Pour 16 000 €, il a construit son éolienne

Le Parisien, Pascal Villebeuf, 22 décembre 2008

Pour 16 000 €, il a construit son éolienne

Un habitant du sud de Nemours a réussi à construire sa propre éolienne. Il espère réduire sa facture d’électricité de 80 %.

Il est technicien technicien chez Air France. Jean-Pierre Poirier était donc destiné à jouer les aventuriers de l’éolien. Echappé d’une région parisienne étouffante, il s’est réfugié avec sa famille sur le plateau de Paley-Lorrez-le-Boccage, près de Nemours. « C’est en voyant un reportage à la télévision que j’ai eu le déclic.

Je me suis dit : J’ai construit ma maison tout seul, ce n’est pas quelques boulons et un cube de béton qui vont m’effrayer. » Mais quand Jean-Pierre se renseigne, il est affolé par le coût du projet. « On m’annonçait un prix de 40 000 €. C’était trop cher. »

Pendant quelques semaines, il tâtonne. Puis se décide à monter une station météo afin de voir si la force moyenne du vent est suffisante à cet endroit. Il s’aperçoit qu’implanter une éolienne de moins de douze mètres (10 kW) ne nécessite aucun permis de construire. Bingo ! Il déniche sur Internet le contact d’un directeur commercial chinois, qui fournit de nombreuses entreprises françaises. Et en plus, il obtient des tarifs défiant toute concurrence. « Cela m’a coûté au total 16 000 €. Soit trois fois moins cher qu’en passant par un installateur français. Et si j’avais investi dans des panneaux solaires, la facture s’élèverait à 60 000 € ! »

Bien sûr, Jean-Pierre en a un peu bavé pour voir son éolienne tourner au fond du jardin. « Il a fallu aller chercher le mat au Havre (76), couler un bloc de béton de 17 t pour ancrer l’éolienne, assembler le tout, installer le récupérateur de tension… Heureusement, des amis et des voisins m’ont aidé. » Auparavant, Jean-Pierre a négocié un simple prêt à la consommation. Mais n’a pas eu droit à un crédit d’impôts nouvelles énergies, faute d’installateur officiel. Mais le jeu en valait la chandelle. « Elle est en test depuis un mois et ça marche, assure-t-il. Je devrais réduire ma facture d’électricité de 80 %. Soit 1 200 € par an. Je pourrais faire un vrai bilan dans un an. » Que du bonheur. Lire la suite

Scénarios du GIEC : comment sera le monde en 2100 ?

Prévisions du GIEC sur le climat et son impact économique : comment sera le monde en 2100 ?

Joaquim Da costa – Green-Ethic , le 17 décembre 2008

Une chose est certaine, le climat de demain dépend de nos choix économiques, technologiques et sociaux. Et ce climat qui va se modifier de manière importante aura des conséquences aussi spectaculaires que dramatiques sur notre façon de vivre !
Afin d’anticiper de telles évolutions, les chercheurs du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) ont imaginé et mis au point de nombreux scénarios qui présentent les divers changements climatiques possibles et leur impact sur nos sociétés. Pour étayer leur thèse, ces « futurologues » du GIEC ont rendu disponibles ces multiples scénarios dans différentes bases de données. A partir de cela, ils ont élaboré quatre récits qui représentent ce que pourrait être notre monde en 2100. Vous en trouverez ci-après un résumé.

Récit baptisé A1B : Technologies de pointe et mondialisation

Le scénario A1 comporte trois variantes. La plus équilibrée, A1B, prévoit une intensification des échanges, favorisant une croissance rapide fondée sur les nouvelles technologies et associant tous types d’énergie. Les inégalités Nord-Sud se réduisent, tandis que la courbe du C02 croît.

Récit baptisé A2 : Consommation soutenue et inégalités accrues

Une croissance économique forte repose encore sur de « vieilles » technologies dans un monde devenu plus protectionniste : c’est l’hypothèse sur laquelle repose ce scénario A2 qui voit les inégalités se creuser entre Nord et Sud. Un scénario qui entraîne une véritable explosion des émissions polluantes.

