La CES : Le changement climatique doit rester une priorité

Confédération européenne des syndicats (CES), Bruxelles, le 17 octobre 2008

Conseil environnement : Le changement climatique doit rester une priorité malgré la tourmente financière

Suite au conseil européen, la CES souhaite que la lutte contre le changement climatique demeure une priorité. Mais la crise financière renforce en particulier la nécessité d’un vaste plan européen d’investissement pour améliorer l’efficacité énergétique, soutenir la création d’emplois verts et alléger la facture énergétique des plus démunis. La CES demande également des instruments européens pour anticiper et accompagner les conséquences inévitables sur les travailleurs de la transition vers une économie bas carbone.  

 « La crise financière ne doit pas conduire à affaiblir les objectifs du paquet énergie et changement climatique ou même à en reporter l’adoption prévue pour la fin de l’année 2008. Au contraire, la crise renforce la nécessité d’investir massivement dans les économies d’énergie et les énergies renouvelables, pour rendre nos économies moins dépendantes des importations de pétrole et de gaz » déclare Joël Decaillon, secrétaire confédéral de la CES.

Toutefois, la CES constate avec inquiétude que le paquet climat-énergie est loin de convaincre les syndicats européens qu’il générera vraiment la création d’emplois promise et garantira une transition socialement responsable pour les travailleurs des secteurs affectés.

C’est la raison pour laquelle la CES demande, dans le cadre d’une relance de l’économie visant une croissance durable : 

– que la Commission présente un Livre blanc sur le changement climatique, les compétences et les emplois en 2009, formulant des propositions concrètes afin de promouvoir une action coordonnée des Etats membres en faveur de la formation aux nouvelles compétences dans des secteurs tels que Lire la suite

Alternatives éco : les clés pour comprendre la crise financière

Alternatives Economiques, octobre 2008

Dossier: les clés pour comprendre la crise financière

La crise financière qui se déroule sous nos yeux a d’ores et déjà été qualifiée d’« historique » : si ses mécanismes sont classiques, son ampleur est inédite, et ses conséquences sont très difficiles à prévoir. Retour sur les événements qui ont secoué la finance mondiale.

La lutte contre la panique :

Après les banques, l’économie réelle

Les marchés redoutent désormais une récession profonde et durable, tant aux Etats-Unis qu’en Europe. Sans une politique budgétaire plus offensive, leurs craintes risquent d’être autoréalisatrices.

Un week-end politique historique

Les marchés boursiers vont fermer pendant deux jours, offrant un bref répit dans une période tendue. Les politiques ont donc deux jours pour accoucher d’un plan d’action fort et coordonné, au minimum au niveau du G8, voire au-delà avec les pays émergents. Que peuvent-ils proposer ?

Après une première chute brutale lundi 6 octobre, les marchés financiers ont poursuivi leur plongée. L’épargne des ménages est-elle menacée ? Et que peuvent faire les pouvoirs publics ?

Fait rare dans l’histoire des politiques monétaires, les banques centrales des Etats-Unis, d’Europe, du Canada, de la Suède et de la Suisse ont baissé simultanément leur taux directeur d’un demi pour cent.

Le plan de sauvetage américain pourra-t-il ramener le calme ? Analyse de Christian Chavagneux, rédacteur en chef adjoint d’Alternatives Economiques.

Repères : Lire la suite

Transports de la CUB : l’option régie publique est écartée

Sud-Ouest,  Jean-Bernard Gilles, le 17 Octobre 2008

GRAND BORDEAUX. Un groupe privé continuera à gérer les transports publics dès le 1er janvier 2009

L’option régie publique est écartée

Le réseau transports de la Communauté urbaine de Bordeaux affiche 90 millions de passagers par an. Deux candidats se disputent ce marché : Keolis et Veolia. Le choix sera entériné vers la fin novembre

Ce n’est pas ce que dit explicitement le communiqué officiel de la Communauté urbaine de Bordeaux. Mais il apparaît clair, au lendemain de la longue réunion de bureau des élus d’hier soir, que c’est bien Keolis ou Veolia qui gérera probablement pour cinq ans les tramways et bus bordelais, et ce à partir du 1er janvier prochain. C’est avec ces deux groupes que sont menées les dernières négociations. Et elles sont rudes, car le duel entre les concurrents est déclaré (lire par ailleurs).

