José Bové condamné à 200 jours amendes soit 12 000 €

Aqui.fr, Nicolas César, 23 octobre 2008

José Bové : « Ce jugement du tribunal de Bordeaux sur cette action contre les OGM traduit l’indépendance de la justice »

Ce 22 octobre, le tribunal correctionnel de Bordeaux rendait sa décision concernant une action anti-OGM, menée en 2006 par José Bové et 150 « faucheurs volontaires » dans une exploitation agricole à Lugos en Gironde. Un délibéré très attendu, car, cette fois, José Bové n’était pas seulement sur le banc des accusés, mais aussi celui des victimes. En effet, l’agriculteur, propriétaire de ces champs OGM, n’avait pas hésité, dans un mouvement de colère, à tirer, avec son fusil de chasse sur les faucheurs, sans blesser personne fort heureusement. Mais, alors que le réquisitoire du procureur était très sévère, allant jusqu’à demander la privation des droits civiques, José Bové a été condamné à « seulement » 200 jours-amende à 60 euros, soit 12.000 euros.

« C’est un jugement qui traduit l’indépendance de la magistrature. Le procureur avait requis contre moi huit mois fermes et même une privation des droits civiques« , rappelle José Bové, candidat aux élections européennes de l’an prochain. Aujourd’hui, le tribunal correctionnel de Bordeaux ne l’a condamné « qu’à » 200 jours-amende à 60 euros, soit 12.000 euros. Dans le même temps, l’agriculteur, Marc Giblet, propriétaire du champ « fauché, qui avait tiré, avec son fusil, sur les militants écologistes, a été condamné à 160 jours d’amende à 60 euros, soit 9.600 euros pour « violences volontaires avec armes ».

Une « victoire » pour les faucheurs volontaires

« Le motif de légitime défense n’a donc pas été retenu. Ce jugement montre que les magistrats ne veulent plus être instrumentalisés par le ministère de la justice. Les juges n’ont pas voulu entrer dans une logique de répression » Lire la suite

« Zones de rencontres » : les centre-villes à 20 km/h

Le Figaro, Angélique Négroni, le 28 octobre 2008

Les « zones de rencontres » préfigurent les centre-villes à 20 km/heure

SÉCURITÉ ROUTIÈRE Les piétons pourront marcher au beau milieu des voitures. Saint-Malo, Metz et Strasbourg sont intéressées.

CE POURRAIT être le nom d’un nouveau site pour célibataires à la recherche de l’âme sœur. On en est loin… « Zone de rencontre » désigne un nouveau concept de circulation adopté par la France et qui, par un décret du 30 juillet dernier, a rejoint le Code de la route.

Pour comprendre ce qui pourrait se passer, il suffit d’imaginer une place ou encore une rue où le piéton sera roi. Fini pour lui les accès limités aux trottoirs et aux passages piétons qui disparaîtront. Dans cette espèce de loft urbain où l’espace sera décloisonné pour le passant, ce dernier pourra se balader sur la chaussée au milieu des voitures, marcher aussi dans les couloirs de bus ou de taxis et être à chaque fois prioritaire. Quant aux vélos, ils pourront rouler à contresens de la circulation dès qu’on les y autorisera !

La contrepartie de cette joyeuse confusion organisée : la vitesse devra obligatoirement être limitée à 20 km/h et des aménagements particuliers – comme des bandes rugueuses au sol ou des revêtements de couleurs différentes – aideront l’automobiliste à lever le pied. « Le respect de la vitesse, c’est la règle d’or pour que ça marche. Dès qu’elle est baissée d’un kilomètre par heure, le nombre d’accidents chute de 4 % », rappelle Benoît Hiron, chef du groupe sécurité des déplacements et usagers au Certu (Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme).

L’objectif d’un tel aménagement : parvenir à une certaine mixité entre les usagers et améliorer leur sécurité. Pure folie ? Dès les prochains jours, une fois l’arrêté publié, les maires pourront s’emparer de ce nouveau concept qui a déjà séduit la Suisse depuis plusieurs années. Des centaines de zones de rencontre émaillent le paysage urbain helvétique.

