Vélorution à Bordeaux : le retour. Rencontre le 5 février

velorution.org/bordeaux, le 3 février 2009

Après les grandes heures de la vélorution bordelaise, où des centaines de cyclistes envahissaient la chaussée pour faire reculer la société du tout-automobile, le mouvement a quelques difficultés à retrouver une dynamique. On pourrait espérer que c’est parce que la vélorution n’a plus lieu d’être, et que la situation s’est arrangée dans nos villes et dans nos vies…

Il n’en est rien, et les questions d’énergies, de pollution, de réchauffement climatique, d’aménagement du territoire deviennent un peu plus préoccupantes chaque jour, sans que la place de la voiture ne soit remise en cause.

C’est pour cela qu’il nous semble pertinent et nécessaire de continuer cette lutte !

Rassembler les vélos, rollers, fauteuils, trottinettes, pieds… pour rendre visible la place habituelle et omniprésente de la voiture, et profiter de ces moments pour se réapproprier la rue et l’espace public dans un cadre festif. Mais pour que cette action ait un sens, il faut être nombreux-ses à lui en donner un.

Nous proposons donc une rencontre jeudi 5 février Lire la suite

Kempf : Dépasser la dictature du PIB par l’empreinte écolo

Le Monde, Hervé Kempf, le 31 janvier 2009

Dépasser la dictature du PIB

Prononcez le mot de « décroissance » devant un économiste, et vous le verrez lever les yeux au ciel, vous accuser de vouloir la misère du tiers-monde et, vraisemblablement, tourner les talons en fulminant contre les écologistes rétrogrades. Mais il se trouve que… nous sommes déjà en décroissance. Par la crise, qui fait reculer pour la première fois depuis longtemps le niveau du produit intérieur brut (PIB) ? Non. Du fait de l’atteinte continue que l’humanité inflige au capital naturel de la planète, c’est-à-dire à l’ensemble des ressources biologiques qui servent de support à ses activités.

Mais, si cette atteinte est documentée par des milliers d’études sur le changement climatique, la crise de la biodiversité, la multiplication des pollutions, elle souffrait de ne pas pouvoir être synthétisée par un indicateur significatif. Rien à opposer au règne du PIB – qui en est venu à devenir le fétiche de l’enrichissement et du bien-être. Hausse du PIB, bien. Baisse du PIB, mal. Et quand le PIB monte, et que pourtant, la société exhibe de manière de plus en plus manifeste ses malaises et ses tensions, c’est… qu’il ne monte pas assez ! Quant à la crise écologique, eh bien, c’est une autre affaire, que le PIB ne peut pas mesurer, et qui est donc secondaire…

NOUVEAUX INDICATEURS

De la même manière qu’il a fallu passer de la médecine des docteurs moqués par Molière à la médecine infectieuse inspirée par Pasteur, de même il faut passer d’une « science économique » à une vision de la société humaine au XXIe siècle qui pense la prospérité générale en relation avec son environnement. Il y faut, pour commencer, de nouveaux indicateurs. La bonne nouvelle est que, depuis une dizaine d’années, un tel indice s’est progressivement développé et affermi : « l’empreinte écologique » suscite un intérêt croissant dans les milieux académiques.

Le livre d’Aurélien Boutaud et Natacha Gondran vient donc à point : expliquant en termes clairs et rigoureux la méthode élaborée par Mathis Wackernagel et William Rees depuis une dizaine d’années, il est à notre connaissance la première présentation en français de cet outil essentiel. L’exposé commence par la question première : « En quoi la capacité de l’environnement à répondre à nos besoins actuels et à venir est-elle limitée ? » Pour le comprendre, un rappel du fonctionnement général de la biosphère souligne le jeu des interrelations qui s’y établissent et que l’énergie en est fournie par le Soleil, à travers différentes formes dont celle, essentielle, de la photosynthèse.

L’économie est ramenée à la modestie : « La sphère des activités humaines (« l’éconosphère ») est intimement dépendante de la biosphère dont elle tire son énergie et ses matières premières. » Donc, « l’activité humaine ne saurait continuer à se développer sur le long terme si la biosphère venait à être trop gravement endommagée« . Mais « l’éconosphère mobilise-t-elle aujourd’hui davantage de services issus de la biosphère que celle-ci peut en régénérer ? »

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L’étalement urbain est-il inévitable ?

eco-life.fr, Cris Beauchemin propos recueillis par Diana Semaska, le 2 février 2009

Chercheur à l’Institut national d’études démographiques (Ined)

« L’espérance de vie va atteindre une limite »

En 2005, les démographes de l’ONU annoncèrent une population de 9 milliards d’êtres humains pour 2050, dans leur rapport intitulé « Projections démographiques mondiales (1950-2050) ». Un modèle de calcul prospectif parmi d’autres, mais qui reste toujours d’actualité.