Hier, les élus avaient sous la main un rapport que « Sud Ouest » s’est procuré. Il présente les conséquences financières et d’organisation d’une reprise en régie, c’est-à-dire sous gestion directe de la Communauté urbaine, du service public des transports, selon des formules juridiques diverses. Vincent Feltesse, en pilote du tramway, en quelque sorte.

Long et cher.

« Dans le cadre d’une délégation de service public, les candidats prennent par contrat des engagements financiers vis-à-vis de la collectivité. Dans le cadre d’une régie, c’est à la collectivité d’équilibrer le budget du service, sans garantie de recette » précise le rapport.

Soit : gérer le réseau de tram et de bus. Ce que des villes comme Toulouse ou Marseille font, n’est pas d’actualité à la CUB. « On peut dire qu’hier soir l’option régie a été enterrée avec délicatesse » a bien compris Max Guichard (PC) qui dirige le seul groupe politique partisan d’un service public de transport sur l’agglomération. L’option retour dans le giron de la CUB serait plus chère. « D’abord parce que la fiscalité est moins favorable » explique-t-on à la Direction générale des services. Elle serait aussi plus coûteuse car c’est tout une organisation nouvelle que devrait mettre en place la CUB : nouvelles équipes de direction, nouveaux services à mettre en route… Il faudrait au moins six mois pour la mettre en place alors que la CUB est à deux mois de l’échéance.

Dernier point mis en exergue dans ce rapport et non le moindre : l’équilibre de la section exploitation du budget annexe de la Communauté urbaine serait, en régie, moins intéressant que les deux offres privées en compétition, d’au moins 10 millions d’euros, et nettement plus coûteuse en emprunt, d’au moins 10 millions là encore.

Salariés vigilants.

La messe est donc dite pour la régie. D’ailleurs, le président Vincent Feltesse n’a jamais montré un enthousiasme militant pour cette option. Pour deux raisons au moins qui s’imposent aux négociateurs de la commission délégation transport. Lire la suite

Centrale photovoltaique à suiveurs solaires en Gironde

DDmagazine, Alexandra Lianes, le16 octobre 2008

Centrale photovoltaïque à suiveurs solaires en Gironde

Le site pilote de la centrale photovoltaïque d’EDF Energies Nouvelles dotée de suiveurs solaires a démarré sa production  fin septembre à Montesquieu, près de Bordeaux. Cette centrale d’une puissance de 100 kilowatt crête sur une surface de 3 500 m² est équipée de 126 suiveurs solaires à deux axes.

La centrale, propriété de EDF Energies Nouvelles, filiale d’EDF, a été développée et installée par Exosun, une start-up de la Gironde à l’origine d’un brevet international sur les suiveurs solaires aussi appelés ‘trackers solaires’.

« Grâce aux  » trackers « , qui portent chacun 6 m² de modules photovoltaïques à technologie polycristalline, la production de cette centrale est augmentée de 30% en moyenne par rapport à des systèmes fixes inclinés, équipés des mêmes modules », indique Exosun sur son site internet.

Les suiveurs solaires Exotract fondé sur une structure préfabriquée en béton peuvent accueillir de 6 à 9 m² de panneaux photovoltaïques (PV), photovoltaïques à concentration (CPV), ou miroirs dédiés aux technologies solaires thermodynamiques. L’innovation du système repose sur sa conception modulaire.

Cette centrale constitue « un site pilote » Lire la suite

Grenelle I : la course contre la montre des députés

Le journal de l’environnement, Victor Roux-Goeken, 17 octobre 2008 

Grenelle I : la course contre la montre des députés

Après avoir examiné les articles relatifs aux transports, les députés ont débattu des économies d’énergie et du soutien aux énergies renouvelables. A trois jours du début de l’examen du projet de loi de finances 2009, la conclusion, dans des conditions sereines, de l’examen du projet de loi Grenelle I paraît hypothétique.

Gouverner

Les députés pourront-ils finir à temps l’examen du projet de loi Grenelle I? Jeudi 16 octobre vers 15h, les députés avaient encore 1139 amendements et plus d’une trentaine d’articles à examiner. Le tout avant la fin de ce week-end, puisque l’examen du projet de loi de finances 2009, qui ne peut être reporté pour des raisons de calendrier, doit impérativement commencer lundi 20 octobre.

