Les évêques de France et « l’écologie de fondation »

La Croix, Claire Lesegretain, le 17 décembre 2008

Les évêques de France promeuvent une « écologie de fondation »

Dans un document récent, la Conférence épiscopale invite les chrétiens à réfléchir au sens de l’aventure humaine sur terre et à faire des choix de vie en conséquence

Alors que se tenait, la semaine dernière, le sommet européen sur la lutte contre le changement climatique, la Conférence des évêques de France a rendu publique mercredi 17 décembre une étude conjointe de son Service pour les questions familiales et sociales, dirigé par le P. Jacques Turck, et de l’antenne Environnement et modes de vie, fondée en 1997 et présidée par Mgr Marc Stenger.

Cette étude, intitulée La Création au risque de l’environnement (1), est le fruit d’un long travail.
A la suite de la publication de Planète vie-planète mort, l’heure des choix en 2005 (2), et après avoir étudié différents rapports scientifiques récemment publiés – notamment le rapport du groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec) –, l’antenne Environnement et modes de vie, composée d’une quinzaine de membres, avait organisé un colloque de théologie en septembre 2007 à Troyes, pour se demander ce que l’Église pouvait avoir à dire d’original.

Un parti pris théologique et pastoral

Dans le prolongement du colloque, le P. Turck a rédigé l’essentiel de ce document, avec un « parti pris théologique et pastoral » – car, pour le reste, « l’Église avalise les rapports scientifiques et n’a pas à les répéter ».

C’est d’ailleurs ce que Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes et président de Pax Christi-France, et Mgr Roland Minnerath, archevêque de Dijon, accompagnés du P. Turck et de Jean-Pierre Chaussade (membre de l’antenne), ont signifié à la secrétaire d’État chargée de l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, lors du « Grenelle Off » sur l’environnement.

« Nous avons pris acte des réalités en termes d’épuisement des ressources de la planète, de pollution et d’accumulation de déchets, et de dérèglement climatique, qui, tous, appellent à une transformation urgente de nos modes de production et de consommation, de nos modes de vie, explique le P. Turck. Mais donner des consignes pratiques n’a pas de sens si on ne dit pas d’abord la finalité. »

Réfléchir à la finalité de l’aventure humaine

De fait, à travers ce document, l’épiscopat n’indique pas de moyens concrets pour la sauvegarde de l’environnement, mais il invite à réfléchir à la finalité de l’aventure humaine et à en tirer les conséquences. Car la mission de l’Église est d’inciter à dépasser une « écologie de correction » –«comme s’il s’agissait de redonner un coup de peinture », selon l’expression du P. Turck – pour s’engager vers une « écologie de fondation ».
Le texte des évêques propose donc de revenir aux fondements de la Création telle qu’elle a été voulue par le Créateur, c’est-à-dire comme une alliance.

Certes, aucun des deux récits de la Création dans la Genèse ne prétend répondre aux questions que se pose la science d’aujourd’hui. Mais les deux montrent que « Dieu est engagé dans l’aventure en son principe et en sa finalité ». Et l’homme avec lui, du fait de « la responsabilité souveraine qui nous incombe.

Nous devons construire une société plus respectueuse de l’environnement

« Nous sommes responsables d’un développement durable », Lire la suite

L’Australie accablée par la sécheresse

Le Monde, Marie-Morgane Le Moël, le 17 décembre 2008

Accablée par la sécheresse, l’Australie cherche à sauver son principal bassin agricole

Le bassin de Murray-Darling, principale région agricole d’Australie, continue de souffrir de la sécheresse. Alors que la crise menace agriculteurs et citadins, le gouvernement fédéral va prendre le contrôle de la région, dont les ressources en eau étaient jusqu’ici administrées par quatre Etats, la Nouvelle-Galles du Sud, le Victoria, l’Australie-Méridionale et le Queensland, ainsi que par le territoire de la capitale.

