Bazens Lot et Garonne, une famille en agriculture biologique

Sud-Ouest, Christine Antheaume, le 21 Octobre 2008

BAZENS. La famille Breille a opté pour l’agriculture biologique et plus particulièrement la viticulture bio

On veille au grain

Ce sont les grandes manœuvres à Tricaut, la propriété de la famille Bielle. Dans les rangs, les ouvriers s’affairent, aidés dans leur tâche par une vendangeuse de taille : plusieurs mètres de long, quelques tonnes… Avec ses grands bras mécaniques, elle rassemble les cageots chargés de grappes et les transporte sur des palettes.

Cette machine à vendanger est un prototype expérimental conçu sur mesure par le propriétaire des lieux. A améliorer, certes. Mais qui se révèle une aide précieuse quand la météo est favorable : à elle seule, elle abat le travail de huit personnes et permet au vendangeur de travailler sans lever de poids, sans se baisser. Cette semaine, la demoiselle est de sortie tous les jours, car le temps sec le permet.

Trésors des Coteaux, la ferme familiale, produit des fruits, des légumes, mais surtout du raisin de table, avec 50 000 pieds de vigne répartis sur divers cépages… Un savoir qui se transmet de père en fils depuis des générations, mais qui a su évoluer : depuis 20 ans, Jean-René et Christine Brielle sont passés de l’agriculture conventionnelle à l’agriculture biologique.

Changer les habitudes.

C’est à la suite d’une intoxication par un insecticide, dont Jean-René est victime, qu’ils décident de changer leurs habitudes, et d’utiliser des produits moins nocifs pour la santé, plus respectueux de la nature. En même temps, ils observent autour d’eux un intérêt croissant pour le bio. Des structures se montent dans les environs, des agriculteurs s’installent, une usine de conserves bio s’est implantée et a besoin de produits.

Comment satisfaire la demande ? La réponse semble évidente. Onze longues années seront nécessaires à Christine et Jean-René pour convertir la totalité de leur exploitation en bio. Ils ne le regrettent pas. « En agriculture biologique, on travaille avec des techniques moins agressives. Le travail du sol se fait uniquement par chaussage et déchaussage des pieds. On composte, on sulfate, avec des produits autorisés par le cahier des charges bio. Pour lutter contre les insectes, on a recours au piégeage par les diffuseurs ou les luminaires. Et puis, il faut faire appel à son sens de l’observation. »

Filet Paligrêle.

Pour se prémunir de la grêle, Jean-René Bielle a même conçu une installation de filets dont il a déposé le brevet : le filet Paligrêle. Ce système est également utile pour palisser la vigne, maintenir les bois, la végétation, le positionnement de la grappe.

La récolte sera répartie entre Lire la suite

Médoc : Vers la création d’un parc naturel régional

Sud-Ouest, le 21 Octobre 2008

Vers la création d’un parc régional

C’est à l’unanimité que le Conseil régional a adopté hier la délibération proposée par François Deluga visant à lancer les premières études de faisabilité d’un parc naturel régional du Médoc. Sur un territoire à forte identité géographique, sociale et culturelle, le projet est apparu comme une évidence.

Alain Rousset, président du Conseil régional d’Aquitaine, qui en avait lancé l’idée au début de l’année 2007 au moment où le débat faisait rage sur le terminal méthanier au Verdon, pensait avoir trouvé une excellente porte de sortie. François Deluga est bien du même avis qui insistait : « Il ne s’agit pas de mettre un territoire sous cloche. Mettre en place un parc cela veut dire adopter ensemble des règles communes sous la forme d’une charte pour demander ce label à l’état ».

En revanche, le label ne signifie pas transformer le territoire en vaste espace touristique ou en sanctuaire naturel. Il rappelait ainsi la volonté qui avait présidé à la création du parc naturel régional des Landes de Gascogne, à savoir aider le développement économique de ce territoire.

Éoliennes, la polémique.

Claire Le Lann (Verts), après avoir rappelé le combat mené sur le terrain contre le terminal méthanier et le contournement autoroutier de Bordeaux, a souhaité que ce territoire, « venteux à souhait », puisse être choisi pour l’implantation des éoliennes Lire la suite

SEPANSO, UNIMATE, CAET : Gave de Pau, eaux secours…

Sud Ouest, Odile Faure, le 22 avril 2008

GAVE DE PAU. Plusieurs associations de protection de l’environnement, comme la Sepanso Béarn, dénoncent la mauvaise qualité de l’eau dans le département

A contre-courant

 « Eau secours ». Les représentants de la Sepanso Béarn, Uminate-65, Uminate-Midi Pyrénées et le collectif Adour eau transparente estiment que l’on incrimine trop le consommateur et pas assez les agriculteurs et les industriels

«Eau secours ! » Tel est le cri d’alarme poussé par les associations de protection de l’environnement (1) concernant la qualité des eaux du Gave de Pau. Hier, elles avaient invité la presse, au pont d’Espagne à Jurançon, afin de faire entendre leur voix à l’heure où la thématique de l’eau est sur toutes les lèvres. Une date également opportune puisque la consultation du public, organisée par le biais des centres permanents d’initiative à l’environnement (CPIE), a pris fin le 15 octobre. À partir de janvier 2009, démarrera la consultation des institutionnels.

