VIENT DE SORTIR : L’urgence de la métamorphose

L’urgence de la métamorphose, par Jacques Robin et Laurence Baranski

Ce livre est l’œuvre ultime d’un grand penseur français qui aura laissé une trace importante dans la société par ses actions et son intellect, un homme pour qui la liberté de croire et d’espérer en monde plus juste et plus ouvert aura été une bataille de tous les jours. Un homme pour qui la nécessité d’un changement vital et radical est l’indispensable évolution vers le monde de demain. Un message pour les générations futures, un appel à l’urgence de cette métamorphose.

Ce livre est une réédition qui intervient un peu plus d’an après le décès de son auteur, Jacques Robin. Penseur, visionnaire, homme de reliance et catalyseur d’initiatives, Jacques Robin proposa durant toute sa vie, avec passion et humilité, d’éclairer ses contemporains. Son engagement était d’ordre politique. « L’urgence de la métamorphose » est son dernier message, co-écrit avec Laurence Baranski, qui le résume ainsi…

Le message de « L’urgence de la métamorphose ».

Déséquilibres écologiques qui menacent de disparition les formes de vivant sur Terre, la forme humaine y compris… renforcement des inégalités à l’échelle planétaire….dégradation culturelle et sociales de nos sociétés particulièrement en occident et ailleurs sous l’influence occidentale….  précarité, pauvreté, isolement, impuissance…

Nos sociétés sont écologiquement, économiquement, socialement, culturellement et politiquement malades. Carencée en réflexion globale systémique et transversale, animée par un besoin jamais assouvi de pouvoir, de contrôle, polluée par l’avidité, l’humanité est en train de se suicider.

Le constat est dramatique. Les regrets sont inutiles.

Et à la mort, nous pouvons encore préférer la vie. Elle est possible si nous acceptons la métamorphose qui s’impose et qui passe par :

– la prise de conscience que nous ne vivons pas une nouvelle révolution industrielle mais bien un changement d’ère (l’ère informationnelle) qui nous offre de nouvelles possibilités de coopération, de production, d’échange, de partage. Jusqu’à la gratuité. L’occasion, si nous savons en saisir l’opportunité, de nous rapprocher de nos idéaux humanistes et démocratiques

– la création d’une « économie plurielle avec marché » en lieu et place de  »hégémonisme marchand » ultralibéral et aux ordres des marchés financiers.

– Une profonde remise en question de notre rapport au pouvoir et à la richesse… et à la vie.

La question, profondément politique, que nous devons nous poser aujourd’hui est : que voulons-nous faire, individuellement et collectivement, de notre vie ?

De la réponse à cette question dépendra le virage que négociera, ou pas, l’humanité, un virage à négocier sur cette étonnante planète dite bleue, une planète entourée de milliards d’étoiles comme elle « en suspension » dans une galaxie dite la voie lactée, la nôtre, une galaxie qui en côtoie des milliards d’autres, dans « un univers dont on ne connaît pas l’adresse »…

Notre conscience, notre imagination, tout autant que notre cœur et notre raison sont aujourd’hui convoqués. Le rendez-vous est immédiat. Il est de notre responsabilité de l’honorer, ou de répondre présent… Lire la suite

Une conférence internationale pour sauver le thon rouge

Le Monde, le 18 novembre 2008, Jean-Pierre Tuquoi

Une conférence internationale pour sauver le thon rouge, victime de surexploitation

Paradoxalement, c’est à Marrakech que pourrait se jouer le sort du thon rouge de l’Atlantique, une espèce menacée de disparition. Depuis le lundi 17 novembre et durant une semaine, la ville marocaine accueille en effet une réunion extraordinaire de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (Cicta), une organisation de pêche intergouvernementale.

La situation est alarmante pour le thon rouge de l’Atlantique (Thunnus thynnus), l’espèce reine des thonidés. « On ne peut pas laisser les choses en l’état. Le statu quo n’est pas une option« , reconnaissait le commissaire européen chargé de la pêche et des affaires maritimes, Joe Borg, à la veille de l’ouverture de la conférence.

Les thons rouges sont victimes de surexploitation. Les scientifiques assurent que les captures ne devraient pas dépasser 15 000 tonnes/an pour cette espèce qui se déplace en banc des eaux froides de l’Atlantique vers la Méditerranée où les thons rouges se reproduisent. Or ce chiffre est largement dépassé.

