Pourquoi … il faut lutter contre le changement climatique !

Croissance Verte, Karl Desfontaines, le 27 octobre 2008

Pourquoi, malgré d’inévitables incertitudes, il faut lutter contre le réchauffement climatique !

Ce court article a pour objectif de faire comprendre simplement la notion de changement climatique, et les grands dangers associés qui pèsent sur l’humanité le jour où un changement brutal adviendra.

Le climat terrestre est en effet un système de type « chaotique », avec de nombreux états d’équilibre.
Un de ces états d’équilibre est celui du climat actuel dans le monde, en place depuis la dernière glaciation il y a environ 10 000 ans : il est caractérisé par une bonne stabilité, des écarts de températures de l’ordre du °C sur l’ensemble du globe et pas de changements majeurs des équilibres atmosphériques et océaniques. Il y a bien eu quelques modifications non négligeables du climat depuis (ex : la « mini-ère glaciaire » du 15è au 17è siècle), qui semble correspondre à un état d’équilibre distinct mais « assez voisin » de l’état actuel.
A l’inverse, les périodes glaciaires et inter-glaciaires des derniers millions d’années correspondaient à d’autres états d’équilibres, manifestement distincts de l’état d’équilibre actuel.

Afin de mieux comprendre la situation du climat, faisons un parallèle avec un ballon lancé sur un terrain vallonné : le ballon va rouler et finir par se stabiliser au fond d’une vallée / d’un trou, qui est un point d’équilibre (ce qu’on appelle un « minimum local » en physique). Même s’il y a quelques perturbations (ex : un peu de vent tourbillonnant qui le fait bouger légèrement), le ballon va rester dans ce trou. Aujourd’hui et depuis quelques millénaires, le climat terrestre est dans un minimum local : de même, les quelques perturbations du système (éruption volcanique du Krakatoa, déforestation de l’amazonie, hausse du taux de CO2, etc …) perturbent le système mais n’ont pas remis en cause jusqu’à présent l’équilibre global du climat terrestre.

Maintenant, voyons de manière plus détaillée les impacts d’une perturbation du ballon (resp. du climat) par un coup de vent ou de pied (resp. une déforestation massive, une injection de CO2 dans l’atmosphère, un météorite qui tomberait sur la terre, …). Les perturbations vont faire bouger le ballon (resp. modifier le climat) :

Si la perturbation est faible et ponctuelle (petit coup de pied), il va bouger légèrement et revenir approximativement à sa position initiale. Pour le climat, ça peut-être la conséquence d’un gros volcan qui modifie le climat à cause des cendres envoyées dans l’atmosphère : après quelques années, c’est « oublié » (les cendres sont retombées).

Si la perturbation est faible et continue (le vent souffle faiblement dans un direction donnée à une force donnée sur le ballon), le ballon va un peu monter la pente du trou où il est (tout en y restant, le vent étant faible). Pour le climat, un taux de CO2 un peu plus élevé réchauffe légèrement la terre, sans plus de conséquences : c’est apparemment ce que nous observons depuis quelques décennies.

Si le vent souffle plus fort, le ballon va plus remonter (resp. le climat plus se réchauffer) mais l’équilibre reste le même : le ballon ne change pas de vallée. Pour le climat, la température augmente significativement mais l’équilibre global ne change pas vraiment : c’est la seule chose modélisable par les modèles de réchauffement climatique (« x% de CO2 en plus génère une modification de y degrés »). Les modèles climatiques essaient de déterminer la relation complexe entre taux de CO2 et température, et si possible de la différencier par région du globe.