Récit baptisé B1 : Economie de services et développement durable

Dans ce scénario B1, la courbe du CO2 évolue plus lentement grâce, notamment, à un recours accru aux énergies renouvelables et à une utilisation plus rationnelle des ressources. L’économie mondialisée n’en reste pas moins dynamique, mais se tourne essentiellement vers le tertiaire.

Récit baptisé B2 : Economie solidaire et régionalisation

Une économie qui met la pédale douce sur les énergies fossiles, favorise l’agriculture biologique et tourne le dos à la mondialisation… Le scénario B2 voit pourtant les émissions de CO2 croître, conséquence d’une trop lente évolution technologique et d’une population qui augmente.

Selon le GIEC, la population humaine pourrait selon les différents scénarios passer de 7 à 15 milliards d’habitants.

Plus intéressante encore, l’évolution des gaz polluants. Il apparaît globalement évident qu’une population qui s’accroît rejette plus de carbone… Néanmoins, cette donnée n’est pas suffisante pour tout expliquer ! Ainsi, dans les scénarios A1 et B1, qui s’appuient sur une augmentation démographique relativement modérée, la variation d’émissions de 5 à 20 gigatonnes de carbone est surtout liée à nos choix économiques et technologiques. Donc en fonction des modèles que nous adopterons, les 20 gigatonnes de carbone pourront aussi bien être atteintes pour une population de 7 milliards d’habitants que de 15 milliards !

Quant au développement économique, aucune des hypothèses ne prévoit un monde appauvri. Lire la suite

Canfin : La croissance verte n’est pas un but en soi

Politis, propos recueillis par Patrick Piro, décembre 2008

« La croissance verte n’est pas un but en soi »

Pour Pascal Canfin, responsable de la commission économie des Verts, la croissance verte prônée par le gouvernement est une manière d’inféoder l’écologie à une économie de croissance classique.

La « croissance verte », nouveau slogan à la mode, ne tente-t-elle pas de faire cohabiter deux principes antagonistes – le productivisme et l’écologie ?

Pascal Canfin : La croissance verte ne peut pas être un objectif en elle-même. Le but, à nos yeux, c’est la décroissance de l’empreinte écologique, la conversion écologique de l’économie et une meilleure qualité de vie pour tous. Certaines mesures de cette conversion écologique feront augmenter le PIB, car elles créeront des activités nouvelles, d’autres non. La croissance du PIB pour des raisons écologiques sera peut-être une conséquence de la conversion de l’économie, mais ce n’est en aucun cas un but en tant que telle.

Au contraire, faire de la croissance verte un objectif peut être très limitatif, car cela revient à tenter de confiner l’écologie dans une niche, et à en apprécier l’utilité au regard de ce qu’elle peut apporter au PIB. Résultat, si l’écologie ne favorise pas la croissance, alors il faudrait y renoncer.

Or, on sait que certaines mesures écologiques auront un impact négatif sur le PIB. Prenons l’exemple des transports aériens : dans le modèle de la « croissance verte », on parle à la rigueur d’avions moins gourmands en carburant, mais il n’est dit nulle part que le trafic doit être réduit.

Le recours à la technologie et aux grands travaux est le grand axe directeur de cette nouvelle approche. Un non-sens ?

Il faut bien sûr encourager une révolution technologique verte pour inventer des produits écoconçus, entièrement recyclables, économes en énergies. Mais il ne faut pas s’en tenir à l’aspect technologique, sinon cette révolution se heurtera à ce que les économistes appellent l’effet rebond : on aura des voitures plus sobres, mais s’il y a toujours plus de voitures qui parcourent toujours plus de kilomètres, on ne réduira pas les émissions globales de gaz à effet de serre.

C’est l’Agence internationale de l’énergie elle-même qui le dit : pour diviser nos émissions de gaz à effet de serre par quatre d’ici à 2050, ce qui est la préconisation minimale des scientifiques du Giec pour les pays riches, la moitié du chemin peut être fait grâce à la technologie, mais l’autre moitié implique une modification de nos comportements, et une mise à distance de notre société de l’hyperconsommation. Cette partie, qui est la partie la plus radicale de l’écologie, est totalement absente des raisonnements sur la croissance verte.

