Une éolienne chez soi, la mode qui gagne la France

Le Figaro, GreenUnivers, le 2 décembre 2008

Une éolienne chez soi, la mode qui gagne la France

Davantage productrices d’énergie que les installations solaires, les éoliennes individuelles connaissent un succès grandissant, si bien que leur nombre devrait quadrupler en 2009.

Les éoliennes individuelles se multiplient en France : exactement comme les panneaux solaires pour les particuliers (quoique à moindre échelle), ces petites éoliennes à planter sur le toit de sa maison ont la cote, à tel point que leur nombre, inférieur à 1.000 cette année en France, devrait quadrupler en 2009. Comme pour le solaire, la France sort des années 70, où panneaux et éoliennes personnelles étaient l’apanage de fermes isolées — dont celles du Larzac –et de militants passionnés.

Un virage qui donne des ailes à la jeune société Weole Energy, née l’an dernier, l’un des trois principaux groupes français de ce secteur, avec le leader France Eoliennes et Joliet.

Weole vient de lever cette semaine 2 millions d’euros, et table sur des ventes multipliées par six ou sept l’an prochain : d’environ 150 éoliennes en 2008, elles devraient atteindre 1.000 en 2009, a déclaré à GreenUnivers son président, Michel Galligo.

La France ne fait que suivre une vogue internationale du mini-éolien, notamment aux Etats-Unis, où elle gagne même les villes où pourtant le vent ne passe guère.

«Pour alimenter une maison de 4 personnes, il faut une éolienne de 5 KW environ. Elle produira 8.000 kilowatts-heure par an, de quoi fournir 50 à 100% de l’énergie de la maison», explique Michel Galligo.

«Une telle éolienne a généralement un diamètre de 6,4 mètres, sur un mât de 12 mètres (la limite maximale en France pour se passer d’un permis de construire). Il faut un jardin ou un terrain d’au moins 500 m2 et généralement, on la place à une quinzaine de mètres de la maison. Elle sera pratiquement inaudible de l’intérieur», selon lui. Certains utilisateurs installent des batteries, pour disposer d’électricité quand il n’y a pas de vent.

Il en coûte aux particuliers environ 26.000 euros (comme une installation solaire, en gros, mais cela produit davantage d’énergie, car la maison peut être complètement autonome). On peut déduire de ce coût les crédits d’impôts, qui vont jusqu’à 8.000 euros.

Depuis juillet 2007, EDF n’a plus l’obligation de racheter l’électricité des petites éoliennes à un tarif subventionné. Mais on peut revendre son surplus (celui généré la nuit, pas exemple) à un autre opérateur d’énergie, comme la coopérative enercoop qui rachète à 6 centimes le kilowatt-heure ou encore à la compagnie Direct Energie.

Le marché du petit éolien suit le boom du grand éolien qui, malgré les critiques, a doublé en 2007 et devrait atteindre en France, selon l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), plus de 2 milliards d’euros en 2012.

Ailleurs dans le monde, notamment en Allemagne, pionnière depuis des années, mais maintenant aux Etats-Unis et en Asie, le mini-éolien gagne des partisans tous les jours, y compris en ville. Pour les fabricants, c’est la promesse d’un fabuleux marché de masse. Lire la suite

Réchauffement climatique : Un an pour sauver la Terre

developpementdurablelejournal.fr, 2 décembre 2008, Patrick Cros

Réchauffement climatique : Un an pour sauver la Terre

La conférence des Nations unies sur le changement climatique qui se tient depuis hier à Poznan (Pologne) tire la sonnette d’alarme : il ne reste plus qu’un an avant de trouver une entente mondiale pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique. Un désaccord aurait, à terme, des conséquences dramatiques, a indiqué le président des travaux Maciej Nowicki : « énormes sécheresses et inondations, cyclones dévastateurs, pandémie de maladies tropicales, … ».

