La bataille se mène aussi dans l’assiette

Les DNA, Manuel Plantin, le 7 novembre 2008

La bataille se mène aussi dans l’assiette

Le grand public a intégré qu’il pouvait agir pour l’environnement en matière de transport et de chauffage. Mais le quidam sait moins que nos choix en matière d’alimentation pèsent parfois lourd en termes de pollution. Reportage hier à la 2e édition des Rendez-vous citoyens du climat.

Au milieu des stands vantant les mérites de couches lavables, de matériaux d’isolation naturels, de vélos utilitaires dernier cri ou de l’autopartage, quelques stands sont dédiés à la nourriture, ce dimanche, à la halle de Neudorf. Une présence discrète qui n’a rien d’incongru.

« Pour le grand public, agir pour l’environnement, c’est moins prendre la voiture, faire attention à la façon dont on se chauffe et recycler. Peu de gens savent que la nourriture représente en moyenne 33 % de leurs émissions de gaz à effet de serre [leur empreinte carbone, ndlr] », pointe ainsi Benoît Collet, vice-président d’Objectif Climat, l’association organisatrice de cette 2e édition des Rendez-vous citoyens du climat. « En mangeant moins de viande au profit de produits locaux, de saison et bio, une famille peut réduire de 20 % son empreinte carbone annuelle », complète la secrétaire de l’association Anne-Lise Collet.

Mieux que Bocuse ?

Dans cet esprit, les organisateurs ont d’ailleurs proposé deux « repas climatiques » Lire la suite

Obama : moins de 100 mois pour sauver la planète

Source et date ?

Obama promet le retour des Etats-Unis dans la lutte contre les changements climatiques

« A dire vrai, je ne pense pas que le changement climatique ne soit qu’un sujet qu’il convient de soulever opportunément pendant une campagne. Je crois que c’est l’un des plus grands défis moraux de notre génération ». Barack Obama

La victoire de Barack Obama est une bonne nouvelle pour le climat. Pas seulement parce qu’elle met fin à huit années d’obscurantisme de l’administration Bush, huit années d’une diplomatie climatique visant d’abord à lutter contre tout accord international contraignant. Pas seulement non plus parce qu’elle permet d’éviter une administration Mc Cain, qui certes proposait une réduction de 60% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 mais fondait sa politique énergétique sur des énergies incompatibles avec un tel objectif : un développement sans précédent des forages pétroliers off shore et la construction de 45 centrales nucléaires pour un coût minimum de 315 milliards de dollars.

Le programme climatique et énergétique du candidat Obama est ambitieux. Il comprend d’abord un retour des Etats-Unis dans la négociation onusienne sur un accord international contraignant, avec un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre compatible avec les recommandations de la communauté scientifique réunie au sein du GIEC, à savoir 80% d’ici 2050 par rapport au niveau de 1990. Le programme d’Obama met également la priorité sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, avec un investissement de 150 milliards de dollars sur 10 ans sur les énergies propres et la création de 5 millions de nouveaux emplois verts dans ces secteurs.

Enfin, la possibilité qu’Al Gore devienne l’ambassadeur des Etats-Unis sur le climat ouvre de belles perspectives. Ses convictions et son ambition dans ce domaine sont incontestables et incontestées. C’est aussi Al Gore qui, en tant que vice-président des Etats-Unis, contribua à ce que l’énergie nucléaire soit rejetée comme solution à la crise climatique dans le protocole de Kyoto. C’est une qualité au moment où la France tente de nouveau d’imposer le nucléaire dans les mécanismes de Kyoto. Conséquence non négligeable : au sein du G8, le club du nucléaire partout, pour tous et n’importe comment (Bush-Sarkozy-Poutine-Berlusconi) perd l’un de ses membres les plus actifs.

Toutefois, le plan climat-énergie du candidat Obama comprend aussi de sérieuses zones d’ombre : l’absence d’objectif de réduction des émissions de GES à l’horizon 2020 (essentiel dans la négociation d’un accord Kyoto II) ; l’absence de référence explicite au protocole de Kyoto ; et un soutien maintenu à la production d’agro-carburants à base d’éthanol (y compris de maïs) dont son Etat d’origine, l’Illinois, est fortement producteur. Il reste néanmoins prometteur, dans un contexte financier certes difficile, mais dans un environnement politique et institutionnel favorable : le sénat et la chambre des représentants sont démocrates (mais un accord congrès Obama est indispensable), la cour suprême promeut une politique climatique ambitieuse, les accords climatiques entre états fédérés se multiplient, l’opinion publique est maintenant consciente des enjeux.

