France-Culture, le 7 janvier 19h30, Hervé Kempf

France-Culture

Nouveau rendez-vous sur France-Culture de « Terre à Terre » pour des débats en public au Phyto Bar le premier mercredi du mois

Mercredi 07 janvier 2009, en faux direct de 19h00 à 20h30
« Pour sauver la planète, sortez du capitalisme »

Son dernier livre avait déjà un titre étrangement naïf : « Comment les riches détruisent la planète« . Avec cet ouvrage, Hervé Kempf, très sérieux journaliste au Monde, spécialiste des questions d’environnement, a été convié à d’innombrables débats aux quatre coins du pays, preuve que cette question faisait écho. Le livre qu’il publie aujourd’hui tente de répondre à la question qui lui a été posée inlassablement :  » que faire ? » Avec cette fois encore un titre faussement naïf pour un livre qui ne l’est pas.

Avec Hervé Kempf, auteur de : « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme » (Seuil)

(Entrée dans la limite des places disponibles)

Un autre monde est possible, il est indispensable, il est à notre portée. Le capitalisme, après un règne de deux cents ans, est entré dans une phase mortifère : il génère tout à la fois une crise économique majeure et une crise écologique d’ampleur historique. Pour sauver la planète, il faut sortir du capitalisme, en reconstruisant une société où l’économie n’est pas reine mais outil, où la coopération l’emporte sur la compétition, où le bien commun est plus important que le profit.

Hervé Kempf explique comment le capitalisme a changé de régime depuis les années 1980 et a réussi à imposer son modèle individualiste de comportement, marginalisant les logiques collectives. Pour sortir du capitalisme, il faut prioritairement se défaire de ce conditionnement psychique.

L’oligarchie cherche à détourner l’attention d’un public de plus en plus conscient du désastre imminent en lui faisant croire que la technologie pourrait surmonter l’obstacle. Cette illusion ne vise qu’à perpétuer le système de domination en vigueur.

L’avenir n’est pas dans la technologie, mais dans un nouvel agencement des relations sociales. Lire la suite

Et la décroissance sauvera le Sud…

Le Monde diplomatique, Serge Latouche, novembre 2004

Contre l’ethnocentrisme du développement

Et la décroissance sauvera le Sud…

En novembre 2003, Le Monde diplomatique publiait un article intitulé « Pour une société de décroissance ». Depuis, ce thème fait débat au sein du mouvement altermondialiste, voire d’un public plus vaste. Quel projet alternatif les « partisans de la décroissance » entendent-ils proposer au Sud, modèle propre ou nouvelle occidentalisation ?

Par Serge Latouche

Dans le sillage des publicitaires, les médias appellent « concept » tout projet se limitant au lancement d’un nouveau gadget y compris culturel. Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, qu’ait été posée la question du contenu de ce « nouveau concept » qu’est la décroissance. Au risque de décevoir, répétons que la décroissance n’est pas un concept, au sens traditionnel du terme, et qu’il n’y a pas à proprement parler de « théorie de la décroissance » comme les économistes ont pu élaborer des théories de la croissance. La décroissance est simplement un slogan, lancé par ceux qui procèdent à une critique radicale du développement afin de casser la langue de bois économiciste et de dessiner un projet de rechange pour une politique de l’après-développement (1).

En tant que telle, la décroissance ne constitue pas vraiment une alternative concrète, mais c’est bien plutôt la matrice autorisant un foisonnement d’alternatives (2). Il s’agit donc d’une proposition nécessaire pour rouvrir les espaces de l’inventivité et de la créativité bloqués par le totalitarisme économiciste, développementiste et progressiste. Attribuer à ceux qui portent cette proposition le projet d’une « décroissance aveugle », c’est-à-dire d’une croissance négative sans remise en question du système, et les soupçonner, comme le font certains « alteréconomistes », de vouloir interdire aux pays du Sud de résoudre leurs problèmes, participe de la surdité, sinon de la mauvaise foi.

Le projet de construction, au Nord comme au Sud, de sociétés conviviales autonomes et économes implique, à parler rigoureusement, davantage une « a-croissance », comme on parle d’a-théisme, qu’une dé-croissance. C’est d’ailleurs très précisément de l’abandon d’une foi et d’une religion qu’il s’agit : celle de l’économie. Par conséquent, il faut inlassablement déconstruire l’hypostase du développement.

En dépit de tous ses échecs, l’attachement irrationnel au concept fétiche de « développement », vidé de tout contenu et requalifié de mille façons, traduit cette impossibilité de rompre avec l’économicisme et, finalement, avec la croissance elle-même. Le paradoxe est que, poussés dans leurs retranchements, les « alteréconomistes » finissent par reconnaître tous les méfaits de la croissance, tout en continuant à vouloir en faire « bénéficier » les pays du Sud. Et ils se limitent, au Nord, à sa « décélération ». Un nombre grandissant de militants altermondialistes concèdent désormais que la croissance que nous avons connue n’est ni soutenable, ni souhaitable, ni durable, tant socialement qu’écologiquement. Toutefois, la décroissance ne serait pas un mot d’ordre porteur et le Sud devrait avoir droit un « temps » à cette maudite croissance, faute d’avoir connu le développement.

Coincé dans l’impasse d’un « ni croissance ni décroissance », on se résigne à une problématique « décélération de la croissance » qui devrait, selon la pratique éprouvée des conciles, mettre tout le monde d’accord sur un malentendu. Cependant, une croissance « décélérée » condamne à s’interdire de jouir des bienfaits d’une société conviviale, autonome et économe, hors croissance, sans pour autant préserver le seul avantage d’une croissance vigoureuse injuste et destructrice de l’environnement, à savoir l’emploi. Lire la suite

Blasimon : Un îlot de céréales bio au milieu des vignes

Sud-Ouest, Olivier Escots, le 23 décembre 2008

BLASIMON. Depuis 1985, Éric et Marie-Lise Berjon produisent des huiles et farines biologiques

Un îlot de céréales bio au milieu des vignes

L’exploitation d’Éric et Marie-Lise Berjon s’apparente à un îlot céréalier en plein vignoble de l’Entre-deux-Mers. Mais le couple de producteurs serait plutôt du genre à revendiquer le statut de naufragés volontaires. Installés depuis une trentaine d’années, les Berjon prouvent que dans ce secteur il est possible de vivre d’autre chose que de la vigne. En production biologique depuis 1985, ils ont également démontré l’existence de débouchés pour leurs farines et huiles bio.

« Pas des babas cool »

Originaire du Nord Blayais, Éric avait de qui tenir puisque sa famille avait déjà développé une démarche bio dans la viticulture. Avec Marie-Lise, venue de Charente-Maritime, ils ont décidé de s’installer à Blasimon en 1978, avec, très vite, la volonté « de développer une production biologique pour tous ».

