Un VP du GIEC annonce « une aggravation du diagnostic »

blog de Sylvestre Huet, journaliste à Libération, le 12 décembre 2008

Climat : un vice-président du GIEC annonce « une aggravation du diagnostic. »

Jean-Pascal van Ypersele, professeur à l’Université catholique de Louvain (Belgique) est vice-président du GIEC , le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, mis en place par le programme des Nations Unies pour l’environnement et l’Organisation Météorologique Mondiale.

Depuis Poznan, où se tiennent des négociations sur l’avenir de la Convention Climat de l’ONU, il réaffirme le message des scientifiques dans l’interview ci dessous qu’il m’a accordée.
Alors que la plupart des gouvernements sont représentés à la Conférence de Poznan dans le cadre de la Convention climat de l’ONU quelles sont les dernières nouvelles de la recherche dans ce domaine ?

Jean-Pascal van Ypersele : Je n’ai rien lu ces trois dernières années dans les revues scientifiques spécialisées qui aille à l’encontre des conclusions majeures du dernier rapport du GIEC. C’est déjà un élément de réflexion important. Des articles complètent ce que nous avons écrit à propos de l’élévation du niveau des océans qui pourrait être bien supérieure aux chiffres du dernier rapport (60 cm au maximum d’ici 2100, et plus ensuite), en raison de phénomènes liés aux glaces de l’Antarctique et du Groënland.

Mais ce sont des travaux qui donnent encore lieu à des discussions entre spécialistes. Il faut les prendre avec prudence, même si la communauté concernée semble évoluer vers une alerte renforcée sur ce point. Des données sur la fonte de la banquise arctique (image ci dessous) qui a connu deux minima historiques en 2007 et 2008 à la fin de l’été en termes de surface couvertes sont un nouvel indice montrant que le changement climatique dépasse déjà nettement les fluctuations naturelles connues.

Du côté du Soleil, il semble marquer une petite pause dans le niveau bas de son cycle d’activité d’environ 11 ans. Des astrophysiciens russes ont avancé l’idée d’une baisse de l’activité solaire durant les prochaines vingt années qui pourrait ralentir le réchauffement provoqué par l’effet de serre renforcé par nos émissions. Je suis pour ma part assez sceptique devant cette théorie. Il est bien trop tôt pour tirer des conclusions de cette petite pause. Et surtout le Soleil n’est pas le facteur principal de l’évolution du climat aujourd’hui.

Du côté des solutions, je note l’évolution des idées sur les agrocarburants. Le dernier rapport du Giec, affirmait qu’il y avait là un potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais attirait l’attention sur leurs inconvénients, qui ont été confirmés par plusieurs études scientifiques. Elles montrent que la majorité des agrocarburants actuels, sauf la canne a sucre ou le jatropha (une herbe), n’ont qu’un potentiel médiocre de réduction des émissions quant on analyse l’ensemble de leur cycle de vie et, en outre, entrent bien souvent en conflit avec les impératifs de sécurité alimentaire.

Est-il apparu des données nouvelles qui pourraient faire espérer que les changements climatiques seront moins importants que ne le prévoient les simulations informatiques ?

Jean-Pascal van Ypersele : Le contraire me semble plutôt vérifié. La plupart des nouveaux articles publiés depuis trois ans vont dans le sens inverse et débouchent sur une aggravation du diagnostic. La saturation des puits végétaux et océanique de gaz carbonique semble se rapprocher. En ce cas, une part croissante de nos émissions resterait dans l’atmosphère au lieu de disparaître dans les océans et les sols ou d’être stocké durant plusieurs décennies par des arbres. Ce changement du cycle biogéochimique du gaz carbonique constitue une mauvaise nouvelle.

Si l’on cherche une bonne nouvelle, ce n’est donc pas du côté des sciences du climat qu’il faut se tourner, mais dans le fait que de plus en plus d’acteurs économiques et politiques, de pays, de citoyens, sont maintenant au courant du problème, conscients que l’on ne peut pas continuer comme cela. Même si tous n’ont pas compris que des changements radicaux sont nécessaires dans l’économie, la politique énergétique, les transports, l’urbanisme…

En revanche, ce qui n’a que peu évolué, c’est la traduction de cette perception renforcée du problème en actions Lire la suite

Partager sa voiture, le concept qui monte

Le Figaro avec, GreenUnivers, le 12 décembre 2008

Partager sa voiture, le concept qui monte

Après Nantes et Antibes, Paris prépare Autolib’, son dispositif d’autopartage.

