Pierre Rabhi et Yann Arthus-Bertrand, entretien croisé

lexpress.fr, Lionel Astruc, le 10 novembre 2008

Pierre Rabhi et Yann Arthus-Bertrand, entretien croisé

« Celui qui s’aventurerait à dire la vérité, se suiciderait politiquement« , YAB.

A l’occasion du salon Marjolaine, Yann Arthus-Bertrand et Pierre Rabhi livrent leurs visions du développement durable. Croissance, profit et responsabilisation sont au cœur de leurs réflexions. Entretien.

Yann Arthus-Bertrand a rencontré l’écologie dans les airs et veut toucher le grand public à travers ses images. Pierre Rabhi, penseur et écrivain, partisan de la décroissance, a découvert l’environnement les pieds dans un lopin de terre cévenol. Leurs visions des années à venir, aussi troublantes de clairvoyance que différentes, se rejoignent sur deux constats : l’attentisme des hommes politiques et l’urgence de changer le système.

Le concept de développement durable existe depuis 1992, mais la disparition des ressources, la perte de biodiversité et le réchauffement climatique continuent au même rythme. Où en sera le développement durable en France en 2020 ?

Yann Arthus-Bertrand : En 2020 et plus encore en 2030, nos modes de vie auront complètement changé. Car la France et le monde devront s’adapter d’ici là au manque le pétrole. L’économie mondiale dépend totalement de cette ressource. Des villes entières fonctionnent et existent uniquement grâce au pétrole. Dans vingt ans, nos déplacements, l’organisation des villes et de nos vies quotidiennes seront guidés par une nécessité de sobriété. C’est pourquoi il faut informer les citoyens, autant que possible. Lorsque les gens ont accès à l’information, ils réagissent très positivement : nous avons par exemple évoqué les AMAP dans une de nos émissions. Ce système qui permet de consommer des produits locaux et bio a séduit une foule de téléspectateurs qui ont contacté l’association dans les jours qui ont suivi !

Pierre Rabhi : Le développement durable n’aura pas fait changer significativement nos modes de consommation d’ici à 2020, si l’argent et la croissance restent les priorités absolues. Pour l’instant je considère que nous faisons fausse route. Pour changer les choses efficacement, dans les années qui viennent, je crois profondément en la pédagogie par l’exemple. Il me semble qu’il y a profusion de discours à travers les médias, mais pas suffisamment d’exemples concrets d’écologie pratique.

Pour remédier à cela, nous avons créé les Amanins, un centre où chacun peut découvrir des réalisations réussies, dans le domaine de l’habitat écologique, de la cuisine bio comme de l’agro-biologie. La ferme, les bureaux, la cuisine et les logements des Amanins, tout a été construit à partir de matériaux écologiques et locaux. Ces bâtiments sont alimentés en partie par l’électricité des panneaux solaires et un chauffage au bois vient compléter en cas de manque.

Les agro-carburants débouchent sur une impasse, l’éolien fournit peu d’énergie et s’avère une solution insuffisante… Ces démarches ressemblent à des faux-fuyants, pour contourner une réduction nécessaire de notre consommation d’énergie. Qu’en pensez-vous ? « Nous faisons fausse route, il faut admettre la remise en cause du système de croissance »,

Pierre Rabhi: Les citoyens refusent toute réduction de leur consommation et de leur confort. Mais tant que nous ne renoncerons pas à notre boulimie énergétique, je ne vois pas comment progresser. Je prêche donc la modération et je pense même qu’il ne faut pas avoir peur du rationnement. Si quelqu’un me disait: « vous avez droit à tant de tickets de carburant, ou tant de kw », je m’arrangerais; Lire la suite

Villenave d’O. le 28 novembre, les risques du sans fil

Communiqué mairie de Bègles, Noël Mamère, le 26 novembre 2008

Café citoyen le vendredi 28 novembre 2008 à 20h, au Café Le Simson à Villenave d’Ornon 2, place Marc Dulout

Après les Transports doux à Bègles en septembre et la crise financière à Talence en octobre, le troisième café citoyen de circonscription abordera un sujet inquiétant de notre quotidien : les risques sanitaires liés à la communication sans fil.

Il sera donc l’occasion de décrypter les risques liés à l’utilisation, tous les jours, par chacun d’entre nous, des téléphones portables, du système wifi pour internet…

Il sera animé par Etienne CENDRIER, porte-parole de l’Association Robin des Toits, Auteur du livre « Et si la téléphonie mobile devenait un scandale sanitaire ? » en 2008 (éditions du Rocher).

ATTAC : La crise, conférence le 5 décembre à St André de C.

