restant très discret par rapport aux débats sur la valeur intrinsèque. Tandis que l’éthique environnementale s’est généralement concentrée sur une ontologie des valeurs (quelles sont les modalités d’existence et de justification de la valeur intrinsèque?), Næss a consacré la majeure partie de son œuvre d’écophilosophe à la construction d’une ontologique générale (de quoi l’univers est-il fait ?) cohérente avec les données de l’écologie scientifique (selon laquelle «tout dans la nature vivante est interconnecté»). Mais il s’est aussi, et surtout, impliqué dans l’élaboration d’une systématique permettant de dériver, à partir d’un ensemble de normes premières et d’hypothèses, d’autres normes plus précises capables d’orienter des directives et des actions concrètes.

 

Næss pensait en effet que «l’entière signification d’une théorie peut uniquement se révéler Lire la suite

France 2 le 4 février : Une soirée dédiée au chang. climatique

France 2 le 4 février : Une soirée dédiée au changement climatique

Rendez-vous mercredi 4 février sur France 2 qui consacre une soirée spéciale aux conséquences du réchauffement de la planète :

20H35 : diffusion du documentaire inédit « Les temps changent » dont le scénario est basé sur les travaux du GIEC (groupe de scientifiques chargé par l’ONU de l’étude du réchauffement de la terre et qui a obtenu le Prix Nobel de la Paix en 2007).
– 22h10 : émission spéciale sur le changement climatique, avec la participation de l’ADEME.