(ECOlife) Comment peut-on évaluer la population humaine sur Terre ?

(Cris Beauchemin) Un chiffre comme 9 milliards d’humains est le résultat d’un modèle. Pour se projeter dans l’avenir, on doit en effet faire des conjectures sur l’évolution de la mortalité et de la natalité. Autrement dit, on fait des paris sur les évolutions à venir, ce qui nous permettra de faire une projection de la population sur plusieurs années.

Selon le contexte dans chaque pays, on imagine dans quel sens et à quel point la mortalité et la natalité – ou la fécondité – vont évoluer. Comme personne ne peut prédire l’avenir précisément, on fait plusieurs hypothèses. En général, c’est l’hypothèse moyenne qui est retenue… En fait, les démographes tiennent compte de la lancée sur laquelle se trouvent les populations actuelles.

Mais c’est un exercice difficile et sans garantie de résultats. Des chiffres à prendre avec précaution, donc !

Vivra-t-on toujours de plus en plus vieux, comme ce fut la tendance jusqu’à présent dans les pays développés ?

Oui et non. Oui, parce que même dans les pays où l’espérance de vie est déjà très élevée, comme en France, elle tend encore à reculer. L’espérance de vie a presque doublé au cours du XXème siècle. En 2004, elle dépassait 80 ans. Sauf quelques exceptions dramatiques liées à la dégradation des conditions de vie (guerre, désastre économique…), dans tous les pays, on vit de plus en plus vieux.

Non, parce qu’il y a un moment où l’espérance de vie va atteindre sa limite, car celle-ci ne peut pas reculer indéfiniment.

Les démographes tiennent cependant toujours compte des évolutions récentes. S’il y a une épidémie de grande ampleur dans un pays où l’espérance de vie était jusqu’alors élevée, ils changeront leur modèle pour l’année en cours en incluant ce facteur.

A 9 milliards sur la planète, nous ne tiendrons pas tous dans les villes actuelles. L’étalement urbain est-il inévitable ?

Non, puisque d’une part, l’étalement urbain est une forme spécifique d’urbanisation qui consiste à consommer beaucoup d’espace pour peu de personnes. Une ville peut être conçue sans étalement urbain, c’est-à-dire en permettant à chacun d’avoir un espace vital à proximité. L’étalement urbain n’est pas une fatalité : avec un peu de volonté et des moyens, les municipalités, les régions peuvent décider de favoriser la construction de quartiers denses. Et la densité n’est pas forcément désagréable. C’est un problème d’aménagement.

D’autre part, l’urbanisation ne galope pas autant qu’on le croit. Rien ne dit que les humains vivront tous en ville. Mais il est certain que la population augmentera dans les campagnes également. Même si un rapport récent de l’ONU déclare que le monde est de plus en plus urbanisé, la vitesse de développement des villes ralentit. Nous sommes très en-deçà des projections faites il y a 20 ou 30 ans.

Ce qui signifie qu’il existe un exode urbain ? Lire la suite

Le pari mondial de la croissance verte

lemonde.fr, Antoine Reverchon, le 2 février 2009

Le pari mondial de la croissance verte

Aide fiscale aux énergies renouvelables et à l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments, rénovation du réseau électrique, subventions à la recherche et au développement de produits et de services moins polluants dans l’industrie et les transports, normes environnementales plus sévères… L’une, l’autre ou plusieurs de ces mesures se retrouvent dans le plan de relance de 819 milliards de dollars (639 milliards d’euros) voté par la Chambre des représentants américaine le mercredi 28 janvier, et dans le plan de relance de 26 milliards d’euros adopté par le Parlement français le lendemain, dont les mesures devaient être détailléees le 2 février par le premier ministre, François Fillon.

Mais au-delà des effets attendus à court terme sur l’emploi et l’activité, ce  » verdissement  » des plans de relance, que l’on retrouve en Chine, en Allemagne, au Japon, pose les jalons du basculement d’un modèle économique basé sur le pétrole et responsable du réchauffement climatique, vers un modèle gérant au mieux les ressources de la planète.

Barack Obama s’est inspiré du programme  » Repower America  » élaboré par Al Gore, l’ancien vice président de Bill Clinton, qui prévoit de mettre en place en dix ans un modèle énergétique rendant les Etats-Unis indépendants du pétrole, et donc des pays producteurs. La double signification de power (pouvoir et énergie) prend ici tout son sens. Il s’agit de changer de système économique et de résoudre un problème de sécurité nationale. En France, 35 % des investissements prévus par le plan  » anticipent sur l’application du Grenelle de l’environnement « actuellement discuté au Sénat, a affirmé Nathalie Kosciusko-Morizet, l’ex-secrétaire d’Etat à l’environnement.