Comment réduire le nombre de voitures en ville pour diminuer la pollution ? Il suffit de les partager ! L’idée séduit de plus en plus de collectivités et de loueurs de voitures. Le calcul est rapide : une voiture particulière restant en stationnement 95% de son temps, le partage permettrait de remplacer entre six et dix véhicules.

Des expérimentations d’autopartage ont démarré dans plusieurs villes françaises, comme Antibes ou Nantes. Baptisé «Marguerite», le dispositif nantais permet de louer une voiture à l’heure dans l’une des onze stations ouvertes 24H/24 et 7 jours sur 7. Moyennant un droit d’inscription de 80 à 100 euros, un abonnement de 9,90 euros par mois, les véhicules sont disponibles pour 3,90 à 4,90 euros de l’heure, selon les modèles, plus un forfait au kilomètre. Le prix incite évidemment à réserver le dispositif à des petits trajets ou des courtes durées.

Paris prépare aussi son dispositif Autolib’, qui donnera accès à 4 000 véhicules électriques en libre-service, sur le principe du Velib’. 1 400 stations avec des bornes de recharge seront installées dans la capitale. L’appel d’offres doit avoir lieu au premier trimestre 2009 pour un démarrage en 2010.

Ce concept séduit également les loueurs de voitures. Lire la suite

Keolis privé de tram par la Deutsche Bahn

Sud-Ouest, Jean-Bernard Gilles, le 12 Décembre 2008

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF ANNULE LA PROCÉDURE. La publicité nationale n’est pas conforme avec la libre concurrence européenne

Keolis privé de tram

En publiant son appel à candidature pour la gestion des transports publics de l’agglomération dans le « Moniteur des travaux publics », les « Échos judiciaires girondins » et le magazine « Ville et transport », la Communauté urbaine de Bordeaux pensait sans doute avoir fait ce qu’il fallait à l’automne 2007.

Ce n’est pas l’avis du juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux, qui a annulé hier toute la procédure. Il estime que les opérateurs européens de transport n’ont pas bénéficié d’une information suffisante pour pouvoir être candidats. C’est ce qu’avait plaidé l’avocat de la filiale de la Deutsche Bahn à l’audience, à Bordeaux, le 3 décembre. Il a été entendu.

« En l’absence de publication spécialisée dans les transports urbains bénéficiant d’une diffusion européenne, le respect du principe de transparence impliquait pour la CUB de publier un avis au « Journal officiel » de l’Union européenne ou dans un journal économique d’audience internationale », indique l’ordonnance de renvoi. Celle-ci est parvenue hier à Vincent Feltesse, à quelques minutes de la fin de la réunion du bureau.

Dans les arrêts de jeu

Le coup est rude pour le jeune président de la CUB. Le 28 novembre dernier, il obtenait, à une majorité relative il est vrai, le vote de la délibération lui permettant de signer avec Keolis, la filiale de la SNCF, le contrat des transports pour 5 ans.

On peut dire que la décision du juge tombe dans les arrêts de jeu de cette procédure, car le contrat avec Keolis devait prendre effet au 1er janvier. Avant-hier, Keolis présentait d’ailleurs son réseau aux maires de l’agglomération. Hier, le président Feltesse se refusait à tout commentaire.

La semaine avait commencé joyeusement avec les conclusions de la commission de conciliation sur le contrat assainissement, favorable à la collectivité. Elle se termine tristement pour de nombreux agents et élus de la CUB, qui ont le sentiment « que des centaines d’heures de travail viennent d’être perdues ». Lire la suite

St Jean de Luz : du bio à la cantine ?

Sud-Ouest, Pierre Sabathié, le 12 décembre 2008

ALIMENTATION. Le débat de lundi au Rex a montré que le bio est au coeur des préoccupations des parents d’élèves

Le bio dans les assiettes de la cantine est à l’étude

Le film « Nos enfants nous accuseront », diffusé lundi soir au Rex, a été suivi d’un long et animé débat sur les dangers des pesticides et l’alimentation. L’exemple de ce village du Gard, qui a passé sa cuisine centrale (et donc sa cantine) au bio, interpelle les parents d’élèves.

Faut-il passer au bio ? La réponse, spontanée après avoir vu le film, est oui. Et les parents d’élèves se sont tournés vers Patricia Arribas -Olano, adjointe au maire en charge de la famille, la petite enfance, l’éducation, la jeunesse et les animations intergénérationnelles, qui était présente au débat. La mairie est effectivement compétente en matière des cantines des écoles.

