Audition de M.Edgard Morin, sociologue et philosophe

Assemblée Nationale

Groupe de suivi du « Grenelle de l’environnement »

Jeudi 11 octobre 2007, Séance de 10 heures, Compte rendu n° 4

Présidence de M. Patrick Ollier, Président

– Audition de M.Edgard Morin, sociologue et philosophe.

Le président Patrick Ollier. Monsieur Edgar Morin, je suis heureux et impressionné de vous recevoir. Notre souci est de recueillir la plus large information possible sur les questions qui ressortiront du Grenelle de l’environnement, afin que les députés puissent faire leurs choix en leur âme et conscience, lorsque le Gouvernement leur aura proposé les siens.

Nous avons déjà entendu des climatologues nous parler de la planète, mais nous n’avons pas encore entendu de sociologue ni de philosophe. Un de ces experts, M. Jancovici, nous a prévenus qu’il nous serait très difficile, en tant qu’élus, de faire passer le message sur les dépenses qu’il faudra engager dans le domaine environnemental et qu’il nous faudrait agir avec beaucoup d’autorité. Il nous a même conseillé de laisser à des gens comme lui le soin de communiquer sur l’effet de serre, pour éviter qu’on n’en fasse une affaire purement politique. En tant que spécialiste de la communication de masse, que pensez-vous de cette analyse ?

D’une manière générale, nous aimerions savoir ce que vous pensez du Grenelle de l’environnement et de la réception, par le public, des messages qui en sortiront. Comment notre société pourra-t-elle évoluer vers un mode de vie différent ?

M. Edgar Morin. Merci de m’avoir invité.

Comment me suis-je senti impliqué dans cette problématique écologique ? En 1970, alors que j’étais en Californie, je me suis trouvé en contact, à Berkeley, avec des amis écologistes ; et je me souviens d’un article, certes prématuré, intitulé « La mort de l’océan ». Le rapport Meadows du Club de Rome m’a ouvert les yeux et j’ai publié en 1972 un texte, intitulé L’An I de l’ère écologique.

La conscience d’un problème a beaucoup de difficulté à parvenir jusqu’à l’opinion, qui trouve cela « bizarre ». Toujours en Californie, un administrateur de l’institut d’écologie où j’étais m’avait demandé mon avis sur la tenue d’un colloque sur les pollutions. Or je n’en voyais pas moi-même l’importance. Les pollutions, en effet, ne se traduisent pas seulement pas de mauvaises odeurs, mais par toute une série de problèmes et de maux comme de l’asthme, des angines et autres malaises.

La prise de conscience est donc lente. Hegel disait que l’oiseau de Minerve, celui de la sagesse et de la raison, prend son vol au crépuscule. Le retard de la conscience sur l’évènement est inévitable.

Les accidents comme Tchernobyl et les phénomènes comme celui des pluies acides se généralisent. Il se forme un peu partout des mouvements verts, comme en France. Seulement, ils n’apportent pas toujours quelque chose de global ou d’articulé et se focalisent parfois sur des sujets secondaires ; c’est le cas avec l’ours des Pyrénées. Reste, et c’est curieux à constater, qu’à un moment donné, un individu bien placé fait progresser les choses. Ainsi Nicolas Hulot a-t-il déclenché chez le président Chirac une réunion internationale sur la gouvernance planétaire et lancé le pacte écologique au moment de la campagne présidentielle.

Les problèmes d’environnement se déclinent au niveau national, européen et planétaire. À ce propos, je suis très réservé sur le terme même d’environnement, trop superficiel. Le terme d’écologie est préférable. Il vient du mot grec « oikos », la maison et exprime le fait que nous sommes, sinon dans une maison, du moins à l’intérieur de quelque chose.

C’est en partie la raison pour laquelle je n’étais pas séduit par le terme de « Grenelle de l’environnement ». Lire la suite

Jeudi 23 octobre, les semeurs volontaires à Bègles

Sud-Ouest, Gilles Guitton, le 22 Octobre 2008

ENVIRONNEMENT. Les « semeurs volontaires » seront à Bègles, demain, pour une défense et illustration de la biodiversité, au « jardin partagé » de Passerat

La biodiversité en prend de la graine… militante

Cette fois, c’est à de la désobéissance civile maraîchère que Noël Mamère et José Bové convient les Béglais, demain à 17 h 30. Avec aussi le paysagiste et écrivain Gilles Clément, inventeur du parc André-Citroën et de ces « jardins en mouvement » dont Bègles voudrait s’inspirer, et Raoul Jacquin le porte-parole des carottes et autres radis sauvages, le maire de Bègles pourrait pourtant bien être dans l’illégalité comme il l’aime. Du moins s’il sème dans « le jardin partagé », situé entre Passerat et le rond-point Louis-Delgrès, des graines « illicites ».

