L’Ademe, «bras armé du Grenelle»

Journal de l’environnement, Propos recueillis par Victor Roux-Goeken, le 10 novembre 2008

L’Ademe, «bras armé du Grenelle»

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) se voit attribuer de nouvelles missions dans le cadre du Grenelle de l’environnement. Aura-t-elle la capacité d’y répondre? Pour le directeur de cabinet de la présidence de l’agence, Matthieu Orphelin, il n’y a aucune raison pour qu’elle ne remplisse pas son rôle traditionnel d’expert.

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Dans quelle mesure l’Ademe a-t-elle pesé dans les engagements du Grenelle ?

Elle a été partie prenante de 2 des 6 groupes: le 1er sur le changement climatique et l’énergie, le 6e sur la croissance écologique. Mais aussi de l’intergroupe sur les déchets. Nous avons également effectué la maîtrise d’œuvre de plusieurs comités opérationnels, dont 4 en tant que chef de projet: sur les énergies renouvelables, la rénovation du bâti existant, l’agriculture et l’éco-fonctionnalité.

Nous nous retrouvons vraiment dans le Grenelle puisque la consommation de 50 kilowattheures par an et par mètre carré, par exemple, est une proposition de l’Ademe. Nous avons aussi proposé que «l’éco-étiquetage» de Casino soit présenté, et une telle mesure généralisée. L’Ademe a été partie prenante dans la régulation de la publicité et à l’origine de la généralisation des bilans carbone.

Après le projet de loi de finances 2009, l’Ademe doit devenir un «opérateur majeur du Grenelle». Qu’en pensez-vous ?

Le terme exact est «opérateur de la transition environnementale» -et cette expression recouvre des mesures très importantes. Cela désigne effectivement l’Ademe comme un acteur majeur, un bras armé du Grenelle. Mais nous serons jugés sur la mise en œuvre.

Concrètement, quelles nouvelles missions vous seront-elles allouées ?

Nous aurons à gérer un fonds démonstrateur, un fonds Chaleur et un plan Déchets. Le premier fonds est destiné à faciliter l’étape d’industrialisation, juste avant celle-ci. Nous avons déjà lancé trois appels à projet sur les biocarburants, les voitures et le captage-stockage du carbone (CSC).

Les réseaux de chaleur Lire la suite

Brennilis, la centrale qui ne voulait pas s’éteindre

Ouest France, novembre 2008

Foule et indignation après le film sur Brennilis

Le documentaire de Brigitte Chevet sur « la centrale qui ne voulait pas s’éteindre » soulève questions et indignation à Pont-de-Buis.

« Brennilis, la centrale qui ne voulait pas s’éteindre », le film de la réalisatrice Brigitte Chevet, a été projeté, vendredi soir, à la médiathèque de Pont-de-Buis dans le cadre du mois du Documentaire. Il a secoué le nombreux public de cette soirée très instructive. Le long-métrage, excellent et passionnant, met deux acteurs face à face, sans prendre partie : EDF, l’exploitant et démanteleur de la centrale, et le collectif Sortir du nucléaire.

Il pointe aussi du doigt de gros points noirs, comme la pollution et la sécurité du personnel. Posant au final cette question stupéfiante : qui de l’Ankou ou de l’Atome va gagner la partie à Brennilis ? L’épineux sujet a été évoqué en présence de la réalisatrice et d’un témoin privilégié en la personne de Michel Marzin, ancien adjoint du directeur du site.

Son témoignage, direct et sincère, évoque le solide mensonge qui a entouré cette immersion dans l’univers du nucléaire. « À l’époque, avoue-t-il avec émotion, nous étions fiers d’avoir participé à cette construction de la centrale. Avec le recul, je témoigne mais je ne pourrais pas revenir en arrière. Les moyens de sécurité n’ont pas été à la hauteur, le risque sous évalué…  Depuis 1982, 50 % des gens ayant travaillé au contact de l’eau lourde sont décédés à moins de 65 ans. C’est terrible, mais pas reconnu. Les employés contaminés des centrales étaient de la viande à neutron. »

Au long du débat, terrible mais lucide, plane le danger, opaque et invisible, de l’atome. Tout comme « l’énorme mensonge » et la « loi du silence ». Sans oublier les fuites, radioactives ou financières.

Un débat qui en appelle d’autres…

Au fil de cette soirée très animée, de nombreuses interventions ont concerné les dangers encore trop méconnus de l’énergie nucléaire, l’incapacité à maîtriser les rejets et le déficit cruel d’informations, Lire la suite

La nanotechnologie, la nouvelle menace alimentaire

Mondialisation.ca, les amis de la terre, le 5 novembre 2008, Georgia Miller et Scott Kinnear

La nanotechnologie, la nouvelle menace alimentaire

À la suite du génie génétique, la nanotechnologie représente la dernière tentative de la haute technologie de s’infiltrer dans nos réserves de vivres. De grands scientifiques ont prévenu que la nanotechnologie, la manipulation de la matière à l’échelle atomique et moléculaire, introduit de nouveaux risques graves pour la santé humaine et l’environnement. Pourtant, sans débat public, contrôle ni réglementation, des aliments non étiquetés, fabriqués en utilisant la nanotechnologie, commencent à apparaître sur les rayons de nos supermarchés.