Maintenant, si le vent se met à souffler suffisamment fort, il peut emporter le ballon qui sort de sa vallée et « part à l’aventure », jusqu’à ce qu’il trouve une nouvelle vallée suffisamment profonde et/ou à l’abri du vent pour se stabiliser : cela peut-être 2 mètres plus loin, ou potentiellement des km plus loin … Et généralement, il est très difficile de savoir là où le ballon va se stabiliser. Pour le climat, c’est le basculement d’un état d’équilibre à un autre : l’excès de température « casse » l’équilibre actuel et le système part à la recherche d’un nouvel équilibre (comme lors des passages d’un âge glaciaire à un âge inter-glaciaire). Malheureusement, pour le climat, de nombreux paramètres changent simultanément : les courants océaniques, la circulation atmosphérique, les couvertures nuageuses, la couverture glaciaire, la végétation, etc …, le tout de manière fortement corrélée avec d’innombrables rétro-actions positives et négatives : il est donc absolument impossible de prédire dans quel nouvel état d’équilibre le climat va se stabiliser ! Lire la suite

Biodiversité UE : d’importants efforts à accomplir

Actualites-news-environnement.com, Pierre Melquiot, le 20 décembre 2008

Environnement et perte de la biodiversité : d’importants efforts à accomplir. L’Union européenne (UE) ne pourra pas à atteindre son objectif de mettre un terme à la perte de la biodiversité à l’horizon 2010 si elle ne consent pas à des efforts supplémentaires importants au cours des deux prochaines années.

En matière d’environnement, selon l’Union Européenne (UE), d’importants efforts restent à accomplir pour enrayer la perte de la biodiversité d’ici 2010.

Voici la principale conclusion de la première évaluation globale des progrès réalisés dans la mise en œuvre du plan d’action en faveur de la diversité biologique qui vise à enrayer la perte de biodiversité dans l’Union Européenne (UE).

Malgré des résultats encourageants, notamment grâce à une nouvelle extension du réseau Natura 2000 de zones protégées et à d’importants investissements en faveur de la protection de la biodiversité, l’intégration de la problématique de la biodiversité et des écosystèmes dans d’autres politiques sectorielles demeure un véritable défi. La nouvelle communication de la Commission définit des priorités d’action pour l’avenir.

Pour Stavros Dimas, membre de la Commission chargé de l’environnement, « cette diminution continue de la biodiversité est grave non seulement en raison de la valeur intrinsèque de la nature, mais aussi parce qu’elle entraîne le déclin de services écosystémiques vitaux. »

En Europe, « nous nous sommes fixés un objectif ambitieux en matière de biodiversité pour 2010, nous savons quelles actions sont à mener et nous avons les instruments pour y parvenir. J’appelle donc tous les États membres à redoubler d’efforts pour maintenir la diversité de la vie et le bon état des écosystèmes sur lesquels reposent notre prospérité et notre bien-être » a précisé Stavros Dimas, membre de la Commission chargé de l’environnement.

Pour Stavros Dimas, membre de la Commission chargé de l’environnement, « un effort considérable » est donc « nécessaire » pour parvenir aux objectifs du plan d’action fixé par la Commission européenne de 2006, un plan d’action visant à enrayer la diminution de la biodiversité à l’horizon 2010, et qui définit les actions concrètes à mener par les États membres.

Le rapport publié il y a quelques jours donne un aperçu des progrès réalisés et constitue la dernière véritable occasion de faire un état des lieux avant 2010. Le rapport aborde quatre domaines stratégiques principaux: la biodiversité dans l’UE, l’UE et la biodiversité dans le monde, la biodiversité et le changement climatique, et enfin la base de connaissances. Il synthétise également pour la première fois les progrès accomplis dans chaque État membre.

Les principales conclusions de ce rapport montrent que l’UE doit faire un effort considérable pour atteindre son objectif à l’horizon 2010 et que la Communauté européenne tout comme les États membres doivent intensifier leurs efforts pour pouvoir ne serait-ce que s’approcher de cet objectif.

En effet, les politiques et la législation communautaires en matière d’environnement offrent « déjà une base solide pour faire face au défi de la biodiversité, mais elles doivent faire l’objet d’une mise en œuvre efficace. » La nouvelle évaluation met en évidence les priorités pour les années à venir, telles que des mesures supplémentaires pour gérer et restaurer les sites du réseau Natura 2000, ou la restauration du bon état des écosystèmes et des services écosystémiques dans les zones rurales de l’Union européenne non protégées ainsi que dans les milieux marins et d’eau douce.