Peut-on même encore parler de « croissance verte » au regard du plan de relance de l’économie présenté par Nicolas Sarkozy ?

Le Grenelle de l’environnement, avec 400 milliards d’euros d’investissements sur les prochaines décennies environ, aurait pu constituer un cadre minimal pour la « relance verte » de l’économie. Le président avait l’occasion de s’appuyer sur ce socle, il aurait pu décréter l’urgence sur l’application des mesures du Grenelle. Mais la majeure partie du plan de relance, c’est la relance classique des traditionnels secteurs porteurs de notre économie : le bâtiment, les routes et l’automobile. Le plan Sarkozy est même par endroits en totale contradiction avec les mesures récemment annoncées par le Grenelle. Par exemple, lorsqu’il renoue avec le programme autoroutier ou avec l’affaiblissement de la réglementation contraignant les constructeurs de grands équipements à procéder à de vraies études d’impacts préliminaires sur l’environnement. Au nom de l’urgence économique, on va donner des passe-droits aux « bétonneurs ». Lire la suite

Jean Zin : La conjonction des crises

Blog de Jean Zin, le 19 décembre 2008

La conjonction des crises

Tout pourrait revenir comme avant ou presque, semble-t-il, avec quelques règles en plus, quelques ajustements, de sévères corrections même, mais tout cela n’aurait été au fond qu’un mauvais moment à passer, une simple réduction de l’activité, des bénéfices, des revenus. On nous annonce pour l’année prochaine une récession entre 1% et 5%, la belle affaire ! Pas de quoi faire un plat pour cela, chacun peut retourner à ses petites affaires et joyeuses fêtes à tous ceux qui croient au Père Noël !

L’optimisme forcé des économistes a été dénoncé comme un des facteurs de la crise, il ne semble pas qu’on en soit sorti pour autant, passant de l’affirmation que « le plus dur est derrière nous » à ces prévisions qui ne prévoient rien mais ne font que faire tourner des modèles qui viennent pourtant de démontrer leur incapacité d’intégrer les hypothèses extrêmes, les facteurs externes, les ruptures de seuil et, donc, de calculer les risques réels alors même qu’on assiste au télescopage de toute une série de crises pas seulement économique et financière.

Ainsi, ce ne serait pas si grave, à ce qu’on nous dit, juste quelques mois de vaches maigres, une parenthèse dans l’expansion de l’économie financière et l’histoire du libéralisme. Sauf que cela suppose qu’il n’y aurait pas d’effondrement du dollar, pas de credit crunch, pas de faillite de l’industrie automobile ou d’entreprises aussi stratégiques, pas de faillite des Etats, pas de tensions graves entre pays, pas de troubles sociaux généralisés dans le monde entier ! Ce n’est pas complètement impossible mais le plus probable reste une désorganisation totale du système dans les mois qui viennent malgré toutes les mesures prises (les taux américains ne peuvent plus baisser, il n’y a plus que l’hyperinflation pour effacer leur dette).

On sait que lorsqu’il y a des tremblements de Terre cela provoque des éruptions volcaniques à retardement dans un rayon de 1000 km les années suivantes. De la même façon, il ne serait pas raisonnable de penser que tout rentrera dans l’ordre sans autre forme de procès alors qu’il y a une telle tectonique des plaques avec les bouleversements actuels qui déstabilisent déjà les points les plus fragiles (comme en Grèce).

Tout cela semble impliquer que la crise ne durera pas 1 an comme on nous le répète constamment mais qu’on pourrait en prendre pour 10 ans peut-être ! Il est raisonnable de penser que la crise sera durable et profonde mais les premiers signes et les politiques menées en renforcent l’hypothèse. On peut légitimement craindre que l’énormité des moyens mis en jeu ne fasse que faire durer le supplice en creusant un peu plus le gouffre… Non seulement, l’économie démontre encore une fois son incapacité à rendre compte du caractère non-linéaire et systémique des crises mais il n’y a pas de véritable autonomie de la sphère économique. On assiste en fait à une conjonction sans précédent des crises économique, écologique, sociale, politique, géopolitique, technologique, générationnelle, idéologique, civilisationnelle, dont les temporalités très différentes pourtant convergent ici de façon explosive. On éprouve ainsi de façon tangible à quel point la réalité n’est pas univoque mais comporte une multitude de strates. Cela devrait être l’occasion de sortir des points de vue trop simplistes et unilatéraux pour essayer de comprendre la complexité des interactions entre différents niveaux de réalité. Même des écologistes peuvent avoir une approche trop unilatérale des questions, ce qui est un comble, négligeant trop souvent les dimensions économiques et sociales en particulier.

