Un énarque atypique à la tête de Greenpeace France

Libération, Alexandra Schwartzbrode, 27 novembre 2008

Un énarque atypique à la tête de Greenpeace France

Ecologie. Avec Robert Lion, l’association s’offre un homme de réseau.

Un mini événement s’est produit samedi que personne n’a vraiment relevé : Greenpeace France a nommé à sa tête un énarque et inspecteur des finances, Robert Lion. Cela signifie-t-il que l’organisation écologiste rentre dans le rang et s’institutionnalise ? Oui et non.

Non, si l’on regarde la personnalité du haut fonctionnaire en question, totalement atypique. Robert Lion, 74 ans, a fait partie des experts que François Mitterrand réunissait à la fin des années 1970 pour préparer son programme. Il était alors délégué général de l’Union des HLM tout en planchant sur la création de l’Agence pour les économies d’énergies qui deviendra l’Ademe («Nous avons réduit de 30 % les charges de chauffage de 900 000 HLM entre 1975 et 1980», s’enorgueillit-il). Il fut ensuite directeur de cabinet du premier chef de gouvernement socialiste, Pierre Mauroy, avant d’être nommé, à la demande de Mitterrand, patron de la Caisse des dépôts et consignations.

Fibre sociale. Financier des collectivités locales, il lance des tas de programmes pour encourager, à une époque où ce n’est franchement pas dans l’air du temps, les économies d’énergie et les renouvelables. C’est que Robert Lion n’est pas qu’un serviteur de l’Etat. Il a une fibre sociale et environnementale, dont il a d’ailleurs du mal à définir l’origine. C’est comme ça. «J’ai toujours été réticent vis-à-vis du nucléaire, sans que ce sentiment soit vraiment étayé, dit-il. En 1981, avec Mauroy, on avait de grands débats sur l’atome. J’étais contre le renforcement du programme nucléaire. J’ai perdu.»

En 1992, il décide de quitter tous les conseils d’administration dont il est membre (sauf Eurotunnel, pour lequel il a une petite affection) et de se lancer dans l’associatif : «J’ai hésité entre droits de l’homme et environnement.» Il crée notamment Energy 21 «qui a contribué à la prise de conscience en France des alternatives au tout nucléaire». Et prend la présidence, en 2002, d’Agrisud, une ONG qui aide, partout dans le monde, «des gens très modestes à devenir petits entrepreneurs», surtout dans l’agriculture. Membre de l’Alliance pour la planète, il participe au Grenelle de l’environnement où il fait cause commune avec Greenpeace. Lorsqu’il parle, un mot revient souvent : «contre-pouvoir». Greenpeace ne pouvait pas passer à côté.

«Zodiaque». D’autant que les réseaux de Lion sont énormes. Il aime à raconter que son coiffeur est toujours rue de Lille, près de la Caisse des dépôts où il garde des contacts. «Depuis samedi, on m’appelle « le zodiaque » là-bas», s’amuse-t-il, une référence à l’affaire Greenpeace. C’est là qu’on en revient au virage en cours chez Greenpeace. «Les banderoles et les bidons d’essence, ça ne suffit plus, note Pascal Husting, son directeur-général. Greenpeace ne se contentera plus de contester et dénoncer, elle va devenir force de propositions. Se créer une légitimité, ne plus apparaître comme « dangereux » aux yeux des Etats.» Lire la suite

Décollage du solaire chez les particuliers en France

Le Figaro, le 27 novembre 2008

Décollage du solaire chez les particuliers en France

Grâce à l’instauration, il y a dix huit mois, de crédits d’impôt et d’un tarif avantageux de rachat par EDF, une installation solaire est un placement financier qui rapporte aujourd’hui 10% par an, sur 20 ans.

Du nord au sud de l’Hexagone, de plus en plus de Français installent des panneaux solaires sur le toit de leur maison. La pratique n’est plus l’apanage de fermes isolées du Larzac : le nombre d’installations devrait tripler cette année, et encore tripler en 2009.

C’est l’estimation des deux principales sociétés françaises du secteur, Evasol, distributeur de systèmes solaires et leader pour les particuliers, et Solairedirect, qui réalise à la fois des toits individuels et des grands parcs solaires et revendique la place de numéro un français du solaire, tous marchés confondus. Solairedirect vient de lever le montant spectaculaire de 20 millions d’euros auprès de plusieurs investisseurs.

