La droite défaite de sa victoire idéologique

Les Echos, Jean-françois Pécresse, le 17 octobre 2008

La droite défaite de sa victoire idéologique

La tempête financière a emporté la belle assurance de la droite française. Il paraît loin le temps où les dirigeants de la majorité pouvaient se targuer d’avoir emporté sur la gauche une triple victoire : celle des valeurs, celle des idées, celle des projets. D’avoir, en somme, assuré sa suprématie intellectuelle. Avant l’été, la droite exultait d’occuper en maître ce terrain idéologique laissé pendant deux décennies à la gauche. Le Premier ministre, François Fillon, pouvait revendiquer ouvertement cette « victoire »-là. De fait, un an après l’élection de Nicolas Sarkozy, le succès paraissait consommé, à en juger par l’impressionnante série de réformes emblématiques engagées sans avoir provoqué plus de réaction que cela de la part du corps social – rien de comparable, en tout cas, avec l’émotion suscitée, à la rentrée 2008, par le fichier Edvige : incitation à « travailler plus pour gagner plus » par le biais d’heures supplémentaires défiscalisées, conversion de l’impôt sur la fortune en investissement dans les PME, quasi-suppression des droits de succession, autonomie des universités, instauration d’un service minimum dans les transports, réforme des régimes spéciaux de retraite et, même, modification des règles de représentativité syndicale et des conditions de validation des accords.

Peu importe que certaines laissent, en pratique, un goût d’inachevé, l’essentiel est que toutes aient agi comme des marqueurs idéologiques, estime-t-on dans la majorité. Ajoutons à cela l’échec des mobilisations contre le détricotage des 35 heures, et l’on comprend que, face à une gauche en plein brouillard, le chef de l’Etat ait pu, début juillet, se juger en position d’ironiser sur ces grèves, dont « personne en France ne s’aperçoit » plus. Fanfaronnade ? Bien plus que cela, l’expression d’une conviction forte, celle d’une rupture profonde à l’œuvre dans la société française. Dans le texte de sa motion en vue du congrès socialiste de Reims, le maire de Paris, Bertrand Delanoë y voit d’ailleurs la « jubilation de constater la relative faiblesse des mouvements sociaux et l’absence de débouché politique à la contestation, la morgue d’une droite arrogante convaincue d’avoir gagné contre nous la bataille idéologique ».

De quoi s’agit-il ? D’abord de la victoire d’une « éthique » propre à Nicolas Sarkozy et qui tient lieu de ciment à un programme aux lignes idéologiques confuses. Cette éthique-là repose sur des références plutôt conservatrices comme le travail, le mérite et la responsabilité, censées s’opposer à une culture de l’assistanat, des droits acquis et du laisser-faire. Mais l’emprise intellectuelle de la droite, jusqu’à la crise, était bien, aussi, celle d’un libéralisme décomplexé, assumé au nom de la « modernité ». Certes pas dénué de contradictions et de complexités. Pendant sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a assez pourfendu le « capitalisme financier », qui « marche sur la tête », celui des « spéculateurs plutôt que des entrepreneurs » pour être, a posteriori, suspecté d’opportunisme dans sa critique des origines de la crise. Depuis son élection, il s’était montré suffisamment étatiste – par exemple en mariant Suez à Gaz de France ou encore en confiant la surveillance de la concurrence à une autorité aux pouvoirs étendus mais clairement placée sous la responsabilité de Bercy – pour ne pas se renier totalement en intervenant aujourd’hui au coeur du système bancaire. Mais Nicolas Sarkozy a trop placé au coeur de son projet – et, parfois, mais pas toujours, de son action – la création de richesses préalable à la redistribution, la compétitivité des entreprises, la baisse des impôts et la maîtrise de la dépense publique pour ne pas avoir réconcilié le libéralisme, fût-il social, avec toute la droite.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, ne s’y est pas trompé, qui a lancé à la majorité, mercredi 8 octobre, lors du débat parlementaire sur la crise financière : « Pour tout dire, ce qui s’effondre aujourd’hui, c’est une partie de ce que vous appeliez la bataille idéologique, c’est-à-dire le libéralisme économique ». Président des députés PS, Jean-Marc Ayrault appuie la même analyse : « On avait l’impression que les idées de gauche, de régulation, étaient battues en brèche et que le libéralisme avait gagné la bataille des idées ; aujourd’hui, cette page est tournée ». La crise n’est pas seulement financière, économique, voire sociale, elle est aussi idéologique. Et, de ce point de vue, elle contraint les deux camps à se réinventer. Lire la suite

Icronos : festival du film d’archéologie de Bx du 21 au 25 oct

Icronos Festival International du Film d’Archéologie de Bordeaux

 “VIVRE AU MOYEN AGE…”

21 au 25 octobre 2008

Athénée Municipal de Bordeaux – Ilôt Saint-Christoly.

Quarante deux films seront proposés gratuitement au public à raison de deux séances par jour (à 14h30 et 20h).

Le festival International du Film d’archéologie de Bordeaux est le fruit d’une démarche associative. 

 

Icronos a lieu tous les deux ans à Bordeaux depuis 1988 et se fonde sur trois idées essentielles :

– Répondre aux attentes d’un public enthousiaste en diffusant une sélection d’œuvres couvrant les divers champs de l’archéologie actuelle.

– Tisser des liens entre la communauté scientifique et ce public en présentant sous forme vivante, actuelle et accessible les résultats des travaux menés à ce jour.

– Favoriser les initiatives et les échanges entre les différents acteurs du monde du film archéologique dont les productions, souvent de qualité, sont méconnues et souffrent de la faiblesse des réseaux traditionnels de diffusion.

Dès sa création, partenaires publics et privés ont apporté leur concours à ce projet original.
Le principe de programmation

La programmation est établie par un comité de sélection chargé de sélectionner parmi les films inscrits à notre festival ceux qui seront diffusés lors du festival. Ce comité de sélection est composé d’archéologues, historiens, personnes du public.

Elle s’organise en deux pôles distincts :

des séances consacrées au thème choisi. Cette année : «Vivre au Moyen Age…».

– des séances consacrées aux films archéologiques récents qui traitent de sujets divers et variés.

Du mardi au samedi, Icronos propose 10 séances de projection. Elles ont lieu à 14h30 et 20h00.

La matinée du mardi et la soirée du jeudi sont consacrées au thème majeur. Sept autres séances présentent les films archéologiques les plus récents. La dernière séance du samedi soir propose quelques uns des films primés. Lire la suite