St Paul les Dax 12 décembre : Jean-Marie Harribey ATTAC

Sud-Ouest, Emma Saint-Genez, le 12 Décembre 2008

ATTAC. Selon le coprésident national Jean-Marie Harribey, en conférence ce soir à Saint-Paul-lès-Dax, le plan de relance gouvernemental ne suffira pas à endiguer la crise sociale

« Le plan de l’esbroufe »

Agrégé d’économie, Jean-Marie Harribey enseigne à Bordeaux IV et sera ce soir à St-Paul-lès-Dax

Agrégé de sciences économiques et sociales, maître de conférences à l’université Bordeaux IV, Jean-Marie Harribey copréside depuis 2006 avec Aurélie Trouvé, Attac France, l’Association pour la taxation des transactions et pour l’aide aux citoyens. Dans le cadre du 10e anniversaire de l’association, le comité Attac Landes Côte sud a invité l’universitaire ce soir à Saint-Paul-lès-Dax pour une conférence-débat sur le thème : « Pour sortir de la crise, désarmons les marchés ! »

« Sud Ouest ». Depuis quand êtes-vous adhérent d’Attac et pourquoi ?

Jean-Marie Harribey. Depuis les débuts, en 1998-99. Je suis un des membres fondateurs au niveau girondin. Mais en tant que citoyen et économiste, je critique le système capitaliste depuis 40 ans. L’association s’est créée au moment où l’idéologie libérale était la plus cynique en nous promettant une mondialisation heureuse et le bonheur pour tous grâce aux privatisations. Nous pressentions au contraire que nous étions à l’aube de catastrophes magistrales.

La crise actuelle semble vous donner raison. Un motif de satisfaction ?

Elle ne semble pas : elle accrédite totalement nos thèses ! La crise du capitalisme a commencé dès 1973, avec le début de la libre circulation des capitaux et le démantèlement des accords de Bretton Woods. On nous a alors raconté l’histoire du choc pétrolier. C’est à partir de ce moment-là que les acquis sociaux ont commencé à être remis en cause et que la part salariale a connu une chute vertigineuse dans le PIB. Ce que reconnaissent aujourd’hui le FMI et l’Union européenne. Mais nous ne pouvons être satisfaits de voir les choses empirer. Il nous faut au contraire redoubler d’efforts pour reprendre en main les services publics, lutter contre les privatisations et la remise en cause de l’assurance-maladie ou des retraites que certains voulaient, il y a peu encore, confier à des fonds de pension américains. Il faut refuser cette politique qui enrichit les riches, appauvrit les pauvres et nous conduit à la catastrophe écologique.

Cette approche environnementale est nouvelle dans le discours d’Attac ?

Oui. Nous l’avons intégrée dans notre critique du système capitaliste qui est aussi incapable de répondre à l’urgence climatique, et qui, au contraire, arrive à faire de nouvelles affaires en surfant sur la croissance verte.

Que pensez-vous du plan de relance annoncé la semaine dernière par Nicolas Sarkozy ?

Qu’il n’est pas à la hauteur de cette crise générale et mondiale, la plus importante depuis 1929. L’Europe a prouvé sa totale inefficacité et chaque État travaille dans son coin. Il faut remettre en cause notre mode de production et de consommation. Au lieu de cela, on annonce des aides au secteur automobile. C’est de l’esbroufe. Sur les 26 milliards annoncés, 11 étaient déjà actés. De l’argent que l’État aurait de toutes façons dû reverser aux entreprises. Ce plan n’a aucune chance de répondre à la multiplication des crises sociales.

Dans l’annonce de votre conférence, vous rassemblez les crises financière, économique, alimentaire, politique, sociale et écologique. Toutes sont liées ?

Bien sûr ! Rappelez-vous de ce qui s’est passé l’an dernier. Le secteur bancaire était annoncé en quasi-faillite parce qu’il avait trop investi dans le crédit immobilier. Résultat : les capitaux se sont orientés vers les valeurs refuges que sont les céréales. Les prix du blé, du riz ou du maïs, qui augmentent régulièrement, ont alors été multipliés par deux ou trois à cause de cette spéculation, et pas seulement parce que la demande est plus importante.

Et comme depuis 20 ans, les politiques libérales obligent les pays du tiers-monde à cultiver des produits d’importation au détriment des cultures vivrières pour obtenir des devises et rembourser les prêts internationaux, cela donne en 2008 les émeutes de la faim !

L’association a retrouvé l’unité depuis les turbulences de 2006 ?

Ce n’est rien à côté de la crise mondiale que nous traversons, mais oui ! Les fraudeurs sont partis (1). Mais comme tous les mouvements sociaux, nous traversons des moments difficiles. Nous avons 12 000 à 13 000 adhérents, moins que nous le souhaiterions pour mener notre travail d’éducation populaire tourné vers l’action.

Attac pourrait se transformer un jour en parti politique ?

Non. Nous n’allons pas créer un parti à gauche : il y en a déjà pas mal et qui n’ont pas les idées très claires ! Nous nous situons en amont de l’action politique et mettons à disposition nos analyses des enjeux en tant que membres du débat citoyen.

(1) L’ancien président Jacques Nikonoff notamment qui a démissionné en août 2006.

Conférence-débat ce soir à 20 h 30 à l’espace Arnaudin à Saint-Paul-lès-Dax. L’entrée est libre. Email : attaclcs@orange.fr

 

 

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