« Nous mangeons ce que nous produisons. Nous avons avant tout le souci de la qualité de l’alimentation », explique Marie-Lise. « Attention, nous sommes des agriculteurs, nous n’avons jamais été des babas cool », précise son mari. « Nous avons appris sur le tas, nous avons parfois commis des erreurs, mais nous avons toujours eu le même état d’esprit, celui d’une agriculture propre. »

Des 65 hectares des débuts, la superficie de l’exploitation de Blasimon s’étend désormais sur 110 hectares. « Auxquels il faut ajouter 13 hectares de bois, qui servent de barrière naturelle », précise Éric. Blé, épeautre (grand et petit), seigle, avoine, orge, lentilles vertes, tournesol, colza et soja poussent sur les terres de l’Entre-deux-Mers, selon le principe de la rotation des cultures.

Marché de proximité

Le couple produit ses propres huiles et farines, avec une presse à vis tournant à 10 litres par heure et des moulins Astrié permettant un rythme horaire de 30 kg. « Nous avons énormément de plaisir et de satisfaction à assumer l’ensemble du processus de production », observent les exploitants, dont les derniers investissements ont été en partie subventionnés par le Conseil général.

Les huiles et farines s’écoulent sur un marché de proximité, dans un rayon de 150 kilomètres autour de Blasimon. Le réseau des bio-coop est principalement sollicité. Lire la suite

Monsanto « Nous ne comptons pas … sur la France »

La Tribune.fr, le 22 décembre 2008

Interview de Brett Begemann, vice-président exécutif de Monsanto

« Nous ne comptons pas particulièrement sur la France » estime Monsanto

Le patron du leader mondial des OGM revient sur les pratiques du groupe et répond aux critiques.

La Tribune : Monsanto a publié ses résultats annuels le mois dernier. Comment évoluent vos performances depuis, sur fond de crise financière et économique ?

Brett Begemann : Nous avons réalisé en 2008 (exercice clos à fin août) des ventes record pour la troisième année consécutive, avec un chiffre d’affaires de 11,4 milliards de dollars [8,8 milliards d’euros], en hausse de 36%. Notre bénéfice d’exploitation (Ebit) a plus que doublé, à 2,9 milliards de dollars. Ces résultats tiennent largement à la forte augmentation de la demande mondiale en céréales. En revanche, depuis juin, le marché a changé. En parallèle aux turbulences des marchés financiers, le prix des matières premières a significativement reculé. Les activités de Monsanto (semences et pesticides) permettent aux agriculteurs d’augmenter leur productivité. C’est un avantage pour nous dans la situation actuelle, car cette nécessité perdure même -et surtout- en période de prix bas. Nous avons cependant aussi des clients, notamment les plus petits, qui ont davantage de difficultés pour acheter nos semences car l’accès au crédit s’est restreint. C’est le cas en Europe de l’Est et en Amérique du Sud. Ainsi au Brésil, certains fermiers pourraient décider de ne pas planter cette année certaines surfaces devenues non rentables en raison de la baisse des prix des céréales.
Notre situation générale demeure cependant satisfaisante car nos principaux marchés, les Etats-Unis (46% des ventes l’an dernier) et l’Europe (17%), résistent bien.

Quel a été l’impact de la crise alimentaire survenue au début de l’année pour le groupe ?

Cette crise a permis à de nombreux pays de prendre conscience de l’urgence d’augmenter les rendements agricoles. Sur sept des huit dernières années, la production mondiale de céréales a été inférieure à la consommation mondiale. Cela est dû à la hausse des revenus disponibles en Asie, qui conduit à une hausse de la consommation de protéines animales donc de céréales pour nourrir ces animaux, mais aussi à l’augmentation de la demande mondiale. Entre aujourd’hui et 2050, les besoins mondiaux en nourriture vont doubler ! Autrement dit, il va falloir produire davantage avec les mêmes surfaces. C’est pourquoi Monsanto s’est fixé depuis cette année un objectif de «rendement durable»: il s’agit d’une part de doubler le rendement des cultures de maïs, soja et coton entre 2000 et 2030. Cela correspondrait par exemple, aux Etats-Unis, à faire passer le rendement du maïs de 137 à 274 quintaux par hectare, et celui du soja de 35 à environ 75 quintaux par hectare. D’autre part, sachant que les surfaces cultivées ne sont pas extensibles, nous nous engageons à réduire d’un tiers les intrants (eau, engrais, pesticides…) à l’unité produite. A l’heure actuelle, l’agriculture utilise déjà 70% des ressources en eau de la planète. Ce domaine de recherche est prépondérant chez Monsanto: nous pensons pouvoir commercialiser un maïs résistant à la sécheresse à l’horizon 2012. Ce faisant, l’objectif est aussi de contribuer à améliorer la vie de nos clients agriculteurs, comme avec la culture du coton OGM en Inde.

Dans quelles régions enregistrez-vous les plus forts taux de croissance ? Que représentent les organismes génétiquement modifiés (OGM) dans votre activité ?

Les régions les plus dynamiques pour Monsanto sont les Etats-Unis et l’Amérique du Sud. Nos ventes se décomposent quasiment à parts égales entre d’un côté les semences conventionnelles et biotechs (OGM), et de l’autre les pesticides (sous la marque RoundUp essentiellement). Pour les semences génétiquement modifiées (OGM), les régions de plus forte croissance sont également les Etats-Unis et l’Amérique du Sud. Mais la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud ou l’Europe sont également des zones stratégiques. Lire la suite

Politiques agricoles et crise alimentaire dans le monde

lejournaldupaysbasque.com, propos recueillis pas Claire Revenu-Jomier, le 20 décembre 2008

70 % des gens qui souffrent de la faim sont des paysans

ENTRETIEN/ Paul Nicholson/ membre de EHNE et de Via Campesina

Paul Nicholson donnait jeudi soir une conférence sur le thème «Politiques agricoles et crise alimentaire dans le monde», au siège de Laborantza Ganbara à Ainhice Mongelos.

Membre du syndicat agricole basque EHNE (Euskal Herriko Nekazarien Elkartasuna), Paul Nicholson est citoyen du Pays Basque et vit à Gazteiz. Il est l’un des deux représentants européens de la Commission de Coordination Internationale de Via Campesina, le mouvement international qui coordonne des organisations de petits et moyens paysans, de travailleurs agricoles, de femmes rurales et de communautés indigènes d’Asie, des Amériques, d’Europe et d’Afrique.

À l’heure du bilan de 2008, à travers la crise que nous traversons, quel est le message que vous voulez faire passer à travers cette conférence ?