Mais le risque est alors de voir l’argent public s’engouffrer dans des secteurs ou des technologies non viables. Ceci simplement parce qu’ils bénéficient d’un meilleur lobbying ou d’un effet de mode, redoute l’économiste américain Robert Bell (City University of NewYork M. Bell a mis en évidence les gaspillages engendrés par certains choix technologiques à Washington. De même, ajoute-t-il, des incitations fiscales, couplées au comportement mimétique des marchés financiers, peuvent conduire les investisseurs à créer une nouvelle bulle financière sur la  » green tech ».

Pour que les pouvoirs publics, mais aussi les agents économiques – entreprises, investisseurs et consommateurs – ne s’égarent pas dans un maquis de promesses parées des vertus de l’écologie, les économistes estiment que les prix des biens et services consommés doivent intégrer le coût de leurs effets réels sur le climat, via un prix par tonne de CO2. Seul ce  » signal prix « , indique Cédric Philibert, économiste à l’Agence internationale de l’énergie, peut inciter les industriels à investir dans des technologies propres, les investisseurs à mesurer le risque de leurs choix, les ménages à adopter un mode de consommation plus durable.

L’économiste britannique Terry Barker(Cambridge) a même mis au point un modèle économique montrant que plus le prix du carbone est élevé, plus les investissements massifs que cette contrainte entraîne génèrent une croissance forte, explique son collègue Patrick Criqui (université de Grenoble) . Mais les économistes se divisent sur l’instrument le plus apte à émettre le signal prix : le marché, où entreprises et Etats échangent les tonnes de CO2 au-delà ou en deçà des quotas qu’ils sont autorisés à émettre ? Ou bien la fiscalité, qui taxerait les biens et les services au prorata de leur teneur en carbone ? Les risques de volatilité excessive du prix de la tonne de carbone sur un marché d’autant plus imparfait qu’il n’inclut pas les émissions de l’Inde ou de la Chine font préférer la solution de la taxe carbone à certains. Lire la suite

Changer de modèle de développement économique

projetdeterritoire.com, Bertrand Mary, le 28 janvier 2009

Changer de modèle de développement économique

Les 5èmes Assises du Développement Durable, organisées par la Région Rhône-Alpes, en partenariat avec l’ARF, la Ville et la Communauté urbaine de Lyon se sont déroulées du 19 au 21 janvier.

Intitulé “Trouvons la richesse : qu’est-ce qui compte vraiment pour vous ?”, le thème des Assises était placé cette année sous le signe de la crise de la croissance et de “la fin de partie pour le modèle productiviste”, selon les termes de Didier Jouve, vice-président à l’aménagement, à l’animation des territoires et au développement durable du conseil régional Rhône-Alpes.

Rencontres-débat autour d’enjeux majeurs

Représentants de collectivités, d’entreprises et d’associations, syndicalistes, chercheurs et consultants, mais aussi simples citoyens, ont participé à des dizaines de tables-rondes, débats et ateliers. En mettant au coeur des travaux la thème de “la richesse”, ces journées ont permis de traiter sous des angles multiples la question – trop rarement abordée dans les territoires – d’une meilleure prise en compte de la dimension économique du développement durable.

Plusieurs sujets majeurs, fondateurs d’une approche renouvelée de l’économie ont été abordés : la définition des valeurs données aux biens, le choix de la bonne échelle pour articuler l’économie, l’homme et son territoire ou encore un mode de partage des savoirs favorable à une économie plus démocratique … Les échanges et témoignages ont permis d’apporter un éclairage sur des avancées – certes progressives, mais parfois très concrètes – vers une économie plus respectueuse des ressources et du facteur humain, conduites souvent avec des entreprises : dans le domaine du management environnemental, de l’”éco-conception”, de l’économie de fonctionnalité (remplaçant la vente d’un bien par la vente de son usage) , de l’implication des salariés dans des démarches de “responsabilité sociétale” des entreprises, etc.

Synthèse des propositions

Parallèlement aux rencontres-débat, les participants étaient invités à contribuer à l’élaboration de propositions. Les travaux issus de cet exercice de construction collective ont été présentés au cours d’une séance finale de restitution, devant près de 500 personnes.