Cette évaluation de la biodiversité dans l’Union européenne fait état de nombreux éléments positifs. Lire la suite

Pesticides : pourquoi les inquiétudes sont légitimes

novethic, Rouba Naaman, le 19 décembre 2008

Pesticides : pourquoi les inquiétudes sont légitimes

L’Union des industries pour la protection des plantes (UIPP) veut rassurer l’opinion publique sur la dangerosité supposée des pesticides. Indispensables, inoffensifs, très réglementés, peu persistants, les arguments ne manquent pas pour la promotion des produits phytosanitaires. Deux experts commentent les affirmations de l’UIPP pour Novethic.

Après la sortie du rapport annuel de la Direction général de la santé et de la protection du consommateur (DG SANCO), l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP) contre-attaque. Pour la fédération, qui regroupe 19 entreprises de l’industrie des phytosanitaires, les résidus de pesticides dans les aliments ne doivent pas être source d’inquiétude. André Picot, toxico-chimiste, directeur de recherche honoraire au CNRS et expert français auprès de l’Union européenne pour la fixation des normes de produits chimiques, et François Veillerette, président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), répondent aux arguments des porte-parole de l’UIPP.

« La balance bénéfice/risque est favorable aux pesticides »

Les phytosanitaires ne sont pas des produits anodins, mais ils sont très utiles, explique l’UIPP. « Aucun produit ne peut couvrir la santé du consommateur, celle de l’agriculture et celle de la plante aussi bien qu’un phytosanitaire » soutient Jean-Charles Bocquet, directeur de l’UIPP.

La réponse des experts

Pour André Picot, « c’est valable dans une économie de surproduction ». L’agriculture biologique prouve que les pesticides sont substituables. « L’INRA montre qu’un agriculteur peut utiliser deux fois moins de pesticides, en perdant très peu de rendement, et en faisant des économies » avance François Veillerette. Par ailleurs, une application stricte du principe de précaution supposerait qu’un risque, même infime, annihile tout bénéfice d’un produit.

« C’est la dose qui fait le poison »

Paraphrasant Paracelse, alchimiste du XVIe siècle, l’UIPP soutient qu’aux doses infimes auxquelles le consommateur est exposé, il n’y a aucun risque pour la santé. « Aujourd’hui, on peut détecter des quantités minimes de substances chimiques dans l’organisme. Mais il faut distinguer présence d’un produit et impact sur la santé » insiste Vincent Gros, vice-président de l’UIPP.

La réponse des experts

Cette affirmation est valable pour de nombreux produits mais pas pour les génotoxiques, substances qui peuvent modifier l’ADN et entraîner des cancers. C’est le cas pour un certain nombre de pesticides. « La toxicité dépend aussi de l’effet de la substance » précise André Picot. Même schéma pour les perturbateurs endocriniens : ils agissent comme des hormones, qui ont justement des effets à des doses très basses. « De petites doses de produits chimiques suffisent aussi à atteindre les systèmes nerveux et immunitaire » ajoute André Picot. C’est surtout l’exposition prolongée aux pesticides dont l’effet est encore mal connu.

« Il n’y a pas de preuve de l’effet cocktail des pesticides »

L’UIPP cite l’Agence européenne pour la sécurité des aliments (EFSA) et le Fond mondial de recherche contre le cancer (WCRF), qui affirment qu’il n’existe « aucune preuve épidémiologique » d’un effet combiné synergique des pesticides.

La réponse des experts

En effet, il existe peu de preuves… pour la bonne raison qu’il y a eu très peu d’études sur le sujet. Lire la suite

Monsanto : Nos OGM sont totalement sûrs

lejdd, Le Journal du Dimanche, propos recueillis par Soazig QUEMENER, le 15 Décembre 2008

« Nos OGM sont totalement sûrs »

Pour ses détracteurs comme André Chassaigne, député PC du Puy-de-Dôme, la firme américaine représente rien moins que « l’arme alimentaire qui, en contrôlant les semences, cherche à dominer le monde ». Espérant réhabiliter une image écornée, le leader des OGM se décide à sortir du silence par la voix de Laurent Martel, son directeur pour la France.