La convergence des crises énergétique, climatique, alimentaire et financière révèle la crise du modèle néolibéral. Nous nous trouvons aujourd’hui à un carrefour où aucune route ne nous permet de revenir en 2007. Cette crise demande que soit mise en avant une économie plus locale, davantage liée au principe de souveraineté alimentaire.

Dans ce contexte, quelle politique agricole préconisez-vous pour le Pays Basque ?

Il faut un modèle plus adapté à la réalité sociale d’ici, plus lié aux besoins du Pays Basque. Il faut éviter d’entrer dans une démarche de technification de l’agriculture. Le Pays Basque y résiste bien. Mais 2 008 a été une année de crise et 2009 pourrait bien amener de la confusion dans les solutions à envisager. Il faut plus que jamais défendre une agriculture paysanne liée à l’économie locale.

La crise peut-elle faire changer les politiques agricoles européennes ?

Les accords de libre-échange détruisent l’agriculture d’ici mais aussi celle des pays du tiers-monde. L’Europe est responsable du bien être de tous les paysans dans le monde. 70 % des personnes qui souffrent de la faim dans le monde sont des paysans ! C’est la conséquence directe de l’échec des politiques agricoles et économiques qui donnent le pouvoir aux multinationales et privilégient les exportations au détriment de la production et de la consommation locales. Et la crise alimentaire est aggravée par les agrocarburants. Leur production a déplacé le problème sur la planète. Les cultures nécessaires à leur fabrication ont réduit les territoires auparavant utilisés pour la production alimentaire.

Comment le consommateur peut-il être acteur de la souveraineté alimentaire ?

Il faut travailler à un autre type de relation entre campagnes et villes, envisager une façon de consommer davantage liée à la réalité dans le monde. Le consommateur doit intervenir en tant que citoyen dans toutes les décisions qu’il prend, que ce soit dans la gestion du territoire, la gestion de la nature, dans ses choix alimentaires, dans ses choix de transport, dans ses modèles de société.

Via Campesina présent dans 60 pays Lire la suite

Atteintes à l’environnement en France : 60 000 PV par an

Le Figaro, Jean-Marc Leclerc, le 23 décembre 2008.

Atteintes à l’environnement : 60 000 PV par an

Pour la première fois, une étude recense les infractions pour pollution, dépôt sauvage d’ordures, braconnage ou destruction de la faune et de la flore. Infractions constatés en 2007 : non respect des règles administratives (19 573), protection de la faune et de la flore (16 677), nuisances sonores et visuelles (12 735) et pollutions (8 282).

Ce sont les atteintes du quotidien : l’exploitation agricole dont les rejets s’écoulent discrètement dans le fossé, la cidrerie qui verse à la rivière le surplus de ses cuves, le sac de déchets mis au fossé par une main anonyme, le feu aux émanations irrespirables que l’on allume un jour de pluie pour se débarrasser de ses vieux pneus. Et puis les agressions contre la faune et la flore : braconnage, cueillette intempestive, destruction d’espèces rares. Autant de manquements qui brossent le tableau des atteintes à l’écologie, telles qu’elles ressortent du premier bilan exhaustif établi par l’Observatoire national de la délinquance (OND).

Sur la foi des statistiques de l’Office national de la chasse, de son équivalent pour l’eau et les milieux aquatiques, ainsi que de la gendarmerie, police rurale par excellence, les experts de l’OND ont pu recenser près de 60 000 infractions au droit de l’environnement pour la seule année 2007. Ce qui correspond à plus de 150 procès-verbaux dressés chaque jour par la police, la maréchaussée, les gardes forestiers et autres gardes-pêche, sans oublier l’activité des lieutenants de louveterie, spécialisés dans la traque aux mauvais chasseurs. Voilà des chiffres qui fleurent bon le terroir.

L’Office national de la chasse et de la faune sauvage nous révèle ainsi que les Raboliot pullulent en campagne, puisque deux tiers de ses saisies sont constituées de filets, de pièges, de lunettes de visée et qu’il a, par ailleurs, confisqué 66 véhicules et 476 armes l’an dernier.

Une police spéciale dans les parcs nationaux

La sanction se solde à 80 % par une contravention. «L’unique infraction au Code de l’environnement qui soit qualifiée de crime concerne la destruction par incendie de bois, forêt, lande, maquis ou plantation, dès lors qu’elle cause des dommages irréversibles à l’environnement», explique Christophe Soullez, chef de département à l’OND. Elle s’est appliquée à six reprises en 2007.

Dans un tiers des cas, ce n’est pas une atteinte directe à l’environnement qui est sanctionnée, mais le non-respect de règles administratives. Par exemple, l’allumage d’un feu «à moins de 200 mètres d’un terrain boisé».

Les atteintes directes à la faune et à la flore ont représenté 16 677 infractions l’an dernier, parmi lesquelles 161 départs de feu. Il faut y ajouter des milliers de dépôts d’ordures sauvages. La gendarmerie, à elle seule, a vu ces infractions exploser en trois ans, de 837 PV établis en 2005 à 3 849 en 2007 ! Elle a aussi pu constater un cas d’incinération frauduleuse de déchets sur le site d’une installation de stockage.

L’Office national de l’eau et des milieux aquatiques a, pour sa part, relevé 1 162 rejets polluants dans les eaux superficielles ou souterraines, sur les quelque 1 808 infractions de ce type constatées l’an dernier.

Dans les parcs nationaux, une police spéciale a vu le jour. Lire la suite

Pourquoi … il faut lutter contre le changement climatique !

Croissance Verte, Karl Desfontaines, le 27 octobre 2008

Pourquoi, malgré d’inévitables incertitudes, il faut lutter contre le réchauffement climatique !

Ce court article a pour objectif de faire comprendre simplement la notion de changement climatique, et les grands dangers associés qui pèsent sur l’humanité le jour où un changement brutal adviendra.

Le climat terrestre est en effet un système de type « chaotique », avec de nombreux états d’équilibre.
Un de ces états d’équilibre est celui du climat actuel dans le monde, en place depuis la dernière glaciation il y a environ 10 000 ans : il est caractérisé par une bonne stabilité, des écarts de températures de l’ordre du °C sur l’ensemble du globe et pas de changements majeurs des équilibres atmosphériques et océaniques. Il y a bien eu quelques modifications non négligeables du climat depuis (ex : la « mini-ère glaciaire » du 15è au 17è siècle), qui semble correspondre à un état d’équilibre distinct mais « assez voisin » de l’état actuel.
A l’inverse, les périodes glaciaires et inter-glaciaires des derniers millions d’années correspondaient à d’autres états d’équilibres, manifestement distincts de l’état d’équilibre actuel.