Pour l’heure, Clément Rossignol, adjoint Vert du maire et vice-président de la CUB, ne communique que des noms de variétés très banales : cresson alénois, mâche à grande feuille et autres choux – et forcément des radis. Banales quoique « bio », mais pas inscrites sur les catalogues officiels d’espèces validées par les autorités.

« C’est dans le droit fil du fauchage des OGM », explique l’élu. Il s’agit d’interpeller les citoyens et l’état sur deux sujets : la lutte pour la biodiversité et contre le brevetage du vivant. Et défendre l’association Kokopelli, qui fait ce travail quotidiennement. Cela a valu à Raoul Jacquin d’être condamné à 3 000 euros d’amende pour « vente de semences potentiellement dangereuses », et cette initiative vise à le soutenir contre l’État, le Groupement national interprofessionnel des semences et la Fédération nationale de producteurs de semence qui en ont fait un bouc émissaire.

C’est la lutte des classes au potager, la rébellion par l’épeautre, le pot de terre paysanne contre le pot de fer des charrues 12 socs. Kokopelli ne se contente pas de collectionner, reproduire et diffuser des variétés anciennes de graines et de plants qu’ignore l’agriculture conventionnelle. Elle se refuse aussi à accepter « le critère de valeur agricole technologique imposé par les semenciers Lire la suite

SCOT des lacs médocains : un pacte avec la nature ?

Sud-Ouest, Robert Boivinet, Pierre Vallade, Julien Lestage, le 22 Octobre 2008

SCOT LACS MÉDOCAINS. Le document d’orientations générales affirme un pacte avec la nature. L’urbanisme sera surtout développé sur la zone des bourgs

Les bourgs plus urbanisés

Selon le document d’orientations générales, les coupures d’urbanisation seront préservées.

Tout en affirmant un pacte avec la nature, les élus des communes de Lacanau, Carcans, et Hourtin veulent donner un nouveau souffe au développement urbanistique et économique de leurs communes. Il sera maîtrisé, mais bien réel. À la lecture du document d’orientations générales (DOG) du schéma de cohérence territorial (SCOT), c’est ce qui ressort du contenu de ce rapport. Il permet de comprendre comment les maires et leurs équipes pensent l’avenir du territoire des Lacs Médocains. Il a été présenté vendredi dernier à Hourtin, à l’occasion d’une réunion publique.

1 Le développement des bourgs sera significatif

Si la vocation touristique des Lacs Médocains est une priorité inscrite dans le document d’orientations générales, la dynamique résidentielle, qui participe à augmenter la population permanente, est assumée. L’extension de l’aire d’influence de l’agglomération bordelaise semble inévitable. Et les élus se sont engagés à l’encadrer. Dans les années à venir, ce sont les bourgs des trois communes qui vont connaître un développement urbanistique significatif. Dans le détail, l’essentiel de l’extension urbaine de Lacanau-bourg est prévu sur sa partie est. Entre le centre-ville et le quartier du lac, « un processus d’achèvement de l’urbanisation » est aussi programmé. Enfin, une ouverture à l’urbanisation est envisagée à l’intérieur de « l’enveloppe constituée par la future déviation de Lacanau (RD6) ». À Carcans-bourg, la stratégie repose sur un « processus d’achèvement de l’urbanisation en continuité des quartiers existants ». En clair, au nord, au sud, à l’est et à l’ouest, des espaces à urbaniser sont dessinés sur une carte. À Hourtin-bourg, c’est le centre-ville et sa partie nord qui devraient bénéficier d’un « complément d’opérations de structuration de l’urbanisation ».

2 Un attachement réaffirmé à la nature

L’océan, les lacs, la forêt. « La volonté affichée dans le Scot confirme la place dévolue à ces espaces qui s’imposent comme des entités durables devant être préservées et valorisées ». Dans DOG, les élus mettent en avant le principe du « pacte avec la nature ». La transmission d’un « capital nature préservé » pour les générations futures est revendiquée. Le fondement de ce pacte s’articule en trois points. Soit garantir une emprise des espaces naturels à hauteur de 80% du territoire communautaire, préserver les emprises et les conditions nécessaires au maintien et à l’évolution de la filière sylvicole. Enfin, s’appliquer à une gestion économe des espaces en « privilégiant le renouvellement urbain et l’urbanisation de terrains en continuité des quartiers existants ».