SURCAPACITÉ DES FLOTTES

Les prises déclarées sont deux fois plus élevées et dépassent le quota fixé par la Cicta (28 500 tonnes pour 2008) après d’interminables tractations. Et si l’on prend en compte la fraude – très répandue -, c’est sans doute près de 60 000 tonnes de thons rouges qui sont capturés chaque année en Méditerranée, par un petit nombre de pays (dont principalement la France, l’Espagne, et l’Italie). « Il faut que les Etats respectent les engagements auxquels ils ont souscrit. S’ils ne le font pas, il faudra prendre des sanctions en 2009 », souligne M. Borg.

La surcapacité de la flotte thonière complique le respect du plan de sauvegarde de quinze ans mis en oeuvre par la Cicta. « Il faut que des mesures effectives pour aligner la capacité de la flotte avec l’état des ressources », dit encore Joe Borg. Selon une étude du Fonds mondial pour la nature (WWF), à elle seule la flotte de navires thoniers des onze Etats côtiers de la Méditerranée a un potentiel annuel de captures proche de 55 000 tonnes. Et ne sont pris en compte par l’étude que les navires les plus modernes.

A Marrakech, les débats vont se focaliser sur le taux de capture autorisé (TCA) et sa répartition par pays. Si personne ne conteste la nécessité de mesures drastiques, les points de vue n’en sont pas moins très éloignés. Pour éviter le pire, le Japon, qui absorbe à lui seul plus de la moitié des thons rouges pêchés en Méditerranée, va plaider pour une simple réduction des TCA. D’autres pays, en revanche, pourraient réclamer l’inscription du thon rouge sur la liste des espèces en danger d’extinction et, à ce titre, obtenir une interdiction pure et simple de son commerce. Lire la suite

Monsanto 810-NK 603 : Les souris se reproduisent moins

Le Monde, Stéphane Foucart, le 19 novembre 2008

Les souris nourries au maïs MON 810-NK 603 se reproduisent moins bien que les autres

Une étude toxicologique, rendue publique mercredi 12 novembre, pose de nouvelles questions sur les effets biologiques de certains organismes génétiquement modifiés (OGM). Menés par des chercheurs du département de médecine vétérinaire de l’université de Vienne (Autriche), ces travaux suggèrent que des souris nourries avec un maïs de deuxième génération – pourvu de deux constructions génétiques distinctes (MON 810-NK 603) – ont un succès reproductif inférieur à celles nourries avec la même variété de maïs non génétiquement modifiée. L’étude compte au nombre des très rares travaux toxicologiques sur les OGM financés par les deniers publics et non commandités par l’industrie.

Deux protocoles expérimentaux ont été utilisés. Le premier a consisté à suivre, sur quatre générations, des groupes d’animaux exposés aux maïs conventionnels et génétiquement modifiés. « Du point de vue des capacités reproductives, ce protocole n’a pas révélé de différences statistiquement significatives entre les groupes », explique Jürgen Zentek, principal auteur de ces travaux. Les rongeurs exposés à l’OGM et leurs descendants sur quatre générations (eux-mêmes à leur tour exposés à l’OGM) ont donc eu, grosso modo, la même capacité à se reproduire que les autres animaux.

Fin de l’histoire ? Non : dans une deuxième expérience, une même génération d’animaux a donné naissance à quatre portées consécutives. « De manière inattendue », selon M. Zentek, ce protocole a montré que les troisième et quatrième portées issues des rongeurs nourris au maïs modifié étaient significativement plus petites que celles issues des bêtes nourries au maïs conventionnel. Ce groupe de 24 paires d’individus a en effet généré 1 035 naissances, tandis que le groupe nourri à l’OGM (de même taille) n’en a généré que 844.

MONSANTO SE REBIFFE

Pourquoi les deux protocoles donnent-ils des résultats si différents ? « Dans le second, l’organisme des femelles a été très sollicité et soumis à un stress plus grand puisqu’elles ont dû mettre bas et nourrir plusieurs portées consécutives », explique M. Zentek. L’exposition au maïs transgénique en question pourrait donc n’avoir un effet sur la reproduction qu’en situation de stress.