L’année 2008 a été marquée par le livre-enquête Le Monde selon Monsanto*, écoulé à 80 000 exemplaires. Qu’en avez-vous pensé ?

C’est un livre à charge qui assène tout un tas d’erreurs. En France, nous sommes avant tout des agronomes qui travaillent au service des agriculteurs. Monsanto participe à des défis essentiels. Nous sommes 6,5 milliards d’habitants sur Terre, nous serons 9 milliards d’ici quarante ans. Dans ce laps de temps, il va falloir produire autant d’aliments qu’au cours des 10 000 dernières années. Pour y parvenir, nous lançons une initiative sur vingt ans, le rendement durable : doubler les rendements sur trois espèces – le maïs, le soja et le coton -, tout en réduisant d’un tiers les quantités d’eau, de pesticides ou d’engrais.
Etes-vous aujourd’hui convaincu de l’innocuité pour les hommes des semences que vous vendez ?

Nous en sommes certains, car dans tous les pays du monde, nos produits passent au travers des contrôles les plus stricts. J’en veux pour preuve que le maïs MON 810 vient de passer avec succès la 24e évaluation de l’EFSA (autorité européenne de sécurité des aliments) qui confirme, une fois de plus, qu’il s’agit d’un produit totalement sûr.
Comment expliquez-vous alors que la culture du MON 810 soit interdite en France ?

Je pense que c’est une posture qui n’a rien de scientifique, qui est totalement politique. En France, l’accumulation des prises de position fait qu’il est difficile de parler des biotechnologies de manière positive.

Quelle conséquence économique cette interdiction a-t-elle pour vous ?

N’oubliez pas que nous vendons d’abord des semences conventionnelles et que nous sommes leader en France sur le maïs, le colza et le tournesol. Sinon, il faudrait poser la question à un agriculteur du sud-ouest de la France qui a pu cultiver des OGM en 2007, obtenir des rendements 20 à 25 % supérieurs avec une qualité sanitaire de récolte tout à fait spectaculaire, et à qui l’on demande dès l’année suivante de renoncer à cet outil.
Quel regard portez-vous sur les faucheurs d’OGM ?

La désobéissance civique est inacceptable.

Les ministres européens de l’Environnement viennent de se mettre d’accord sur un durcissement de l’encadrement des plantes transgéniques. Craignez-vous une « Europe, zone sans OGM » prônée par les ONG ? Lire la suite

CNRS : Comment les plantes acquièrent-elles leur forme ?

CNRS, communiqué, le 12 décembre 2008

Comment les plantes acquièrent-elles leur forme ?

Une équipe composée de chercheurs français, américains et suédois, pilotée par des chercheurs lyonnais de l’INRA, en collaboration avec l’ENS de Lyon, le CNRS et l’Université Claude Bernard Lyon I, vient de mettre en lumière un mécanisme fondamental de la morphogénèse (1) des plantes. Au terme d’un travail interdisciplinaire combinant expérimentation et modèles informatiques, ils ont montré que les forces physiques générées par des tissus en croissance déterminent l’orientation du cytosquelette (2) des cellules. Celui-ci, à son tour, contrôle la forme des cellules et détermine en grande partie celle de la plante. Ces travaux sont publiés dans SCIENCE le 12 décembre 2008.

L’un des grands thèmes de la biologie du développement est de comprendre comment les réseaux de régulation génétique sont liés à la forme des êtres multicellulaires. Les gènes contrôlent indirectement la géométrie des tissus en affectant les propriétés chimiques et mécaniques des cellules individuelles. Mais réciproquement, les propriétés des tissus peuvent affecter l’activité des gènes. L’enjeu est donc de déchiffrer le dialogue entre gènes et formes. L’équipe pilotée par les chercheurs de l’INRA vient de réaliser une percée dans ce domaine grâce à l’étude du méristème (3) d’Arabidopsis, une plante à fleurs très utilisée en biologie végétale.