L’examen du projet de loi Grenelle I a été considérablement ralenti, mercredi et jeudi, au moment des débats parlementaires relatifs aux transports. Mercredi 15 octobre, les députés ont adopté «l’éco-redevance» pour les poids lourds à partir de 2011, sur le réseau routier national non concédé (hors autoroutes à péages, donc). Cette taxe, qui constitue l’une des pierres angulaires du Grenelle, pourra être modulée selon les régions. Elle est encadrée par un nombre de garde-fous tel que les associations s’inquiètent quant à sa mise en place effective. La taxe «ne sera jamais nulle», a affirmé le secrétaire d’Etat aux transports, Dominique Bussereau, à France nature environnement (FNE) dans un communiqué publié vendredi 17 octobre par l’association.

Le produit de la taxe sera affecté à l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf) et pourrait rapporter entre 800 millions et 1,5 milliards d’euros par an, selon les estimations respectives du gouvernement et des professionnels du secteur. Ces derniers, qui militent contre un tel dispositif, pourraient se voir proposer des mesures d’accompagnement que l’Etat «devra» étudier.

La hausse de la part du non-routier de 14% en 2012 à 25% d’ici 2022 et la priorité au réseau ferroviaire existant ont bien été entérinées. Pour autant, elles sont «très insuffisantes» pour atteindre l’objectif de baisse de 20% des émissions de gaz à effet de serre des transport d’ici 2020, écrivent plusieurs associations (1) dans un communiqué.

Lors des débats, une grande majorité de députés ont prétexté l’enclavement de leur circonscription pour adopter le principe d’une hausse des capacités routières pour raisons de sécurité, suppression de points de congestion ou d’intérêt local. Des arguments qui sont brandis depuis plus de 20 ans pour développer les infrastructures routiers, ont rétorqué des députés tels qu’Yves Cochet et Noël Mamère.

Les débats ont aussi porté sur un programme de réalisation de lignes ferroviaires. Un amendement proposé par le gouvernement stipule que l’Etat pourrait investir 16 milliards d’euros d’ici 2020 pour réaliser 2.000 km de lignes ferroviaires à grande vitesse – une ligne Sud-Europe-Atlantique, Bretagne-Pays-de-la-Loire et une ligne le long du contour de la Méditerranée. Lire la suite

Bx 27 au 29 octobre : Conférence Education pour un DD

Le comité français de la Décennie

CONFERENCE INTERNATIONALE SUR L’EDUCATION POUR UN DEVELOPPEMENT DURABLE

BORDEAUX 27 au 29 OCTOBRE 2008

Sous le haut patronage de l’UNESCO chargé de la mise en œuvre de la Décennie 2005-2014 des Nations Unies de l’Éducation pour un Développement Durable (EDD), et à l’occasion de la présidence de la France de l’Union Européenne, le comité français de la Décennie organise à Bordeaux, du 27 au 29 octobre 2008, une conférence internationale réunissant les acteurs français et étrangers de l’éducation, de la formation et de l’information au développement durable.

OBJECTIFS DE LA CONFÉRENCE

Notre planète est confrontée à de graves menaces, qu’il s’agisse du changement climatique, de l’épuisement des ressources, de la baisse de la biodiversité ou d’une pression démographique chaque jour accrue. Face à ces menaces, l’éducation, la formation et l’information se révèlent essentielles pour doter l’ensemble des citoyens des connaissances et des compétences les amenant non seulement à saisir les enjeux du développement durable, mais surtout à adopter et promouvoir les changements de comportement indispensables pour inverser les modes de vie actuels antinomiques de la durabilité.

Comment l’éducation sous toutes ses formes peut-elle amener l’ensemble des citoyens, à toutes les étapes de leur vie, à être en situation de capacité et de responsabilité pour gérer le présent, tout en étant préparés à faire face à un futur incertain dans une société complexe en perpétuelle mutation ? Telle est la question qui touche à la fois aux acteurs et aux dispositifs mis en œuvre pour développer une réelle démarche éducative.