Le solaire bénéficie depuis 18 mois d’une alléchante subvention qui, outre son aspect écologique, en fait un placement financier très intéressant. Avec des crédits d’impôt et surtout un tarif avantageux de rachat par EDF.

«Une installation solaire, c’est un investissement qui rapporte 10% par an, sur 20 ans», calcule Stéphane Maureau, le patron d’Evasol, créée en 2007 sous la houlette du fabricant de panneaux solaires Tenesol, filiale d’EDF, Total et EDF Energies Nouvelles. Une installation type consiste à faire poser 20 à 30 m2 de panneaux solaires sur le toit (soit 2 ou 3 kilowatts de capacité), ce qui coûte environ 25.000 euros tout compris (dépose des tuiles, remplacement par les panneaux, supports en aluminium et onduleur).

«C’est cher, poursuit-il, mais il faut en retrancher le crédit d’impôt (un chèque envoyé par le fisc, que l’on soit imposable ou non) qui va jusqu’à 8 .000 euros, ainsi que des aides locales, variables, généralement de l’ordre de 2.000 euros. Au final, l’installation vous coûte 15.000 euros environ».

Un tel système produit environ 2.500 kilowattheure – un peu plus dans les régions ensoleillées et si le toit est bien orienté – de quoi alimenter toute l’énergie de la maison hors chauffage. Et EDF rachète cette électricité 57 centimes par kilowattheure. «Vous touchez donc chaque fin d’année un chèque de 1.450 euros, ce qui rembourse le système en 10 ans. En 20 ans, vous aurez perçu 29.000 euros. Donc, 10% de rendement par an», explique Stéphane Maureau

Seuls soucis, les dossiers pléthoriques à remplir et les délais administratifs – de 4 à 6 mois -, les zones classées intouchables, et surtout le manque de poseurs de panneaux !

L’attrait des incitations séduit les particuliers. «Nous sommes encore très en retard sur l’Allemagne et d’autres pays européens, mais le marché naît enfin», commente Stéphane Maureau. Evasol, qui revendique 20% du marché des particuliers, a réalisé dès sa première année un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros et un bénéfice de 100.000 euros. Depuis juin, elle fournit environ 500 installations par mois, et escompte trois ou quatre fois plus de recettes cette année. Son carnet de commandes atteint déjà 70 millions. Lire la suite

Associations et Grenelle : des préjugés sont tombés

Vivagora, Sandrine Bélier (représentante de FNE au Grenelle), le 27 novembre 2008

Grenelle de l’environnement : des préjugés sont tombés

Au cours des derniers mois, deux principaux préjugés sont tombés : D’une part, intégrer la préservation de la nature et de l’environnement au sein de toutes les politiques publiques et économiques n’est pas impossible et n’est pas une simple lubie de quelques « écolos ». D’autre part, les militants écologistes regroupés dans les associations de protection de l’environnement ne sont pas de simples « rêveurs », « empêcheurs de tourner en rond », ni « des extrémistes opposés au progrès », ils constituent une vraie force de proposition. Ces derniers se sont révélés être des acteurs majeurs pour une nouvelle gouvernance écologique, s’appuyant notamment sur le dialogue environnemental. Ainsi, le Grenelle de l’environnement a permis l’émergence et la reconnaissance des « partenaires environnementaux » et la nécessité de considérer les intérêts environnementaux avec la même diligence que les intérêts sociaux et économiques.

Les premiers signes de cette reconnaissance se traduisent dans les divers processus législatifs entamés fin 2007. Timidement d’abord, mais hautement symbolique dans la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 qui rebaptise le Conseil économique et social en Conseil économique et social et Environnemental et prévoit la création de deux nouvelles Commissions au parlement. La/les lois organiques à venir conforteront ou non l’intégration effective de la prise en compte de l’environnement dans les trois assemblées constitutionnelles de la république.

Ensuite, dans le « projet de loi de programme relatif à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement » dit Grenelle 1, adopté en 1ère lecture par l’assemblée nationale le 21 octobre dernier, qui pose les premières pierres d’un nouveau statut pour les partenaires environnementaux (article 43). Le texte devrait être examiné en première lecture par le Sénat dans la première quinzaine de janvier 2009.

