Semeurs volontaires avec Kokopelli à Bègles

Sud-Ouest, Gilles Guitton, le 24 Octobre 2008

BÈGLES. Semailles militantes hier dans le « jardin partagé » de la commune de Noël Mamère. Au nom de la défense de la bio-diversité, contre les OGM

Semeurs volontaires

En principe, c’est José Bové qui a lancé l’idée des « semeurs volontaires », comme version « positive » et pacifique de l’action des faucheurs volontaires. Mais hier, bien qu’annoncé de longue date, le porte-parole de Via campesina n’était pas à Bègles pour saluer « la première commune donnant une réalité à ce mouvement », selon la formule de Noël Mamère, maire de la ville. « Problème d’agenda », a-t-on expliqué.

Le député des Verts n’était cependant pas seul au moment de lâcher des graines de… soucis, dans les plates-bandes potagères du « jardin partagé » que la ville inaugurait ainsi. Nombre de militants anti-OGM avaient fait le déplacement, ainsi que des Béglais, Gilles Clément, paysagiste « jardinier » de renom international, Raoul Jacquin, porte-parole de l’association de défense des semences fermières Kokopelli, ou Angela Mallaroni, coordinatrice de l’agriculture bio en Aquitaine.

L’Amazonie et Bègles.

Naturellement, tout est bio dans cette histoire. C’est une question de « résistance » puisque Kokopelli a été condamnée récemment pour diffusion de semences interdites. Pas de plants hallucinogènes, mais de variétés non homologuées à un catalogue officiel des semences dont chacun a dit hier qu’il était dicté « par les intérêts des grands groupes semenciers ». Les mêmes qui développent les OGM dénoncés sur les t-shirts.

Gilles Clément, qui a notamment conçu le jardin du parc André Citroën à Paris, a signalé qu’il a aussi réalisé à Melle (Deux-Sèvres) un « jardin d’orties dont on tire un excellent purin », en réaction à la loi qui a placé hors-la-loi cette vieille recette potagère artisanale.

Noël Mamère, réfutant pour cette fois l’idée de désobéissance citoyenne en la matière, a expliqué que si la défense de la bio-diversité passe par les forêts primaires d’Amazonie ou d’Afrique, « il faut se battre ici, chez nous, là où nous vivons ».

Blé rouge.

Donc à coups de radis, l’emblème de Bègles, entre autres armes potagères. « C’est le sens de notre jardin partagé, que nous inaugurons ainsi, où les Béglais peuvent venir à leur guise cueillir des fleurs des champs, et où nous avons planté des arbres fruitiers qu’ils pourront récolter. L’écologie, c’est aussi la convivialité, une façon de vivre ensemble. »

Raoul Jacquin n’a pas dit autre chose, avant de remettre au maire un paquet de grains de blé rouge de Bordeaux : « Il a nourri les aïeux des gens d’ici, il est interdit de culture ». Et comme chacun avait parlé de ce « patrimoine » qui doit être « transmis à nos enfants », Noël Mamère a jardiné avec des gamins présents.

Pour la récolte, il faudra attendre la bonne volonté de la nature. À moins que les lapins du coin ne devancent les Béglais.

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