Afin de mieux comprendre la situation du climat, faisons un parallèle avec un ballon lancé sur un terrain vallonné : le ballon va rouler et finir par se stabiliser au fond d’une vallée / d’un trou, qui est un point d’équilibre (ce qu’on appelle un « minimum local » en physique). Même s’il y a quelques perturbations (ex : un peu de vent tourbillonnant qui le fait bouger légèrement), le ballon va rester dans ce trou. Aujourd’hui et depuis quelques millénaires, le climat terrestre est dans un minimum local : de même, les quelques perturbations du système (éruption volcanique du Krakatoa, déforestation de l’amazonie, hausse du taux de CO2, etc …) perturbent le système mais n’ont pas remis en cause jusqu’à présent l’équilibre global du climat terrestre.

Maintenant, voyons de manière plus détaillée les impacts d’une perturbation du ballon (resp. du climat) par un coup de vent ou de pied (resp. une déforestation massive, une injection de CO2 dans l’atmosphère, un météorite qui tomberait sur la terre, …). Les perturbations vont faire bouger le ballon (resp. modifier le climat) :

Si la perturbation est faible et ponctuelle (petit coup de pied), il va bouger légèrement et revenir approximativement à sa position initiale. Pour le climat, ça peut-être la conséquence d’un gros volcan qui modifie le climat à cause des cendres envoyées dans l’atmosphère : après quelques années, c’est « oublié » (les cendres sont retombées).

Si la perturbation est faible et continue (le vent souffle faiblement dans un direction donnée à une force donnée sur le ballon), le ballon va un peu monter la pente du trou où il est (tout en y restant, le vent étant faible). Pour le climat, un taux de CO2 un peu plus élevé réchauffe légèrement la terre, sans plus de conséquences : c’est apparemment ce que nous observons depuis quelques décennies.

Si le vent souffle plus fort, le ballon va plus remonter (resp. le climat plus se réchauffer) mais l’équilibre reste le même : le ballon ne change pas de vallée. Pour le climat, la température augmente significativement mais l’équilibre global ne change pas vraiment : c’est la seule chose modélisable par les modèles de réchauffement climatique (« x% de CO2 en plus génère une modification de y degrés »). Les modèles climatiques essaient de déterminer la relation complexe entre taux de CO2 et température, et si possible de la différencier par région du globe.

Maintenant, si le vent se met à souffler suffisamment fort, il peut emporter le ballon qui sort de sa vallée et « part à l’aventure », jusqu’à ce qu’il trouve une nouvelle vallée suffisamment profonde et/ou à l’abri du vent pour se stabiliser : cela peut-être 2 mètres plus loin, ou potentiellement des km plus loin … Et généralement, il est très difficile de savoir là où le ballon va se stabiliser. Pour le climat, c’est le basculement d’un état d’équilibre à un autre : l’excès de température « casse » l’équilibre actuel et le système part à la recherche d’un nouvel équilibre (comme lors des passages d’un âge glaciaire à un âge inter-glaciaire). Malheureusement, pour le climat, de nombreux paramètres changent simultanément : les courants océaniques, la circulation atmosphérique, les couvertures nuageuses, la couverture glaciaire, la végétation, etc …, le tout de manière fortement corrélée avec d’innombrables rétro-actions positives et négatives : il est donc absolument impossible de prédire dans quel nouvel état d’équilibre le climat va se stabiliser ! Lire la suite

Biodiversité UE : d’importants efforts à accomplir

Actualites-news-environnement.com, Pierre Melquiot, le 20 décembre 2008

Environnement et perte de la biodiversité : d’importants efforts à accomplir. L’Union européenne (UE) ne pourra pas à atteindre son objectif de mettre un terme à la perte de la biodiversité à l’horizon 2010 si elle ne consent pas à des efforts supplémentaires importants au cours des deux prochaines années.

En matière d’environnement, selon l’Union Européenne (UE), d’importants efforts restent à accomplir pour enrayer la perte de la biodiversité d’ici 2010.

Voici la principale conclusion de la première évaluation globale des progrès réalisés dans la mise en œuvre du plan d’action en faveur de la diversité biologique qui vise à enrayer la perte de biodiversité dans l’Union Européenne (UE).

Malgré des résultats encourageants, notamment grâce à une nouvelle extension du réseau Natura 2000 de zones protégées et à d’importants investissements en faveur de la protection de la biodiversité, l’intégration de la problématique de la biodiversité et des écosystèmes dans d’autres politiques sectorielles demeure un véritable défi. La nouvelle communication de la Commission définit des priorités d’action pour l’avenir.

Pour Stavros Dimas, membre de la Commission chargé de l’environnement, « cette diminution continue de la biodiversité est grave non seulement en raison de la valeur intrinsèque de la nature, mais aussi parce qu’elle entraîne le déclin de services écosystémiques vitaux. »

En Europe, « nous nous sommes fixés un objectif ambitieux en matière de biodiversité pour 2010, nous savons quelles actions sont à mener et nous avons les instruments pour y parvenir. J’appelle donc tous les États membres à redoubler d’efforts pour maintenir la diversité de la vie et le bon état des écosystèmes sur lesquels reposent notre prospérité et notre bien-être » a précisé Stavros Dimas, membre de la Commission chargé de l’environnement.

Pour Stavros Dimas, membre de la Commission chargé de l’environnement, « un effort considérable » est donc « nécessaire » pour parvenir aux objectifs du plan d’action fixé par la Commission européenne de 2006, un plan d’action visant à enrayer la diminution de la biodiversité à l’horizon 2010, et qui définit les actions concrètes à mener par les États membres.

Le rapport publié il y a quelques jours donne un aperçu des progrès réalisés et constitue la dernière véritable occasion de faire un état des lieux avant 2010. Le rapport aborde quatre domaines stratégiques principaux: la biodiversité dans l’UE, l’UE et la biodiversité dans le monde, la biodiversité et le changement climatique, et enfin la base de connaissances. Il synthétise également pour la première fois les progrès accomplis dans chaque État membre.

Les principales conclusions de ce rapport montrent que l’UE doit faire un effort considérable pour atteindre son objectif à l’horizon 2010 et que la Communauté européenne tout comme les États membres doivent intensifier leurs efforts pour pouvoir ne serait-ce que s’approcher de cet objectif.

En effet, les politiques et la législation communautaires en matière d’environnement offrent « déjà une base solide pour faire face au défi de la biodiversité, mais elles doivent faire l’objet d’une mise en œuvre efficace. » La nouvelle évaluation met en évidence les priorités pour les années à venir, telles que des mesures supplémentaires pour gérer et restaurer les sites du réseau Natura 2000, ou la restauration du bon état des écosystèmes et des services écosystémiques dans les zones rurales de l’Union européenne non protégées ainsi que dans les milieux marins et d’eau douce.