Ce plan est d’autant opportun que la communauté internationale dispose de moins de 100 mois pour inverser la courbe mondiale des émissions de gaz à effet de serre et ainsi éviter un emballement climatique catastrophique. Lire la suite

Une université populaire de l’environnement en Aquitaine

 

aqui.fr, Nicolas César, 17 novembre 2008

Une université populaire de l’environnement en Aquitaine

Le grenelle de l’environnement a donné des idées. En Aquitaine, 17 associations membres de la maison de la nature et de l’environnement viennent de lancer ensemble une université populaire de l’environnement. L’idée est de diffuser les connaissances sur le sujet pour inviter chacun à mieux partager les richesses et préserver notre planète, qui n’a de cesse de se réchauffer, comme le montre l’inquiétante fonte des glaciers.

« Depuis 2000, les émissions de dioxyde de carbone ont crû en moyenne de 3,5 % par an, soit quatre fois plus vite qu’entre 1990 et 2000, où cette augmentation annuelle n’avait été que de 0,9 %. A titre de comparaison, le pire scénario du GIEC (Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat, ndlr) prévoit seulement une augmentation de 2,7 % par an. Nous faisons exploser le plafond de ce scénario de 30 % », s’inquiète Pascal Bourgois, administrateur à la maison de la nature et de l’environnement d’Aquitaine. « Nous sommes sur des schémas d’augmentation moyenne de température de 5 à 7° à la fin du siècle. La plus grave crise d’extinction des espèces depuis la disparition des dinosaures est en marche », poursuit-il. Partant de ce constat alarmiste, les 17 associations environnementales d’Aquitaine, membres de la Maison de la nature et de l’environnement (MNE) de Bordeaux ont donc décidé de lancer ensemble une Université populaire de l’environnement dans la région. « Le grenelle de l’environnement a permis aux gens de prendre conscience de nos problèmes environnementaux, désormais il faut agir », ajoute-t-il. L’idée est donc de sensibiliser, d’informer le grand public, afin que « chacun prenne la mesure de cette crise écologique et adopte un mode de vie plus « responsable ». Selon le GIEC, nous devons diviser par deux notre consommation énergétique d’ici 2050 », rappelle Pascal Bourgois. Pour autant, il ne s’agit pas de culpabiliser les gens, mais simplement de nouer « des solidarités », de susciter la création « d’éco-quartiers » et de mieux connaître leurs attentes en matière d’environnement.

« Un monde à réinventer »

 

A cet effet, une première série de trois cours gratuits va être proposée de 18h30 à 20h00 à Sciences Po Bordeaux. Le premier, donné par Julien Milanesi, économiste, chercheur associé à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, aura lieu aujourd’hui sur le thème de « La nature mise à prix – La fausse bonne idée de l’évaluation monétaire de l’environnement ». Les prochains cours, programmés au lundi 1er décembre et au mardi 16 décembre porteront sur « la place nouvelle accordée à la nature dans la ville » ainsi que « la naissance de la question environnementale » Lire la suite

Changement climatique : la deuxième guerre froide

Libération, Slavoj Zizek, le 13 novembre 2008

La deuxième guerre froide

De plus en plus de voix s’élèvent pour nous inciter à garder notre sang-froid face au réchauffement climatique. Les prédictions pessimistes, nous dit-on, doivent être situées dans leur contexte et nuancées. Certes, le réchauffement climatique va accentuer les conflits pour la conquête des ressources naturelles, provoquer des crues côtières, des destructions infrastructurelles liées à la fonte du permafrost, tout cela accompagné de violences ethniques, de troubles sociaux et du règne de gangs locaux. Mais nous devrions garder à l’esprit que les trésors cachés d’un nouveau continent seront dévoilés, ses ressources nous deviendront accessibles, sa terre habitable. Les cargos auront la possibilité d’emprunter directement la route du nord et réduiront d’autant leur consommation de fuel et leurs émissions de carbone… Le milieu des affaires et les puissances publiques cherchent déjà de nouveaux débouchés économiques qui ne relèvent pas seulement de l’«industrie verte» mais plus simplement de l’exploitation de la nature permise par un tel changement climatique.

Le 2 août 2007, une équipe russe a planté une capsule de titane renfermant un drapeau russe sous la calotte glaciaire, directement à la verticale du pôle Nord. Le but avoué était de se réserver les énormes réserves énergétiques de l’Arctique. Les revendications russes sont, on s’en doute, contestées par quatre autres pays qui ont des frontières territoriales avec la région arctique : les Etats-Unis, le Canada, la Norvège et le Danemark (grâce à sa souveraineté sur le Groënland).