Le ton a été donné, hier, pour le lancement de la conférence des Nations unies sur le changement climatique qui se tient du 1er au 12 décembre à Poznan, en Pologne. « L’humanité par ses comportements a déjà poussé le système de la planète Terre jusqu’à ses limites », a expliqué en guise de préambule le président des travaux et hôte de la réunion, le ministre polonais de l’Environnement Maciej Nowicki. « Poursuivre ainsi provoquerait des menaces d’une intensité jamais vue : énormes sécheresses et inondations, cyclone dévastateurs, pandémie de maladies tropicales (…) et même conflits armés et migrations sans précédent », a-t-il poursuivi en demandant aux 9 000 délégués de 185 pays présents de ne pas « céder à d’obscurs intérêts particuliers ».

Copenhague en ligne de mire

Par cette mise en garde, les Nations Unies espèrent bien faire avancer un processus qu’elles craignent de voir s’enliser face à la crise économique mondiale qui s’annonce. Comme l’a défini la « feuille de route » de la Conférence de Bali, en décembre 2007, il ne reste plus qu’un an pour valider, fin 2009 à Copenhague, de nouveaux engagements internationaux contre l’effet de serre. Pour être efficace, ceux-ci doivent inclure non seulement l’Europe mais aussi les Etats-Unis et les grandes économies émergentes, dont la Chine devenue premier pollueur mondial. Car, après 2012, plus rien n’est prévu pour stopper le réchauffement que connaît actuellement la planète et poursuivre le Protocole de Kyoto, ratifié par la plupart des pays industrialisés (à l’exception notable des Etats-Unis).
Le marché du carbone en débat

Poznan est une nouvelle fois l’occasion de s’interroger sur le marché international du carbone, initié par Kyoto et mis en place au siège de la convention sur le changement climatique à Bonn. Le principe est simple : pour ne pas faire subir un coup trop fort à l’industrie, un marché des émissions de CO2 se met en place où les plus débiteurs achètent des droits à émettre aux plus économes en CO2.

Ce marché est à l’origine de la position en retrait de l’Union européenne qui ne parvient pas à proposer une position commune à ses pays membres. Lire la suite

La croissance verte au coeur du redémarrage de l’économie

lesechos, Julie Chaveau et Véronique le Bihan, le 1er décembre 2008

« La croissance verte sera au coeur du redémarrage de l’économie »

Depuis dix-huit mois, vous poussez le Grenelle de l’environnement. Ne craignez-vous pas que la crise économique mette le holà à vos ambitions ?

Il ne faut pas raisonner comme cela. La croissance verte sera, au contraire, au coeur du redémarrage de l’économie. Nous construisons un nouveau concept de « keynésianisme vert ». L’écologie et la lutte contre le changement climatique sont devenues un élément important de la stratégie économique française, sous l’impulsion du président de la République. L’ensemble des acteurs estiment que l’on peut créer plus de 500.000 emplois entre 2009 et 2020.

Mais les entreprises sont plutôt en train de licencier que d’investir…

Il faut être pragmatique. Tout un ensemble de mesures, prêtes à être mises en oeuvre, vont créer de l’activité. Prenez le programme de rénovation thermique du bâtiment. Il permettra à long terme de renforcer l’indépendance énergétique de la France. Et pour les citoyens, les administrations et les collectivités locales qui accepteront d’investir, ce sera des charges de chauffage en moins. Dans l’immédiat, ces programmes peuvent créer des milliers d’emplois dans le secteur du bâtiment et sur l’ensemble du territoire. Ces travaux ne sont pas délocalisables, puisqu’il s’agit de mieux isoler les maisons, d’installer des fenêtres, des chauffe-eau solaires. Les négociations sont en cours avec des banques pour que les Français puissent bénéficier, dès février, d’un prêt à taux zéro, l’« éco-PTZ ». Ce prêt allant jusqu’à 30.000 euros sera accordé sans conditions de ressources, et les ménages pourront en même temps bénéficier du crédit d’impôt développement durable. Le programme de rénovation thermique des HLM va, lui aussi, démarrer très rapidement grâce au prêt hyperbonifié de la Caisse des Dépôts, d’un montant de 12.000 euros par logement au taux de 1,9 %. Pour les années 2009-2010, nous envisageons une enveloppe d’au moins 1,2 milliard pour rénover 100.000 logements.

Le chantier thermique concerne aussi les bâtiments de l’Etat et des collectivités locales. Comment trouver l’argent ?

