ENQUETE Grenelle: l’enjeu, la formation des professionnels

Actu-Environnement.com, le 2 décembre 2008, Sophie Fabrégat, Introduction de Carine Seghier

Enquête – Grenelle de l’environnement : l’enjeu de la formation des professionnels

Dans un contexte de crise financière mondiale et de ralentissement de l’économie, les activités associées à la protection de l’Environnement et à la lutte contre le réchauffement climatique offrent l’opportunité d’une croissance, désormais plus vertueuse. Le Grenelle de l’Environnement qui fait la part belle à la performance énergétique des bâtiments devrait par exemple apporter un vrai ballon d’oxygène à toutes les entreprises du BTP.
Selon les secteurs, des milliers, des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers d’emplois seraient créés pour se conformer aux objectifs du Grenelle de l’Environnement
. En avril 2008, le Ministre du Développement Durable, Jean-Louis Borloo estimait que les investissements engagés dans le bâtiment, dans les énergies renouvelables et la rénovation thermique permettront de gagner 0,8 point de croissance supplémentaire et de créer environ 500.000 emplois sur la période 2009-2020. Un chiffre maintenu depuis, malgré la crise financière et les inquiétudes qu’elle entraîne quant aux financements des mesures du Grenelle.
Pourtant sur le terrain, les entreprises peinent d’ores et déjà à recruter du personnel technique et qualifié. Les jeunes diplômés sont rarement formés à la maîtrise de l’énergie, les professionnels ne sont pas forcément familiarisés aux nouvelles techniques… Le défi ne se situe donc peut-être pas uniquement au niveau du financement des mesures.
Si les objectifs du Grenelle sont ambitieux, les compétences nécessaires pour les atteindre sont loin d’être disponibles à ce jour. Le seront-elles rapidement ? On peut en douter : alors que les estimations de création d’emploi sont toutes plus optimistes les unes que les autres, les chiffres qui attestent de la capacité de formation sont inexistants. Pire, l’heure est encore à la réflexion quant à la manière de former… Si des initiatives se distinguent et de nouvelles formations se développent dans l’urgence, la démarche globale reste confuse. Or, sans une action rapide et cohérente en la matière, c’est bel et bien la réussite du pan réduction des émissions de gaz à effet de serre du Grenelle qui serait remise en cause.
En l’état, la formation constitue donc de toute évidence LE talon d’Achille du Grenelle de l’Environnement.

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Etats-Unis : Comment faire face à la disparition des abeilles ?

america.gov, le 12 novembre 2008, Daniel Gorelick

Une conférence internationale sur la pollinisation souligne l’importance des abeilles

Comment faire face à la disparition massive des abeilles ?

La Californie, un des plus gros producteurs d’amandes du monde, se heurte actuellement à un grave manque d’abeilles.

Washington – Le nombre d’abeilles, d’oiseaux et d’autres insectes pollinisateurs est en voie de diminution, ce qui constitue une menace pour des milliers de végétaux utilisés à des fins alimentaires, médicales et industrielles, ont indiqué des scientifiques et de hauts fonctionnaires lors de la huitième conférence internationale annuelle de la Campagne pour la protection des pollinisateurs en Amérique du Nord.

Des scientifiques, des agriculteurs et des écologistes se sont réunis à Washington, du 22 au 24 octobre, en vue de trouver les moyens de sensibiliser davantage l’opinion publique à une situation que le président de cette campagne, M. Robert Lang, a qualifiée de « crise sanitaire potentielle pour notre planète ».

La pollinisation est indispensable pour que les plantes et les arbres à fleurs puissent se reproduire et donner des fruits. Les abeilles, les oiseaux, les chauves-souris, les papillons et même le vent transportent le pollen d’une fleur à une autre.

Selon une étude récente publiée dans la revue Ecological Economics, on estime que la valeur économique de la pollinisation dans le monde atteint plus de 215 milliards de dollars, soit environ 9,5 % de la production agricole mondiale.

La Campagne pour la protection des pollinisateurs en Amérique du Nord (NAPCC) est administrée par une association à but non lucratif, Pollinator Partnership, qui regroupe quelque 120 organismes publics et privés ainsi que des particuliers qui encouragent et mettent en œuvre des mesures destinées à protéger tous les insectes et animaux pollinisateurs en Amérique du Nord. Sa conférence annuelle a été organisée cette année sous l’égide du département d’État.

La pollinisation à des fins commerciales

Les abeilles en particulier jouent un rôle fondamental en matière de pollinisation. Des agriculteurs louent fréquemment des colonies d’abeilles pour la pollinisation de leurs végétaux. Des ruches peuvent être ainsi transportées d’une exploitation agricole à une autre dans divers coins du pays.

Selon un spécialiste du ministère américain de l’agriculture, le nombre des colonies d’abeilles utilisées à des fins commerciales a diminué de 31 % en 2007.

En outre, un rapport publié en 2006 par le Conseil national de la recherche indique que le nombre d’abeilles était si faible aux États-Unis qu’il a fallu en importer, pour la première fois depuis 1922, de pays situés en dehors de l’Amérique du Nord, en dérogation à la loi qui interdit cette importation de crainte que les abeilles importées introduisent de nouveaux insectes nuisibles.

Ces statistiques alarmantes ont poussé certains à comparer la diminution de la population des pollinisateurs aux indicateurs économiques annonçant la crise financière de 2008.

Le directeur général du Pollinator Partnership, Mme Laurie Davies Adams, a déclaré aux participants de la conférence que la forte diminution du nombre des pollinisateurs constituait un signe avant-coureur de l’effondrement de la production agricole. Le Pollinator Partnership, a-t-elle dit, veut sensibiliser l’opinion publique en vue d’empêcher une telle crise. « Si une vache sur trois mourait, on ferait quelque chose », a-t-elle fait remarquer.

La disparation massive des colonies d’abeilles

Une des causes principales de la mort des abeilles est ce qu’on appelle en anglais « Colony Collapse Disorder » (CCD, « trouble lié à l’effondrement d’une colonie »), phénomène qui se manifeste par l’absence à peu près complète d’abeilles adultes. Sans leur travail, une colonie ne peut que disparaître.

Les scientifiques ne savent pas exactement quelles sont les causes du CCD. Lire la suite