A ce stade des discussions parlementaires, nous avons obtenu que les associations et fondations bénéficient d’un régime nouveau de droits et d’obligations, lorsqu’elles remplissent des critères, notamment de représentativité, de gouvernance, de transparence financière ainsi que de compétence et d’expertise dans leur domaine d’activité. C’est le levier qui nous manquait pour trouver notre place dans nombre d’instances de décisions dans lesquelles les intérêts environnementaux ne sont pas suffisamment représentés. Par exemple, nous devrions à l’avenir avoir des représentants, en nombre significatif, aux Conseils économique, social et environnemental national et régionaux. Les associations devraient aussi être davantage associées et consultées pour les projets d’aménagement du territoire. En substance, sur la gouvernance publique, nous avons obtenu, à ce stade du processus, ce que nous désirions. De même qu’il existe des partenaires économiques et sociaux, il faut désormais compter avec des partenaires environnementaux.

Nous avons également obtenu quelques avancées dans les domaines de la transparence et de l’expertise (article 45) : sur le développement de la production et la collecte d’informations ; la réforme des enquêtes publiques et du débat public de nature à permettre une meilleure participation du public ; le principe d’une expertise publique et de l’alerte environnementale réorganisées dans un cadre multidisciplinaire, pluraliste et transparent. Lire la suite

DD : Bordeaux, Pays des Landes de Gascogne et Pessac

rubans du DD 2008/2010, novembre 2008

Distinguer les collectivités locales qui font du développement durable une priorité

Créés en 2002 par l’Association des maires de France, l’Association des maires de grandes villes de France, le Comité 21 et Dexia, les Rubans du développement durable sont décernés chaque année à des collectivités locales qui intègrent efficacement le développement durable dans l’ensemble de leurs politiques. En 6 ans, 65 collectivités locales ont été distinguées

Un label national visible à l’entrée du territoire 

Les Rubans du développement durable s’affichent à l’entrée des territoires des lauréats par un panneau signalétique. Parce que la distinction porte sur la politique globale menée par la collectivité sur son territoire, la collectivité est « Territoire labellisé Rubans du développement durable ».

Suite à l’évolution de l’opération, les lauréats en cours  (voir carte ci-contre) sont les lauréats 2008-2010 (qui, nouveauté de cette édition 2008, se voient attribuer un Ruban pour une durée de deux ans) et les lauréats 2007.

Retrouvez tous les lauréats depuis 2003 dans l’historique.

Trois collectivités locales sur 13 sont en Aquitaine : Bordeaux, Pays des Landes de Gascogne et Pessac Lire la suite

PNUE : Un new deal écologique mondial

PNUE, le 22 octobre 2008

« Un new deal écologique mondial » – Investir dans l’environnement, une occasion historique pour relancer l’économie et la création d’emplois au 21ème siècle

Le PNUE lance une initiative d’économie verte pour relancer les marchés mondiaux

La mobilisation et la re-focalisation de l’économie mondiale sur les investissements dans des technologies propres et des infrastructures naturelles, telles que les forêts et les sols, sont le meilleur pari pour une réelle croissance, pour combattre le changement climatique et provoquer des créations d’emplois au 21ème siècle.

L’appel a été lancé aujourd’hui lors du lancement de l’Initiative d’économie verte par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et les économistes de renommées mondiales, de saisir cette opportunité historique pour réaliser aujourd’hui l’économie de demain.

Achim Steiner, Secrétaire Général adjoint des Nations Unies et Directeur Exécutif du PNUE a dit: « Les crises économiques, énergétiques et alimentaire de 2008, sont en partie le résultat d’une spéculation et d’un échec des gouvernements à diriger de manière intelligente en se focalisant sur les marchés. »

« Mais elles proviennent également d’un échec plus étendu du marché, déclenchant des pertes toujours plus importantes et plus inquiétantes du capital et des ressources naturelles, ajouté à une dépendance l’excessive sur les combustibles fossiles limités et souvent subventionnés » a-t-il mentionné.