Tout ceci dans le but d’atteindre un bon état des eaux à l’horizon 2015, en conformité avec la Directive cadre sur l’eau (DCE), décidée par l’Europe.

Pour Michel Rodes, vice-président de la Sepanso Aquitaine, représentant des consommateurs au comité national sur l’eau et au comité de bassin Adour-Garonne, « on en est encore très loin » malgré les résultats affichés par l’agence de l’eau Adour-Garonne et les bons sentiments liés à l’Exposition internationale de Saragosse.

« Il existe une pollution bactérienne du Gave de Pau incontestable », explique l’ancien conseiller municipal d’Orthez, chargé de l’environnement. Et de fournir aux journalistes le rapport 2007 du contrôle sanitaire des eaux de baignade à Jurançon, qui démontre un mauvais état de l’eau, en tout cas impropre à la baignade. En juin dernier, le même service confirmait et mettait en garde les baigneurs tentés par une brasse dans le gave, et notamment en aval de l’agglomération paloise («Sud Ouest » du 24 juin).

Une situation également dégradée en amont, et notamment à Assat, où la présence de streptocoques issus de matières fécales reste importante. « À cet endroit, la norme est cinq fois dépassée. Sur 34 stations d’épuration en amont de Lourdes, sept seulement sont en bon état de marche », s’indignent les associations.

Pollution aux métaux.

Sans compter la pollution aux métaux que les écologistes dénoncent (2). « La présence de cadmium, mercure et plomb a été démontrée en 2000 par le réseau hydraulique piscicole. Nous avons été obligés de batailler en comité de bassin pour obtenir des études plus approfondies. Les analyses ont été faites sur des anguilles de 40 grammes, c’est-à-dire des poissons qui avaient à peine vécu ! Je dis que c’est de la fausse science », Lire la suite

Aucun business possible sur une planète crevée

Six pieds sur terre, blog de Laure Noualhat, le 20 octobre 2008

Aucun business possible sur une planète crevée

La crise financière occulte temporairement les questions climatiques, et plus encore les questions environnementales, les reléguant à une place de simple variable d’ajustement. Les emplois que nos dirigeants veulent désespérément sauver n’auront aucun sens dans l’Europe de demain, soumise à des modifications climatiques extrêmes. Et il en va de même pour les Etats-Unis, l’Inde ou la Chine. There is no business on a dead planet.

D’après le patron de Greenpeace France, Pascal Husting, écouté hier à l’Université de la Terre, il nous reste 100 mois, c’est-à-dire même pas 10 ans, pour inverser la courbe d’émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Si nous n’inversons pas la tendance actuelle –une progression des émissions mondiales de l’ordre de 3% par an-, nous n’échapperons pas à une augmentation de la température de l’ordre de 2°C, au minimum. Ce qui veut dire que la partie basse du scénario du GIEC est déjà jouée. Le Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat a prévu une augmentation de la température globale de 2,1°C à 5,6°C d’ici à la fin du siècle en fonction des efforts déployés par les pays du monde entier pour réduire leurs émissions.

Parallèlement, le WWF a publié une étude rassemblant de nouveaux éléments scientifiques. Et le constat –je parle bien de constat pas de projections futuristes-, c’est que le réchauffement climatique est plus rapide, plus fort et survient plus tôt que prévu. En anglais, ça donne: faster, stronger, sooner. Ainsi, au rythme actuel de la fonte des glaces, la disparition totale du pôle Nord surviendra entre 2013 et 2040, 30 ans plus tôt que le Giec ne l’avait prévu. Entre autres friandises prévues dans ce siècle.