Pour le thème “Changer de cap”, l’accent a été mis sur la notion de “sphère publique”, permettant de maintenir des services tels que l’eau, la santé, les transports ou le logement social sous le contrôle de l’autorité publique, afin de les soustraire à la seule loi du marché. Le territoire fut par ailleurs évoqué comme le cadre d’organisation de l’offre de l’ensemble de ces services, mais aussi des activités économiques elles-mêmes – dans une démarche de “relocalisation de l’économie”…

Pour le thème “Changer de repères”, il a été proposé de faire évoluer les indicateurs économiques de référence ; en élargissant la mesure de la création des richesses mesurées par le PIB et sa croissance à celle de l’”évolution du niveau de bien-être”. D’autres repères ont été mis en avant pour appuyer la transformation du modèle de développement dans un sens plus durable : Lire la suite

Europe Ecologie présente ses têtes de listes

cpca.asso, le 3 février 2009

Europe Ecologie présente ses têtes de listes pour les élections du 7 juin prochain

Le 21 janvier dernier, au cours de ses vœux à la presse, Daniel Cohn-Bendit a dévoilé le nom des têtes de liste aux Européennes du rassemblement Europe Ecologie, parmi lesquelles plusieurs personnalités issues du monde associatif.

 Jean-Paul BESSET, journaliste ancien Rédacteur en chef à Politis puis au Monde, proche de Nicolas Hulot, cet ancien de la LCR qui a été chargé de mission auprès de Laurent Fabius conduira la liste Europe Ecologie dans la circonscription Centre / Massif Central ;

 Hélène FLAUTRE, députée européenne depuis 1999, Présidente de la sous commission aux droits humains au Parlement Européen, elle est de nouveau tête de liste pour la circonscription Nord-Ouest ;

 Yannick JADOT, issu du champ de la solidarité internationale, ancien directeur de campagne de Greenpeace France, fondateur et porte parole de l’Alliance pour la planète et l’un des principaux négociateurs durant le Grenelle de l’environnement conduira la liste de la circonscription Ouest ;

 Eva JOLY, magistrate franco-norvégienne retraitée de la Magistrature Française, ancienne juge d’instruction au pôle financier et conseillère du gouvernement norvégien en matière de lutte contre la corruption et la délinquance financière co-conduira la liste de l’Île-de-France aux coté de Daniel COHN-BENDIT ;

Sandrine BELIER, chargée d’enseignement à l’université de Strasbourg notamment sur « démocratie participative et rôle des associations« , ancienne directrice fédérale de France Nature Environnement et représentante des intérêts environnementaux au Grenelle de l’environnement sur les questions de gouvernance et démocratie écologique, elle est tête de liste dans la circonscription Est ;

 José BOVE, Lire la suite

A Périgueux, une coop. d’habitants pour vieillir ensemble

aqui.fr, Nicolas César, le 1er février 2009

A Périgueux, des femmes créent une coopérative d’habitants pour vieillir ensemble

La fin de vie est un moment difficile et délicat. En Dordogne, des femmes ont décidé qu’elles feraient le « dernier bout de chemin » ensemble. Elles ont décidé de créer ensemble une coopérative d’habitants, où chacune aura pour mission d’aider l’autre. Une belle aventure humaine, que nous avons décidé de vous raconter.

« L’idée de vieillir toute seule me fait peur. Et, je n’ai aucune envie d’aller en maison de retraite. On y perd son autonomie. De plus, cela coûte cher, près de 2 000 euros par mois, sans garantie que l’on s’occupera bien de nous », confie Cécile Dalrymple, 71 ans, présidente de l’association « Lo Paratge » (« le partage » en occitan), en Dordogne. Avec une dizaine de personnes de 56 à 82 ans en bonne santé, dont deux hommes, elle a donc décidé de participer à un projet de « compagnonnage solidaire ». « L’objectif est de créer un lieu de vie autogéré, où chacun s’entraidera. Nous voulons aussi que cet espace soit ouvert au monde extérieur. Les habitants participeront à la vie locale, proposeront de l’aide scolaire, des stages de cuisine », souligne Liliane Battais, consultante en environnement et développement local, coordinatrice du programme.

Une coopérative, où chacun doit s’aider pour mieux vivre

L’idée est née fin 2006, lorsqu’une maraîchère et une éleveuse de bovins bio ont envisagé de partager la fin de leur vie. Depuis, elle a fait son chemin. Cette « coopérative d’habitants », qui regroupera quinze appartements de 50 m2 aux normes haute qualité environnementale (HQE) et cinq studios, destinés à accueillir la famille, les proches, ainsi que des espaces collectifs (jardin, cuisine…) doit voir le jour début 2011. Le lieu est déjà fixé. Ce sera à Saint-Julien-de-Lampon, une paisible commune de 576 habitats, au « vert », dans le Périgord. La mairie leur a réservé un terrain viabilisé de deux hectares.

Pour financer le projet, chaque « résident-coopérateur » sera à la fois propriétaire d’une part de la coopérative, à raison d’un investissement de 10 000 euros, et locataire du lieu, pour un loyer mensuel entre 300 et 400 euros, hors charges. Il ne reste plus désormais à la coopérative qu’à Lire la suite