Et la question qui en découle est : peut-on passer au bio ? La municipalité y réfléchit, et le débat de lundi ne fait que remettre l’ouvrage sur le métier. « Nous sommes en train d’étudier cette possibilité, explique Patricia Arribas-Olano. Est-ce-que l’on peut faire du bio à la cantine ? Tout bio ? Un plat bio ? Nous avons aussi pris contact avec des agriculteurs du coin pour envisager ce qu’il était possible de faire. »

Un plan alimentaire

Jusqu’à présent, les 600 repas des cantines de Saint-Jean-de-Luz sont préparés à la cuisine centrale du lycée Maurice-Ravel Lire la suite

St Paul les Dax 12 décembre : Jean-Marie Harribey ATTAC

Sud-Ouest, Emma Saint-Genez, le 12 Décembre 2008

ATTAC. Selon le coprésident national Jean-Marie Harribey, en conférence ce soir à Saint-Paul-lès-Dax, le plan de relance gouvernemental ne suffira pas à endiguer la crise sociale

« Le plan de l’esbroufe »

Agrégé d’économie, Jean-Marie Harribey enseigne à Bordeaux IV et sera ce soir à St-Paul-lès-Dax

Agrégé de sciences économiques et sociales, maître de conférences à l’université Bordeaux IV, Jean-Marie Harribey copréside depuis 2006 avec Aurélie Trouvé, Attac France, l’Association pour la taxation des transactions et pour l’aide aux citoyens. Dans le cadre du 10e anniversaire de l’association, le comité Attac Landes Côte sud a invité l’universitaire ce soir à Saint-Paul-lès-Dax pour une conférence-débat sur le thème : « Pour sortir de la crise, désarmons les marchés ! »

« Sud Ouest ». Depuis quand êtes-vous adhérent d’Attac et pourquoi ?

Jean-Marie Harribey. Depuis les débuts, en 1998-99. Je suis un des membres fondateurs au niveau girondin. Mais en tant que citoyen et économiste, je critique le système capitaliste depuis 40 ans. L’association s’est créée au moment où l’idéologie libérale était la plus cynique en nous promettant une mondialisation heureuse et le bonheur pour tous grâce aux privatisations. Nous pressentions au contraire que nous étions à l’aube de catastrophes magistrales.

La crise actuelle semble vous donner raison. Un motif de satisfaction ?

Elle ne semble pas : elle accrédite totalement nos thèses ! La crise du capitalisme a commencé dès 1973, avec le début de la libre circulation des capitaux et le démantèlement des accords de Bretton Woods. On nous a alors raconté l’histoire du choc pétrolier. C’est à partir de ce moment-là que les acquis sociaux ont commencé à être remis en cause et que la part salariale a connu une chute vertigineuse dans le PIB. Ce que reconnaissent aujourd’hui le FMI et l’Union européenne. Mais nous ne pouvons être satisfaits de voir les choses empirer. Il nous faut au contraire redoubler d’efforts pour reprendre en main les services publics, lutter contre les privatisations et la remise en cause de l’assurance-maladie ou des retraites que certains voulaient, il y a peu encore, confier à des fonds de pension américains. Il faut refuser cette politique qui enrichit les riches, appauvrit les pauvres et nous conduit à la catastrophe écologique.

Cette approche environnementale est nouvelle dans le discours d’Attac ?

Oui. Nous l’avons intégrée dans notre critique du système capitaliste qui est aussi incapable de répondre à l’urgence climatique, et qui, au contraire, arrive à faire de nouvelles affaires en surfant sur la croissance verte.

Que pensez-vous du plan de relance annoncé la semaine dernière par Nicolas Sarkozy ?

Qu’il n’est pas à la hauteur de cette crise générale et mondiale, la plus importante depuis 1929. L’Europe a prouvé sa totale inefficacité et chaque État travaille dans son coin. Il faut remettre en cause notre mode de production et de consommation. Au lieu de cela, on annonce des aides au secteur automobile. C’est de l’esbroufe. Sur les 26 milliards annoncés, 11 étaient déjà actés. De l’argent que l’État aurait de toutes façons dû reverser aux entreprises. Ce plan n’a aucune chance de répondre à la multiplication des crises sociales.

Dans l’annonce de votre conférence, vous rassemblez les crises financière, économique, alimentaire, politique, sociale et écologique. Toutes sont liées ?

Bien sûr ! Lire la suite

L’agriculture bio est en train de germer

eco-life.fr, Diana Semaska, le 8 décembre 2008

La France veut consacrer 6 % de ses surfaces agricoles à l’agriculture biologique d’ici à 2012. Cette dernière se voit reprocher une baisse de la productivité. Un a priori qui ne prend pas en compte la notion de durabilité.