Communiqué, attac 33 Haute Gironde, le 26 novembre 2008 

Conférence le vendredi 5 décembre 2008 à 20h30

Salle du château Robillard rue Robillard à Saint André de Cubzac

La crise financière. D’où vient-elle ? Où allons-nous ? Quelles propositions peut-on faire ?

Avec la participation de Jean-Marie HARRIBEY Economiste à l’Université de Bordeaux 4 Co-président d’ATTAC France

Cette crise, dont nos gouvernants, relayés par les médias, disaient qu’elle resterait limitée à la crise des subprimes Etats Uniens, dont on nous disait qu’elle ne menaçait pas l’économie, a éclaté cet automne dans le monde entier, touche l’économie et la vie quotidienne de tous les habitants de la planète.

Elle est accompagnée d’une crise sociale, de la croissance des inégalités et de la pauvreté, au Nord comme au Sud ; d’une crise alimentaire sans précédent et scandaleuse alors qu’il y a de quoi nourrir les 6,5 milliards d’habitants ; d’une crise énergétique et écologique : pénurie d’eau, destruction des écosystèmes, utilisation quotidienne de substances cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques, réchauffement climatique…

Mais s’agit-il d’une crise, c’est à dire d’un moment particulièrement dramatique, mais qu’une régulation passagère et partielle, imposée par un pouvoir politique soudainement réhabilité, pourra résoudre ?

La marchandisation de toutes les activités humaines, des ressources énergétiques naturelles et des biens communs, la soumission de l’économie aux seules lois du marché sont-elles réellement remises en cause ?

Nous avons le devoir, en tant que membre de la société civile, d’intervenir, de ne plus laisser faire ces destructions de nos cadres de vie et de nous-mêmes. Pour cela de tenter de comprendre les mécanismes à l’œuvre et de réfléchir aux propositions existantes.

Celles qui ont été élaborées par le Conseil Scientifique et les organisations membres d’ATTAC, pourront être discutées au cours de la soirée.

Mais vous avez sans doute vous-même des idées et des propositions concrètes ?

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PAC : les aspects environnementaux au second plan

novethic.fr, Véronique Smée, le 20 novembre 2008

PAC : les aspects environnementaux au second plan

Les négociations houleuses des ministres européens de l’agriculture viennent de s’achever à Bruxelles. La révision à mi-parcours de la Politique agricole commune va permettre au volet environnemental de bénéficier d’aides supplémentaires, mais l’évolution vers une agriculture plus durable est renvoyée en 2013, année de la « grande réforme ».

Qualité environnementale, sécurité alimentaire, volatilité des cours, contraintes économiques…La grande réforme de la PAC prévue pour 2013 s’annonce difficile compte-tenu de ces impératifs divergents. C’est pourtant un objectif central de l’Union. En 2007, la Commission européenne a souhaité  » rationaliser  » la politique agricole commune, afin que les subventions redeviennent un filet de sécurité et d’ajustement, voulant réduire la dépendance des agriculteurs aux subventions. La France, qui est la première bénéficiaire de la PAC, et dont les subventions représentent plus de 50% du revenu des agriculteurs, est en première ligne.

Depuis 20 ans, l’Union a consacré 1000 milliards d’euros à la PAC, soit 41% du budget européen. Pour autant l’aspect budgétaire n’est pas le seul conflit à résoudre, la réorientation des aides vers une politique agricole plus « durable » étant également  au cœur des négociations. Or, la baisse prévue de ces subventions pour financer à la place des projets de protection de l’environnement ou de développement rural est moins importante que prévu. La proportion d’aides directes réaffectées aux campagnes au sens large est portée à 14% pour les exploitations recevant plus de 300.000 euros d’aides par an, contre 22% envisagés dans un premier temps. Les agriculteurs recevant entre 5.000 et 100.000 euros verront quant à eux 10% de ces aides redirigées, contre 13% dans la version initiale.

Peu de moyens pour le second pilier

C’est certes un progrès, puisque l’UE ponctionne actuellement 5% des aides directes pour ces projets. Par ailleurs, une partie de ce financement pourra être affectée au financement d’initiatives liées au changement climatique, aux énergies renouvelables, à la gestion de l’eau et de la biodiversité. Pour autant le premier pilier (aides directes) conserve toujours l’essentiel des montants versés au détriment du second, dont font partie l’environnement et la conversion vers l’agriculture biologique. En France, 87% des dépenses de la PAC relèvent du premier pilier, contre seulement 13% pour le second.