D’autres investigations approfondies ont été réalisées sur l’analyse de sang, la mesure du poids des organes, etc. Les cellules intestinales des animaux nourris ou non à l’OGM ont été observées par microscopie électronique. « Il en ressort des différences qu’il est difficile d’interpréter« , commente Gérard Pascal, ancien directeur scientifique de la nutrition humaine et de la sécurité alimentaire à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). Mais ces « différences » ne sont pas pathologiques.

Très prudents dans leurs conclusions, les auteurs appellent à une poursuite des travaux pour confirmer ces résultats inédits. D’autant que ceux-ci n’ont pas encore été dûment évalués. 

 

A une réserve près (sur le choix de la variété du maïs témoin), Gérard Pascal, peu suspect d’activisme pro ou anti-OGM, salue un « beau travail » et dit « adhérer globalement aux conclusions des auteurs ». Celles-ci sont rejetées en bloc par Monsanto. Lire la suite

Retour sur le colloque de Bordeaux sur l’éducation au DD

mediaterre, Monique Trudel, le 31 octobre 2008

L’éducation au développement durable dans le monde francophone

La conférence internationale de Bordeaux  » agir ensemble pour éduquer au développement durable »  a permis aux acteurs de la francophonie, lors de plusieurs sessions leur étant dédiées,  de démontrer leurs spécificités et de dégager des pistes d’actions communes puisqu’ils s’inscrivent dans une sphère linguistique commune qui offre la possibilité de mutualiser programmes et outils d’éducation, de formation et d’information.

Lors de la cérémonie d’ouverture, Mme Fatimata Dia Touré, directrice de l’IEPF, a présenté les efforts de la francophonie, les activités menées par l’IEPF de la promotion de la langue française à l’ancrage des projets et outils de développement dans les pays en voie de développement en passant par Médiaterre, la référence en français sur le développement durable. Elle a invité tous les acteurs de la francophonie à lire la déclaration de Québec et à prendre en considération les engagements des états lors du dernier sommet de la francophonie où ils se sont engagés à faire de la sensibilisation, l’éducation, la formation un enjeu prioritaire du développement durable.

Deux sessions ont été consacrées à présenter les principaux résultats en matière d’EDD et d’élaborer des propositions visant à mettre en place de nouvelles démarches. Les experts présents à ces rencontres ont été dans le concret en appelant à la solidarité et à la coopération. Les projets exposés par les uns et les autres, plus de 14 présentations, s’inscrivent dans cette dimension EDD afin qu’ils puissent servir d’exemple quant à la démarche ou encore d’encouragement quant aux résultats positifs obtenus. Les recommandations font appel à la cohérence, à l’importance de travailler ensemble, à la solidarité, tout en laissant la responsabilité à chaque pays de définir ses priorités de développement. La liste des présentations et des recommandations se trouve en fichier attaché.

Tous ont souligné ce qu’il convient de ne pas oublier  » la première mission de l’EDD concerne la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. « 

Le professeur Michel RICARD, président du Comité français de la Décenniede l’Education pour le Développement Durable (EDD), a présenté les grands résultats de la conférence et a fait un appel à tous d’avoir une attention particulière au lien culture et développement durable. Il est peut-être difficile de faire une manifestation responsable, mais il importe d’utiliser ces moments pour sensibiliser. Le travail le plus important à faire porte sur la participation de l’ensemble des acteurs de manière concertée y incluant l’ensemble de la population et des citoyens.

Au niveau de la Francophonie, l’OIF (IEPF) très active dans beaucoup de pays en développement souligne que ces pays ont besoin d’appui et d’échanges afin de partager des initiatives et qu’ils souhaitent une généralisation des comités de la décennie au niveau des états. Le partenariat et la solidarité entre les pays, personnes, l’égalité homme femme sont les éléments clefs du DD. Il souligne que les participants à cette conférence représentent l’espoir et l’enthousiasme pour réaliser une véritable EDD.

« Pour une mobilisation porteuse, il nous faut réapprendre à sourire, transmettre la passion qui est au cœur de tous les acteurs… » Lire la suite

Energie : l’UE peine à trouver un accord avant Poznan

novethic, Anne Farthouat, le 14 novembre 2008

Energie : l’UE peine à trouver un accord avant Poznan

A l’approche de la Conférence internationale sur le climat de Poznan (Pologne), qui aura lieu du 1er au 12 décembre 2008, les Etats européens négocient difficilement la mise en œuvre du paquet climat-énergie. Si tous s’accordent sur les objectifs fixés à l’horizon 2020, les moyens d’y parvenir sont très loin de faire l’unanimité.