Un changement social et psychologique extraordinaire est en marche, sous nos yeux, analogue à celui décrit il y a un siècle par le philosophe Henri Bergson à propos de la déclaration de la Première Guerre mondiale. Chacun savait bien, avant le mois d’août 1914, que la guerre était inévitable : les signes avant-coureurs ne manquaient pas depuis des décennies. Pourtant personne ne pouvait vraiment croire que cela arriverait. Du jour au lendemain toutefois, chacun en Europe l’a acceptée comme quelque chose attendu depuis longtemps, sans faire d’histoires… Une fois que la catastrophe a lieu, elle est «renormalisée» c’est-à-dire perçue comme un événement relevant du cours normal des choses. Un événement n’est perçu comme possible qu’une fois arrivé réellement. L’écart rendant un tel paradoxe possible est précisément celui qui sépare le savoir de la croyance : bien que nous sachions la catastrophe (écologique en l’occurrence) possible, probable même, on n’y croit pas tant qu’elle n’est pas arrivée.

Ce même passage direct de l’impossibilité à la normalisation est à l’œuvre dans la manière dont les puissances publiques et le grand capital s’accommodent aujourd’hui des menaces écologiques en général et de la fonte des glaces polaires en particulier. Les mêmes politiciens et les mêmes managers, qui assimilaient les menaces du réchauffement à un catastrophisme apocalyptique d’inspiration ex-communiste, considèrent tout d’un coup le réchauffement climatique comme un fait et l’intègrent comme un élément parmi d’autres du «cours naturel des événements»… En juillet, CNN diffusait un reportage sur le «Groënland vert» en faisant l’éloge des débouchés nouveaux que la fonte des glaces ouvrait à ses habitants. L’obscénité de ce reportage ne tenait pas seulement au fait qu’il soit consacré aux bénéfices mineurs induits par une catastrophe mondiale majeure. Pour ajouter l’insulte à la blessure, il jouait sur le double sens du mot «vert» qui désigne à la fois la végétation et le souci écologique, de sorte que la nouvelle fertilité du sol groenlandais due au réchauffement climatique est associée à l’essor de la conscience écologique. Lire la suite

Planète éolienne : Le vent comme solution à la crise ?

Libé Toulouse, Benoît Praderie, Porte-parole de l’Association Planète éolienne, le 11 novembre 2008

Le vent comme solution à la crise, selon Planète éolienne

Lettre ouverte de l’association Planète éolienne au président Sarkozy qui, dit-elle, prône bien une «relance verte», mais «sans trop d’éoliennes» quand même  :

TRIBUNE. «La crise est là. Au chevet de la finance inter- nationale, nos Etats peinent à imaginer une relance. Il est pourtant un secteur sur lequel une ré- volution est encore à construire en France. C’est celui des énergies renouvelables.

L’énergie éolienne est la plus mature d’entre elles. Elle croît de 30% par an depuis plus de 10 ans et pourrait fournir le tiers de l’électricité mondiale en 2050.

La loi Grenelle1 semble finalement bien fade sur ces questions-là. Notre pays persiste à s’éloigner des objectifs de Kyoto qui fixent à 23% la part d’électricité renouvelable en 2020 : ce taux était de 18% en 1990, il n’est plus que de10,3% aujourd’hui.

Sachant que le potentiel hydroélectrique est quasiment saturé, seule l’énergie éolienne est à même de fournir les puissances nécessaires pour atteindre l’objectif.

Nos voisins européens annoncent pour 2020 des objectifs plus ambitieux encore. Le nouveau président des Etats-Unis prévoit, lui, d’investir d’ici là, 150 milliards de dollars (115 milliards d’euros) dans les énergies éolienne et solaire. Et nous ?

Nous pourrions redonner de la consistance au Grenelle de l’Environnement tout en posant les éléments d’un véritable axe de relance économique. Ainsi, 23% d’électricité renouvelable en 2020 représenterait 250.000 emplois contre 5.000 aujourd’hui. Des emplois dispersés sur tout le territoire, insensibles au Cac 40 ou au risque de délocalisation. Cela représenterait aussi 50 milliards d’euros d’investissement générant une rentabilité de l’ordre de 8-10% par an.

En attendant, est-il normal pour un particulier qui souhaite installer des panneaux solaires d’avoir à souffrir d’une kyrielle d’obscures démarches administratives ? Est-il normal pour une collectivité qui souhaite exploiter le potentiel éolien de son territoire de devoir attendre de 5 à 7 ans et parfois plus, pour en voir les premières retombées ? Est-il normal que  les banques aient augmenté fortement leur marge pour financer de tels projets pourtant garantis par l’Etat ? Est-il normal de voir des groupuscules grincheux refuser des éoliennes dans leurs paysages alors que «la planète brûle» ?. Lire la suite

Le nucléaire : la solution ou le problème ?