Les différentes vitesses de croissance des cellules dans le méristème créent collectivement des champs de forces dans les tissus. Ces champs sont issus des pressions mécaniques qu’exercent les cellules les unes sur les autres. Grâce à des modèles informatiques validés par de nombreux dispositifs expérimentaux, les chercheurs ont montré que les microtubules, constituants principaux du cytosquelette, s’orientent de façon parallèle aux directions des forces. Les cellules réagissent ainsi au stress mécanique. Or, il est admis que les microtubules contrôlent le dépôt orienté des fibrilles de cellulose dans la paroi cellulaire, donnant ainsi aux cellules à la fois leur rigidité et un axe de croissance préférentiel.  Ainsi, via l’organisation des microtubules dans chaque cellule individuelle, les tissus peuvent changer de forme, se plier et adopter des formes caractéristiques dans le méristème d’Arabidopsis. Réciproquement, les formes en croissance génèrent les contraintes mécaniques qui contrôlent l’organisation des microtubules. 

D’un point de vue plus général, ces travaux s’inscrivent dans un changement de paradigme en cours dans la biologie du développement : les chercheurs ne considèrent plus le développement embryonnaire comme un processus sous le contrôle strict de la génétique, mais plutôt comme un processus à plusieurs niveaux qui interagissent entre eux. Lire la suite

Les murs végétalisés de Patrick Blanc

Le Point N°1891,  Marie-Christine Morosi, le 11 décembre 2008

Les murs verts de Patrick Blanc

Le fameux mur végétalisé du musée du Quai-Branly, à Paris, est son œuvre. Ce chercheur au CNRS a réalisé plus de 200 jardins verticaux dans le monde.

Pour Patrick Blanc, « Mur » prend désormais une majuscule. Son concept très original de murs végétalisés dont il a déposé le brevet en 1988 a lancé la mode des jardins verticaux. Aujourd’hui, il court le monde pour répondre à des demandes toujours plus spectaculaires d’architectes et d’urbanistes qui ne peuvent plus se passer de ce botaniste artiste qui redessine la nature pour citadins coupés de leurs racines. A lui de végétaliser murs aveugles, piles de ponts, centres commerciaux sans âme et parkings sans vie. Depuis son premier mur en 1986 à la Cité des sciences, à Paris, Patrick Blanc a créé près de 200 jardins verticaux et une cinquantaine de projets l’attendent. Un de ses prochains défis est une « série d’arches végétales de 150 mètres de longueur enjambant des avenues de Dubai à 200 mètres de hauteur ».

« Je n’ai jamais aimé la campagne, jamais aimé les jardins, à l’exception des jardins botaniques. Je n’ai toujours aimé que les grandes villes et les milieux naturels les moins perturbés possible […]. Je n’ai jamais vécu qu’en ville et, depuis trente-cinq ans, je parcours les forêts primaires du monde », écrit-il. Cela pourrait paraître paradoxal, mais c’est justement sa fabuleuse connaissance des plantes qui lui permet de tapisser de vert des murs urbains, du Blanc-Mesnil à São Paulo.

Mèches de cheveux verts, tuniques à motifs de feuillages et pantalons-chaussures-chaussettes, tantôt mousse, tantôt anis. Cette panoplie chlorophylle, adoptée dès ses premières expéditions en forêt tropicale, lui sert de passeport entre Singapour et Athènes, Gênes et New York. Pied de nez aussi d’un adulte de 55 ans qui s’amuse comme l’enfant qu’il était découvrant l’aquarium du médecin de famille à Suresnes. Surpris par les poissons multicolores et les plantes aquatiques étranges, autant que par les glouglous du filtre. Le jeune Patrick apprendra vite que pompes et plantes régénèrent l’eau et maintiennent vivant l’écosystème de ce micro-univers. Son propre aquarium devient bientôt un laboratoire où prennent racines des boutures du philodendron maternel. Puis viendront divers stratagèmes d’alimentation en eau des lianes qui escaladent les murs de l’appartement familial.