Principale raison de la discorde européenne : la mise aux enchères des droits d’émission de CO2.  La Commission a en effet proposé début 2008 de cesser l’allocation gratuite de ces droits aux industriels, et en premier lieu aux producteurs d’électricité. Ces derniers incluant déjà le coût du carbone dans leur prix de vente, il semble en effet peu légitime de leur octroyer gratuitement des crédits d’émissions, qu’ils peuvent ensuite revendre sur le marché du carbone. Pour la Commission, il s’agit donc de parvenir à la vente totale de ces droits aux compagnies électriques dès 2013, et d’élargir progressivement le mécanisme à tous les secteurs émetteurs pour 2020.

Chef de file des contestataires, la Pologne refuse catégoriquement de faire acheter à ces compagnies électriques le moindre droit d’émission, réclamant leur gratuité totale. Et pour cause : 96% de la production électrique polonaise provient de centrales à charbon… D’après le premier ministre Donald Tusk, « le dispositif européen conduirait à augmenter l’électricité de 90%. » Pourtant, une étude économique du cabinet de conseil New Carbon Finance, mandatée par l’ONG WWF, conclut que la mise aux enchères des quotas n’aura pas d’impact tangible sur le prix de l’électricité.

Damien Demailly, chargé du programme Energie Climat de WWF, explique le refus polonais différemment : « Une partie des compagnies électriques polonaises appartiennent aujourd’hui à l’Etat. Mais elles sont en passe d’être privatisées. Du coup, la Pologne espère augmenter leur valeur avec les droits d’émissions, pour les vendre à meilleur prix. En plus, elle demande une compensation de la part de l’Europe, puisque la gratuité des droits implique un manque à gagner pour l’Etat ! La Pologne demande donc le beurre et l’argent du beurre ! »

Le Réseau Action Climat souligne par ailleurs l’intérêt « environnemental » de cette mise aux enchères des droits : « si les quotas sont payants, les États récoltent dans leur ensemble environ 50 milliards d’euros chaque année. Et s’ils sont gratuits, ce sont les entreprises qui en bénéficieront, sans aucune garantie que cet argent sera investi dans la lutte contre les changements climatiques. » Lire la suite

Caf’écolo : Déplacements intelligents, mobilité de demain

Déplacements intelligents, mobilité de demain

DNA, le 19 novembre 2008

 

Le deuxième caf’écolo organisé par Sauer Nature à Morsbronn a accueilli un plateau d’intervenants de qualité. On y a brassé des idées généreuses à propos des déplacements de demain.

Guy-Dominique Kennel, président du conseil général, approuve cette initiative d’échanges avec le public et a tenu à souligner combien il était important que chacun prenne conscience des enjeux pour mener une démarche de développement durable. Le conseil général veut montrer l’exemple, en analysant les comportements personnels, et en réduisant sa facture énergétique globale.

Réflexion menée avec les entreprises sur les déplacements

Quelque 350 actions, inscrites à l’agenda 21, sont menées par ses équipes. Exemple donné par la présence de Pierre Fierling, le responsable des études transports et déplacements du conseil général, qui est venu au caf’écolo depuis son bureau de Strasbourg, en empruntant successivement le tram, le TER, et le réseau 67, son retour étant assuré par un covoiturage avec un collègue venu, lui aussi, assister à cette rencontre. La mise en place des PDE (plans de déplacement en entreprise) a été évoqué, c’est une réflexion menée avec l’Ademe, la chambre de commerce, le conseil général et les entreprises sur le regroupement des déplacements, les contraintes de stationnement et les implantations, en fonction des multiples critères de travail, services et infrastructures routières.

Des chiffres qui laissent rêveur

Jean-Baptiste Schmider d’Auto’trement, société spécialisée dans la location de très courte durée et de partage de véhicules, fait remarquer qu’en général une voiture de particulier passe plus de 95 % de sa vie à l’arrêt, que 70 % des déplacements représentent moins de 3 kilomètres mais aussi que le carburant ne représente que 20 à 25 % des coûts. Des chiffres qui laissent rêveur, mais pas insensibles devant l’ensemble des moyens qui se mettent petit à petit en place pour assurer une mobilité optimale économique et surtout durable.

