La bataille se mène aussi dans l’assiette

Les DNA, Manuel Plantin, le 7 novembre 2008

La bataille se mène aussi dans l’assiette

Le grand public a intégré qu’il pouvait agir pour l’environnement en matière de transport et de chauffage. Mais le quidam sait moins que nos choix en matière d’alimentation pèsent parfois lourd en termes de pollution. Reportage hier à la 2e édition des Rendez-vous citoyens du climat.

Au milieu des stands vantant les mérites de couches lavables, de matériaux d’isolation naturels, de vélos utilitaires dernier cri ou de l’autopartage, quelques stands sont dédiés à la nourriture, ce dimanche, à la halle de Neudorf. Une présence discrète qui n’a rien d’incongru.

« Pour le grand public, agir pour l’environnement, c’est moins prendre la voiture, faire attention à la façon dont on se chauffe et recycler. Peu de gens savent que la nourriture représente en moyenne 33 % de leurs émissions de gaz à effet de serre [leur empreinte carbone, ndlr] », pointe ainsi Benoît Collet, vice-président d’Objectif Climat, l’association organisatrice de cette 2e édition des Rendez-vous citoyens du climat. « En mangeant moins de viande au profit de produits locaux, de saison et bio, une famille peut réduire de 20 % son empreinte carbone annuelle », complète la secrétaire de l’association Anne-Lise Collet.

Mieux que Bocuse ?

Dans cet esprit, les organisateurs ont d’ailleurs proposé deux « repas climatiques » au Scala. Le premier, samedi soir, réservé aux associations participantes. Le second hier à midi, ouvert au public.

Le menu concocté par le cuisinier Alexis Futterer et servi par le maître des lieux Jean-Pierre Diss s’ouvre avec un duo de citrouilles – un potage et son strudel – suivi d’une timbale au fonio – une céréale africaine qui s’est acclimatée – avec son coulis de courge et sa salade d’automne. Un millefeuille aux coings agrémenté d’un sorbet à l’aspérule termine la dégustation, accompagnée d’un rosé du Languedoc.

« C’est succulent. Je fais moi-même de la soupe au potiron, d’après une recette de Bocuse, et elle est vachement moins bonne », note Anne-Marie Bendahan, médecin.

Convertie au bio et aux produits de saison depuis belle lurette, Anne-Marie estime que l’effort n’est ni surhumain ni trop coûteux : « Il suffit de s’organiser un peu. Et je préfère manger un peu moins et mieux », assure-t-elle.

Egalement conquis par le repas, Alain Penault, directeur d’un établissement pour adultes handicapés, et son épouse Marie-Hélène, puéricultrice, font eux aussi des efforts. « On mange des bananes de temps en temps [rires] mais on fait notre marché et on consomme des produits de saison », assure Marie-Hélène, qui poursuit : « C’est dommage qu’il n’y ait pas plus de restos bio en ville. Ce serait intéressant d’avoir le choix ». A bon entendeur…

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