Cette évaluation de la biodiversité dans l’Union européenne fait état de nombreux éléments positifs. Lire la suite

Pesticides : pourquoi les inquiétudes sont légitimes

novethic, Rouba Naaman, le 19 décembre 2008

Pesticides : pourquoi les inquiétudes sont légitimes

L’Union des industries pour la protection des plantes (UIPP) veut rassurer l’opinion publique sur la dangerosité supposée des pesticides. Indispensables, inoffensifs, très réglementés, peu persistants, les arguments ne manquent pas pour la promotion des produits phytosanitaires. Deux experts commentent les affirmations de l’UIPP pour Novethic.

Après la sortie du rapport annuel de la Direction général de la santé et de la protection du consommateur (DG SANCO), l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP) contre-attaque. Pour la fédération, qui regroupe 19 entreprises de l’industrie des phytosanitaires, les résidus de pesticides dans les aliments ne doivent pas être source d’inquiétude. André Picot, toxico-chimiste, directeur de recherche honoraire au CNRS et expert français auprès de l’Union européenne pour la fixation des normes de produits chimiques, et François Veillerette, président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), répondent aux arguments des porte-parole de l’UIPP.

« La balance bénéfice/risque est favorable aux pesticides »

Les phytosanitaires ne sont pas des produits anodins, mais ils sont très utiles, explique l’UIPP. « Aucun produit ne peut couvrir la santé du consommateur, celle de l’agriculture et celle de la plante aussi bien qu’un phytosanitaire » soutient Jean-Charles Bocquet, directeur de l’UIPP.

La réponse des experts

Pour André Picot, « c’est valable dans une économie de surproduction ». L’agriculture biologique prouve que les pesticides sont substituables. « L’INRA montre qu’un agriculteur peut utiliser deux fois moins de pesticides, en perdant très peu de rendement, et en faisant des économies » avance François Veillerette. Par ailleurs, une application stricte du principe de précaution supposerait qu’un risque, même infime, annihile tout bénéfice d’un produit.

« C’est la dose qui fait le poison »

Paraphrasant Paracelse, alchimiste du XVIe siècle, l’UIPP soutient qu’aux doses infimes auxquelles le consommateur est exposé, il n’y a aucun risque pour la santé. « Aujourd’hui, on peut détecter des quantités minimes de substances chimiques dans l’organisme. Mais il faut distinguer présence d’un produit et impact sur la santé » insiste Vincent Gros, vice-président de l’UIPP.

La réponse des experts

Cette affirmation est valable pour de nombreux produits mais pas pour les génotoxiques, substances qui peuvent modifier l’ADN et entraîner des cancers. C’est le cas pour un certain nombre de pesticides. « La toxicité dépend aussi de l’effet de la substance » précise André Picot. Même schéma pour les perturbateurs endocriniens : ils agissent comme des hormones, qui ont justement des effets à des doses très basses. « De petites doses de produits chimiques suffisent aussi à atteindre les systèmes nerveux et immunitaire » ajoute André Picot. C’est surtout l’exposition prolongée aux pesticides dont l’effet est encore mal connu.

« Il n’y a pas de preuve de l’effet cocktail des pesticides »

L’UIPP cite l’Agence européenne pour la sécurité des aliments (EFSA) et le Fond mondial de recherche contre le cancer (WCRF), qui affirment qu’il n’existe « aucune preuve épidémiologique » d’un effet combiné synergique des pesticides.

La réponse des experts

En effet, il existe peu de preuves… pour la bonne raison qu’il y a eu très peu d’études sur le sujet. Lire la suite

Monsanto : Nos OGM sont totalement sûrs

lejdd, Le Journal du Dimanche, propos recueillis par Soazig QUEMENER, le 15 Décembre 2008

« Nos OGM sont totalement sûrs »

Pour ses détracteurs comme André Chassaigne, député PC du Puy-de-Dôme, la firme américaine représente rien moins que « l’arme alimentaire qui, en contrôlant les semences, cherche à dominer le monde ». Espérant réhabiliter une image écornée, le leader des OGM se décide à sortir du silence par la voix de Laurent Martel, son directeur pour la France.

L’année 2008 a été marquée par le livre-enquête Le Monde selon Monsanto*, écoulé à 80 000 exemplaires. Qu’en avez-vous pensé ?

C’est un livre à charge qui assène tout un tas d’erreurs. En France, nous sommes avant tout des agronomes qui travaillent au service des agriculteurs. Monsanto participe à des défis essentiels. Nous sommes 6,5 milliards d’habitants sur Terre, nous serons 9 milliards d’ici quarante ans. Dans ce laps de temps, il va falloir produire autant d’aliments qu’au cours des 10 000 dernières années. Pour y parvenir, nous lançons une initiative sur vingt ans, le rendement durable : doubler les rendements sur trois espèces – le maïs, le soja et le coton -, tout en réduisant d’un tiers les quantités d’eau, de pesticides ou d’engrais.
Etes-vous aujourd’hui convaincu de l’innocuité pour les hommes des semences que vous vendez ?

Nous en sommes certains, car dans tous les pays du monde, nos produits passent au travers des contrôles les plus stricts. J’en veux pour preuve que le maïs MON 810 vient de passer avec succès la 24e évaluation de l’EFSA (autorité européenne de sécurité des aliments) qui confirme, une fois de plus, qu’il s’agit d’un produit totalement sûr.
Comment expliquez-vous alors que la culture du MON 810 soit interdite en France ?

Je pense que c’est une posture qui n’a rien de scientifique, qui est totalement politique. En France, l’accumulation des prises de position fait qu’il est difficile de parler des biotechnologies de manière positive.

Quelle conséquence économique cette interdiction a-t-elle pour vous ?

N’oubliez pas que nous vendons d’abord des semences conventionnelles et que nous sommes leader en France sur le maïs, le colza et le tournesol. Sinon, il faudrait poser la question à un agriculteur du sud-ouest de la France qui a pu cultiver des OGM en 2007, obtenir des rendements 20 à 25 % supérieurs avec une qualité sanitaire de récolte tout à fait spectaculaire, et à qui l’on demande dès l’année suivante de renoncer à cet outil.
Quel regard portez-vous sur les faucheurs d’OGM ?

La désobéissance civique est inacceptable.

Les ministres européens de l’Environnement viennent de se mettre d’accord sur un durcissement de l’encadrement des plantes transgéniques. Craignez-vous une « Europe, zone sans OGM » prônée par les ONG ? Lire la suite

CNRS : Comment les plantes acquièrent-elles leur forme ?