« Quasiment pas d’accidents »

L’une d’elles ne passe pas inaperçue puisqu’elle est située devant la gare de Genève. Avec les 100 000 usagers qui rejoignent chaque jour les trains, le pari était audacieux. Et pourtant… « Il n’y a quasiment pas d’accidents. Au début, les bus et les taxis ont eu un peu de mal à s’y faire et il a fallu recourir à quelques aménagements pour les obliger à respecter la vitesse », Lire la suite

Les planteurs volontaires bloquent le chantier de l’A65

Communiqué de presse ARLP, Bostens (Landes), le 28 octobre 2008

« Les planteurs volontaires bloquent le chantier de l’A65 »

Suivant les consignes du Conseil Régional d’Aquitaine, les Planteurs Volontaires occupent le site des 9 fontaines à Bostens, dans les Landes, situé sur le tracé de l’autoroute A65. Ce lieu classé Natura 2000, sur lequel vivent plusieurs espèces protégées, est bénévolement entretenu depuis plusieurs années par les bostensois, qui y font concilier, sans grande déclaration sur le « développement durable », respect de la nature et présence des hommes.

Les Planteurs Volontaires demandent à Alain Rousset, Président de la région, de venir symboliquement y couper le premier arbre, en signe de son engagement résolu à voir se réaliser le projet d’autoroute A65. Il a en effet acté la destruction de ce site en étant depuis plusieurs années, et contre toute logique écologique et économique, le principal promoteur de ce dinosaure autoroutier.

Dans l’attente de sa venue, les Planteurs Volontaires appellent tous les citoyens attachés à la protection de leurs milieux naturels et opposés à ce projet absurde à les rejoindre sur le site des 9 fontaines. Lire la suite

Fin d’extraction de granulats dans l’estuaire de la Gironde ?

Sud-Ouest, Nancy Ladde, le 28 Octobre 2008

ENVIRONNEMENT. L’extraction de granulats pourrait à terme être totalement interdite sur l’estuaire de la Gironde, au grand dam des professionnels du secteur

Des granulats dans l’air

«La profession ne comprend pas vraiment pourquoi l’État interdirait l’extraction de granulats dans l’estuaire », remarque Frédéric Dudilot, secrétaire général Aquitaine de l’Union nationale des industries de carrière et matériaux de construction (Unicem). Or, une décision d’interdiction d’extraction des granulats sur l’estuaire a été prise lors d’une réunion de travail sur le projet de Schéma directeur de gestion et d’aménagement des eaux (SAGE) qui prévaudra de 2010 à 2015 (lire aussi en page 2-2). « La profession est prête à réfléchir, mais nous n’avons pas de nouvelles du groupe de travail depuis décembre dernier », regrette Frédéric Dudilot. Depuis quatre ans, maintenant, il n’y a plus aucune carrière de sable et de gravier installé le long de l’estuaire. « Les autorisations ne sont plus délivrées par le préfet », explique le secrétaire général de l’Unicem. « La seule chose que nous ayons sur ce dossier est un refus d’autorisation en date de février 2007 », confirme-t-on à la préfecture de Bordeaux.

Études d’impact.

À l’époque, la société des Graviers de Saintonge souhaitait s’installer à Saint-Ciers-sur-Gironde pour y ouvrir une extraction de granulats. « Nous avons fait de très nombreuses et très sérieuses études d’impact. Elles n’ont pas révélé de menace majeure sur l’environnement », argumente Frédéric Dudilot. Pourtant, selon la préfecture, cette exploitation a été interdite en raison « du risque qu’elle pourrait faire peser sur la sauvegarde de l’espèce de l’esturgeon européen ». Selon l’Unicem, les raisons de l’interdiction restent « floues et basées sur le principe de précaution ». « Nous avons un impact maîtrisé en terme de bruit et de poussière et, sur l’estuaire, l’impact du transport est réduit puisqu’il se fera par bateau », poursuit Frédéric Dudilot.

Pour le collectif de l’Estuaire, créé en 2000, les risques sont pourtant nombreux. « Cela peut déstabiliser les rives, modifier les courants et réactiver la pollution au cadmium », relève Alain Cotten, président du Conservatoire de l’estuaire de la Gironde à Blaye et membre du collectif. Lire la suite