D’une certaine façon, cette convergence exceptionnelle de différentes crises pourrait constituer une chance pour résoudre l’ensemble de ces crises à la fois. Lire la suite

Architecture : protéger l’environnement, source d’inspiration

tv5.org, le 22 décembre 2008

Pour Renzo Piano, le grand architecte italien de renommée mondiale, la protection de l’environnement, loin d’être une contrainte, doit être une « source d’inspiration ».

« On découvre que la terre est fragile : faut-il le vivre obligatoirement comme un drame ? », feint de s’interroger l’architecte, dont la dernière oeuvre, l’Académie des sciences de San Francisco, a reçu cet automne la note la plus élevée jamais attribuée à un musée par le « Green Building Council », agence américaine de notation des constructions « vertes ».

Le chantier de l’Académie des sciences de San Francisco, conçue par Renzo Piano

« Les contraintes liées à l’environnement ne doivent pas être vécues comme une mutilation de la liberté. L’écologie peut-être une belle source d’inspiration, et une énorme opportunité« , affirme le « père » du Centre Pompidou (Beaubourg) de Paris, interrogé dans son atelier de Gênes (nord-ouest de l’Italie).

« Les architectes doivent savoir interpréter les évolutions de leur époque et vivre avec leur temps. Le musée de San Francisco est une interprétation de la révolution verte en marche« , poursuit Renzo Piano, 71 ans, lauréat 1998 du « Nobel » de l’architecture, le Prix Pritzker.

Le bâtiment, inauguré cet été, multiplie les innovations écologiques : l’isolation est faite de jeans recyclés, le toit est entouré de capteurs photovoltaïques qui fournissent 10% de l’énergie consommée par le site, et il est recouvert d’un jardin luxuriant, où les visiteurs peuvent se promener.

« Notre devoir est de transformer de façon poétique les codes de ce langage écologique, afin d’allier respect de l’environnement et beauté« , souligne cet homme élancé à la barbe poivre et sel qui a l’allure d’un capitaine de vaisseau.

« Je crois au bénéfice poétique de la légèreté et de la transparence« , ajoute-t-il, dans un français chantant teinté des accents de sa Gênes natale.

Dans son atelier, construit il y a une quinzaine d’années en haut d’une falaise dominant la mer, l’architecte montre le toit en verre, qui « capte les rayons du soleil pour réchauffer et illuminer les pièces », diffusant une agréable chaleur « naturelle ».

« On est en décembre, pourtant il n’y a pas de chauffage! », se réjouit Renzo Piano, qui partage sa vie entre Gênes, Paris et New York, où il vient d’ouvrir une agence afin de mieux gérer ses nombreux projets aux Etats-Unis (extension du campus de Columbia University, musée de l’université d’Harvard à Boston…).

« L’architecte doit se sentir responsable vis-à-vis de l’environnement, d’a Lire la suite

Sortie au Brésil de l’ouvrage Le Monde selon Monsanto

Le Monde, Annie Gasnier, le 20 décembre 2008

Monsanto fustige « ceux qui ont pour stratégie de discréditer la biotechnologie », à l’occasion de la sortie d’un livre au Brésil

La sortie au Brésil de l’ouvrage Le Monde selon Monsanto n’est pas passée inaperçue aux yeux de la multinationale américaine. Pour la première fois depuis la divulgation de l’enquête journalistique de Marie-Monique Robin, sous forme d’un livre et d’un documentaire diffusé par Arte au mois de mars, l’entreprise, qui produit 90 % des organismes génétiquement modifiés (OGM) utilisés dans le monde, a pris note des accusations qui la visent. Et Monsanto avance des réponses, via Internet, en portugais.

