Pollution à l’amiante dans le 93: l’affaire est relancée

lexpress.fr, le 21 novembre 2008

Pollution à l’amiante dans le 93: l’affaire est relancée

La société d’assainissement Sanir est à nouveau mise en demeure par le préfet de Seine-Saint-Denis. L’entreprise est accusée, par des ouvriers sans-papiers, de pollution environnementale.

Le préfet de Seine-Saint-Denis, Claude Baland, a adressé une nouvelle mise en demeure à l’exploitant de Sanir, une entreprise du bâtiment de Pavillons-sous-Bois visée par plusieurs enquêtes depuis que des sans-papiers ont affirmé avoir mélangé de l’amiante à des gravats allant à la décharge.

Les premiers arrêtés pris le 29 septembre imposaient à Roger Kakou, le patron de l’entreprise, de régulariser son activité de tri et transport de déchets. Il devait également remettre le site en état et faire procéder à des analyses de terrain. Ces mesures n’ont pas été respectés, a précisé la préfecture. « Le préfet a mis en demeure en début de semaine l’exploitant de se soumettre aux obligations d’analyse du sol dans les 15 jours », a-t-on ajouté.

La Société d’assainissement, de nivellement et de remblaiement (Sanir) fait depuis trois mois l’objet d’une triple enquête sanitaire, administrative et judiciaire pour faire la lumière sur une éventuelle contamination des salariés et pollution environnementale de la zone (à 200m de l’hôpital Jean-Verdier de Bondy et d’un lycée).

« Absence de coopération de l’employeur »

Selon la préfecture, les employés de Sanir et PLMT (entreprise de manutention et transports gérée par le fils de l’exploitant) ont stocké, broyé et brûlé des déchets « sans autorisation » pendant des années.

En attendant les analyses du sol (que l’Etat prendra en charge si l’arrêté n’est pas respecté), une première série d’analyses de recherche de fibres d’amiante dans l’air faites par les services de l’Etat « se sont révélées négatives », selon la préfecture.

Le processus de contrôle et de suivi médical des 14 anciens salariés africains en situation irrégulière a pris du retard en raison « de l’absence de coopération de l’employeur », qui doit être normalement associé à ce suivi.

Onze sans-papiers ont obtenu une carte de séjour d’un an renouvelable. Les trois autres vont se faire notifier un refus de titre de séjour sans obligation de quitter le territoire, précise la préfecture. Installé depuis 40 ans à Pavillons-sous-Bois, Roger Kakou, 77 ans, avait affirmé avoir toujours « travaillé dans les règles », notamment avec les déchets amiantés transitant sur son site.

La grande distribution s’empare du commerce équitable

novethic.fr, Rouba Naaman, le 21 novembre 2008

La grande distribution s’empare du commerce équitable

La grande majorité des produits issus du commerce équitable sont achetés en supermarchés. Le commerce équitable doit sûrement une part de son succès à la grande distribution. Mais les marques nationales pourraient se faire doubler par les enseignes elles-mêmes, qui surfent sur le succès de la filière.

Le commerce équitable en grande distribution a ses fans et ses détracteurs. Les Français, eux, ont fait leur choix : 93% des acheteurs de produits issus du commerce équitable réalisent ces achats en grandes surfaces. La brèche est donc ouverte, et les distributeurs s’y engouffrent un à un. Ils s’y engagent même, en créant leurs propres gammes de produits estampillés “commerce équitable”. Des marques de distributeurs (MDD) consacrées au commerce équitable, comme Entr’aide chez Leclerc ou Carrefour Agir Solidaire, trônent aujourd’hui dans les rayons aux côtés des marques 100% commerce équitable, comme Alter Eco et Ethiquable, et des produits de marques nationales labellisés, comme le café des petits producteurs de Malongo.

L’essor du commerce équitable en grandes et moyennes surfaces (GMS), c’est avant tout la preuve de la bonne santé du commerce équitable. Une étude récente de l’institut IRI France, basée sur les ventes passées en caisse, le prouve. 44 millions de produits issus du commerce équitable ont été vendus entre juin 2007 et juin 2008, soit une progression de 12% par rapport à la même période l’année précédente. Pendant ce temps, les ventes en épicerie conventionnelle ont diminué de 3%. L’an dernier, 1 foyer sur 4 a acheté un produit labellisé Max Havelaar. Le commerce équitable aurait-il connu un tel succès s’il était resté un produit de niche, cloîtré dans les magasins spécialisés ?

Le tremplin vers le succès

Probablement pas. Rémy Roux, co-fondateur et directeur commercial d’Ethiquable, et Tristan Lecomte, fondateur d’Alter Eco, s’accordent sur ce point. « La grande distribution a lancé notre marque » estime Tristan Lecomte. Selon Julien Maisonhaute, coordinatrice de la Plate-forme pour le commerce équitable (PFCE), « la grande distribution apporte une meilleure visibilité et de plus gros volumes au commerce équitable ». En échange, les enseignes redorent leur image Lire la suite