À la veille de la conférence mondiale du mi-parcours de la Décennie qui se tiendra à Bonn (Allemagne) en mars 2009, la manifestation de Bordeaux réunira les spécialistes français et étrangers de l’Éducation pour un Développement Durable, d’une part, afin de faire le bilan des avancées réalisées durant la période 2005-2008, et de définir les stratégies à mettre en oeuvre pour la période 2009-2014 et, d’autre part, Lire la suite

Marché Victor-Hugo à Bègles : les doutes du carré bio

Sud-Ouest, Gilles Guitton, le 17 Octobre 2008

BEGLES. Un an après son ouverture, l’espace bio du marché Victor-Hugo peine à trouver sa place, ses producteurs et sa clientèle. Mais il ne baisse pas pavillon

Les doutes du carré bio

Le marché bio cherche des solutions pour capter l’attention des clients du marché conventionnel

Pas si facile de faire vivre un marché biologique, même à Bègles. Un an après le lancement de « l’espace bio » du marché du cours Victor-Hugo, une matinée d’animations bien timides tentait, mercredi, de relancer cette initiative qui est encore loin d’avoir trouvé ses marques.

À l’entrée du passage, la boulangère est là comme chaque semaine. Tout comme la vendeuse de cidre, jus de pomme et de poire de Normandie, et le marchand de légumes adossé au Festival. La boucherie est revenue pour l’occasion, le marchand de vin et celui de miel aussi. Mais entre-temps, d’autres ont lâché prise.

Lassitude, ou simplement calcul économique de base, comme celui que fait le vigneron de la Vrille têtue, Jean-Joseph Brandeau : « Si je ne fais pas 135 euros de chiffre d’affaires à chaque fois, je perds de l’argent, en calculant le temps de travail et le déplacement. Or à Bègles, je n’y arrive pas. Donc pour moi, c’est de l’investissement. »

Synergie.

Le vigneron à la barbe blanche ne jette pas l’éponge, et reviendra tous les quinze jours. « Mais il faut que les gens qui ont lancé ça à la mairie se bougent. Je trouve qu’ils ne font pas grand-chose. »

Le maraîcher voisin s’en sort mieux : « Je travaille avec un collègue qui est au marché du 14-Juillet le samedi. Ça fait une synergie et on ne s’en sort pas trop mal. On a de bons rapports avec les gens qui viennent nous voir. » Mais l’autre producteur qui avait ouvert le marché il y a un an n’est plus là. « Il change d’orientation, vers l’élevage. » Et le maraîcher d’évoquer un contexte plus général en Gironde : « Il manque des producteurs ». Lire la suite

Dordogne : extension du site d’enfouissement de Milhac ?

Sud-Ouest, Hervé Chassain, le 17 Octobre 2008

DÉCHETS. Une étude est lancée au centre d’enfouissement de Milhac-d’Auberoche pour éviter sa saturation en 2010

Extension prévue

Le chantier de creusement du prochain casier entamé et son approfondissement étudié par une enquête

Exploité depuis vingt ans, le centre d’enfouissement des déchets de Milhac-d’Auberoche devrait bientôt arriver à saturation, comme prévu depuis l’origine, vers 2010 (à raison de 100 000 tonnes par an).

Voilà pourquoi la société Sita (groupe Suez) qui l’exploite, a lancé cette année une grosse étude d’impact afin de pouvoir autoriser une extension. « La procédure est achevée, l’enquête publique devrait avoir lieu fin novembre début décembre », pense Christel Guerci, directrice régionale de l’agence de traitement de Sita.

Cette première extension se fera sur le site avec un approfondissement des casiers. Avec cinq mètres de plus en profondeur sur les trois derniers à creuser, on gagnera près de cinq ans de capacité. Bientôt, une installation de traitement mécano biologique sera testée pour permettre d’alléger le volume des matières enfouies en y enlevant tout ce qui est décomposable.

Électricité au biogaz.

La Sita va aussi installer un système pour utiliser les gaz de fermentation afin de produire de l’électricité. Ces biogaz servent déjà à assécher les jus qui sortent de la décharge, mais l’installation d’une microturbine permettra de ne plus en laisser perdre dans la nature en les brûlant en torchères.

Aujourd’hui, un tel centre est bien loin des décharges d’antan. Les ordures sont tassées dans de vastes casiers étanches avec un fond en argile et avec une solide membrane qui doit empêcher tout écoulement. Le drainage des jus est assuré par des graviers et maintenant des chips de pneus.

De nouveaux terrains.

Mais la Sita prépare aussi l’avenir. Le site actuel de 35 hectares (dont une douzaine de stockages), devra forcément être étendu à l’extérieur. D’autres terrains devront être achetés, suffisamment vastes pour limiter les problèmes de voisinage. Une soixantaine d’hectares seraient en cours d’acquisition aux alentours, mais la société est très discrète sur le sujet.