Nous sommes en 2050. Le triplement des surfaces agricoles consacrées à l’agriculture bio – à la demande du Grenelle de l’Environnement trente ans auparavant – a été largement dépassé. Plus besoin d’engrais chimiques. Les agriculteurs cultivent leur blé en alternance avec du pois fourrager, une légumineuse qui nourrit le sol en azote. L’appel de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation) de 2007, qui invitait à faire du bio une priorité internationale, a porté ses fruits. Les grands gagnants sont les pays en voie de développement. Au Burkina Faso, les rendements ont triplé, sans recours au défrichement de forêts. Fruits et légumes, de meilleure qualité, nourrissent les populations locales au lieu d’être exportés. L’érosion des sols, due aux jachères, a été stoppée ; tandis que les abeilles, pas rancunières, sont revenues polliniser les fleurs de coton.

Nourrir le monde grâce à une agriculture bio, une vision idyllique ? Nombre d’études l’estiment réaliste. En 2007, l’équipe de Carine Badgley, de l’Université du Michigan, analyse les bénéfices mondiaux que pourrait apporter sa généralisation. Celle-ci, en prenant davantage en compte l’activité microbienne du sol, favorise l’autonomie des cultures par rapport aux intrants chimiques. L’étude montre qu’ « une utilisation élargie des engrais verts permettrait de produire chaque année 58 millions de tonnes d’azote de plus que la quantité totale d’engrais synthétiques azotés utilisés dans le monde, sans augmenter les surfaces cultivées« . L’agriculture bio redonne à la diversité sa juste valeur. Les insectes auxiliaires ont là un rôle-clef. En protégeant les cultures contre les ravageurs (pucerons, mouches…), les coccinelles, guêpes et autres coléoptères ont l’avantage d’éviter l’usage de pesticides. Donc, de diminuer les risques de maladies professionnelles.

– « Pour que l’agriculture bio se banalise, il faut travailler sur les prix » –

Trois à cinq ans sont nécessaires pour qu’un sol s’habitue aux nouveaux traitements, ce qui s’accompagne d’une baisse de rendement pour l’agriculteur qui souhaite se convertir à l’agriculture bio. « Plus l’agriculture est intensive, donc dépendante des intrants, plus on observe une diminution des rendements durant les premières années« , explique Stéphane Bellon, agronome à l’Inra (Institut national de recherche agronomique) d’Avignon, qui commente l’étude de Bagdley. Encore faut-il favoriser les transitions d’une agriculture conventionnelle vers une agriculture bio. En France, un verrou a été levé mi-septembre 2008, lorsque Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, a annoncé le déplafonnement des aides à la conversion à l’agriculture bio. Stéphane Bellon ajoute que l’étude de Bagdley « fait la différence entre pays en voie de développement et pays développés ». Dans les pays du sud, qui utilisent moins d’engrais chimiques que les pays industrialisés, le passage à une agriculture bio augmente clairement les rendements.

Par ailleurs, l’agriculture conventionnelle « n’est plus compétitive face aux agricultures galopantes d’Argentine, du Brésil et d’Australie« , Lire la suite

Toulouse 16 décembre : Eco-quartiers, qu’es aquo ?

L’association Actions études et recherches autour de la production de l’architecture et de la ville (AERA), organise une rencontre intitulée : « Eco-quartiers, qu’es aquo ? ». Inscrite dans le cadre des Mardis de l’architecture et de la ville, cette rencontre se déroulera le 16 décembre au Centre méridional de l’architecture et de la ville, à Toulouse.

Mardi 16 décembre 2008 à 18h30 à l’auditorium du CMAV

En présence de (liste non exhaustive, en cours d’actualisation)

Regis GODEC    Adjoint au maire de Toulouse en charge des éco-quartiers

Régine LANGE Adjointe au maire de Toulouse, en charge du développement durable

Nicole DEDEBAT    Adjointe au maire de Toulouse, en charge des handicaps, membre du bureau régional des verts

Marie-Martine LISSARAGUE    Présidente du CROA

Jean-Yves PUYO    Architecte, urbaniste OPQU, Vice président de l’Apump

Alain CIEKANSKI  Architecte, Président des Amis de la Terre Midi Pyrénées

Bruno THOUVENIN    Architecte, Association L’Atelier Blanc

Bob LAIGNELOT    Architecte, adjoint au Maire de Ventenac-Cabardes (11) en charge d’un éco-quartier

François PLASSARD    Initiateur de la démarche des éco-hameaux (jardins d’habitats bioclimatiques groupés)

Frédéric GODEREL    Responsable de CGB Concept

Informations Lire la suite