Pourtant, le contexte a changé et la PAC, pour être légitime, doit évoluer vers le soutien aux services rendus par les agriculteurs à la société. En matière d’alimentation,  le consommateur est devenu une partie prenante à part entière. Un sondage « Eurobaromètre » consacré à cette question, enfonce le clou : les citoyens de l’Union Européenne considèrent à 90% que la priorité de la PAC est de garantir des produits agricoles sains et sûrs, de promouvoir le respect de l’environnement et d’aider les agriculteurs à adapter leur production aux attentes des consommateurs. Lire la suite

Réduire de 30 % le CO² créerait 684 000 emplois en France

novethic.fr, Hélène Huteau, le 26 novembre 2008

Moins de CO2 pour plus d’emplois ?

A la veille du sommet de Poznan sur le climat, une étude du WWF France soutient que réduire de 30% les émissions de CO2, par rapport à 1990, induirait la création nette de 684 000 emplois en France. Un argument contre les pays qui mettent en avant la crise pour contester les ambitions européennes.

Alors que certains pays membres comme l’Italie remettent en cause l’objectif minimum de l’Union Européenne de baisser de 20% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, le WWF France publie une étude montrant l’intérêt économique et social de poursuivre ces objectifs. Selon cette étude, qui se base sur d’autres analyses internationales, européennes et nationales, la France gagnerait au moins 684 000 emplois avec une économie générant 30% de gaz à effet de serre de moins qu’en 1990.

L’étude se veut exhaustive : elle prend en compte l’ensemble des secteurs d’activités et inclut la destruction d’emplois dans les secteurs en décroissance  (activités relatives aux produits pétroliers, charbon, gaz, électricité, ainsi que construction automobile et commerce automobile), mais aussi les destructions ou créations d’emplois induits par l’impact sur le pouvoir d’achat des ménages.

L’efficacité énergétique recrute

Ce sont les dépenses faites pour atteindre l’efficacité énergétique qui génèrent le plus d’emplois (564 000). Par exemple, les nouvelles lignes de transport ferroviaire vont créer des emplois dans les infrastructures, la construction de matériel ferroviaire et dans l’exploitation des lignes. Des emplois indirects seront également créés dans la chaîne de fournisseurs de ces secteurs (sidérurgie, métaux non ferreux…). Le secteur des énergies renouvelables créerait à lui seul plus d’emplois (316 000) que ceux détruits dans les filières énergétiques classiques (138 000) et automobiles (107 000).

D’autre part, l’étude du WWF émet l’hypothèse d’un baril de pétrole à 100 $ en 2020. Le scénario énergétique retenu (celui de NégaWatt, voir encadré) entraînerait donc une économie pour les ménages, synonyme de pouvoir d’achat. D’où un gain supplémentaire de 48 000 emplois (467 000 si le baril est à 150 $).

Un scénario énergétique évinçant le nucléaire

Ce résultat net de 684 000 emplois créés se base sur une politique énergétique mettant la priorité sur la sobriété énergétique, puis l’efficacité énergétique et enfin les énergies renouvelables. Il s’agit de la stratégie conçue par les experts et praticiens de l’énergie de l’association NegaWatt en 2006. Les 684 000 emplois s’entendent par rapport au scénario « tendanciel » de 2005, avant la mise en place de mesures en faveur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. « Un scénario faisant davantage appel […] au nucléaire et au stockage géologique de CO2 aboutirait probablement à un résultat beaucoup moins favorable à l’emploi » Lire la suite

L’Occident face à la crise des vocations scientifiques

Le Monde, Brigitte Perucca, le 27 novembre 2008

L’Occident face à la crise des vocations scientifiques

Le mal s’accroît, mais le diagnostic s’affine. Les pays développés, qui souffrent, sans exception, d’une désaffection des jeunes pour les filières scientifiques, pointent du doigt la façon dont les sciences sont aujourd’hui enseignées. Trop de théorie, pas assez de pratique ; des enseignements qui n’invitent pas au questionnement ; une approche trop disciplinaire et cloisonnée, sans perspective historique ; une hyper-sélection.

Experts et universitaires ont saisi, mardi 25 novembre, l’occasion du colloque européen « Sciences en société », organisé à Paris, pour exprimer la nécessité de changements radicaux dans, mais aussi hors l’école, si les pays de l’Union européenne (UE) veulent changer la donne. Car le bilan quantitatif n’est pas brillant. Bien que l’Union puisse se targuer de compter en 2006 encore deux fois plus de diplômés en sciences et technologies que les Etats-Unis et près de quatre fois plus que le Japon, la comparaison devient nettement moins avantageuse face aux puissances émergentes, Inde et Chine en tête.