En outre, le gouvernement fédéral a décidé de débloquer 13 milliards de dollars australiens (6,4 milliards d’euros) pour un plan d’urgence. C’est une nécessité, car cette vaste zone couvrant plusieurs Etats sur 1 million de kilomètres carrés – un septième du continent – est un grenier fertile d’où proviennent 40 % de la production agricole nationale. Les terres irriguées par les trois plus importants cours d’eau du pays, la rivière Darling, le fleuve Murray et la rivière Murrumbidgee, permettent à plus de 60 000 exploitations de produire céréales, fruits, coton ou viande.

Une sécheresse sévère avait déjà touché la région entre 1997 et 2006. « Nous venons de vivre dix années en dessous de la moyenne des précipitations. Et malgré des pluies sur les côtes, l’intérieur du pays est toujours en difficulté », juge Tom Mollenkopf, directeur de l’association australienne de l’eau (AWA).

UNE AGRICULTURE D’IRRIGATION

La sécheresse n’est pas la seule explication : depuis les années 1950, une agriculture d’irrigation, très gourmande en eau, a été développée. Presque 70 % de l’eau prélevée sur le système sont ainsi consacrés à l’agriculture, avec des techniques d’irrigation parfois très peu rentables. Conséquence : non seulement les rivières s’assèchent, mais la qualité de l’eau diminue. « Le système se dégrade : il y a de graves problèmes de salinisation. Nous sommes aussi confrontés à l’apparition d’algues toxiques dans les réservoirs« , observe Dhia Al-Bakri, spécialiste de la gestion de l’eau à l’université de Sydney.

D’ores et déjà, des agriculteurs ne reçoivent plus leurs allocations en eau. Et la situation est particulièrement difficile en aval. En Australie-Méridionale, Adelaide, ville proche de l’embouchure du Murray, va ainsi devoir acheter de l’eau aux Etats voisins. Selon un rapport récent du CSIRO, l’organisme national de recherche scientifique, en raison du réchauffement climatique, les agriculteurs du bassin pourraient se voir privés de la totalité de leurs allocations en eau 80 % du temps, d’ici à 2030.

Avec le nouveau système mis en place, le gouvernement fédéral aura davantage de pouvoirs et sera en mesure de trancher les différends opposant les Etats de la région. Une autorité unique a été mise en place pour coordonner les quantités d’eau qui pourront être prélevées. « Cela va dans le bon sens. Car on ne peut pas gérer les ressources correctement lorsque l’on ignore qui reçoit quoi », salue Tom Mollenkopf.

Le plan ne suffira pas à résoudre une crise de cette ampleur critiquent des environnementalistes. « Nous devons changer notre mode de vie. Lire la suite

AAER et VALOREM : fabrication des éoliennes à Pauillac ?

Sud-Ouest, Julien Lestage, le 18 Décembre 2008

ÉOLIENNES. La société AAER SAS projette d’installer à Pauillac une unité de fabrication de nacelles d’éoliennes

Pauillac au centre d’un projet de fabrication d’éoliennes

Fin 2009, une unité de fabrication de nacelles d’éoliennes (1) pourrait voir le jour à Pauillac. Elle pourrait créer 38 emplois. Le projet est porté par AAER SAS, un « partenariat » entre la société québécoise AAER Systems (spécialisée dans la fabrication d’éoliennes) et la société béglaise Valorem (ingénierie et développement de parcs éoliens). Les associés (2) viennent de solliciter une subvention du Conseil général d’un montant de 306 000 euros. La somme apparaît dans le plan de financement prévisionnel qui prépare l’opération.

Au total, pour aboutir, les investisseurs comptent sur un budget de 3,2 millions d’euros. Et c’est bien à Pauillac, comme le confirme un document du Conseil général, que AAER SAS compte s’installer. Un certain suspens est donc levé. Car Mérignac, Bassens, Blanquefort, Salaunes, étaient aussi des villes pressenties pour accueillir cette unité de fabrication.

Une porte sur l’Europe

Alors que Valorem indique que « rien n’est fait pour le moment », Robert Gilardi, en charge de l’Agence pour le développement économique du Conseil général, assure, lui, assure qu’une étape importante a été franchie. Joint par téléphone hier, il précise : « Lorsque l’on arrive à ce niveau de traitement d’un dossier, on peut dire que les choses sont plutôt bien engagées ».