Cdurable.infoDavid Naulin, le 15 novembre 2008 

De la Troisième révolution énergétique d’Anne Lauvergeon à Inéluctable de Claude-Marie Vadrot

Energie nucléaire : quelle révolution énergétique voulons-nous ?

Les livres des pro et anti nucléaires qui font et alimentent le débat

Ces dernières semaines, les pros et anti nucléaires s’affrontent par parution interposée d’ouvrages. Dans ce combat fait d’arguments, c’est bien l’opinion publique qui est en jeu. Et une question à laquelle nous devons répondre : quelle énergie voulons-nous pour demain ?

Pour peser dans le débat public, l’industrie nucléaire a déployé les grands moyens. Qui mieux qu’Anne Lauvergeon pouvait occuper la scène publique ? Égérie médiatique, la sortie de son livre, la Troisième révolution énergétique chez Plon, a été traité comme un événement. Invitée du grand journal sur Canal +, du 7/10 de France Inter, la PDG d’Areva a fait la tournée des médias pour parler de son livre. Avec talent, d’ailleurs. En ces temps de réchauffement climatique et de crise pétrolière, on peut désormais présenter le nucléaire comme le moyen d’assurer notre indépendance énergétique à moindre coût, tout en limitant l’impact sur l’environnement. Curieusement, la question des risques ainsi que celle du retraitement des déchets ont presque complètement disparu du débat public. Comme s’il était devenu admis par tous que, pour répondre aux besoins, il n’y avait pas d’autre solution que de développer le parc nucléaire. Comme vous le lirez ci-dessous, d’autres auteurs s’engouffrent dans ce chemin. La France en profite pour exporter son savoir-faire partout dans le monde (Chine, Inde…), négociant en échange d’importants contrats pour ses entreprises nationales [1]. Et en ces temps de crise…

Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau Sortir du Nucléaire profite de la partie dédiée aux questions des auditeurs pour interpeler la rédaction d’Inter sur les invitations régulières dont bénéficiait Anne Lauvergeon. Bon pro, Nicolas Demorand lui laisse un peu de temps pour appeler à un véritable débat public contradictoire entre les pro et anti nucléaires.

A l’attention des anti, des pro et autres perplexes, nous présentons ces livres qui font débat. D’Anne Lauvergeon à Vincent Crousier qui défendent l’industrie nucléaire à Claude-Marie Vadrot qui signe Inéluctable, le roman d’un accident nucléaire en France… qui va vous convaincre et qui va donc gagner le combat des idées ?

La troisième révolution énergétique

Présentation de l’éditeur : En 2050, la Terre comptera 2 à 3 milliards d’habitants de plus qu’aujourd’hui. Face à cette croissance démographique, les besoins en eau, en nourriture et en énergie pourront-ils être satisfaits ? Avec un baril de pétrole autour de 100 dollars, tiraillé par de vives tensions internationales, ému par le spectacle des catastrophes climatiques à répétition, le monde prend peu à peu conscience de l’acuité des enjeux énergétiques. Lire la suite

Amis de la terre : Votez pour les Prix Pinocchio du DD 2008 !

Cdurable.info, le 12 novembre 2008.

Votez pour les Prix Pinocchio du développement durable 2008 !

Afin de mobiliser les citoyens sur la responsabilité des entreprises, les Amis de la Terre organisent les « Prix Pinocchio du développement durable » pour élire parmi des entreprises françaises, les Pinocchios 2008. Le vote sera ouvert en ligne sur www.prix-pinocchio.org le site dédié qui présente les nominés dans trois catégories : « environnement », « droits humains » et « greenwashing ». La remise des prix, ouverte au public, sera organisée le 16 décembre à Paris.

Le concept de développement durable, comme « mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs », fait désormais partie du langage courant grâce à l’engouement nouveau pour la protection de l’environnement, la défense des droits humains et une plus grande solidarité internationale.

Mais de nombreux acteurs, dont certaines entreprises françaises figurant parfois parmi les plus puissantes au monde, l’ont malheureusement récupéré à des fins purement cosmétiques. Un discours engagé sur le développement durable est ainsi souvent utilisé pour masquer les impacts réels de leurs activités, tout en améliorant leur image auprès des clients et actionnaires.

En 2008, plus personne ou presque ne conteste l’urgence environnementale et sociale au niveau planétaire. Mais les entreprises, acteurs économiques de poids, ont fait trop peu de progrès en termes de responsabilité sociale et environnementale. Il est nécessaire de mettre fin au double-discours.

C’est pour dénoncer ces contradictions que les Amis de la Terre organisent les « Prix Pinocchio du développement durable » et appellent le public à voter largement pour élire les entreprises dont le discours est faussement « développement durable » au regard de leurs activités réelles.

Douze cas concrets, proposés par des organisations de la société civile ou des citoyens s’affrontent Lire la suite