« Il est clair que le changement climatique a déjà un plus gros impact que ce que la plupart des scientifiques avaient imaginé, il est donc capital que les réactions internationales pour réduire les émissions et s’adapter aux conséquences soient plus vives et plus ambitieuses« , estime Pascal van Ypersele, prof de climatologie et de sciences de l’environnement à l’Université catholique de Louvain et récemment élu vice-président du Giec. « Le dernier rapport du Giec a montré que les raisons de se sentir concerné sont maintenant plus fortes, et devraient mener l’UE à plaider pour un objectif plus ambitieux que celui de maintenir l’augmentation des températures sous la barre des 2°C adopté en 1996. Mais même avec cet objectif, des réductions de l’ordre de 25 à 40% par rapport au niveau d’émissions de 1990 sont nécessaires d’ici à 2020 de la part des pays développés. Des réductions de 20% sont tout à fait insuffisantes. » Elles sont probablement insuffisantes, et la sale nouvelle, c’est qu’elles risquent d’être encore minimisées par les pays membres de l’Union.

Après le sommet européen de la semaine dernière, les ministres de l’environnement se réunissent aujourd’hui à Luxembourg. Mais le plan européen –réduire de 20% les gaz à effet de serre, atteindre 20% d‘énergies renouvelables, réaliser 20% d‘économie d‘énergie, le tout pour 2020– va probablement se fissurer à cause du credit crunch. Lire la suite

Les assoc. écologiques aussi importantes que les syndicats

Le Monde, propos d’Arnaud Gossement recueillis par Laurence Caramel, le 21 octobre 2008

« Les associations écologiques sont aussi importantes que les syndicats »

Créée en 1968, la fédération écologiste France Nature Environnement (FNE), qui regroupe 3 000 associations, a participé aux rencontres du Grenelle de l’environnement organisées, en octobre 2007, par le gouvernement, sous l’égide de Jean-Louis Borloo, ministre en charge du dossier. Ces travaux ont donné lieu, en fin de course, à la rédaction d’un premier projet de loi soumis aujourd’hui au vote des parlementaires. Avocat, docteur en droit et enseignant à l’université Paris 1 (Panthéon-Sorbonne) en droit de l’environnement, Arnaud Gossement, porte-parole de FNE, explique, ici, la portée de ce texte qui, selon lui, « bouleverse le rapport de notre société à la nature » car il va contraindre les décideurs à « penser différemment les politiques d’aménagement ».

FNE salue la création d’un mécanisme de « compensation de la biodiversité », comme une petite révolution. Pourquoi est-ce si important ?

Jusqu’à présent on ne se souciait que du coût de la protection de l’environnement, en ignorant le coût de sa destruction. Admettre que la nature a une valeur et que lui porter atteinte a donc un prix constitue une avancée majeure. Dorénavant, un projet d’aménagement urbain, une route, une implantation industrielle… devra être envisagé en prenant mieux en compte l’impact sur l’environnement. Car les dommages qui n’auront pu être évités devront être compenser.

De quelle façon ?

Cela n’est pas encore arrêté. Notre idée est que la compensation doit avoir lieu au plus près de l’espace où l’atteinte se produit. Il ne s’agit pas de compenser la disparition d’espèces, comme le Grand Hamster en Alsace ou le vison d’Europe en Aquitaine, en plantant des palmiers sur la Côte d’Azur. Il ne s’agit pas que les opérateurs versent de l’argent pour se dédouaner mais d’organiser réellement des actions qui assurent la préservation des écosystèmes.

Les députés ont aussi acté la création d’une trame verte. En quoi consistera-t-elle ?

L’étalement des villes, la multiplication des infrastructures de transports – routes, chemin de fer, etc – ont segmenté les espaces naturels en supprimant des points de passages indispensables à la survie des écosystèmes. La trame verte a pour objectif de recréer ces passages en établissant des corridors écologiques. De notre point de vue, Lire la suite

Une ferme pilote d’hydroliennes en Bretagne

NouvelObs.com, Rachel Mulot pour Sciences et Avenir.com, le 21 octobre 2008

Une ferme pilote d’hydroliennes en Bretagne

EDF va implanter quatre à dix hydroliennes sous-marines pour capter l’énergie des courants au large des Côtes d’Armor. La technologie retenue est irlandaise.

« L’important, au fond, c’est qu’elles tournent ! » Maurice Goarin, maire de Lanleff et président de la Communauté de communes de Paimpol-Goëlo résume bien l’état d’esprit des élus bretons, à la fois pragmatiques et déçus, au lendemain de la décision d’EDF de choisir des turbines irlandaises –et non bretonnes- pour la première ferme pilote d’hydroliennes sous-marines de France, prévue dans les eaux tumultueuses de Paimpol-Bréhat. L’annonce est intervenue le17 octobre à Brest au cours de la seconde conférence internationale sur les énergies marines renouvelables (ICOE 2008), qui réunissait environ 300 participants (1).

