Planète éolienne : Le vent comme solution à la crise ?

Libé Toulouse, Benoît Praderie, Porte-parole de l’Association Planète éolienne, le 11 novembre 2008

Le vent comme solution à la crise, selon Planète éolienne

Lettre ouverte de l’association Planète éolienne au président Sarkozy qui, dit-elle, prône bien une «relance verte», mais «sans trop d’éoliennes» quand même  :

TRIBUNE. «La crise est là. Au chevet de la finance inter- nationale, nos Etats peinent à imaginer une relance. Il est pourtant un secteur sur lequel une ré- volution est encore à construire en France. C’est celui des énergies renouvelables.

L’énergie éolienne est la plus mature d’entre elles. Elle croît de 30% par an depuis plus de 10 ans et pourrait fournir le tiers de l’électricité mondiale en 2050.

La loi Grenelle1 semble finalement bien fade sur ces questions-là. Notre pays persiste à s’éloigner des objectifs de Kyoto qui fixent à 23% la part d’électricité renouvelable en 2020 : ce taux était de 18% en 1990, il n’est plus que de10,3% aujourd’hui.

Sachant que le potentiel hydroélectrique est quasiment saturé, seule l’énergie éolienne est à même de fournir les puissances nécessaires pour atteindre l’objectif.

Nos voisins européens annoncent pour 2020 des objectifs plus ambitieux encore. Le nouveau président des Etats-Unis prévoit, lui, d’investir d’ici là, 150 milliards de dollars (115 milliards d’euros) dans les énergies éolienne et solaire. Et nous ?

Nous pourrions redonner de la consistance au Grenelle de l’Environnement tout en posant les éléments d’un véritable axe de relance économique. Ainsi, 23% d’électricité renouvelable en 2020 représenterait 250.000 emplois contre 5.000 aujourd’hui. Des emplois dispersés sur tout le territoire, insensibles au Cac 40 ou au risque de délocalisation. Cela représenterait aussi 50 milliards d’euros d’investissement générant une rentabilité de l’ordre de 8-10% par an.

En attendant, est-il normal pour un particulier qui souhaite installer des panneaux solaires d’avoir à souffrir d’une kyrielle d’obscures démarches administratives ? Est-il normal pour une collectivité qui souhaite exploiter le potentiel éolien de son territoire de devoir attendre de 5 à 7 ans et parfois plus, pour en voir les premières retombées ? Est-il normal que  les banques aient augmenté fortement leur marge pour financer de tels projets pourtant garantis par l’Etat ? Est-il normal de voir des groupuscules grincheux refuser des éoliennes dans leurs paysages alors que «la planète brûle» ?.

L’éolien est un atout géostratégique majeur dans la crise énergétique qui se profile. C’est moins de dépendance vis-à-vis de l’étranger. C’est une chance pour la France de peser sur la politique d’indépendance énergétique européenne. C’est enfin la chance de se donner un leadership technologique, économique et social.

C’est non pas 20% mais 30% d’énergies renouvelables en 2020 qu’il faudrait viser afin de fournir au pays un véritable outil anti-crise. Avec une profonde simplification administrative, l’aménagement d’outils financiers pour les particuliers et un investissement public d’un milliard d’euros sur 3 ans pour financer les filières de formation et les programmes de recherche.

Sans énergie éolienne, les objectifs de Grenelle ne sont pas crédibles, la «révolution environnementale» prônée par l’Elysée ne nous donnera pas les éléments d’une véritable relance. Pourquoi enfin rester aveugle au fait qu’une immense majorité de nos concitoyens pensent que les éoliennes ne sont finalement pas si moches que cela. Alors, «chiche» Monsieur le Président ?»

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