CNRS, communiqué, le 12 décembre 2008

Comment les plantes acquièrent-elles leur forme ?

Une équipe composée de chercheurs français, américains et suédois, pilotée par des chercheurs lyonnais de l’INRA, en collaboration avec l’ENS de Lyon, le CNRS et l’Université Claude Bernard Lyon I, vient de mettre en lumière un mécanisme fondamental de la morphogénèse (1) des plantes. Au terme d’un travail interdisciplinaire combinant expérimentation et modèles informatiques, ils ont montré que les forces physiques générées par des tissus en croissance déterminent l’orientation du cytosquelette (2) des cellules. Celui-ci, à son tour, contrôle la forme des cellules et détermine en grande partie celle de la plante. Ces travaux sont publiés dans SCIENCE le 12 décembre 2008.

L’un des grands thèmes de la biologie du développement est de comprendre comment les réseaux de régulation génétique sont liés à la forme des êtres multicellulaires. Les gènes contrôlent indirectement la géométrie des tissus en affectant les propriétés chimiques et mécaniques des cellules individuelles. Mais réciproquement, les propriétés des tissus peuvent affecter l’activité des gènes. L’enjeu est donc de déchiffrer le dialogue entre gènes et formes. L’équipe pilotée par les chercheurs de l’INRA vient de réaliser une percée dans ce domaine grâce à l’étude du méristème (3) d’Arabidopsis, une plante à fleurs très utilisée en biologie végétale.

Les différentes vitesses de croissance des cellules dans le méristème créent collectivement des champs de forces dans les tissus. Ces champs sont issus des pressions mécaniques qu’exercent les cellules les unes sur les autres. Grâce à des modèles informatiques validés par de nombreux dispositifs expérimentaux, les chercheurs ont montré que les microtubules, constituants principaux du cytosquelette, s’orientent de façon parallèle aux directions des forces. Les cellules réagissent ainsi au stress mécanique. Or, il est admis que les microtubules contrôlent le dépôt orienté des fibrilles de cellulose dans la paroi cellulaire, donnant ainsi aux cellules à la fois leur rigidité et un axe de croissance préférentiel.  Ainsi, via l’organisation des microtubules dans chaque cellule individuelle, les tissus peuvent changer de forme, se plier et adopter des formes caractéristiques dans le méristème d’Arabidopsis. Réciproquement, les formes en croissance génèrent les contraintes mécaniques qui contrôlent l’organisation des microtubules. 

D’un point de vue plus général, ces travaux s’inscrivent dans un changement de paradigme en cours dans la biologie du développement : les chercheurs ne considèrent plus le développement embryonnaire comme un processus sous le contrôle strict de la génétique, mais plutôt comme un processus à plusieurs niveaux qui interagissent entre eux. Lire la suite

Les murs végétalisés de Patrick Blanc

Le Point N°1891,  Marie-Christine Morosi, le 11 décembre 2008

Les murs verts de Patrick Blanc

Le fameux mur végétalisé du musée du Quai-Branly, à Paris, est son œuvre. Ce chercheur au CNRS a réalisé plus de 200 jardins verticaux dans le monde.

Pour Patrick Blanc, « Mur » prend désormais une majuscule. Son concept très original de murs végétalisés dont il a déposé le brevet en 1988 a lancé la mode des jardins verticaux. Aujourd’hui, il court le monde pour répondre à des demandes toujours plus spectaculaires d’architectes et d’urbanistes qui ne peuvent plus se passer de ce botaniste artiste qui redessine la nature pour citadins coupés de leurs racines. A lui de végétaliser murs aveugles, piles de ponts, centres commerciaux sans âme et parkings sans vie. Depuis son premier mur en 1986 à la Cité des sciences, à Paris, Patrick Blanc a créé près de 200 jardins verticaux et une cinquantaine de projets l’attendent. Un de ses prochains défis est une « série d’arches végétales de 150 mètres de longueur enjambant des avenues de Dubai à 200 mètres de hauteur ».

« Je n’ai jamais aimé la campagne, jamais aimé les jardins, à l’exception des jardins botaniques. Je n’ai toujours aimé que les grandes villes et les milieux naturels les moins perturbés possible […]. Je n’ai jamais vécu qu’en ville et, depuis trente-cinq ans, je parcours les forêts primaires du monde », écrit-il. Cela pourrait paraître paradoxal, mais c’est justement sa fabuleuse connaissance des plantes qui lui permet de tapisser de vert des murs urbains, du Blanc-Mesnil à São Paulo.

Mèches de cheveux verts, tuniques à motifs de feuillages et pantalons-chaussures-chaussettes, tantôt mousse, tantôt anis. Cette panoplie chlorophylle, adoptée dès ses premières expéditions en forêt tropicale, lui sert de passeport entre Singapour et Athènes, Gênes et New York. Pied de nez aussi d’un adulte de 55 ans qui s’amuse comme l’enfant qu’il était découvrant l’aquarium du médecin de famille à Suresnes. Surpris par les poissons multicolores et les plantes aquatiques étranges, autant que par les glouglous du filtre. Le jeune Patrick apprendra vite que pompes et plantes régénèrent l’eau et maintiennent vivant l’écosystème de ce micro-univers. Son propre aquarium devient bientôt un laboratoire où prennent racines des boutures du philodendron maternel. Puis viendront divers stratagèmes d’alimentation en eau des lianes qui escaladent les murs de l’appartement familial.

Exposé tel un artiste

En 1972, l’année de son deug en sciences naturelles à Jussieu, il s’envole le temps d’un été parcourir les sous-bois de Thaïlande et de Malaisie, milieu d’origine de ses plantes d’appartement. Il découvre alors « des fougères dégoulinant le long des troncs d’arbre, des pans de végétation disparaissant derrière des rideaux d’eau, des rochers recouverts de petites plantes délicates et la capacité des plantes à coloniser tous les supports disponibles, en pleine lumière ou dans l’ombre profonde et dans les sites les plus inaccessibles ». Il comprend aussi que les plantes peuvent s’installer à toute hauteur et pas simplement à partir du bas pour s’élever en grimpant. Il n’aura alors de cesse d’essayer de reproduire cette végétation qui le fascine et il consacre ses recherches aux plantes dites de « basses énergies », qui bénéficient d’à peine 1 % de lumière à travers la canopée (1) et poussent dix à vingt fois moins vite que les autres. A celles qui peuplent les sources chaudes de Java, aux algues qui prolifèrent dans les cascades au Venezuela ou encore à cette petite fougère de Sumatra qui survit dans les courants violents. Bref, à ces modestes qui font preuve d’ingéniosité pour résister aux conditions extrêmes.