Exposé tel un artiste

En 1972, l’année de son deug en sciences naturelles à Jussieu, il s’envole le temps d’un été parcourir les sous-bois de Thaïlande et de Malaisie, milieu d’origine de ses plantes d’appartement. Il découvre alors « des fougères dégoulinant le long des troncs d’arbre, des pans de végétation disparaissant derrière des rideaux d’eau, des rochers recouverts de petites plantes délicates et la capacité des plantes à coloniser tous les supports disponibles, en pleine lumière ou dans l’ombre profonde et dans les sites les plus inaccessibles ». Il comprend aussi que les plantes peuvent s’installer à toute hauteur et pas simplement à partir du bas pour s’élever en grimpant. Il n’aura alors de cesse d’essayer de reproduire cette végétation qui le fascine et il consacre ses recherches aux plantes dites de « basses énergies », qui bénéficient d’à peine 1 % de lumière à travers la canopée (1) et poussent dix à vingt fois moins vite que les autres. A celles qui peuplent les sources chaudes de Java, aux algues qui prolifèrent dans les cascades au Venezuela ou encore à cette petite fougère de Sumatra qui survit dans les courants violents. Bref, à ces modestes qui font preuve d’ingéniosité pour résister aux conditions extrêmes.

« J’utilise beaucoup d’espèces, jusqu’à 400 pour le musée du CaixaForum de Madrid. » Ses murs ne sont pas tapissés de plantes rares, au contraire. « Je n’utilise que des espèces qui poussent dans la nature, sur pentes, troncs, branches, sous-bois. » Comme ces belles indigènes communes que sont les buddleias, les figuiers ou les hortensias, Lire la suite

Les ONG environnement. reçues le 19 décembre à l’Elysée

developpementdurablele journal, 23 décembre 2008, Stéphane Davin

Energie Climat : Vers un verdissement du plan de relance

Les représentants des ONG environnementales reçues vendredi à l’Elysée

A l’issue d’une rencontre avec les ONG du Grenelle pour une présentation du Paquet Energie Climat européen, le cher de l’Etat a accepté la proposition d’une réunion début janvier des acteurs du Grenelle, afin d’examiner des propositions en faveur d’un verdissement du plan de relance économique en discussion à l’Assemblée depuis hier.

« Accord historique » pour le chef de l’Etat et le gouvernement, « compromis non satisfaisant » pour Serge Oru président de WWF, « un paquet énergétique au rabais » pour Karine Gavand de Greenpeace, un PEC « victime de la politique du plus petit dénominateur commun » pour Sébastien Genest de France Nature Environnement : la rencontre vendredi entre le président de la République et les ONG1 partie prenante du Grenelle, pour examiné le Paquet Energie Climat signé dans le cadre de la Présidence Française de l’UE, a été l’occasion, comme le résume l’une d’entre elles, d’ « une explication franche mais utile ».
Entouré de Jean-Louis Borloo ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire et de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, Nicolas Sarkozy a présenté son analyse en insistant sur la difficulté de pays de l’Union, et notamment des nouveaux Etats membres, d’adapter rapidement leurs économies aux exigences du PEC. Toutefois, « face au défi mondial du climat, l’Union européenne a su prendre ses responsabilités » a-t-il indiqué, rappelant « la volonté de la France de contribuer à un accord international sur la lutte contre le changement climatique d’ici à la fin de l’année 2009, pour la conférence de Copenhague ».
Un Grenelle du verdissement de la relance

Les associations ont demandé à Nicolas Sarkozy d’aller plus loin en France. Elles ont notamment estimé que le contexte environnemental et économique et exigeait «  le verdissement du plan de relance de l’économie » présenté il y a quelques jours et qui est entré en discussion hier à l’Assemblée nationale. Le Plan de relance « est l’occasion de traduire dans les faits, non seulement les engagements du Grenelle mais aussi les objectifs du Paquet énergie climat » a indiqué FNE. « Il s’agit maintenant de faire le pari de l’économie de demain en donnant à la France un objectif de réduction de 30% des gaz à effet de serre d’ici 2020 sur le territoire national sachant que cet objectif créera 684 000 emplois nets soit 200 000 emplois nouveaux de plus que ce que prévoit, au mieux, le Grenelle de l’environnement » a ajouté WWF.

A l’issue de la réunion Nicolas Sarkozy a pris plusieurs engagements.  Lire la suite