Du côté des riverains constitués en association, cette perspective provoque une nette opposition. « 21 ans ça suffit » proteste Michel Laroumagne, l’un des animateurs de Sauvegarde de la forêt Barade. Lire la suite

Les Cochons solidaires du conseil général de l’Hérault

Midi Libre, Cathy SOUN, le 11 octobre 2008

Alimentation Ils prennent leur assiette en main

Article associé Paysans et citoyens invités à se rencontrer

Rencontre avec les Cochons solidaires du conseil général

Chaque mardi, en fin d’après- midi, un drôle d’attroupement se forme devant les portes du conseil général. Des employés, leur service terminé, viennent chercher leur caissette de cochonnaille. Employés territoriaux, profs au lycée voisin, agents de la Poste, ils sont une vingtaine, tous membres des Cochons solidaires. Cette Amap, association pour le maintien d’une agriculture paysanne, est née sous l’impulsion du syndicat Sud. Après une première expérience avortée avec un maraîcher de Roujan, l’année passée, un nouveau contrat a été passé avec un éleveur de cochons, à La Boissière. « L’objectif e st à la fois politique et alimentaire, rappelle Olivier Mas, l’un des « mangeurs » (terme préféré à celui de « consommateurs »).

Nous souhaitons promouvoir une agriculture de qualité qui soit justement rémunérée. Le circuit de la grande distribution affame les paysans. Nous voulons savoir ce qu’il y a dans notre assiette. Notre éleveur n’est pas certifié « bio » mais les produits sont garantis sans OGM ni antibiotique. Il n’y a pas d’insémination artificielle. On mange du cochon heureux. » Chaque « mangeur » signe un contrat de six mois avec l’éleveur. « Nous sommes partenaires, ajoute Olivier Mas. En cas de pépin, nous sommes solidaires. On ne demande pas de remboursement. On a déjà donné des coups de main, même si cela n’a rien d’obligatoire. » Philippe, l’un des instigateurs du mouvement, enfonce le clou : « Je ne dépense pas 1 € dans les supermarchés. Je me fournis en fruits et légumes auprès des Paniers du Pré, entreprise d’insertion à Aniane. Il y a aussi les coopératives d’approvisionnement où chacun est responsable d’un produit. » Ce syndicaliste, qui ne cache pas ses idées libertaires, dresse un sombre tableau pour l’avenir : « Si on ne renoue pas avec une production alimentaire locale, on va à la catastrophe. Lire la suite

Une Maison de la nature en plein cœur de l’Alsace

Bati-Actu, Céline Galoffre, le 16 octobre 2008

Une Maison de la nature en plein cœur de l’Alsace (diaporama)

Hissée sur le terrain d’une ancienne ferme alsacienne, la Maison de la nature de Muttersholtz va accueillir dès le mois de novembre le grand public mais également des groupes scolaires afin de les initier et de les sensibiliser à la protection de l’environnement. Pour y parvenir, l’établissement se devait de répondre à certains critères de construction de développement durable. Présentation.

Située au bord de l’Ille, la nouvelle Maison de la nature de Muttersholtz va prochainement ouvrir ses portes au public.

Installée dans une zone inondable, la maison, dont une partie est sur pilotis, aura pour mission de former au comportement éco-citoyen et de sensibiliser les jeunes aux problématiques environnementales. La structure qui a été conçue pour recevoir toutes sortes de visiteurs mise sur la pédagogie. L’établissement abrite des salles de cours, des espaces de détente et de réunion, des chambres d’hébergements pour les groupes scolaires, mais également un restaurant et un atelier-cuisine.

Afin d’appuyer sa démarche environnementale, la Maison de la nature se devait de développer des qualités de construction durable. C’est donc tout naturellement que le cabinet IXO architecture, en charge du projet, a choisi d’utiliser le matériau bois sous toutes ses formes. Ainsi, toutes les ossatures du bâtiment et les bardages extérieurs ont été élaborés en bois. Le bâtiment dispose également d’une chaufferie bois pour l’hiver qui est complété par une chaudière gaz. Pour la production d’eau chaude, 35 m2 de panneaux solaires thermiques ont été installés sur le toit d’un des bâtiments.