Quatre à dix turbines géantes OpenHydro vont donc être immergées d’ici quelques mois pour convertir l’énergie des courants des marées en électricité. Développées depuis près de quinze ans par la société dublinoise du même nom, les hydroliennes OpenHydro ont été apparemment retenues en raison de leur technologie simple et pratique.

«Leur installation ne nécessite pas de travaux sous marins de type forage ou ancrage» explique ainsi le chef du projet pour EDF, Bernard Mahiou, directeur délégué à la Coordination de l’eau et au Développement  .Reconnaissables à leur «centre ouvert», dotées de génératrices périphériques à aimants permanents, fixées chacune sur un tripode métallique, ces turbines conçues pour fonctionner en immersion totale seraient faciles à déplacer. Un catamaran spécialement conçu pour l’opération les dépose sur les fonds marins et peut les faire émerger pour des opérations de maintenance ou d’enlèvement.

Une technologie simple

Même si leur diamètre -vraisemblablement supérieur à 10 mètres- reste à déterminer, EDF devrait installer entre quatre et dix turbines OpenHydro d’une capacité totale de 2 à 4 mégawatts et les raccorder progressivement au réseau de distribution d’électricité à partir de 2011. De quoi alimenter l’équivalent de 2.500 à 5.000 foyers bretons. Le coût du projet oscillerait entre 23 et 27 millions d’euros, selon le quotidien irlandais Irish Times, alors que ni EDF, ni OpenHydro n’ont fixé le coût de l’opération. Lire la suite

Corinne Lepage : Eviter l’effondrement

Corinne Lepage: Tribune France Culture du lundi 20 octobre, le 20 octobre2008

Eviter l’effondrement

Dans son livre « Effondrement » consacré aux choix des sociétés de survivre ou de disparaître, Jared Diamond identifie 4 formes de comportement collectif qui ont été fatals aux sociétés qui les ont choisis :

– L’incapacité d’identifier un problème avant qu’il ne se manifeste

– L’incapacité de percevoir un problème alors qu’il est présent

– L’incapacité à résoudre – voire même à réellement chercher des solutions lorsque le problème est identifié

– Et surtout le maintien d’un système de valeurs sociales inadaptées à la situation nouvelle.

Et Jiamond écrit à ce propos :  » il est douloureusement difficile de décider qu’il faut abandonner certaines de ses valeurs centrales quand elles sont devenues incompatibles avec la survie« .

Je laisse nos auditeurs s’interroger sur notre incapacité plus ou moins manifeste à répondre aux trois premier enjeux s’agissant non seulement de la crise financière et économique, mais surtout de la crise énergético-écologique qui est celle de la prise de conscience de nos limites.

Je voudrais m’arrêter sue la question du système de valeurs qui est en réalité la clé du reste. Dans un ouvrage remarquable intitulé l’enfermement planétaire, André Lebeau traite de la question de la confrontation de la logique libérale au problème des limites de la terre, générant une régression économique, voire un effondrement. Or, nous ne parvenons pas à traiter la question de la démographie pas plus que celle de la gestion dans un intérêt commun des ressources naturelles nécessaires à notre survie. Le fait que les ressources soient localisées et les pollutions souvent diffuses accroît encore les sources d’interdépendance mais aussi d’inégalités croissantes, l’accroissement des revenus se faisant sur l’exploitation des richesses. Croissance est synonyme d’augmentation du revenu et non pas d’augmentation du patrimoine collectif. Notre système de valeurs est donc inadapté et ce d’autant plus que la croissance des 30 dernières années s’est accompagnée d’un accroissement des inégalités entre personnes et entre pays qui a servi de moteur à ladite croissance.

Eviter l’effondrement, c’est-à-dire faire le choix de la survie, c’est donc s’attaquer à notre système de valeurs qui est la cause profonde du crach financier. En admettant nos erreurs et en refusant que les responsables physiques des drames actuels tentent de s’autojustifier en nous proposant de continuer sur le même système, voire même comme Alain Madelin en accablant les victimes que sont les emprunteurs américains. Il est nécessaire de commencer avec des mesures symboliques mais fortes comme la suppression des parachutes dorés et bonus de dirigeants financiers par la loi, le droit de vote étendu des Etats dans les banques dans lesquelles il aura investi et une législation rigoureuse excluant toute autorégulation dont on a vu où elle conduisait. Pendant « les affaires » les affaires ne sauraient continuer.

En second lieu, en évitant à tout prix que les Etats qui sont derniers garants de la vie collective ne soient déstabilisés, car ce serait alors un risque de chaos pour les nations. Les Etats sont aujourd’hui les seuls à pouvoir faire face aux réorientations économiques et sociales majeures auxquelles il faut procéder sans délai. Lire la suite