« J’utilise beaucoup d’espèces, jusqu’à 400 pour le musée du CaixaForum de Madrid. » Ses murs ne sont pas tapissés de plantes rares, au contraire. « Je n’utilise que des espèces qui poussent dans la nature, sur pentes, troncs, branches, sous-bois. » Comme ces belles indigènes communes que sont les buddleias, les figuiers ou les hortensias, Lire la suite

Les ONG environnement. reçues le 19 décembre à l’Elysée

developpementdurablele journal, 23 décembre 2008, Stéphane Davin

Energie Climat : Vers un verdissement du plan de relance

Les représentants des ONG environnementales reçues vendredi à l’Elysée

A l’issue d’une rencontre avec les ONG du Grenelle pour une présentation du Paquet Energie Climat européen, le cher de l’Etat a accepté la proposition d’une réunion début janvier des acteurs du Grenelle, afin d’examiner des propositions en faveur d’un verdissement du plan de relance économique en discussion à l’Assemblée depuis hier.

« Accord historique » pour le chef de l’Etat et le gouvernement, « compromis non satisfaisant » pour Serge Oru président de WWF, « un paquet énergétique au rabais » pour Karine Gavand de Greenpeace, un PEC « victime de la politique du plus petit dénominateur commun » pour Sébastien Genest de France Nature Environnement : la rencontre vendredi entre le président de la République et les ONG1 partie prenante du Grenelle, pour examiné le Paquet Energie Climat signé dans le cadre de la Présidence Française de l’UE, a été l’occasion, comme le résume l’une d’entre elles, d’ « une explication franche mais utile ».
Entouré de Jean-Louis Borloo ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire et de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, Nicolas Sarkozy a présenté son analyse en insistant sur la difficulté de pays de l’Union, et notamment des nouveaux Etats membres, d’adapter rapidement leurs économies aux exigences du PEC. Toutefois, « face au défi mondial du climat, l’Union européenne a su prendre ses responsabilités » a-t-il indiqué, rappelant « la volonté de la France de contribuer à un accord international sur la lutte contre le changement climatique d’ici à la fin de l’année 2009, pour la conférence de Copenhague ».
Un Grenelle du verdissement de la relance

Les associations ont demandé à Nicolas Sarkozy d’aller plus loin en France. Elles ont notamment estimé que le contexte environnemental et économique et exigeait «  le verdissement du plan de relance de l’économie » présenté il y a quelques jours et qui est entré en discussion hier à l’Assemblée nationale. Le Plan de relance « est l’occasion de traduire dans les faits, non seulement les engagements du Grenelle mais aussi les objectifs du Paquet énergie climat » a indiqué FNE. « Il s’agit maintenant de faire le pari de l’économie de demain en donnant à la France un objectif de réduction de 30% des gaz à effet de serre d’ici 2020 sur le territoire national sachant que cet objectif créera 684 000 emplois nets soit 200 000 emplois nouveaux de plus que ce que prévoit, au mieux, le Grenelle de l’environnement » a ajouté WWF.

A l’issue de la réunion Nicolas Sarkozy a pris plusieurs engagements.  Lire la suite

Rapport AfSSET et INSERM : Cancer et environnement

La documentation française, décembre 2008

Cancer et environnement

Institut national de la santé et de la recherche médicale, 2008

Cet ouvrage présente les travaux de deux groupes d’experts réunis par l’Inserm dans le cadre de la procédure d’expertise collective, pour répondre à la demande de l’Afsset concernant l’impact de l’environnement sur certains cancers dont l’incidence a augmenté au cours des vingt dernières années. Ce travail s’appuie sur les données scientifiques disponibles en date du premier semestre 2007. Près de 1 800 articles ont constitué la base documentaire de cette expertise.

> Consulter le rapport :   [PDF] 10381 Ko / 

 Sommaire /

I Mécanismes généraux de toxicité

1. Mécanismes fondamentaux

2. Analyse de la toxicité de quelques polluants

Principaux constats et propositions

II Cancer du poumon

3. Classification histologique et pathologie moléculaire

4. Incidence et évolution

5. Mortalité et évolution

6. Polymorphismes génétiques

7. Facteurs de risque reconnus

8. Facteurs de risque débattus

9. Pollutions atmosphériques

10. Interactions gènes-environnement

Principaux constats et propositions

III Mésothéliome

11. Classification histologique et pathologie moléculaire

12. Incidence et évolution

13. Mortalité et évolution

14. Facteurs de risque reconnus1

15. Facteurs de risques débattus5

Principaux constats et propositions

IV Hémopathies malignes

16. Classification

17. Incidence et mortalité chez l’adulte

18. Incidence et mortalité chez l’enfant

19. Facteurs de risque chez l’adulte

20. Facteurs de risque chez l’enfant

Principaux constats et propositions

V Tumeurs cérébrales

21. Classification histologique et pathologie moléculaire Lire la suite

Cap Sciences, Aménagement du paysage : Et les citoyens ?

aqui.fr, Virginie Wojtkowski, le 17 décembre 2008

Aménagement du territoire : la consultation fait débat sous l’égide de Cap Sciences

Pour son 13e Théâtre de la science, Cap Sciences s’est lancé dans un programme estampillé environnement. Il est question d’homme, de paysage et de coexistence entre les deux. Les rencontres ont débuté le samedi 8 décembre et s’achèveront en mai de l’année prochaine. Le temps pour les intervenants d’aborder les enjeux et les concepts qui se cachent derrière le simple mot de « paysage ». La conférence qui s’est déroulée ce lundi 15 décembre à l’Institut de journalisme de Bordeaux Aquitaine (IJBA) s’inscrit dans cette droite ligne. Avec comme thème « Aménagement du paysage : affaire d’élus ou d’experts ? Et les citoyens ? », la réflexion a porté sur la compétence du citoyen à se mêler des bouleversements paysagers de sa commune.

PLU, AEU, ENR : des sigles dont peu connaissent le secret. Des sigles sur lesquels les citoyens sont pourtant de plus en plus invités à se prononcer au sein de leur commune. Pour les implantations écologiques ou pour tout autre type d’aménagement du territoire. En matière de consultation des administrés sur les bouleversements touchant à leur cadre de vie, il y a deux écoles. L’une pense que l’aménagement paysager ne peut se faire qu’avec une participation démocratique. L’autre veut croire que l’avis du citoyen lambda, parce qu’il est non expert de la question, nuit à la cohésion de l’ensemble. Ces deux avis ont été représentés et défendus à la conférence.