Une isolation soignée

Côté isolation, le choix s’est porté sur la ouate de cellulose afin d’atteindre un coefficient de transmission thermique de U de 0,29 W/m2K. Le cabinet IXO architecture a également tenu à apporter une attention particulière à l’acoustique des murs et des plafonds : «Nous avons opté pour des plaques à perforations Cleaneo de chez Knauf car elles offraient des avantages en matière de qualité de l’air et de confort acoustique», explique Laurence Gourio, une des architectes du projet. Au programme également : la récupération des eaux de pluies pour les chasses d’eau sanitaires. Et dans un souci pédagogique, des compteurs individuels seront visibles un peu partout à proximité des points d’eau : «Nous voulons que les enfants prennent conscience de la quantité d’eau qu’ils utilisent en se lavant les mains. Dans le même esprit, le local de la chaufferie bois et du silo à combustible est vitré pour qu’on puisse voir ce qui s’y passe», précise l’architecte. Quant à la gestion des déchets, elle n’est pas oubliée, avec la mise en place de containers pour le recyclage. Enfin, si le projet, d’un montant de 2,8 millions d’euros, n’a pas fait l’objet d’une demande de démarche HQE pour des raisons budgétaires, il n’en reste pas moins engagé dans la défense de l’environnement. Lire la suite

La traction animale remise au goût du jour

Univers Nature, Cécile Cassier, 14 juillet 2008

La traction animale remise au goût du jour

Grande consommatrice de pesticides et d’engrais chimiques, l’agriculture est souvent pointée du doigt pour la pollution qu’elle génère. Il existe pourtant aujourd’hui des alternatives à ces méthodes agricoles, à l’image de l’agriculture biologique, lesquelles ne s’accompagnent pas nécessairement d’un ralentissement de la production.

Si l’agriculture bio peut embrasser de multiples définitions, un critère reste commun à toutes : le souci d’améliorer les qualités environnementales. C’est dans cette optique que Bernhard Pelzer prône depuis plusieurs années le retour à la traction animale pour suppléer les moyens mécaniques d’exploitation. En plaçant le cheval de trait au cœur de cette agriculture, il tente de lever les préjugés qui pèsent sur cette pratique. En effet, bon nombre voit en ce retour aux sources une régression. Pourtant, la réintroduction du cheval dans les travaux agricoles et la revalorisation du travail manuel offrent des avantages non négligeables.

Criminologue de formation, Bernhard Pelzer a également été débardeur (1) pendant deux ans. Jugeant ce métier « très dur », il s’en détourne mais conserve un goût prononcé pour l’attelage dont il a pu avoir un aperçu. Cette passion naissante le conduit à racheter une jument issue du débardage. Au cours des trois années qui vont suivre, il propose son équipage pour animer des mariages, des anniversaires…

Puis, petit à petit, se forge l’idée que l’attelage pourrait s’avérer jouer un rôle beaucoup plus utile que le simple divertissement. Après avoir restauré une vieille herse, Bernhard Pelzer décide alors d’employer ses deux chevaux de trait, Obélia et Marino, pour entretenir une permaculture (2) aux Tawes, terres situées sur les hauteurs de la ville de Liège, en Belgique. Il se convertit rapidement à la kassine, sorte de herse perfectionnée, polyvalente et plus légère, qu’il utilise pour mélanger le sol après la semaison de seigle et de vesce (3). Il met également ses chevaux à contribution pour tirer l’arracheuse dont la fonction est de faire jaillir du sol les pommes de terre arrivées à maturation.

Allant à l’encontre de l’idéologie commune, l’ex-débardeur ne ressent pas ce travail comme une corvée, bien au contraire. Pour lui, faucher est un savoir-faire qui nécessite un apprentissage spécifique, à l’instar de n’importe quelle autre discipline. Les maux de dos ou d’épaules, souvent imputés à cette activité, ne résultent selon lui que d’une mauvaise façon de procéder.

Pour convaincre ceux qui resteraient sceptiques devant ce travail réputé physique, cet agriculteur d’adoption s’est fixé pour objectif de démontrer que, pour des cultures allant jusqu’à 10 ou 15 hectares, le rapport qualité-prix du cheval est plus intéressant que celui des machines en réduisant la consommation d’énergies fossiles. Il suggère par ailleurs que les produits issus de cette permaculture soient revalorisés en vertu de leur valeur écologique.

S’additionnant aux bienfaits environnementaux, ces gains économiques ne sont pas entamés par l’hectare nécessité par l’alimentation de l’équidé, lequel produit en retour du fumier.

L’ultime avantage de la présence du cheval dans les champs est sa polyvalence. Lire la suite