Là aussi, il faut raisonner de manière différente. L’équilibre financier de ces opérations se construit sur l’addition des économies réalisées sur les charges à venir. Nous allons sortir, d’ici à la fin de l’année, le décret créant le contrat de performance énergétique. Cette mesure permettra aux industriels et aux professionnels de la rénovation thermique de financer les premières opérations. Pour les bâtiments de l’Etat, le pilotage sera assuré par France Domaine. Sans tarder, 50 millions d’euros sont prévus pour les audits énergétiques pour les deux ans qui viennent, et une partie des dépenses de loyers des ministères ont été réservées dès 2009 pour rénover leurs bâtiments, à hauteur de 77 millions euros. Il s’agit d’un exemple de partenariat public-privé qui ne nécessite pas de financements complexes.

Le programme de développement des infrastructures de transport est financé, lui, grâce à des partenariats public-privé (PPP). Ne craignez-vous pas un gel de ces opérations ?

Nous sommes sur des opérations à très long terme. Bien sûr, réunir le financement de la ligne de TGV Tours-Bordeaux peut prendre quelques mois de plus. Lire la suite

Le traiteur qui devient bio et les menus « locavore »

metrofrance, Nadia Loddo, le 26 novembre 2008

Le traiteur qui devient bio

Economie et écologie se rencontrent dans la démarche de Cana Traiteur

Cana Traiteur présentait hier, au collège des Bernardins (Ve), la nouvelle gamme de buffets bio, qui a séduit la Ville de Paris.  

Des brochettes au saumon fumé et fenouil, des cuillères gourmandes à la parmentière d’agneau à la menthe, des blinis au haddoc aux lentilles, le tout agrémenté d’un champagne bio… Ce sont les délicates surprises qu’on a pu découvir lors du cocktail bio organisé par le traiteur Cana (anciennement La Table de Cana). Cette entreprise, basée à Antony et qui œuvre depuis 1985 pour la réinsertion de personnes en rupture avec le monde du travail, a annoncé mardi soir de nouveaux engagements.

Des clients friands de bio

Après le social, l’environnement devient la priorité de Cana Traiteur. Son directeur général, Denis Ogée, a expliqué que cette démarche ne découlait pas d’un “militantisme écologique forcené, mais d’un réalisme économique”.

Avec la hausse du prix du pétrole, le coût de la vaisselle en plastique et des denrées alimentaires qui viennent de loin augmente. Par ailleurs, les clients sont de plus en plus demandeurs de buffets composés de produits bio, avec un impact moindre sur l’environnement en termes de déchets, par exemple. 

Grâce à cette nouvelle dimension écologique, Cana Traiteur a remporté l’appel d’offres des services généraux de la mairie de Paris. Ce n’est pas un nouveau marché pour cette entreprise qui en est à son troisième contrat, la réinsertion étant déjà un critère de choix pour la mairie. Mais cette année, les exigences en matière environnementale ont été renforcées. “Ce contrat représente environ 25% de notre chiffre d’affaires”, souligne Patrick Carrié, en charge du développement du bio chez Cana.

Du bio à la cantine !

Préparer des buffets ou des repas 100% bio reste une tâche difficile en Ile-de-France, en raison du manque de fournisseurs. C’est pourquoi Cana a démarré mardi un groupe de travail visant à mettre en place une mutualisation d’achats avec d’autres structures intéressées, notamment la cantine de l’Ecole polytechnique et celle de la faculté d’Orsay. “En Ile-de-France, 50% du territoire est consacré à l’agriculture, mais il n’y a que 0,8% qui est cultivé en bio”, constate Morvan Salez, chercheur en physique et membre de ce groupe de ré­flexion. Cette initiative témoigne d’une demande croissante de produits bio et locaux qui mobilise de plus en plus d’acteurs.

« Menu “locavore” »

Après le succès du livre Le Régime des 100 miles au Canada début 2007, le mouvement des locavores a fait tache d’huile aux Etats-Unis et arrive en Europe. Le principe : manger uniquement des aliments qui proviennent d’un rayon de 160 km autour de chez soi. Lire la suite