Démarche participative

« Sur la ville d’Artigueloutan, dans la communauté de communes de Pau, où l’on m’a demandé d’intervenir, la consultation publique a été faite dans l’intérêt de la mairesse. Elle estimait important de savoir ce que les habitants pensaient de l’aménagement de leur territoire, pour mieux agir dans leur intérêt ensuite ». Eva Bigando est géographe. Elle a innové dans la démarche de consultation du public. A travers des photos prises dans leur village, les habitants se sont approprié la question de son aménagement. Pas illogique. Bernard Brunet, le paysagiste de la conférence, parle d’une réelle « conscience paysagère » et ajoute : « La question du paysage doit s’aborder en débat publique. C’est inscrit comme d’intérêt général ». Partant du principe qu’un cadre de vie est « une chose sentimentale » pour la personne qui l’emprunte, la perception de l’administré sur le bouleversement que va subir « son » paysage serait primordiale. Sans cela, l’aménagement pourrait être un processus mal vécu. Pas de quoi ravir les élus politiques qui en sont à l’origine.
Vitrification
« Oui, mais ». C’est là qu’intervient Serge Morin, professeur de géographie et maire de Branne en Gironde. Lui est d’avis contraire. Il pense qu’un citoyen n’est pas apte à juger du travail d’un expert. Lire la suite

Naissance de l’Agenda 21 de Bordeaux

Sud-Ouest,  Julien Rousset, le 23 Décembre 2008

MAIRIE. Le conseil municipal s’est réuni hier pour une séance longue et copieuse comme un réveillon. Autour de deux plats de résistance : l’agenda 21 et le budget primitif 2009

Un conseil vert et argent

Le « marathon » annoncé a tenu ses promesses, si bien qu’il a fallu jouer les prolongations : entamé hier à 15 heures, le conseil s’est poursuivi toute la soirée. Longue séance donc, tout de même entrecoupée d’un buffet de Noël à l’occasion duquel le jeune Capricorne Fabien Robert, 24 ans depuis hier, a eu droit à une chanson d’anniversaire.

C’était l’une des curiosités de ce conseil atypique, à cheval entre le répit d’un jour de vacances (peu de journalistes et de public dans les loges) et la densité d’un ordre du jour dominé par deux gros morceaux : l’Agenda 21 et le budget 2009, qui, à eux seuls, ont occasionné respectivement deux et trois heures de débats…

Agenda 21. Après le tram, le plan Vert et la charte d’écologie urbaine, la mairie franchit un nouveau cap sur le chemin du développement durable avec l’Agenda 21 présenté hier. 260 mesures balisent cette feuille de route dont les Bordelais auront, en janvier, une synthèse. Utiliser des fruits et légumes crus de saison dans les cantines scolaires, équiper les parcs en gestion centralisée de l’arrosage, développer un réseau de découverte de Bordeaux à vélo… ce plan d’action émerge d’une concertation qui a impliqué, d’ateliers de quartier en rencontres éco-citoyennes, de nombreux Bordelais (18 000 selon les chiffres de la mairie) ; sa conception doit beaucoup à l’énergie de l’adjointe Anne Walryck.

Le grand défaut des Agendas 21, c’est que, souvent, ils finissent au vaste cimetière des bonnes intentions : face à ce péril, la plupart des actions de cet agenda bordelais sont assorties d’objectifs chiffrés -pas assez du point de vue de Jacques Respaud pour le PS.

Pierre Hurmic a pour sa part reconnu les vertus de ce petit livre vert, tout en jugeant qu’il arrivait tard, et que la concertation n’avait pas été assez profonde. D’où l’abstention de l’élu, qui a décroché la formule du jour en indiquant ne pas vouloir adresser un « chèque en vert » à la mairie. Son collègue Patrick Papadato devait confier un peu plus tard que cette abstention a « fait débat » au sein des Verts, tandis qu’Alain Juppé regrettait un « exercice d’équilibriste ». Abstentions également du groupe socialiste et des élus communistes, ces derniers avançant des propositions concrètes pour améliorer l’Agenda 21, comme une meilleure utilisation, pour les transports doux, du fleuve et de la ligne de chemin de fer ceinturant la ville.

Budget 2009. Les recettes de la Ville de Bordeaux devraient s’élever l’an prochain à 378 millions d’euros. Les dépenses de fonctionnement représentent 293 millions d’euros ; le désendettement se poursuit (69 millions d’euros ont été gagnés depuis 95 sur la dette, qui se situe cette année à 180 millions d’euros) ; l’investissement dépassera cette année la barre les 60 millions d’euros.

Chaque adjoint a détaillé ses projets pour l’année à venir, avant les bémols de l’opposition, dont plusieurs élus ont estimé que le budget primitif ne tenait pas assez compte des « dégâts » de la crise. Lire la suite

Langoiran 4 janvier, Etavie et Gafet, nouveau marché bio

Sud-Ouest, Gilbert Habatjou, le 23 Décembre 2008

LANGOIRAN.

Les producteurs bio ont maintenant leur marché

Nathalie Orsoni (Étavie) et Stéphane Pigot (Gafet) lors du premier marché Traditions et Nature. Un marché bio et naturel vient de voir le jour, à l’initiative d’Étavie et Gafet, deux associations locales. Ces deux associations se sont fixé pour objectif la sensibilisation à l’écologie, au respect de l’environnement et de mener des actions en faveur du développement durable.

ETA… vie (Eau Terre Air… vie) favorise et développe des actions écocitoyennes en direction du public et des collectivités. Elle mène des actions pédagogiques sur les thèmes de l’écologie, la protection de la terre, l’air l’eau et l’homme.

Gafet initie et sensibilise les enfants aux sciences, à l’environnement et monte des actions de prévention santé et risques de la vie courante en utilisant la méthodologie et les outils pédagogiques de Fun Science. Au-delà du grand public, l’association vise surtout le jeune public par une médiation scientifique et environnementale sous forme d’ateliers ou de spectacles dans le cadre scolaire ou dans les centres de loisirs.

Énergie en commun

Les sensibilités de ces deux associations se rejoignent. Aussi, c’est tout naturellement qu’elles ont décidé de mettre leur énergie en commun.

« Lors de nos échanges, il nous est apparu essentiel de réconcilier les populations avec les  »cultures » traditionnelles et le bon sens que portaient nos campagnes. Il est clair pour nous qu’il nous appartient d’aider à la promotion d’une agriculture respectueuse et protectrice de la santé, des espaces. Cela nous a naturellement conduits au projet d’organiser un marché des producteurs bio et du naturel », expliquent Nathalie Orsoni et Stéphane Pigot, que nous avons rencontrés lors du premier marché, qui s’est tenu en même temps que la Foire au gras.

Tous les mois

Le premier dimanche de chaque mois, les deux associations proposeront un marché Traditions et Nature, Lire la suite