« La direction du groupe au Brésil a voulu présenter son point de vue, pour ne pas laisser sans réponse des attaques qui ont déjà eu un écho mondial« , explique-t-on au service de communication de Monsanto, à Sao Paulo, en précisant qu’il s’agit d’une traduction littérale du texte envoyé par le siège américain de la firme.

Plusieurs pages du site brésilien reprennent des points développés dans le film, en avertissant : « Un documentaire français tente de dénigrer l’image de Monsanto », avec une enquête de « ceux qui ont une stratégie pour discréditer la biotechnologie« . « C’est amusant de les voir enfin réagir, a déclaré Marie-Monique Robin, venue à Curitiba (Etat du Parana) lors d’une tournée au Brésil. Mais si leurs arguments étaient solides, ils m’auraient attaquée en justice depuis longtemps. »

La réaction publiée témoigne de l’importance du Brésil dans la stratégie de la multinationale : ce pays a récolté 60 millions de tonnes de soja cette année, soit 25 % de la production mondiale, et Monsanto a déjà introduit son soja Roundup Ready, légalisé en 2005.

La moitié de la récolte brésilienne est certifiée « sans OGM », le reste est transgénique ou contaminé.

RENDEMENTS DÉCEVANTS

Des neuf OGM autorisés par les autorités de Brasilia, entre soja, maïs et coton, la moitié porte la marque Monsanto. Dans l’Etat de Bahia, à Camaçari, fonctionne la plus grande entreprise d’herbicides d’Amérique latine.

« Ces enquêtes nous aident à lutter contre les OGM, expliquait Marcelo Durao, du Mouvement des paysans sans terre, Lire la suite

Sortir du nucléaire porte plainte contre AREVA

Le Monde, Pascale Santi, le 18 décembre 2008

Communiquer sur le nucléaire n’est jamais anodin

Le réseau Sortir du nucléaire a déposé plusieurs plaintes devant le Jury de déontologie publicitaire (JDP), (ex-Bureau de vérification de la publicité) contre le groupe français Areva qui a publié des publicités dans plusieurs magazines « jugées trompeuses ». Objet du différend : le magazine Science & Vie Junior (groupe Mondadori) a publié dans son numéro de novembre des encarts financés par le groupe nucléaire. Ceux-ci portaient la mention « Jeu concours » et non celle de « Publicité ».

Sciences et Vie Junior « a pris les devants et a répondu qu’il avait fait une erreur« , nous indique-t-on au JDP. Dans un courrier du 1er décembre, l’instance a répondu à Sortir du nucléaire que Sciences et Vie Junior avait « mis en conformité ces encarts avec les règles déontologiques relatives à l’identification de la publicité ». Dans ce contexte, le JDP a considéré qu’il « n’avait plus à se prononcer sur cette plainte ».

« Nous avons fait une erreur technique en ne mentionnant pas « Publicité » sur ces encarts, concède Jean Lopez, rédacteur en chef de Sciences et Vie Junior, mais on ne peut pas nous faire le procès de vouloir manipuler les esprits, alors que notre magazine sensibilise les jeunes sur ces sujets, notamment sur le nucléaire. »

Mais Sortir du nucléaire a déposé une nouvelle plainte devant le JDP le 16 décembre sur le numéro de décembre de Sciences et Vie Junior. « On ne peut interdire la publication d’une publicité, si cette communication ne porte pas atteinte aux valeurs recommandées par le JDP », se justifie Jean-Jacques Benezech, directeur des opérations spéciales chez Mondadori France. Sortir du nucléaire a également déposé d’autres plaintes contre Areva au sujet de publicités parues dans Images Doc (Bayard), dans Les Clés de l’actualité et Les Clés de l’actualité junior (Milan).

« Il y a tromperie dans la forme, car il n’y a pas de mention « publicité », et dans le fond, car les jeunes ont naturellement tendance à faire confiance à leur magazine et sont donc abusés par la caution de ce dernier qui mêle la marque nucléaire à son nom« , souligne Stéphane Lhomme, porte-parole de Sortir du nucléaire.

De nombreux parents ont réagi à ces publicités et ont adressé des plaintes aux journaux. Lire la suite