« D’un autre côté, d’énormes avantages économiques, sociaux et environnementaux découleront probablement du combat contre le changement climatique et du réinvestissement dans des infrastructures naturelles – un éventail d’avantages allant de nouveaux emplois verts dans des technologies et énergies propres, jusqu’à une agriculture durable et des entreprises « écologiques » a-t-il ajouté.

M. Steiner a souligné le besoin crucial et urgent d’amener de nouvelles manières de penser, créatives et transformatives lors de la conférence Internationale sur le « Financement pour le Développement à Doha, Qatar » qui aura lieu ces prochains mois au siège des Nations Unies à New York. »

D’autres rendez-vous déterminants auront également lieu au niveau international, tel que la rencontre au sommet du G8+5 demandée par le président français Nicolas Sarkozy sur la crise financière actuelle, ainsi que la prochaine convention de l’ONU sur le changement climatique, qui aura lieu en décembre à Poznan, en Pologne.

« Des idées innovantes doivent être discutées et des décisions cruciales prises. L’alternative est plus un cycle d’expansion – récession, une météo stressée et un effondrement du stock de poissons et de terrains fertiles allant jusqu’aux écosystèmes forestiers – de vastes possibilités naturelles qui pour une fraction du coût des machines, stockent l’eau et le carbone, stabilisent les sols; soutiennent les modes de subsistance indigènes et ruraux et entretiennent les ressources génétiques à raison de centaines de milliards de dollars par an, » a dit M. Steiner.

Hilary Benn, Defra SoS, a dit : »La révolution technologique verte doit s’accélérer, car plus d’emplois seront dans les industries de l’environnement. L’Angleterre s’engage à bâtir une économie verte à la maison et à l’étranger : cela sera bon non seulement pour les affaires et pour l’environnement mais aussi pour le développement. Lire la suite

Claude Lévi-Strauss : Productivité et condition humaine

Études rurales 159-160 Exclusions , Claude Lévi-Strauss, 1983

Productivité et condition humaine

Bien qu’il la lise et l’entende répéter tous les jours, l’affirmation que le chômage continuera de s’aggraver si le produit national n’augmente pas régulièrement d’un certain pourcentage déconcerte l’ethnologue et suscite en lui un sentiment d’irréalité. Il existe donc des sociétés – la sienne – qui vivent dans un état permanent de déséquilibre, constamment en lutte contre le temps, pour qui le simple fait de ne pas avancer se traduit par un recul, qui doivent produire, et produire sans trêve pour que ses membres aient une chance de trouver dans le travail leur subsistance et leur dignité ?

Si, comme on peut le croire, le genre de vie des sociétés qu’étudient les ethnologues offre une image approximative des conditions techniques et économiques qui prévalurent pendant 99 % de l’histoire de l’humanité, le contraste est frappant, en effet, entre nos sociétés condamnées à produire ou périr et toutes les autres. Celles qu’on appelle « primitives », non parce qu’elles le sont – toutes les sociétés ont derrière elles une histoire aussi longue – mais parce qu’elles se voudraient telles, ont pour seule ambition de rester dans l’état où elles s’imaginent que les dieux ou les ancêtres les créèrent au commencement des temps : avec un effectif démographique constant, qu’elles savent d’ailleurs maintenir, et un niveau de vie inchangé que leurs règles sociales et leurs croyances métaphysiques les aident à protéger. Que, dans cet équilibre établi une fois pour toutes, rien ne bouge, voilà leur idéal, sinon bien sûr leur réalité. L’idée qu’il faut se battre pour simplement durer, qu’à défaut de marquer de nouveaux avantages on perd ceux qu’on croyait acquis, que le temps est un bien rare dont on ne gagne jamais assez, toutes ces notions leur sont étrangères et l’étaient encore, jusqu’à une époque récente, aux campagnards et aux artisans des pays même développés. On sait que les révolutions dont ceux-ci furent le théâtre pendant les temps modernes eurent moins pour cause le désir d’améliorer les conditions d’existence, que de les défendre quand elles étaient menacées.

La tâche qu’on m’a confiée suppose donc qu’un problème ait été préalablement résolu. Les organisateurs de ce symposium souhaitent que, de considérations ethnologiques, puisse se dégager – je cite – « un concept universel de productivité qui transcende les différences culturelles et historiques entre les peuples ». Mais un tel concept universel existe-t-il, est-il même simplement concevable, ou faut-il voir dans la notion de productivité une catégorie relative, dont le sens et la portée se limitent aux sociétés industrielles régies par une économie de marché ?