Sans évoquer ouvertement le risque d’une pénurie d’ingénieurs, les responsables politiques craignent qu’à terme, la capacité d’innovation de l’Union n’en soit altérée. D’autant que l’attraction, devenue fatale, des diplômés scientifiques pour les mathématiques financières et la gestion a pu, notamment en France, jouer en défaveur des métiers d’ingénieurs. Même si la crise changeait la donne, il n’est pas sûr que les jeunes optent davantage pour les carrières d’ingénieurs. Dans les entreprises, le différentiel de salaires a toutes les chances de se maintenir au bénéfice des gestionnaires tandis que de nombreux doctorants restent sur le carreau. « Dans les secteurs d’ingénierie, on a encore des flux, mais nous allons sûrement manquer d’ingénieurs« , estime Gilbert Béréziat, chargé des relations internationales à Paris-VI. Des pénuries « sectorielles », nuance la Conférence française des écoles de formation des ingénieurs.

Si les étudiants continuent de se ruer sur l’informatique (+ 80% d’étudiants dans l’UE depuis 2000), les sciences de la vie stagnent (+ 1%), tandis que les sciences physiques, grandes victimes de ce rejet collectif des jeunes Européens, dégringolent (- 5,5 %). Le phénomène touche aussi bien la Corée que les Etats-Unis, ce pays ne devant son salut qu’à l’afflux massif d’étudiants étrangers, asiatiques en particulier, sur son territoire.

CHANGER L’APPRENTISSAGE

Une coupure sépare la vieille Europe des nouveaux entrants. Selon un sondage Eurobaromètre, publié le 14 novembre et réalisé auprès de 1 000 jeunes de 15 à 25 ans dans chacun des 27 pays de l’UE, c’est en France, en Allemagne et au Royaume-Uni que les disciplines scientifiques attirent le moins. A l’inverse, elles gardent un certain attrait à l’Est de l’Union.

Quelles que soient les nuances statistiques, les esprits convergent sur l’idée que, si les sciences intéressent, voire passionnent, tandis que les filières scientifiques se vident, c’est qu’il convient de changer l’apprentissage. Car, contrairement à un stéréotype longtemps véhiculé, la science ne fait pas peur. Lire la suite

SEPANSO Béarn : pas de chasse dans les zones à ours

Communiqué SEPANSO-Béarn, Jacques Mauhourat, président, le 6 novembre 2008

Jacques Mauhourat et la SEPANSO Béarn désirent que l’Etat prenne des mesures d’interdiction totales de la chasse dans les zones à ours

En juin dernier le procureur général de Pau décidait de relaxer René Marquèze, responsable de la mort de l’Ourse Cannelle.

L’ensemble des parties civiles dont la SEPANSO-Béarn avaient fait appel de la décision initiale prise par le parquet au mois d’avril précédent. Néanmoins la justice a finalement décidé que ce chasseur devait être exonéré de sa responsabilité pénale au regard de «l’état de nécessité» dans lequel il se trouvait. Le jugement a conclut qu’il appartenait à l’Etat de prendre les mesures d’interdiction totales de la chasse dans les zones à ours.

On peut donc se préparer à une très lourde condamnation de la France par l’Europe et comme l’a exprimé avec ironie notre avocat Maître Ruffié : «c’est donc avec nos impôts que nous allons payer les loisirs de Monsieur Marquèze.»

Nous ne pouvions bien entendu en rester là. C’est pourquoi notre association a décidé de relancer les actions contentieuses contre l’Etat et le syndicat mixte. Nous dénonçons l’abandon par l’Etat de certaines de ces prérogatives au profit d’un syndicat mixte du Haut-Béarn, qui a failli à sa mission. Il apparaît également que les arrêtés préfectoraux régissant la chasse dans le département des Pyrénées-Atlantiques, autorisant les battues au sanglier dans les sites vitaux du plantigrade, ont été pris en violation des dispositions du Code de l’Environnement. Ils ont d’ailleurs fait l’objet pendant trois ans de recours en annulation par la SEPANSO : arrêtés finalement annulés par décision du tribunal Administratif de Pau du 27 mars dernier.

Nous poursuivons également le syndicat mixte du Haut-Béarn considérant dès lors qu’il avait manqué à ses engagements et ses obligations concernant la protection des Ours de souche Pyrénéennes. En effet dans le cadre de la «Charte de développement durable des vallées Pyrénéennes et de protection de l’Ours» signée le 31 janvier 1994, il avait pour mission de contribuer à «un certain nombre d’actions concourant au développement des vallées béarnaises ainsi qu’à la protection de l’Ours … »

Nous réclamons aujourd’hui Lire la suite