3 Une évolution pour les stations balnéaires

Le rôle « moteur » de la station balnéaire canaulaise a été reconnu. À plus grande échelle, les élus souhaitent développer autour de Lacanau « un pôle d’économie touristique ». Il devrait jouer un rôle « majeur ». Lire la suite

24 octobre, librairie Elkar à Bayonne, paroles du chef Seattle

Le journal du Pays Basque, Jean Sébastien Mora, le 22 octobre 2008

Leçon de sagesse du chef indien

L’édition associative Astobelarra publie son nouveau livre, les Seattle buruzagiaren hitzak – (Les paroles du chef Seattle). Un texte traduit par Janine Urruty et illustré par le peintre Gonzalo Etxebarria.

C’est un des petits groupes de passionnés souletins qui est à l’origine de l’édition associative Astoloberra. En 2006, Laurent Caudine, artisan d’art à Moncayolle souhaite rassembler une cinquantaine de ses chroniques dans un ouvrage.

Il crée l’édition associative et publie Les pansements un recueil de texte de la Soule et d’ailleurs, marqué par une sensibilité toute particulière et un goût prononcé pour l’art et la nature.

La littérature

«Nous avons voulu promouvoir la littérature, la littérature bien sûr et notre goût marqué pour la nature» explique Laurent Caudine. Au même moment, le peintre Gonzalo Etxebarria se joint au projet en réalisant la couverture du livre et l’OPLB (l’office public de la langue basque) soutient financièrement l’édition naissante. Laurent Caudine fait également le choix de reverser ses droits d’auteurs à l’association.

Aujourd’hui après Mauvais berger d’Etienne Boyer et Elefanteari gutunea la traduction en basque de Lettre à l’éléphant de Romain Gary, l’édition associative revient avec Seattle buruzagiaren hitzak (Les paroles du Chef Seattle).

En 1854, le président des USA fit savoir aux Indiens Duwamish des plaines du nord-ouest que le gouvernement proposait d’acheter leurs terres.

Le chef de la tribu des Duwamish prononça un discours en réponse à la proposition d’achat du gouvernement.

Un texte fondateur

Un discours de sagesse qui n’est pas un inédit. Lire la suite

Bois énergie : la saison de chauffe débute à Gironde-sur-D

Sud-Ouest, Pierre Lascourrèges, le 22 Octobre 2008

FILIÈRE BOIS ÉNERGIE. La saison de chauffe commence à Gironde-sur-Dropt

Gironde fait feu de tout bois

Le réseau de chaleur alimenté par une chaudière automatique au bois déchiqueté vient d’être mis en service à Gironde-sur-Dropt, qui permet désormais de chauffer les bâtiments communaux : mairie, école, salle des fêtes, locaux associatifs, 25 logements sociaux, 69 logements privés ainsi que des bureaux d’une entreprise de négoce de vin.

La commune de Gironde a engagé un investissement de 2 millions d’euros subventionnés par l’Ademe, la Région, le Département et un crédit Feder. Dans chaque foyer, les consommateurs raccordés au réseau sont équipés d’un échangeur de chaleur et d’un compteur d’énergie. Cette démarche paraît en tout cas intéresser nombre de représentants de collectivités, comme ce fut le cas, hier matin, dans le cadre d’une journée d’échanges technique et économique animée par les élus (Yolande Lachaize et Michel Feyrit) et personnels du Siphem (Syndicat mixte interterritorial du Pays du Haut-entre-deux-Mers). Réunion à laquelle s’était joint une délégation d’élus et techniciens venus de Dordogne et des Pyrénées-Atlantiques.

900 tonnes de bois.

Précédant une visite des installations, la signature d’une convention de partenariat pour l’approvisionnement de la chaufferie engage l’Ustom (Union des syndicats de traitement des ordures ménagères) à fournir une quantité de 900 tonnes de bois déchiqueté selon la consommation annuelle prévisionnelle. Lire la suite

Transports publics de la CUB : Kéolis ou Véolia ?

Sud-Ouest, Jean-Bernard Gilles, le 22 Octobre 2008

TRANSPORTS PUBLICS. Le bureau de la Communauté urbaine dira demain soir qui de Kéolis ou de Veolia exploitera le réseau TBC au 1er janvier. Les candidats s’engagent fortement sur les recettes

Négociation à 750 millions d’euros

De la fréquentation, des recettes commerciales et une amélioration de l’efficacité du réseau de bus sont proposées par les deux groupes challengers. Le suspense est, il faut l’avouer, bien ménagé. Bien malin qui peut dire ce matin qui de Veolia ou de Kéolis gérera, à compter du 1er janvier et pour cinq ans, le réseau de transports en commun (tramway et bus) de l’agglomération bordelaise. Vincent Feltesse (PS), Jean-Marc Gaüzère (UMP), Michel Olivier (PC) et Gérard Chausset (Verts), les membres de la commission qui depuis plus de trois mois mènent les négociations ont chacun aujourd’hui leur idée.