Malgré un contexte économique difficile, les Québécois et les Béglais poursuivent donc dans leur stratégie. Le but étant de développer l’éolien sur le marché européen et d’Afrique du Nord, sans avoir à importer les machines. Si la Gironde a été choisie pour l’implantation d’un site de fabrication d’éoliennes, c’est parce que selon les investisseurs, elle dispose notamment « d’un bassin de main d’œuvre qualifiée en matériaux composites et en génie électromécanique, puis d’une situation géographique au coeur des marchés ».

Des bâtiments adaptés

Dans ce dossier, Pauillac a pu faire valoir deux atouts majeurs qui ont séduit AAER SAS. Lire la suite

Transports CUB : Keolis attaque Véolia et Deutsche Bahn

Sud-Ouest, propos recueillis par Jean-Bernard Gilles, le 18 Décembre 2008

BORDEAUX. Le PDG de Keolis réagit à l’annulation de la procédure. Et attaque Veolia

« La victime est l’usager des transports bordelais »

 « Sud Ouest ». Comment réagissez-vous à l’annulation de la procédure de délégation de service public pour les trams et bus ?

Michel Bleitrach. Nous ne souhaitons pas commenter une décision de justice, mais je constate que les magistrats placent ces procédures dans une grande insécurité juridique. Il y a quelques semaines un juge des référés de Saint-Brieuc où nous étions l’opérateur sortant était saisi d’un recours voisin de celui défendu à Bordeaux par la Deutsche Bahn. Mais il a considéré, à l’inverse de Bordeaux, que la publicité nationale pour cette passation de marché était adéquate. Les collectivités locales et autres autorités organisatrices de transport ne savent plus ce qu’elles doivent faire. Le Conseil d’État dira le droit.

Il ne semble pas extravagant de publier des annonces pour des contrats de ce montant à l’échelle européenne ?

Le juge bordelais a estimé que les 300 abonnements de « Ville et transport » en Europe n’offraient pas une publicité suffisante. Les opérateurs de transport de l’UE sont bien moins nombreux. Que faut-il faire ? Publier ici dans le « Financial Times », là dans « Les échos », ou encore dans le « Frankfuter Allgemeine » Cela devient très compliqué.

Quant au « Journal officiel » de l’Union européenne, il n’accepte pas les annonces par Internet pour les délégations de service public. Le résultat pour nous est simple. Nous avons gagné ce marché à la loyale, avec une offre améliorée. Et nous nous sentons lésés par la décision du tribunal administratif. L’usager des transports bordelais sera la victime, au moins dix-huit mois, de cette décision de forme.

Veolia voulait aussi plaider une concurrence déloyale avec la filiale de la SNCF qu’est Keolis, notamment sur le volet intermodal… ?

Veolia plaide volontiers pour une vraie concurrence depuis Paris, mais ne s’applique pas la consigne, notamment à Bordeaux. Le maintien de son recours devant le tribunal administratif de Bordeaux démontre qu’il n’accepte toujours pas le choix des élus et prouve que cette société est mauvaise perdante. À Nantes ou à Grenoble, Transdev et une société d’économie mixte ont remporté des marchés avec une vraie offre intermodale. Que dire de surcroît, en terme de concurrence des agglomérations où Veolia Environnement gère les transports, l’eau, les réseaux de chaleurs…

« Le Figaro » évoque une concertation sur le dossier bordelais, à Berlin, entre les dirigeants de Veolia et ceux de la Deutsche Bahn. Qu’en pensez-vous ?

Nous laissons le journaliste libre de ses propos. Nous n’avons pas d’éléments concrets qui nous permettent de dire qu’il y avait entre les deux sociétés une concertation « juridique » au sujet de ce gros contrat bordelais. Nous sommes juste étonnés de constater que certains éléments contenus dans le recours de la Deutsche Bahn n’étaient connus que de la CUB, de Keolis et de Veolia Transport. Je ne serai d’ailleurs pas surpris que D Bahn et Veolia fassent une offre commune à Bordeaux, lors de la prochaine consultation.

Keolis ou Veolia gagnent des contrats en Allemagne mais Deutsch Bahn est absente du marché français des transports urbains… ?

La société allemande exagère sur ce point. Lire la suite