La question n’est pas nouvelle. Elle fut posée avec éclat, il y a une trentaine d’années, par un éminent juriste et historien des idées économiques aujourd’hui disparu, Karl Polanyi, et pendant les vingt ans qui suivirent, elle a alimenté un débat entre deux écoles qu’on a convenu d’appeler « formaliste » et « substantiviste ». Pour la première, les catégories et les lois de la science économique ont une valeur universelle, quel que soit le type de société. Partout, le problème économique consiste, pour l’homme confronté à une situation de rareté, à chercher par un calcul rationnel comment maximiser ses gains et minimiser ses pertes. Le but essentiel de toute activité économique serait de satisfaire des besoins au moindre coût, donc de faire un profit et de créer, si possible, des « surplus » propres à satisfaire d’autres besoins. À l’échelle collective, une société créatrice de « surplus » – c’est-à-dire dotée d’une meilleure productivité – pourrait entretenir des spécialistes non productifs, ou qui ne le sont pas immédiatement, et se donner ainsi une structure diversifiée. À quoi les substantivistes – Polanyi et son école – répondent que ces schémas ne valent que pour les sociétés marchandes apparues à une époque récente, coïncidant avec la naissance du capitalisme. Dans les sociétés anciennes, dans les sociétés paysannes récentes ou contemporaines et dans celles qu’étudient les ethnologues, il est impossible, disent-ils, d’abstraire des lois comparables, parce que leur vie sociale a une « substance » homogène où les aspects que nous appellerions économiques sont indissociables de tous les autres aspects. Dans ces sociétés, le choix et la quantité du travail fourni n’ont pas principalement pour but de réaliser un gain ; Lire la suite

Hydrogène : Ca ne sera pas aussi simple

naturavox.fr, le 27 novembre 2008

Hydrogène : Ca ne sera pas aussi simple que le disent nos médias

Nos médias n’arrêtent pas de nous dire que l’hydrogène c’est l’avenir de l’automobile et même son avenir à court terme. Car bien sûr la chose importante pour eux c’est que la combustion d’hydrogène n’émet aucun gaz carbonique, seulement de l’eau.

Effectivement c’est vrai, mais le problème c’est que l’hydrogène comme l’électricité d’ailleurs sont des vecteurs énergétiques qui à l’unité de masse contiennent très peu d’énergie. Un litre de carburant fossile « contient et libère en brulant 11 kilowattheures là ou 1kg de batteries ou 2 kg d’hydrogène liquide, c’est à dire comprimé, en contiennent 100 fois moins !

Pour donc embarquer à bord de votre voiture l’énergie nécessaire pour effectuer 700 km, il vous faut 70 litres de carburant fossile ou 7 tonnes de batteries chargées à bloc ou encore 3.5 tonnes d’hydrogène comprimé à 500 bars et liquide. L’autonomie du votre voiture en passant à l’une ou l’autre de ces énergies en sera fortement réduite. La Chevromer Volt récemment présentée à une autonomie à l’électricité de… 60km seulement. Vous comprenez pourquoi on ne peut mettre sur la route à l’heure actuelle que des voitures hybrides qui fonctionnent donc essentiellement au super.

Autre difficulté, la puissance du même moteur alimenté à l’essence et à l’hydrogène diminue de… moitié ! De 445 ch pour le 6L BMW de la Serie 7 essence à …245 CH pour le même alimenté à l’hydrogène et pour le moteur de la Mazda RX 8 de 210 CH à 107 à l’hydrogène.

Enfin, pour fabriquer cet hydrogène, il faut émettre 5 fois plus de CO2 que pour extraire et produire l’essence équivalente, à condition encore que l’on produise le dit hydrogène en électrolysant de l’eau avec de l’électricité d’origine nucléaire. Et pour le distribuer, partout dans le monde, comprimé et maintenu liquide à – 235 °C, il faudra utiliser dix fois plus d’énergie et émettre dix fois plus de CO2 que dans le système de distribution des carburants actuels. Lire la suite