Les membres du bureau de la CUB disposent d’un rapport de 10 pages offrant un comparatif précis des deux offres encore en concurrence. Les groupes politiques s’en sont saisis et en débattent. Le bureau de CUB de demain soir décidera. Le choix de Vincent Feltesse, très impliqué depuis le début sur ce dossier, sera t-il celui de la majorité ? Verdict demain soir.

Compétition.

« On a eu deux offres de deux vrais challengers », a estimé Jean-Marc Gaüzère. La contribution apportée par la Communauté urbaine pour équilibrer financièrement le service public local de transport, estimée à 135 millions d’euros au budget 2008, va certes croître jusqu’à 142 voire 150 millions d’euros en 2013 selon les candidats. Ce qui est normal et même inévitable compte tenu de l’offre accrue de services qui est proposée. Mais dans cette négociation à quelque 750 millions d’euros sur cinq ans, les candidats promettent un bond spectaculaire de la fréquentation, donc des recettes. Celle-ci passerait selon les offres de 91 millions de voyageurs en 2008 à 135 voire 146 millions de voyageurs en 2013. « Avec le quasi-doublement de recettes que cela induit, nous améliorons de manière significative la rentabilité du système pour la collectivité », s’est réjoui Vincent Feltesse. Le président est même convaincu que la CUB sera en mesure de financer les 24 kilomètres de la troisième phase d’ici à 2013, « avec l’aide de la Région de 20 millions d’euros sur le tram-train du Médoc et une contribution de 51 millions d’euros de la part de l’État, sur laquelle nous ne transigerons pas », a-t-il prévenu.

Réorganisation des bus.

Le prochain opérateur de transport sur l’agglomération bordelaise devra aussi singulièrement améliorer le réseau de bus. Lire la suite

Le projet de grand contournement de Bx refait surface ?

Sud-Ouest, Jean-Paul Vigneaud, le 22 octobre 2008

GRAND CONTOURNEMENT. Alors qu’on le croyait moribond, le dossier est rouvert par la cour administrative

Le projet refait surface

Le projet du grand contournement autoroutier paraissait définitivement enter-ré, voilà qu’il resurgit. Le 5 novembre prochain, en effet, la cour administrative d’appel de Bordeaux va rouvrir le dossier.

À la demande de l’État, plus précisément du ministère de l’Équipement, lequel a interjeté appel à la suite du jugement du tribunal administratif de mars 2007, jugement qui annulait les conclusions de la commission du premier grand débat public organisé en 2003.

Un paradoxe.

Une suite judiciaire étonnante. Pourquoi remettre le sujet sur le tapis alors que le gouvernement fait régulièrement état du Grenelle de l’environnement et affirme que les grands projets autoroutiers d’hier sont définitivement mis au placard ?

« On est en plein paradoxe » reconnaît Me Pierre Hurmic, l’avocat des neuf associations (Aquitaine Alternatives en tête) qui se battent contre le grand contournement et ont gagné la première manche devant le tribunal administratif.

Cela précisé, l’avocat ne voit pas d’inconvénient à ce que l’affaire suive son cours. Au contraire. « Il y a un problème de droit que les associations veulent voir définitivement trancher. Une jurisprudence capitale pour les débats publics futurs. »

La bourde du ministre.

Pour bien comprendre, ici, il est nécessaire de revenir à décembre 2003. En cette fin d’année, on était en plein débat public en Gironde autour d’une question majeure : où fallait-il faire passer le contournement autoroutier ? C’est là que Gilles de Robien, alors ministre de l’Équipement, faisait une bourde. Lors d’une réunion décentralisée à Limoges, il annonçait, alors que le débat bordelais n’était pas terminé, que l’autoroute passerait par l’ouest.

Quelle valeur pouvait-on donner à cette consultation si tout avait été décidé avant que les uns et les autres n’échangent sur la question ? Les opposants ont donc saisi le tribunal administratif pour dénoncer cette façon de faire. Ceci a abouti à l’annulation des conclusions du débat et, par ricochet évidemment, à celle aussi des épisodes suivants – dont la réflexion engagée sur les lieux de passage possibles de la future autoroute.

Un coup dur pour les services de l’État. Aussi ont-ils fait appel. Les mois ont passé, Lire la suite