Locavore : Eating green is a lifestyle

Canoé.com, Hubert Reeves, le 16 novembre 2008

Adieu les fraises pour Noël

Locavore. Ne cherchez pas dans un vieux dictionnaire. C’est un mot nouveau trouvé sur Internet puisqu’un site lui est consacré, www.locavore.com , ou plutôt destiné aux adeptes locavores. Qui sont-ils ?

À l’origine, en 2005, ils habitaient tous à San Francisco. Depuis trois ans environ, ils ont essaimé ou suscité l’imitation : on en trouve partout dans le monde. Il y avait à coup sûr au Canada comme en France des locavores avant que le mot soit forgé. Leur trait d’union ou leur credo, une idée simple : Consommer et manger local ! Locavore est Word 2007 de l’Année de l’Oxford American Dictionary ! C’est dire combien ce mot est usité outre-Atlantique !

Qu’ils soient omnivores ou végétariens, les locavores se proclament des «aventuriers culinaires» avec des interdits vécus positivement : ne rien manger qui soit récolté à plus de «100 miles de San Francisco» pour les premiers, à plus de 160 kilomètres pour les Européens.

LE REFLET DE LA SAISON

Pour se lancer dans l’aventure, ils ont choisi de faire un premier test au mois d’août. Ce fut facile, donc le test s’est prolongé en septembre en se compliquant. Comme toute personne sage des temps passés, chacun devait prévoir des provisions pour l’hiver et toutes devaient avoir été produites dans le rayon de 100 miles de son domicile. Adieu les fraises pour Noël. Chez un «locavore», le contenu de l’assiette est donc le reflet de la saison.

En France, la Fondation Nicolas Hulot a pris ce thème et lance le défi: «Des fraises au printemps» et explique : «Nos habitudes de consommation ne sont pas sans conséquences sur l’environnement et sur notre propre santé.» Il nous appartient de choisir.

Même citadins, nous savons encore que l’année est divisée en quatre saisons. Les arbres du square ou de l’avenue nous le rappellent. Nos grands-parents variaient les menus à chacune des saisons. Avec les bateaux, les avions, et les camions, on trouve maintenant à contre-saison ce qui n’est pas disponible dans les champs autour de notre ville. Pour disposer de pareil choix, il y a aussi les cultures sous serre qui fournissent, par exemple, des tomates à longueur d’année. Ce n’est pas mieux! Donc pour corser l’aventure, les locavores ont décidé de maintenir le rayon de production, mais d’y adjoindre une complication: la production doit être issue d’une agriculture de plein air. Lire la suite

Le retour du manioc

FAO, le 13 novembre 2008

Le retour du manioc Un aliment de base en Afrique

Après des années de lourdes pertes causées par un virus ravageur, les agriculteurs peuvent enfin rentrer une bonne récolte de manioc, une des principales denrées vivrières de base dans toute la région des Grands Lacs, en Afrique. Ce résultat, indique-t-on à la FAO, est un jalon important du solide partenariat de l’Organisation avec l’Union européenne.

Avant la dernière campagne de semis, des plants de manioc exempts du virus avaient été distribués à quelque 330 000 petits exploitants des pays frappés par le virus – Burundi, Ouganda, République démocratique du Congo et Rwanda, au bénéfice d’environ 1,65 million de personnes.

« La réimplantation du manioc est d’une importance fondamentale, en particulier pour les populations vulnérables de la région qui ont été les plus affligées par la crise alimentaire mondiale cette année« , a indiqué Eric Kueneman, Chef du Service des cultures et des herbages de la FAO.

Accroître la production de cultures locales comme le manioc constitue une pierre angulaire de la réponse de la FAO à la crise actuelle qui a jeté 75 autres millions de personnes dans la pauvreté pour la seule année 2007, a-t-il ajouté.

Dans la région des Grands Lacs, toutefois, les prix élevés des aliments et des engrais ne sont qu’un volet du problème. Comme le montrent tragiquement les violences perpétrées récemment en RD du Congo, la région n’a pas retrouvé la paix.

C’est précisément dans des circonstances d’extrême instabilité que le manioc peut faire une différence cruciale. Les racines de manioc peuvent être récoltées au fur et à mesure des besoins ou laissées dans le sol si les agriculteurs sont contraints d’abandonner leurs champs. Qui plus est, ce n’est pas une proie facile car les pilleurs ont beaucoup de mal à l’extirper du sol.

Pénurie alimentaire

« Nous avons parcouru un long chemin pour que cette région retrouve son autosuffisance en manioc », Lire la suite

Crise ou pas, le yo-yo des prix alimentaires affame le Sud

Eco-life, Diana Semaska, le 3 novembre 2008

Crise ou pas, le yo-yo des prix alimentaires affame le Sud. – Le 16 octobre dernier se déroulait la Journée mondiale de l’alimentation. Une façon de rappeler qu’avant la crise des subprimes de 2008, la hausse du prix des denrées a fait passer le nombre d’affamés de 850 à 975 millions en cinq ans. Ainsi donc la faim ne justifierait pas les moyens. Près de 89% des personnes qui ont faim dans le monde se trouvent en Afrique et en Asie. Sur les 12 milliards de dollars d’aide publique au développement promis en juin par les Etats lors du Sommet de Rome de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation), seul 1 milliard a été libéré. Sans parler des investissements dans l’agriculture, qui ne manqueront pas d’être mis au fond des tiroirs. Les Etats seraient-ils sourds? On a envie de répondre que non, vu la facilité qu’ils ont à dégainer les portefeuilles quand de hauts cris résonnent sur les places boursières.

Il est vrai qu' »au Pakistan par exemple, cette crise financière posera des problèmes de solvabilité des dettes. Les filières d’agrobusiness comme le café et le coton seront également touchées. Les coûts d’exportation seront plus onéreux, tout comme les coûts de crédits », explique Frédéric Lançon, économiste spécialiste de la question alimentaire au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement). Selon le chercheur, la crise financière n’aura pas d’impact sur la demande alimentaire dans les pays du Sud. Rien d’étonnant, puisque 80% du budget du peuple passe dans leur nourriture. Pas d’inquiétude en revanche à avoir pour les Occidentaux. « Nous sommes dans une spirale de baisse des prix rapides des aliments« , assure Frédéric Lançon. « De 350 dollars la tonne en septembre 2007, le riz est passé à 1 000 dollars en mai 2008, pour rechuter à environ 400 actuellement », renchérit-il. Selon la FAO, la production mondiale de blé devrait par ailleurs augmenter de 2,8% grâce à l’extension des cultures. L’incertitude demeure.

– « Il faudrait un fonds de stockage international » –

Car la spéculation sur les produits alimentaires, c’est un peu les montagnes russes des étiquettes. « Il faut que ces prix des denrées sur les marchés soient moins volatils, et retrouver une solution de stockage des denrées qui permette de stabiliser les cours », avance Sandrine Dury, chercheuse en économie au département Environnement et sociétés du Cirad et spécialiste de l’Afrique. Dans les années 70, ce rôle de régulateur était incarné par les Caisses de stabilisation. En juin dernier, la France a proposé la mise en place d’un stock régional équivalent, mais le projet est resté à l’état de bourgeon. D’autant que ces Caisses ne sont pas la panacée pour tous. « Au Mali, les Caisses fixaient des prix trop bas pour assurer la paix sociale. Les producteurs, mal payés, n’étaient pas incités à produire », Lire la suite