Cette mobilité est souvent évoquée pour les trajets domicile-travail, mais elle concerne également l’ensemble des déplacements de tous, jeunes et moins jeunes, dans leurs activités de loisirs, d’études, de soins, ainsi que les usagers à mobilité réduite.

Le site de covoiturage appelé à se développer

Le site de covoiturage de la communauté des communes Sauer-Pechelbronn, est de plus en plus fréquenté, et va, à moyen terme, se voir regrouper avec l’ensemble des sites régionaux sous la houlette du conseil général, pour améliorer et surtout faciliter le service aux usagers.

Une énumération de projets et de solutions, très encourageants, a été faite au cours de ce caf’écolo. De quoi intéresser l’ensemble des citoyens qui peuvent consulter le site de l’association : http://www.sauernature.fr et prendre connaissance d’un résumé plus détaillé des échanges de la soirée.

L’équipe de Sauer Nature a clôturé l’année 2008 de ses caf’écolos, et donne rendez vous en 2009 pour aborder un thème important : « Trier ses achats, c’est choisir ses déchets ». Ce sera à l’Étoile d’or de Woerth le 23 janvier à 19 h.

Bilan carbone du vin de Bx = une ville de 85 000 habitants

LibéBordeaux, Laure Espieu, le 20 novembre 2008

Bilan carbone : les vins de Bordeaux ont le même impact qu’une ville de 85.000 habitants

ENVIRONNEMENT – De la plantation du cep à l’arrivée la bouteille sur la table, le Bordelais a voulu calculer la pression de l’ensemble des activités liées au vin sur l’effet de serre. Pari ambitieux. Pour mesurer sur une année les émissions de gaz sur une surface viticole de 120.000 hectares, comprenant 57 appellations, 10.000 exploitations, et produisant plus de 5 millions d’hectolitres, l’interprofession, s’est appuyée depuis janvier dernier sur la méthode du bilan carbone. Une enquête de grande envergure, par laquelle le vignoble, particulièrement concerné par les problématiques environnementales, tente de quantifier son propre impact. Les chiffres étaient révélés hier. Et ils sont loin d’être négligeables : avec un total d’émissions de 200 000 tonnes équivalent Carbone, la filière pèse aujourd’hui le même poids qu’une ville de 85.000 habitants. Ce qui, rapporté à une consommation individuelle, correspond, pour une bouteille, à un équivalent de 4 km seul en voiture (boire ou conduire, une fois de plus, il faudra choisir).

En affinant les résultats, la viticulture coupe le cou à quelques idées reçues. Ainsi, contrairement au sentiment général, ce ne sont pas les traitements phytosanitaires qui arrivent en tête des postes d’émission de gaz à effet de serre, loin de là, mais les matériaux extérieurs, et en particulier la fabrication du verre, qui représente à elle seul presque un quart de la consommation énergétique globale. De même, après le fret et l’utilisation des camions pour le transport du vin, le troisième poste d’émissions concerne les déplacements de personnes. Et là, surprise : la moitié découlent directement des 550 000 visiteurs annuels. Un constat délicat, alors que le vignoble a justement consacré d’énormes efforts à développer l’oenotourisme.

Mais les vins de Bordeaux n’ont pas le choix, et vont devoir s’adapter. Ce bilan leur démontre clairement que même eux n’échappent pas à la dépendance aux hydrocarbures. Une emprise qui pourrait même coûter cher. Selon les simulations, si le baril de pétrole venait à doubler, le surcoût pour la filière serait de 50 millions d’euros. Et la facture dépasserait les 100 millions dans l’hypothèse (réaliste) où le baril atteindrait 250 $. De quoi accentuer la motivation. D’ores et déjà, l’interprofession s’engage donc à viser une baisse de 30 000 tonnes équivalent Carbone sur 5 ans. Avec comme objectif de réduire de 75% le total de ses émissions de gaz d’ici 2050. Pour cela, la filière va devoir remettre en cause ses habitudes, et faire preuve d’imagination. Lire la suite