Aux quatre coins du monde, l’intérêt augmente pour l’alimentation, la santé et l’environnement. Où sont fabriqués les produits, comment, pourquoi, par qui, viennent-ils de loin, combien de temps ont-ils été stockés etc. ? Des mouvements pour la nourriture bio et locale ont surgi comme une réponse instinctive et concrète à l’usage croissant des produits chimiques dans la production alimentaire et à l’aliénation montante des industriels de l’agro-alimentaire envers les systèmes agricoles globalisés. Les gens choisissent de manger des aliments biologiques parce qu’ils se soucient de la santé de leur famille et du bon état de l’environnement. L’agriculture biologique permet aussi aux gens d’entretenir une agriculture respectueuse de l’environnement et des techniques bien choisies plutôt que les produits chimiques intensifs de l’agriculture industrielle.

Le soutien en faveur de l’agriculture biologique a aussi grandi en réaction directe aux efforts des géants de la biotechnologie pour modifier génétiquement nos cultures vivrières. Les agriculteurs et les acheteurs de nourriture du monde entier ont été, et continuent d’être, rendus furieux par l’introduction du génie génétique dans les cultures vivrières. Pour beaucoup, la conclusion inévitable est que, alors que les compagnies de biotechnologie bénéficient de l’entrée des aliments génétiquement modifiés dans la chaîne alimentaire, les consommateurs, les agriculteurs et l’environnement supportent tous les risques.

Aujourd’hui, la nanotechnologie introduit une nouvelle vague de menaces dans notre alimentation. La nanotechnologie est de la haute technologie, un procédé atomique opposé à l’agriculture biologique, dont la valeur, grâce à ses propriétés de fraîcheur et aux aliments complets non raffinés, procure la santé naturelle. En outre, la nanotechnologie transforme la ferme en extension automatisée d’usine de production de haute technologie, utilisant des produits brevetés qui concentreront inévitablement le contrôle des entreprises. Elle introduit aussi de nouveaux risques graves pour la santé humaine et l’environnement.

Introduction à la nanotechnologie : C’est quoi, pourquoi est-ce différent ?

La nanotechnologie est une puissante technique nouvelle de démontage et de reconstruction de la nature au niveau atomique et moléculaire. Elle incarne le rêve selon lequel les scientifiques peuvent refaire le monde au niveau de l’atome Lire la suite

22 nov Agenda 21 des familles au Congrès écocitoyen de Bx

Portail du risque, Michel Lesbats, le 4 novembre 2008

Congrès éco-citoyen… un Agenda 21 des familles à Bordeaux !

En 1992 la Convention de Rio a réuni  plus de 150 chefs d’État qui ont signé un programme d’actions pour le 21 ème siècle, l’Agenda 21, un ensemble de recommandations concrètes pour le 21 ème siècle, décliné du concept de développement durable, et qui repose sur 3 piliers fondateurs : l’action économique, le développement social et culturel, la gestion économe des ressources naturelles incluant la protection de la nature et la préservation de la santé humaine.

L’Agenda 21 local, appliqué quant à lui aux villes et collectivités incite à ce que  « toutes les collectivités locales instaurent un dialogue avec les habitants, les organisations locales et les entreprises privées afin d’adopter un programme Action 21 à l’échelon de la collectivité« .

L’Agenda  21 dans lequel les citoyens bordelais ont décidé de s’investir est autre : c’est un engagement familial géré à long terme visant à la mise en place de comportements d’éco-citoyens utiles à la protection de notre environnement local et global.

Ce projet, actuellement à l’essai dans un quartier de Bordeaux avec quelques familles sera organisé par et pour les bordelais et ouvert à tous. Il sera accompagné sur de nombreuses années par la Ville de Bordeaux.

Il complètera, pour en assurer  la réussite, les Agendas 21 mis en place, en relation avec leurs missions et responsabilités, par la Région Aquitaine, Le Département de la Gironde (Conseil général ) et la Ville de Bordeaux (Charte municipale d’Ecologie urbaine et de Développement Durable ) de nombreuses associations comme le CREAQ y seront également associées.

L’Agenda 21 familial fixera ensuite  un programme d’actions à mettre en place par les membres d’une même famille. Il se proposera d’aborder avec elle, dans la même approche,  plusieurs problématiques souvent jugées contradictoires – économique, sociale et écologique-. Cette mise en accord est parfois délicate à réaliser, l’Agenda 21 doit donc proposer aussi des informations et des propositions de changement de comportements qui remettent en cause certaines de nos habitudes… ces quelques efforts seront récompensés par des gains financiers et écologiques qui devront être estimés pour chaque famille.

L’Agenda 21 qui sera proposé est donc un outil de planification à long terme, Lire la suite